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JOYCE CAROL OATES : LES CHUTES


Traduit par Claude Seban

Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur.

Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.

Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.

Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique: les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.
 Ce roman je l'ai lu au début de l'été, j'ai aimé cette lecture vertigineuse et incroyable de noirceur. C'est le premier roman de Joyce Carol Oates que je lis et me permet de découvrir son univers.


MARY BETH KEANE : La cuisinière

Traduction Françoise Pertat

C'est grâce à Lou que j'ai découvert ce roman, c'est son billet qui m'a vraiment donné envie de découvrir le destin de cette femme.
" Ils pensaient qu'elle était contaminée et que la typhoïde se transmettait de ses mains à la nourriture qu'elle servait. Le fait qu'elle n'ait jamais été malade un seul jour de sa vie était sans intérêt."
Mary Mallon, une jeune immigrée irlandaise courageuse et arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle. Elle cuisine  dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent.
 Pourtant et c'est très étrange, Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Mais, Mary doit se soumettre à des examens médicaux et la voilà mise en quarantaine à l'hôpital de North Brother Island aux côtés de patient tuberculeux. Elle se sent en pleine forme. 
Des médecins finissent par s'intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu'on l'observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. " Même en dehors de la blanchisserie, elle sentait que les gens se reculaient devant elle ces derniers temps, on lui cédait le passage d'une façon particulière." Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse décident de l'envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan.  Mary Mallon est une  femme indépendante,  courageuse, elle se bat pour  sa liberté...

Ce roman retrace le destin incroyable  de Mary Mallon. " La cuisinière" est un roman passionnant à découvrir ! 

HILLEL HALKIN : Melisande ! Que sont les rêves ?

Traduction de l'américain par Michèle Hechter revue par l'auteur

« Mélisande ! Que sont les rêves ?
Qu’est la mort ? Chimère.
La vérité appartient à l’amour seul,
Et, beauté éternelle, je t’aime ».

Voilà une magnifique histoire d'amour, d'un triangle amoureux.
 A New York, durant les années 50, Ricky,  Howard et Mélisande se sont rencontrés au club du journal du lycée "helicon".  Ricky songe à une autre vie, solitaire et sans attache matérielle. Il prend l’habitude de disparaître plusieurs semaines à sillonner les états d’Amérique, puis prend la décision de faire un voyage initiatique en Inde. 
Entre temps, son amitié avec Mellie s’est transformée en histoire d’amour. Elle fait une thèse sur Keats.Ricky passe des heures à prier et se purifier, à la recherche de la paix intérieure.  "Il est obsédé par ses histoire de tantras. L'appartement est bourré de statues et mandalas devant lesquels il reste assis pendant des heures." " Il médite. Il psalmodie joue des instruments tibétains bizarres. C'est flippant." Mellie est enceinte de Ricky, mais elle ne désire pas  garder l'enfant. Mellie et Hoo deviennent amants, se marient, terminent leur études, ils ont des projets. Au fil des années, le désir d’enfant pour la Mellie est très important. Or, son ventre reste stérile, c'est une femme complexe qui a peur d'avoir un enfant et encore plus d'en adopter un. "Melisande était une comtesse mariée à un croisé, un seigneur. Geoffroy était un troubadour français qui a été tellement frappé par les description de sa beauté qu'il a quitté la France pour la voir de ses yeux. Il est tombé malade à bord du navire qui le transportait, et il est arrivé à Tripoli au seuil de la mort. Melisande a appris qu'un poète mourant murmurait son nom et s'est hâtée de se rendre à son chevet. Elle a immédiatement eu le coup de foudre, et il est mort dans ses bras" Ce prénom vient d'un poème de Heine " Geoffroy Rudel und Melisande von Tripoli"Geoffroy et Melisande sont des personnages d'une tapisserie. Mellie va apprendre et aura un métier à tisser. 
Ce livre est un très beau roman d’amour, construit comme une confession magnifique, romanesque. Durant ma lecture,  j'ai pensé à l'amour courtois, j'ai apprécié les  référence aux contes.  A la lecture de ce roman, j'ai fait un rapprochement avec le roman de Jeffrey Eugenides lu l'année dernière " Le roman du mariage". Une très belle découverte ce roman, une jolie surprise. 


HERMAN MELVILLE : Bartleby le scribe

Traduit par Pierre Leyris

L'histoire se passe à New York, le narrateur est un homme loi, d'un certain âge,  à Wall Street. Il a trois employés dans son étude : Lagrinche, Dindon, et le jeune Gingembre. 
Mais ses activités croissent, il doit donc engager quelqu’un et décide de passer une annonce.
 Bartleby y répond et est engagé comme scribe. Il recopie et collationne des textes toute la journée. Il est très obéissant et travailleur mais petit à petit il refuse de travailler et répond à son employeur :  
« je ne préfèrerais pas »
: « I would prefer not to »

 Son employeur décide donc de le renvoyer et lui laisse six jours mais quand arrive le dernier, il est encore là. Curieux personnage que ce Bartleby, un homme solitaire qui ne veut absolument pas travailler et qui refuse poliment  tout ce que lui propose le narrateur. Cette nouvelle possède une 'ambiance étrange et très surannée, beaucoup de mélancolie. En un mot un livre assez étonnant !!!

EDITH WHARTON : Le temps de l'innocence


Traduit par William R.Tyler

À New York, un soir d'hiver de 1870, tout le monde élégante se retrouve à l'opéra pour voir Faust.
Newland Archer, un jeune homme ( Daniel Day-Lewis dans le film de Scorsese) fiancé à May Welland, une jeune fille pure et innocente. "Il lui était désagréable que la loge où sa fiancée se trouvait assise entre sa mère et sa tante devînt le point de mire de toute la curiosité masculine de New York." Ellen Olenska est la cousine de May Welland, elle revient d'Europe et elle a quitté son mari. Scandale ! Elle a l'intention de demander le divorce. Ellen Olenska a reçu une éducation excentrique que lui a donnée Medora Manson. Elle se veut être une femme libre, mais à cette époque cela était mal vue pour les femmes et non pour les hommes. Les Manson font partie de l'aristocratie américaine, mais comme le dit très bien Mrs Archer
" Nos grands-pères et nos arrière grands-pères n'étaient que de respectables commerçants anglais, hollandais, venus aux colonies pour faire fortune, " et ils ont reçu des distinctions "dont on peut être fier, mais qui n'ont rien à voir avec le rang et la classe."Archer est fasciné par cette femme audacieuse . Il la connu quand il n'était qu'un collégien et elle n'avait que neuf, dix ans. Donc, il se trouve déchiré entre deux femmes. Archer a envie de se marier avec May, c' est uniquement par intérêt d'appartenir à une classe sociale aristocrate. May est une femme fade et superficielle, sans grand intérêt contrairement à la comtesse Olenska. Lors d'une visite à Mrs Mingott celle ci lui dit : "- Pourquoi n'avez vous pas épousé ma petite Ellen ?" Elle a raison, en tant que lectrice on se le demande bien pourquoi ? Une fois marier à May Archer se rend compte qu'il a fait une erreur en choisissant May : "Que suis je désormais ? ... pensa Archer, je suis un gendre, rien de plus."À ce moment là il se rencontre que sa vie sera morne et d'une tristesse à en mourir. "N'y a-t-il pas des mois et des mois que ma vie est pareille à la mort ?"Edith Wharton sait à merveille montrer la difficulté de vaincre les barrières sociales. Newland Archer comme la comtesse Olenska aiment les livres et le milieux culturel ce qui est très mal vu par les aristocrates new-yorkais.

"Il aimait à se figurer quel avait dû être le plaisir de vivre dans des salons où l'on s'entretenait avec ses auteurs favoris : Thackeray, Browning, William Moris, Mérimée (dont les Lettres à une inconnue étaient un de se livres préférés). Mais à New-York, quel rêve irréalisable !"

J'aime beaucoup retrouver l'univers raffiné d'Edith Wharton la même atmosphère mondaine que "Chez les heureux du monde" ainsi que son écriture fort séduisante. Elle montre magnifiquement l'ambiguïté de l'innocence, ce n'est pas un personnage en particulier qui est innocent mais le trio Newland, Ellen, May a un moment précis de leur vie.
Elle ressemble à Edith Warthon, je la perçoit comme étant une cousine d'Isabelle Archer (dans Portrait de femme d'Henry James). C'est un portrait de femme audacieux, car Ellen qui a décidé de prendre en main son destin quitte a être sévèrement critiquer ou incomprise. La société américaine est pétrie de religion chrétienne : "La société-si toutefois elle existait encore ! - offrait plutôt un spectacle digne des malédictions bibliques et, du reste, chacun savait quelles étaient les intentions du révérend Ashmore quand il avait choisi comme texte un passage depour son sermon d'action de grâces."
Dans " Le temps de l'innocence" Edith Wharton démontre son attachement au livre, tout au long du roman des références littéraires sont là parsemées.

EDITH WHARTON : Chez les heureux du monde



Traduit par Charles Du Bos - Préface de Frédéric Vitoux

À New-York, au début du XXième siècle, Lily Bart est une orpheline ruinée. Elle fréquente la haute société new-yorkaise. Comme le dit très justement Lawrence Selden :"- Parce que vous êtes un merveilleux spectacle : j'aime toujours à voir ce que vous faites." c'est une femme qui rayonne elle a de l'éclat. Elle a vingt-neuf ans, elle n'est pas mariée elle a tout le potentiel pour réussir et faire un beau mariage justement. Nombreux sont les prétendants riches qui tournent autour d'elle, mais aucun ne lui convient car ils leurs manquent la passion, l'amour tout simplement. Bon il y a bien le jeune avocat Lawrence Selden, mais il ne fait pas partie de l'aristocratie. Même, si il cherche à évoluer dans ce milieu social. Malheureusement, il n'est pas assez riche. Elle vit chez sa tante Julia, Mrs Peniston, qui va la déshérite. Elle aime jouer au bridge, elle est criblée de dettes. Lily évolue dans une société où l'argent tient sa place au premier rang, jouer au bridge cela est capital. " La société était composée de gens que Mrs Trenor appelait des "somnifères" : elle donnait ce nom générique à toutes les personnes qui ne jouaient pas au bridge - et, comme c'était son habitude de grouper tous ces gêneurs dans une même catégorie, elle les invitait d'ordinaire ensemble sans tenir compte de leurs autres caractéristiques." La société new-yorkaise aristocratique que nous décrit Wharton considère que c'est indécent de travailler pour gagner sa vie. Si on n'a pas d'argent l'on est rien, c'est le cas de Lily, elle se trouve déshonorée. Elle demande à Gus Trenor si il peut s'occuper de son maigre revenue qu'elle possède. Ce dernier, va tout faire pour séduire la superbe Lily mais aussi pour la ridiculiser. Tout comme Bertha Dorset une femme odieuse et méchante, horrible et manipulatrice à tout point de vue. Elle humilie la pauvre Lily en public en la chassant du yatch. Lily se trouve être une femme piégée par une société qui la condamne, elle est sans cesse observée, tout le roman tourne autour du paraître au sein de la haute société, ce qui faut faire, dire et ne pas dire, ne pas faire. L'aristocratie que Lily a connu est une société où l'hypocrisie est au premier plan qui l'entraîne dans une spirale infernale où la seul issu est la mort.
Ce roman m'a bien captivé, la construction de ce roman est brillant et époustouflant. C'est un roman très cruel servit d'une plume brillante et très noir sur la condition féminine. La fin est terrible, durant ma lecture je me suis beaucoup attachée à Lily durant ma lecture. J'ai trouvé beaucoup de point commun avec Portrait de femme de son ami Henry James.En complément voir le billet de Papillon.


 Film de Terence Davis avec Gillian Anderson et Eric Stoltz

Passage superbe Lily ravisante et flamboyante dans sa robe rouge pour la réouverture de l'Opéra. Elle se trouve dans la loge de Trenor. " Pour Lily, toujours excité par l'idée de montrer sa beauté en public, et certaine, ce soir-là, d'une toilette qui rehaussait encore singulièrement, le regard de Trenor, si insistant qu'il fût, se perdait dans le courant général de ceux que l'admiration de la salle faisait converger vers elle. "
L'arrivée est majestueuse, beaucoup d'élégance dans la mise en scène soulignée par une musique raffinée. Tout le monde s'épie à travers des jumelles de théâtre. Le spectacle est dans la salle avant le levé du rideau. J'aime beaucoup comment Terence Davies film la sensualité entre Lily et Lawrence Selden que se soit dans la première scène ou au pied d'un arbre à Belmont. Le film de Terence Davies est sublime mais par rapport au livre il y a un passages qui arrivent comme un cheveux sur la soupe. C'est le passage des tableaux vivants et un magnifique passage dans le roman et dans le film il est réduit à une scène. Et, je me suis demandée qu'est ce que cela vient faire là ? Étrange.
À par ce là il a su à merveille rester fidèle à l'essence même du roman.

PAUL AUSTER : TRILOGIE NEW YORKAISE

New York était un espace inépuisable, un labyrinthe de pas infinis, et, aussi loin qu'il allât et quelle que fût la connaissance qu'il eût de ses quartiers et de ses rues, elle lui donnait toujours la sensation qu'il était perdu.

Cité de Verre
Traduit Pierre Furlan

Un coup de fil reçu au milieu de la nuit plonge Quinn dans une aventure étrange et très kafkaënne . New York, est le théâtre de ce roman labyrinthique.
"- Allô ? vit la voix. - Qui est-ce ? demanda Quinn - Allô ? répéta la voix. - J'écoute dit Quinn. Qui est-ce ? - Est-ce Paul Auster ? demanda la voix. Je voudrais parler à M. Paul Auster. - Désolé, dit Quinn. Vous devez avoir un faux numéro. - C'est une affaire très urgente, dit la voix. - Je ne peux rien faire pour vous, répondit Quinn. Il n'y a pas de Paul Auster ici"
Daniel Quinn a trente cinq ans, veuf, il a perdu sa femme et son fil. Il est écrivain de roman policier, sous le nom de William Wilson. Il se glisse dans la peau du détective Max Work (personnage de fiction de ses romans) Il est pris par Virginia Stillman pour un détective nommé Paul Auster. Il doit surveiller un certain Peter Stillman le père de son mari, celui ci va sortir de prison, c'est un homme dangereux. Il a séquestré son fils nommé aussi Peter pendant plusieurs années quand il était enfant. "Une enfance entière passée dans l'obscurité, isolée du monde, sans aucun contact humain à part une raclée de temps à autre." Une terrible souffrance s'est emparée de cet homme qui a perdu sa mère. D'ailleurs personnage très étrange ce Peter qui fut un enfant sauvage. Paul Auster (l'auteur du roman ) fait un rapprochement qui me touche particulièrement c'est celui de l'enfant sauvage de l'Aveyron, mais aussi à Gaspard Hauser. C'est un roman qui traite de l'identité un thème qui est cher à l'auteur, la quête de nos origines, nos racines d'où venons nous ? Aussi, il évoque le thème du langage. "Un langage qui dira enfin ce que nous avons à dire. Car les mots que nous employons ne correspondent plus au monde. Lorsque les choses avaient encore leur intégrité, nous ne doutions que nos mots puissent les exprimer." " Mais les mots - vous comprenez bien cela vous-même- admettent le changement." Daniel Quinn rencontre le vrais Paul Auster ainsi que son épouse, Siri, et son fils, Daniel, un clin d'œil amusant . Paul Auster écrit un essai sur Don Quichotte. Les initiales de Son Quichotte sont DQ comme celle de Daniel Quinn. Il rencontre aussi le Peter Stiman ce vieillard cinglé, il prendra comme autre identité masque celui de Henry Dark. Là, encore jeu avec les initiales HD comme Humpty Dumpty (A travers le miroir de Lewis Carroll)
Avec ce roman nous sommes dans les jeux de miroir, jeux de masque se mettre dans la peau de l'autre. Ambiance vertigineuse, un roman étrange absurde remplit du plein et du vide selon mon ressenti ! C'est un roman qui possède un certain humour subtile qui rend se livre très attachant. J'ai beaucoup aimé le premier volet de cette trilogie ! J'ai apprécié aussi les nombreuses référence littéraire qui complète très bien l'histoire qui la renforce.

Lors d'un entretien au Magazine Littéraire : Paul Auster dit que le Paul Auster l'écrivain dont le nom est sur la couverture vient se glisser à l'intérieur du livre. Pour lui en tant qu'écrivain il se sent surveillé par le lecteur.
Livre lu par Wictoria qui m'a bien donné envie de lire cette trilogie.

Revenants

Traduction Pierre Furlan
Les personnages de "Revenants" se nomment Blanc, Bleu et Noir. Mais deux d'entre eux sont des détectives privés et ils déambulent dans New York .
Cette suite est déroutante car les personnages ont des nom de couleurs Blanc, Bleu, Noir, Brun. Le lecteur se trouve en plein absurde et complétement perdu qui est qui ? Ces personnages sans identité aucune sont des pions qui déambulent dans cette ville, sans âme. Les thème du vide et de la solitude étaient présent dans la cité de verre mais là dans cet opus ils sont comme très palpable et cela renforce le sentiment d'étrangeté déroutant .
J'ai pas aimé ce deuxième volet, plus exactement je me suis sentie complétement perdue, et je n'ai pas compris grand chose à vrais dire.
Remarque amusante la date de naissance de Paul Aster le 3 février 1947, c'est la date où Bleu commence son enquête
Le livre qui marque Revenants c'est Walden de Thoreau mais aussi Feuilles d'herbe de Walt Whitman car c'est à Orange Street qu'il a écrit son livre. C'est dans cette rue là que Bleu surveille Noir qui est entrain de lire Walden. Les revenants sont ces écrivains qui reviennent habités par cette ville mythique me semble t-il ! L'importance des livres de la création joue un rôle important. " On parle toujours d'essayer de se mettre dans la peau d'un auteur pour mieux comprendre son œuvre." Il est certain que Paul Auster aime jouer avec son lecteur et le dérouter, l'interroger en cela j'avoue qu'il est très fort et très habile. Voir chez Wictoria


La chambre dérobée
Traduction Pierre Furlan


Le narrateur est à la recherche Fanshawe, son ami d'enfance . Ce dernier aurait disparu, le narrateur prend contact avec Sophie son épouse. Elle a eu un enfant Ben avec Fanshawe. Il apprend de la bouche de son épouse qu'il a écrit mais pas publié. Le narrateur quitte Sophie avec les écrits de Fanshawe . "Puis j'ai transporté lentement les deux valises dans l'escalier, jusque dans la rue. Ensemble elles avaient le poids d'un homme".Le narrateur va se rapprocher de Sophie, il va avoir une relation avec elle. Ils deviennent très intime. Ils vont se marier, habiter ensemble. Pour Sophie, il y a aucun doute Fanshawe est mort. Le narrateur est sûr que non, la preuve est qu'un jour il reçoit dans sa boîte aux lettres une lettre qui viendrait de lui. Il a qu'une envie c'est prendre sa place, il est gêné par l'Autre, son ami pour tant, mais il est comme son ombre qui l'empêche de vivre, de respirer. La question de l'identité est au cœur du roman. Thème important ici tourne de l'enfance de nos tout premier souvenir étant enfant ! " Je parle de notre première enfance - d'âge aussi lointains que nos cinquième, sixième et septième années." Il est question de la création de l'écriture, du vrais du faux, est ce que Fanshawe a bien existé ? Le narrateur va publié les écrit de Fanshawe, mais là jalousie sera au rendez vous. Réflexion sur l'écriture : " Le bruit courait que je l'avais inventé pour me livrer à une supercherie et qu'en fait c'était moi qui avait écrit les livres". Le narrateur a force de s'occuper des manuscrits il se prend au jeu de l'écriture et il désir écrire lui même une biographie sur Fanshawe. Le thème de la filiation est très important et joue un rôle capital. Ici comme dans les deux autres la relation père/fils est très important. C'est pour le narrateur l'occasion d'aller à la rencontre de soi même. Paul Auster se sert de ses personnages comme des pions d'un gigantesque échiquier. J'ai aimé quand Paul Auster met de lui en tant que personne. Le fait que le fils que le narrateur a avec Sophie s'appelle Paul, Sophie est originaire du Minnesota comme Siri Hustveld. Sophie est le prénom de la fille de Paul Auster.
Dans "La Chambre dérobée " réapparaisse les personnages de la Cité de verre, Peter Stillman
qui me fait penser à Fanshawe, personnage énigmatique, comme pourrait l'être un fantôme. Peter Stillman là est peut-être bien un revenant, tout comme Quinn le détective privé ?
En tant que lectrice j'ai été complètement emporté par la magie de Paul Auster, dans une quête de soi concernant l'identité. Il s'est emmener le lecteur dans un tourbillon vertigineux. L'écriture est riche, dense.

L'écriture de Paul Auster est séduisante, il est très fort pour prendre son lecteur par la main, pour faire découvrir son univers. Car pour ma part je trouve que c'est un auteur complexe et pas forcément facile à lire !

Ce là dit j'ai vraiment adoré "Cité de verre" par rapport à "Revenants" et la "Chambre dérobée".

Je vous invite à vous rendre chez Wictoria

KATHERINE MOSBY : Sous le charme de Lillian Dawes



Traduction Cécile Arnaud

Dans les années 50, deux frères orphelins sont issus de la haute société new-yorkaise. Gabriel le plus jeune dix-sept ans vient d'être renvoyé de son pensionnat, car il a été surpris entrain de fumé un cigare dans une chapelle.
L'autre frère Spencer dix ans plus âgé que Gabriel lui rêve de devenir écrivain.
Gabriel fera connaissance de la mystérieuse Lilian Dawes qui possède d'autres identités Diana Leswell ou Willa Daniels.
" C'était un signe, tout comme l'apparition de Lillian Dawes dans le journal avait marqué le début de quelque chose dont je ne savais pas déchiffrer le présage."
Et bien, je dois dire que ce livre fut une cruelle déception. Je l'aurai certainement je pense apprécié quelques années auparavant.
Il se trouve que nos lectures façonnent notre goût et regard sur un ouvrage.
Mais là je suis déçue à mes yeux une certaine mayonnaise ne prend pas, un avis qui n'engage que moi.
Une lecture extrêmement décevante mais qui n'engage que moi. La couverture glamour du roman est pourtant séduisante. Mais, l'histoire a un goût de déjà vu le point faible de ce roman selon moi est dans le style que j'ai trouvé chichiteux. Au final je n'ai pas pris de plaisir à lire ce roman, je l'ai trouvé ennuyeux ! Dommage il avait tout pour me plaire au départ car j'adore les romans initiatiques.

Voir chez Lily qui elle a complètement craqué pour ce roman !

J.D.SALINGER : FRANNY ET ZOOEY




Traduit par Bernard Willerval

Ce roman est composé de deux histoires, il y a celle de Franny assez courte et de l'autre celle de Zooey. Franny et Zooey sont frère et sœur issus d'une famille de sept enfants. L'histoire se situe à New York dans les années 50, Franny est étudiante en lettre à l'université, elle a vingt ans . Elle a un fiancé Lane. Elle découvre un livre édifiant "Le chemin d'un Pèlerin", écrit par un homme simple, un pèlerin qui s'essaie à mettre en pratique l'un des enseignements de Jésus lequel consiste à "prier toujours". Franny a pris " Le Pélerin poursuit sa route" et la suite du "Le chemin d'un Pélerin" dans la chambre de ses frères Seymour et Buddy.
Franny est sous l'emprise de cette spirituelle. Le pauvre Lane n'y comprend pas grand chose, il est plutôt perplexe face au discours de son amie. Franny mange rien, elle rejette en bloc la nourriture, à la place elle fume beaucoup. Il y a le passage sur le théâtre, jouer se montrer il question du paraître de l'ego. Il ma parut intéressant "Et je me détestais tellement quand je jouais, après la pièce, en coulisses. Tous ces ego qui courent dans tous les coins, tous ces ego pleins de charité et de sympathie pour moi." voir p43.

Ses parents sont des ex artistes de music- hall, et leurs enfants ont participé à une émission de radio. Zooey, frère aîné de 5 ans de Franny, donc il a vingt-cinq ans. Il est acteur, jeune premier, il a commencé à l'âge de sept ans. Présentation du frère philosophe , il est comédien prometteur. Il se trouve dans la salle de bain, il est entrain de faire sa toilette, il est en discussion avec sa mère Bessie. Ils évoquent les problème de Franny, elle aurait des problèmes de dépression. Ensuite, Zooey quitte la salle de bain et retrouve sa sœur, en dormi sur le canapé. " Le living-room des Glass était aussi peu prêt à recevoir les peintures qu'une pièce peut l'être. Franny Glass était endormie sur le canapé, une simple couverture mince sur elle."

Franny et Zooey ont reçu, de leurs deux frères les plus âgés, Seymour (suicidé) et Buddy, une éducation avec une sensibilité spirituelle. Franny traverse une crise avec des questionnement ésoterico-religieux et fantômes de leurs aînés. Et, un de leur frère Wat est mort à la guerre. J'ai eu surtout le sentiment que l'auteur n'évoque pas la religion en tant que t-elle mais de secte avec un gourou, ce n'est pas la même chose. Je trouve de ce faite cela donne une tonalité étrange au livre, limite effrayante ! 

Sentiment que Salinger nous présente une famille qui a perdu des repères qui sont dépassés par leur vie qui est celle du chaos. Ils ont besoin se rattacher à la religion pour donner un sens à leur vie. "Il faut d'abord prier sous la direction d'un professeur qualifié, une espèce de gourou chrétien, puis, quand on est bien entraîné, il faut continuer tout seul."

Livre vraiment étrange et je ne sais pas trop quoi en penser à part que je m’attendais absolument pas à lire un livre comme celui-ci. Livre lu l'année dernière, et j'avais mis mon billet de côté ne sachant pas trop comment présenter ce roman déstabilisant pour moi. C’est un livre assez étonnant ! Autant pour l'Attrape cœur j'ai beaucoup de sympathie et d'attachement, alors qu'avec celui ci je suis très perplexe voir bousculé !


Dany Laferrière dans " Cette grenade dans la main du jeune nègre est-elle une arme ou un fruit ?" Il évoque Salinger : "Salinger révèle son âme invisible et nous cache ce qui est visible , son corps. Au fond, c'est une façon de protéger son âme. Il nous lance sur une fausse piste. Et l'Amérique ? Si elle faisait comme Salinger : révéler plutôt son corps en cachant son âme ..."

CATHERINE CUSSET : Le problème avec Jane

Grand prix littéraire des lectrice Elle 2000

J'ai, il y a quelques années découvert Catherine Cusset avec la Haine de la famille. J'avais bien aimé le ton, la voix de Catherine Cusset mais sans plus non plus.

Par un jour d'un temps pluvieux, Jane trouve devant sa porte un paquet qui n'est autre qu'un manuscrit intitulé "le problème avec Jane". Elle surprise elle y découvre sa propre vie, dans les moindres détails . Étant très intriguée, elle poursuit sa lecture en se demandant qui, est l'auteur de ces pages. Elle va mener sa petite enquête auprès de ses proches amis et connaissances. Le grand thème de ce roman est les rapports amoureux entre les États-Unis et l'Europe.


Je trouve que c'est un roman assez sympathique, roman détente parfait pour l'été. L'écriture de Catherine Cusset est agréable, fluide.

Et puis le gros point fort de ce roman c'est que c'est un vrais Roman, avec des personnages, et une intrigue. J'ai apprécié les nombreux clins d'œil littéraire, normal puisque Jane est entre autre une passionnée de Flaubert et enseigne la littérature française, dans une université américaine près de New York.

À Flaubert , entre autre , est un des auteurs classiques que j'apprécie : " Un matin, début avril , les reflets du soleil sur la Seine, qui rendaient l'eau vert doré, l'avaient mise d'excellente humeur. Après quatre heures passées à examiner des manuscrits de Flaubert, elle ferma les précieux documents qui contenaient l'écriture du grand homme et se leva en pensant aux déjeuners de Flaubert à Croisset avec sa mère et sa nièce après une matinée d'écriture."Puis il y a aussi des passages très drôles voir hilarant voir à la page 331 , la boîte de cœurs de palmier c'est quelque chose ! En faite, pour ma part c'est les nombreux petits passages excellents que l'on retrouve tout au long de la lecture, il en reste pour moi la même sensation que pour la Haine de la famille. 

Un avis très similaire au mien : nuage et vent, lu par George Sand et moi que je rejoints complètement dans sa chronique.

DIDIER DECOIN : Est ce ainsi que les femmes meurent ?


Mercredi 4 mars, j’étais invité pour un petit déjeuner très chic aux Deux Magots (un des café célèbre de Saint Germain des Prés)
avec l'auteur Didier Decoin pour son livre Est ce ainsi que les femmes meurent ? rendez-vous organisé par la société de presse InMédiatic.
Une rencontre très chaleureuse en compagnie de l'auteur, de l'éditeur Olivier Nora , et du directeur Commercial de chez Grasset.

J'ai apprécié de retrouver Lily que j'avais déjà eu l'occasion de rencontrer. L’auteur Didier Decoin baigne depuis qu’il est tout petit dans un univers de polars et de cinéma (les films de Capra et de Lubisch) puisque son père était le réalisateur Henri Decoin.
Ce livre il la écrit pour la collection que dirige Jérôme Béglé “Ceci n’est pas un fait divers”. C’est une carte blanche proposé à un romancier de s’approprier un fait-divers. Didier Decoin après avoir cherché longtemps, il est tombé sur l’histoire atroce de Kitty Genovese dans le New York des années 60. Là, l’auteur en grand passionné de New-York a craqué, fascination pour l’histoire, l’héroïne puis ce personnage féminin de Kitty se retrouve souvent dans ses livres, nous a t-il dit.
L'assassina de Kitty Genovese , a été signalée par un entrefilet dans le journal du lendemain : « Une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle. » Un soir de mars 1964, dans le quartier de Queens à New York. Kitty Genovese , c’est une jeune femme de trente ans italo-américaine de la middle class. Elle travaille dans un bar qu'elle dirige. Son meurtrier Winston Moseley est un loup garou, un bon père de famille, un employé modèle, noir. C’est un , un être complètement fou, un schizophrène, la nuit il a besoin de tuer avec acharnement ses victimes.Cela fait peur : " C'était aussi l'année où il était sortie des usines Chevrolet la Corvair blanche qui allait devenir sa voiture de chasse. Celle à bord de laquelle Moseley, la nuit, cherchait, repérait et suivait une proie à sa convenance. C'est -à -dire une femme qui ne se défendrait pas. Il n'aimait pas que ses victimes se débattent. Il n'aimait pas les victimes vivantes, ni même agonisantes. Au contraire de tant d'autres tueurs, il n'éprouvait aucune excitation à sentir une vie devenir filante et puis s'en aller."Les témoins : ils sont trente huit, ils n’ont fait que regarder, l’indifférence . Mais le lecteur ,il aurait fait quoi lui ? Un témoin appelle sa copine, une fille , une jeune maman descend Kitty n’est pas morte seule une chaleur humaine est là près d’elle.
"- D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leur fenêtres. "
Le narrateur Nathan Koschel, un narrateur inopiné, un habitant du quartier, écrivain d'occasion, et absent la nuit du crime. 
L’auteur a su rendre dans ce roman l’univers urbain de New York. L'écriture très cinématographique, pour une éventuelle adaptation au cinéma peut-être ? Cela ne m'a pas empêchée de ressentir un malaise, un dégoût à la lecture de ce livre, exactement le même ressenti que pour Américan Psycho. Ces histoires de meurtres en série me font froid dans le dos ! Un passage qui m'a complètement soulevé le cœur, c'est à propos du meurtre d' Annie Mae qui a eu lieu deux semaine avant Kitty, la description est épouvantable et sans pitié pour le lecteur.
C'est le premier livre de Didier Decoin que je lis, mais j'ai très envie de lire d'autre livre de lui comme "Henri ou Henry, le roman de mon père" sur son père le réalisateur Henri Decoin. 

PAUL AUSTER : BROOKLYN FOLIES

Traduit par Christine Le Bœuf

Une première pour moi j'ai lu il y a très longtemps un Paul Auster, mais je ne sais pas ou je ne sais plus exactement lequel. Mais cela n'a peu d'importance !Disons que celui là est vraiment le premier !
C'est l'histoire de Nathan Glass, soixante ans, il va s'installer à Brooklyn, dans un quartier new-yorkais. Il est à la retraite, il est atteint d'un cancer. Un matin de printemps de l'an 2000, Il retrouve avec un grand bonheur, son neveu Tom Wood, dans une bouquinerie. Tous les deux sont très proches. Aurora la sœur de Tom a mal tourné, ex-actrice de porno, drogué, son mariage avec David Minor est désastreux c'est le moins que l'on puisse dire avec un fanatique religieux qui fait froid dans le dos et bon dieu ! (c'est le cas de le dire!). J'ai eu un peu de mal au début, il m'a semblé que Paul Auster cherchait son sujet. J'ai accroché au récit qu'en rentre en scène la petite Lucy (fille d'Aurora) si attachante. A ce moment là , j'ai trouvé le récit plus fluide. Je trouve que Paul Auster montre, décrit très bien cette société américaine qui se cherche, le manque de repères fait que les américains se raccrochent aux sectes ! Cela est assez affligeant et cela fait peur !
"J'ai dit à David que Lucy et moi, nous quittions l'Église. Il pouvait continuer d'y aller autant qu'il voudrait , mais nous n'y remettrions plus les pieds."
En tout cas j'aime bien le message de Paul Auster, c'est la famille qui peut donner un sens à nos vies. Il montre bien à travers ce livre la fragilité des hommes . Puis la fin donne une force un autre regard sur le livre.
J'ai bien aimé le passage de JMS (jeune mère sublime). Ce passage de séduction de Nathan qui m'a fait sourire car il est tout simple mais écrit par Paul Auster avec légèreté et simplicité.
Le style d'Auster, il est agréable j'ai aimé la référence à un grand classique de la littérature américaine entre autre : la lettre écarlate d'Hawthorne car il en est question.

SIRI HUSTVEDT : Élégie pour un Américain

Traduit par Christine Le Bœuf

Au mois de juin en compagnie de Lou, j'ai assisté à une séance de dédicace à la librairie l'arbre à lettre. Donc, ce livre est dédicacé de Siri Hustvedt, le premier que je lis d'elle.
De quoi parle t-il ! et bien de la famille, de ses origines.
Dans une Amérique traumatisée par les événements du 11 septembre, dans un milieu New-Yorkais aisé d'intellectuels.
Ce livre : " Conjuguant la mémoire de l'immigration et le thème du secret de famille, et affrontant, entre ombre et lumière, les ambiguïtés de toute transmission, et la difficulté pour tout individu de réinventer sa vie" extrait de la quatrième de couverture
Je vais décevoir Lou car cette lecture est une déception, et oui !!!!!
Pas de fluidité dans le récit, trop d'histoires, trop patchwork, , je m'explique :
1- L'histoire d'Erik , psychologue et de sa sœur Inga (philosophe) viennent de perdre leur père qui a laissé un secret, ombres, la mère Marit et la fille d'Inga, Sonia marqué par le 11 septembre. 2- Erik, divorcé qui est en collocation avec la belle jamaïquaines Miranda, sa petite fille Egg et Lane le père d'Egg et photographe fou. 3 - Inga est le problème avec Max : écrivain, scénariste décédé.
4- Sonia et ses angoisses du à son adolescente et à la perte de son père.
5- L'histoire des patients d'Erik qui ont besoin d'un psy dans cette Amérique marquée par le 11 septembre.
Et donc je ne me suis pas totalement attachée à un personnage.
C'est dommage j'ai bien aimé malgré tout concernant cette douce ambiance de roman très américain, mais je n'ai pas été totalement concise. Le problème selon moi de ce roman est la structure. Cela manque de chapitres, ou de parties, j'aurai bien vu une première partie concernant la mort du père de Erik et Inga, avec l'évocation du passé. Cette partie devrait être touchante puisque Siri Hustvedt introduit les écrits de son père, pour moi cela tombe à plat. Et, j'aurai bien vu, une deuxième partie , celle concernant la mort de Max, le célèbre écrivain, le père de Sonia évocation du présent de cette Amérique chaotique.
Puis, trop de thèmes évoqués : celui de la mémoire, des rêves, il est question de la réalité (tout dire tout savoir en ce qui concerne l'écrivain et sa vie), d'ailleurs il y a un passage qui ma marqué concernant la réalité/réflexion qui est d'une grande justesse et très bien vue : p69 " En même temps, réalité est devenu en Amérique synonyme d'ignoble et de sordide. Nous pratiquons le culte de l'histoire vraie, de la confession intégrale, de la téléréalité, des gens réels dans leur vie réelle, les mariages de célébrités, leurs divorces, leurs vices, l'humiliation offerte en spectacle- notre versions des des pendaisons en public."
Le thème du miroir est présent avec le personnage de Lane (photographe) intéressant, mais pas approfondi à mon goût !!!!.
Mais j'ai envie de lire des livres de son mari Paul Auster que je ne connais pas bien.

HENRY ROTH : À la merci d'un courant violent

Tome 1 : Une étoile brille sur mount Morris Park
Traduit de l'anglais par Michel Lederer
Présentation par Pierre- Yves Pétillon
édition poche Point


En 1934, Henry Roth publie un premier roman "L'or de la terre promise"sur son enfance d'émigré à New York. Ce livre est passé inaperçu. Ce livre aura un succès en 1964 c'est à dire trente ans après, c'est assez hallucinant !
C'est à quatre-vingt huit ans que sort le tome 1 À la merci d'un courant violent c'est à dire soixante ans après ""L'or de la terre promise". Il se lance dans l'un des plus vastes projets littéraires du XXe siècle, c'est une autobiographie déguisée.
L'histoire du jeune garçon Ira, huit ans, vit dans le Irish Harlem. Sa famille est originaire de Veljich en Autriche-Hongrie, on parle le yiddish, la religion juive est très importante surtout pour le petit Ira, beaucoup de juifs ont émigré à New-York. Ira habite un quartier de Harlem, dans un taudis , avec une grosse majorité d'irlandais la violence est présente à tous les coins de rue. Il connait la misère. La première guerre mondiale 14/18 fait rage en Europe. En 1917, les américains doivent s'engager, les États-Unis rentrent en guerre. Moe l'oncle préféré d'Ira partira à la guerre en Europe, et son retour sera une grande fête. "Moe qui revenait sain et sauf de France." Passage assez cocasse qui marque la fin de la première guerre mondiale pour Ira " Ainsi bien que la Grande Guerre fût terminée depuis plusieurs mois pour Ira qui regardait son oncle en uniforme kaki boire l'eau de Seltz directement au bouchon du siphon et roter ensuite avec un sourire béat, elle ne prit fin qu'à ce moment là"
En italique, le présent de l'écriture de février à avril 1985 au Nouveau Mexique (loin de N.Y et d'Harlem), le regard du vieillard qui est entrain d'écrire sur Ecclessias (le non qu'il donne à son ordinateur, son conseiller) , regard sur le temps, et sur son enfance le passé de 1914 à 1920.
"Les déclarations, les accusations, les contre-accusations. 1917, c'était il y a près de soixante-dix ans." " Ira sentit de nouveau courir en lui le regret des occasions perdues : 1934, après avoir fini son premier roman, quand il n'avait que vingt huit ans, qu'il était d'un demi-siècle plus proche de ces événements qu'il pouvait encore se tourner vers des gens qui s'en souvenaient , capables de rafraîchir sa mémoire au sujet des jours critiques qui avaient conduit à l'entrée en guerre des États-Unis."Le père d'Ira laitier dans un premier temps gagne difficilement sa vie puis sera serveur mais c'est une expérience qui n'est pas concluente. Comme de nombreux juifs new-yorkais il ouvre une délicatessen mais cela n'aura qu'un temps. Il est communiste cela irrite profondément la mère d'Ira .
En 1918, Ira fréquente la bibliothèque et il se réfugie dans les romans de Victor Hugo entre autre, c'est pour lui un moyen extraordinaire pour l'oublier qu'il est juif. "Seulement, la bar-mitsva lui fit comprendre qu'il n'était juif que parce qu'il se devait de l'être ; il détestait être juif ; il ne voulais pas être juif, ne voyait aucune vertu l'être , et il comprit soudain qu'il était pris au piège, prisonnier d'une identité dont il n'avait pas la moindre chance de se libérer un jour."À treize ans, en 1919, il décroche un emploi chez Park&Tilford (genre Fauchon épicerie de luxe) après l'école.


Henry Roth est un admirateur de Joyce (Irlandais) et de son Ulysse, de Shakespeare aussi.

Les sentiments de lecture sont la mélancolie. Un livre terriblement attachant, un livre qui a beaucoup plus. Un livre magnifique, dense une écriture forte à lire, un incontournable !!!!!

Merci à Babelio et à Point de m'avoir permis de découvrir ce livre sur l'histoire de l'Amérique et de sa relation avec Israël. Ce tome 1 donne envie de lire la suite...

PAULA FOX : Personnages désespérés

Traduction par Marie-Hélène Dumas (romancière aussi pour les éditions Joëlle Losfeld). La préface de Jonathan Franzen peut dérouté ou impressionné (je pense des lecteurs qui lisent pour la première fois cette auteure, comme moi).


Voilà donc je viens de lire ce roman, car Anne se posait des questions à propos de ce roman voir son billet ici.
Et, comme j'ai ce livre sous la main, je me suis dis voilà une belle occasion de le lire.
Et bien oui !!!, Anne, voilà je viens de le finir je vais rejoindre le trio Clarabel Allie et Gachucha fan de Paula Fox et autre.

L'intrigue ou le sujet du roman est mince, Sophie a été mordu par un chat et pendant tout le week-end, cette morsure va la hanté.

Quelque part j'ai trouvé une ressemblance avec le livre de Philippe Grimbert "la petite robe de Paul". Ce point de départ anodin qui déclenche un récit.
Pour ma part, je trouve qu'il y a quelques passages ennuyeux, tout de même par exemple je n'ai pas du tout aimé le déjeuné avec l'amie de Sophie, Claire et avec l'ex mari de celle-ci Léon.
Selon moi, l'intérêt du livre c'est son ambiance particulière. Une ambiance lourde fin des années soixante, période où le monde change (en France s'est mai 68, et dans le reste du monde envie de changement aussi, de révolte).

"- Mais la vie es vraiment désespérée, dit Sophie d'une voix presque inaudible.
- Tu as dit que la vie était désespérée ? " demanda Otto en se penchant vers elle "
Pour moi ce n'est pas un coup de cœur, mais j'aime assez ... et je trouve qu'il y a un certain suspense psychologique comme dirait Philippe Grimbert. Oui, à la lecture de ce livre, un certain malaise étouffant grandit au fil des pages. Il est exact qu'à la lecture de ce livre on a le sentiment d'avoir manqué quelque chose, mais c'est ce que j'aime dans la lecture d'un roman que tout ne soit pas dit, qu'il y ait une place pour l'imaginaire.

et Je trouve que la fin, les dernières phrases sont une image magnifique qui souligne le désespoir de Sophie et d'Otto.
Pour ma part, c'est vraiment un écrivain à découvrir très intéressant. Mais je pense qu'il est bien et même essentiel pour apprécier ce roman de connaitre un peu l'auteur.
Savoir qui est Paula Fox pour écrire un roman aussi étrange. Elle est née en 1923 d'un père alcoolique et d'une mère dénaturée, elle a dû surmonter les effet d'une enfance difficile, effroyable. Elle en reproduisit le schéma en abandonnant à son tour, à regret, sa fille Linda qui est la mère de Courtney Love.
Elle a commencé à écrier assez tard à 40 ans. Personnages désespérés a été adapté au cinéma en 1971, (je n'ai pas vu le film) avec Shirley Mc Laine.

TRUMAN CAPOTE : PETIT DÉJEUNER CHEZ TIFFANY



Première lecture au début de l'année
Je ne quitte pas Marilyn et Michel Schneider en lisant ce livre de Truman Capot. Ref au Magasine littéraire et à la conférence de Michel Schneider à la BNF : "ça va passer" est l'intitulé de son portrait de Capote, la souffrance, l'alcool, la maladie, les drogues.
Truman Capote a rencontré Marilyn en 1950 lorsque qu'elle tournait Asphalt Jungle de John Huston.
Ils étaient très complices. Ils buvaient des anges blancs ensemble.
Dans le personnage d'Holly Golightly similitude entre Marilyne et Capote. D'ailleurs à l'écran se devait être Marilyn (souligné par sa passion pour les diamants) et non Audrey Hepburn dans le rôle de Holly Golightly.
Holly modèle actrice, la prostitution, elle oublie souvent ses clés prétexte pour déranger ses voisins. Clin d'œil à Marilyn et le complexe de Truman avec le cinéma : "je ne serais jamais une star de cinéma""Être une star et posséder une forte personnalités on pourrait croire que ça marche ensemble." Marilyn et Holly ne possèdent rien, et appartient à personne "On s'est rencontrés près de la rivière, un jour, mais nous ne nous appartenons pas."
Malheureusement, je n'ai pas été réceptif à ce livre. Quand j'avais vu le film cela remonte à un moment déjà, j'avais été attiré pour le film son ambiance sa fraîcheur , j'ai eu le sentiment d'être off et pas in, et accrocher à l'histoire. De ce faite ma critique est un peu tronquée, elle n'est pas tellement sur le livre mais plutôt autour. Par contre je n'ai lu que la nouvelle (qui est plutôt un court roman) intitulée Petit Déjeuner chez Tiffany. Je pense lire les autres peut-être plus tard. En tout cas la personnalité de Capote est troublante et fascinante à la fois voir le film du même nom qui fut une bonne surprise
cinématographique de l'année 2006.


Deuxième lecture après avoir vu le film. J'avais vu le film il y a longtemps et j'ai été complètement réceptive enchanté. Malgrès tout le livre et le film sont très différent. Cela ne se passe pas à la même époque le film : les années 60. On retrouve l'ambiance et la patte de Blake Edwards. Et, selon moi c'est grâce à ce film qu'Audrey Hepburn est devenue une icône. Le chat est un personnage important du livre comme dans le film.
"J'appris aussi qu'elle jouait de la guitare. Les jours où le soleil tapait dur, elle se lavait la tête, et elle et le chat, un matou, écaille et tigré, s'installaient ensemble sur l'échelle d'incendie pendant que ses cheveux séchaient au son son de la guitare."Holly est à la recherche d'un père d'une protection paternelle. Le narrateur est un jeune écrivain, c'est Truman Capote le protecteur d'Holly dont il est amoureux de ce pauvre petit chat perdu et en manque d'affection. Le jeudi elle va à Sing Sing rendre visite à Sally Tomato un prisonnier, un représentant de la maffia.
L'endroit favoris d'Holly c'est d'aller sur la 5 ème avenue à New York de rêver devant les vitrines de Tiffany's, et prendre son petit déjeuner.
Bon et bien autant j'ai pris un énorme plaisir à revoir le film autant la relecture du livre je ne sais pas si c'est du à la traduction un peu vieillote signée Germaine Beaumont mais je n'ai pas été très enthousiaste.
Là seul chose qui m'est plu c'est de voir les liens avec le film.
J'aime beaucoup se passage que l'on retrouve aussi dans le film: " Holly choisit un masque et le colla sur la figure. Elle en choisit un autre et le colla sur la mienne. Puis elle me prit la main et nous sortîmes ensemble. Ce fut aussi simple que cela. Dehors, nous courûmes le long de quelques pâtés d'immeubles, pour rendre, j'imagine, l'aventure plus dramatique".
Lou a lu le livre en version original et je pense que cela doit donner une note autre plus enlevée.

GRACE PALEY : Énorme changement de dernière minute

Elle est née en 1922 dans le Bronx, ses parents avaient fui la Russie tsariste Elle parle trois langues russe, yiddish et anglais. Toute sa vie, elle a milité, contesté, revendiqué. Et son engagement se retrouve dans ses nouvelles. Pas forcément dans de grandes organisations, mais dans l'East Village de New York, avec ses amis et les autres gens du quartier. Contre la guerre du Vietnam, la guerre du Golfe, la violence, le racisme, les dictatures ; pour l'environnement, pour l'alphabétisation, pour les femmes, pour les enfants. "Avec Grace Paley, on ne saura jamais si le monde est un sujet de cafard ou de rigolade... Grace Paley, c'est Salinger au féminin."
"il faut inventer une phrase nouvelle, naturelle et qui convienne aux manières d'être et de penser aux femmes".

Cette auteure je l'ai découvert grâce à Genevieve Brisac voir
ici.




Énorme changement 
 de dernière minute


Ces nouvelles se situent à New York, des personnages anonymes dont la vie dérisoire et pathétique se dissout dans l’absurde dans le sordide aussi. Elle mélange les dialogues de rue que son oreille capte des voix, le commentaire intérieur. Les nouvelles sont à la fois tristes et drôles elles sont le reflet de la vie. Elle évoque les émigrants qui quittent leurs pays la Pologne, ou la Russie, fuient la misère, la pauvreté.

"-Tu sais Faith, tout change avec le temps. C'est un pays étonnant . Tu peux faire cinq fois le tour du monde, tu ne trouveras pas l'équivalent. C'est varié, chaque fois différent : ça monte, ça descend."

Elle écrit surtout des nouvelles car elle n'a pas le temps en tant que femme de s'installer pour écrire des romans. Il faut qu'elle s'occupe des courses, de la cuisine, de son travail, de son mari, des enfants de son quotidien et donc elle a peu le temps pour elle pour écrire.
Grace Paley par ses origines juive-russe est une remarquable conteuse avec un style qui fait mouche. Elle parle le yiddish. Ce recueil commence par une nouvel qui s'intitule : Envies .

"J'ai vu mon ex-mari dans la rue. J'étais assise sur les marches de la nouvelle bibliothèque. Salut, ma vie, lui ai-je dit . Nous avions été mariés vingt-sept ans, ma remarque me semblait donc justifiée. Quoi ? Qu'elle vie m'a t-il dit. Sûrement pas la mienne."

Voilà un extrait qui donne le ton et une idée du style de Grace Paley. Faith s'est Grace c'est son double. Faith veut dire la foi en anglais, elle croit en la vie en l'avenir.
Très touchant la complicité qu'entretient Faith avec son père, nostalgie de la Russie, de la langue yiddish, et dans conversation avec mon père, il est question de l'écriture du rapport à l'écriture. Le lieu de ses nouvelles sont les jardins publics, central Park, il est question aussi de bac à sable.

Ce tableaux d'Hopper qui a été choisi pour la couverture chez Rivage de ce recueil est très justes pour découvrir ces nouvelles. Cette femme est Grace Paley qui observe ses contemporains new-yorkais."Hé, Faith, comment va le monde ? Des nouvelles de Ricardo ?"


Grace Paley est un peu la cousine de Cynthia Ozick toutes les deux juives new yorkaises passionnées par Henry James. Dans l'écriture de G. Brisac il y a beaucoup de Grace Paley.

CYNTHIA OZICK -UN MONDE VACILLANT



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En 1935, Rose Meadows, dix-huit ans, entre au service des Mitwisser, des Juifs berlinois récemment exilés en Amérique dans le Bronx. Elle ignore qu'elle va devenir le témoin muet et fasciné de cette étrange famille déchue. Rudolph Mitwisser, un éminent professeur plongé dans ses livres, exégète des Karaïtes, une obscure secte juive dissidente du IXè siècle.
Sa femme, Elsa Mitwisser, à l'intelligence obsessionnelle et maladive, qui refuse farouchement le nouveau monde. Elle est prise par la folie, elle ne sort pas de son lit, mange à peine. C'est un personnage étrange. Elle sortira de la folie grâce à Bertram l'étranger. Et à son arrivée, changement d'ambiance dans la maison. Dans le récit son arrivée donnera un second souffle.
Les cinq enfants Mitwisser sont livrés à eux-mêmes dans cette vaste étendue sauvage aux confins de la grande ville qu'est Manhattan. Contraints à vivre en marge, tous attendent avec un espoir messianique le retour de leur bienfaiteur, l'énigmatique et richissime James A'Bair.

Un monde vacillant raconte le déracinement, l'exil et la folie qui guette, mais aussi le vertige des apparences, la tentation de l'idolâtrie.C'est un livre sur le nouveau monde et l'ancien monde. Un des grand thème du livre s'est le rapport à l'argent, sur la notion du temps. C'est imprégnée d'une étrangeté qui évoque les univers d'Henry James et Bruno Schulz, si chers à l'auteur. 
C'est un très beau livre complexe pas facile à lire avec des passages en allemand, puis référence à la métaphysique, mais livre qui fait réfléchir, livre qui demande une deuxième lecture.