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IBSEN : PEER GYNT

Traduction par Régis Boyer
Couverture est une illustration de ce cher Arthur Rackham
Peer Gynt le roi des trolls
Sur la couverture nous voyons bien la femme en vert devant Peer et en compagnie des trolls ( Pour voir plus d'illustration rendez-vous ici)
Régis Boyer nous dit dans l'introduction que Peer était un personnage ayant réellement existé quelque part le Gudbrandsdalen, vers la fin du XVIIIième siècle ou le début du XIX ième.
Il a écrit la pièce en Italie à Ischia et Sorente.
«Peer Gynt est un grand poème dramatique dont le personnage principal est une figure demi-légendaire et mythique du peuple norvégien. "
C'est une œuvre hors du commun à la fois philosophique et métaphysique. Peer Gynt est une fabuleuse épopée écrite en 1867. L'auteur la définie comme étant un poème dramatique donc pas une vrais "pièce " destinée à la représentation, il s'agit d'une rêverie romantique. Peer Gynt est tout droit sorti du folklore norvégien. Ibsen a surtout puisé dans l'imaginaire des traditions populaires et des contes de Norvège, qui ont été dévoilés par les travaux pionniers de Peter Christen Asbjørnsen et Jørgen Moe. Peer Gynt est un grand classique de la littérature norvégienne.Son père décédé ne leur a pas laissé de quoi vivre. Peer, un jeune garçon de vingt-ans vit avec sa mère Aase dans leur pauvre maison. Sa mère aime son fils. Peer est un formidable conteur, il sait mentir à sa mère mais pas seulement à elle . Il rêve de conquérir un royaume, le vaste monde , de liberté, il n’accepte aucune contrainte, fuit sa mère qui le réprimande. Peer Gynt est un feu follet, un homme insaisissable car il est séduisant.
"Je serai roi, empereur !"
Il se rend au mariage d'Ingrid et de Mads. Il aurait pu se marier avec elle. Il fait la connaissance de la jeune Solveig qui ne veut pas de lui car il a mauvaise réputation. Il emporte Ingrid par orgueil sur un coup de tête, il s’enfuit dans les bois. À partir de là, il se trouve propulsé dans un univers à la "Alice au pays des merveilles", irréel rêvé, où il rencontre la femme en vert, la fille du roi de la montagne. Il se trouve face à face au roi dans son royaume. Qui lui donne les conditions pour épouser sa fille. Il se trouve dans un monde étrange peuplé de trolls, habité par les démons . Quand, il revient à la réalité, il se sent plus léger .Cela fait trois ans qu'il est partie, il retrouve sa mère qui lui apprend que Solveig est recluse dans la forêt. C'est un personnage pur et romantique.
" Le chemin , haut ou bas, menait au château à l'ouest de la lune, au château à l'est du soleil, au château des fées. "Ibsen fait référence au château féerique du conte le Château de Soria Moria Acte III.
Il retrouve sa mère qui est entrain de mourir un passage fort et poignant, ils se rappellent de beaux moments remplient de féerie :"Oui, tu te rappelles ? Puis nous jouions au traîneau quand ton père partait en long voyage. Le tablier était fait d'une peau et le fond était un fjord pris par la glace. " Pour Peer la vie est un long voyage et la mort symbolise la fin.
Peer parcourt le monde, il part en voyage, de voyage en voyage et il devient matelot, pendant vingt-ans. Il a exercé les métiers les plus divers, il s'est retrouvé dans un asile de fou.
Pendant de nombreuses années, il a couru après ses rêves.
Il séduit la belle Anitra qui lui vole ses derniers biens, Peer finit par échouer dans un asile au Caire, où il devient « empereur des fous ». Peer sur un vaisseau de retour au pays. Il rencontre le mystérieux fondeur de boutons qui doit reprendre son âme pour la rendre au maître de toute chose. Mais quelque chose cloche : il n'est qu'un bouton mal fait, donc à refondre dans le grand chaudron. Peer se révolte et n'accepte pas sa condition de bouton raté. Le navire fait naufrage en cours de route. Il est désespéré car il n'est toujours pas ni prince, ni roi, ni empereur. Le temps il est devenu vieux, il revient enfin en Norvège où le diable lui apprend que son heure est venue. Il retrouve les personnage de son enfance. Peer court la forêt pour échapper à son sort, et retrouve sa cabane, où Solveig est restée à l’attendre fidèlement, sans douter un seul jour qu’il reviendrait. Solveig (la femme/mère) vit toujours dans les bois, elle n'a pas oublié Peer Gynt. Il vit entre la vie et la mort entre deux mondes. Il meurt comme un enfant bercé dans les bras symbole de l'amour rédempteur. Juste avant qu'il ne rende le dernier soupir, elle lui murmure tendrement : « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c'est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur. »
C'est une œuvre sur l'identité, être soi-même, trouver sa place dans le monde. C'est une quête de soi dans l'existence. " Être soi-même sur ne base d'or, c'est comme bâtir sa maison sur le sable. Pour une montre, pour un anneau et pour tout le reste, ces braves gens frétillent de la queue et rampent dans la fange." Il pose la question essentielle et la plus dérisoire : Qui suis Je ? " Vous êtes norvégien, n'est-ce-pas ? Peer Gynt : De naissance, oui ! Mais par l'esprit, citoyen du monde car de la chance dont j'ai joui, je peux remercier l'Amérique . " ( Acte IV) Il veut devenir empereur, le lecteur le sait depuis le début c'est un de ses grands rêves : "Par la vertu de l'or ! Ce projet n'a rien de nouveau. Il a été l'âme de toute ma vie. Gamin, je déferlais en rêve par-dessus la vaste mer, sur un nuage. Je déambulais avec traîne et sceptre doré ... et redégringolais sur mes quatre pattes. "
Il retrouve sa mère qui est entrain de mourir un passage fort et poignant, ils se rappellent de beaux moments remplient de féerie :"Oui, tu te rappelles ? Puis nous jouions au traîneau quand ton père partait en long voyage. Le tablier était fait d'une peau et le fond était un fjord pris par la glace. " Pour Peer la vie est un long voyage et la mort symbolise la fin.
Peer parcourt le monde, il part en voyage, de voyage en voyage et il devient matelot, pendant vingt-ans. Il a exercé les métiers les plus divers, il s'est retrouvé dans un asile de fou.
Pendant de nombreuses années, il a couru après ses rêves.
Il séduit la belle Anitra qui lui vole ses derniers biens, Peer finit par échouer dans un asile au Caire, où il devient « empereur des fous ». Peer sur un vaisseau de retour au pays. Il rencontre le mystérieux fondeur de boutons qui doit reprendre son âme pour la rendre au maître de toute chose. Mais quelque chose cloche : il n'est qu'un bouton mal fait, donc à refondre dans le grand chaudron. Peer se révolte et n'accepte pas sa condition de bouton raté. Le navire fait naufrage en cours de route. Il est désespéré car il n'est toujours pas ni prince, ni roi, ni empereur. Le temps il est devenu vieux, il revient enfin en Norvège où le diable lui apprend que son heure est venue. Il retrouve les personnage de son enfance. Peer court la forêt pour échapper à son sort, et retrouve sa cabane, où Solveig est restée à l’attendre fidèlement, sans douter un seul jour qu’il reviendrait. Solveig (la femme/mère) vit toujours dans les bois, elle n'a pas oublié Peer Gynt. Il vit entre la vie et la mort entre deux mondes. Il meurt comme un enfant bercé dans les bras symbole de l'amour rédempteur. Juste avant qu'il ne rende le dernier soupir, elle lui murmure tendrement : « Ton voyage est fini, Peer, tu as enfin compris le sens de la vie, c'est ici chez toi et non pas dans la vaine poursuite de tes rêves fous à travers le monde que réside le vrai bonheur. »
C'est une œuvre sur l'identité, être soi-même, trouver sa place dans le monde. C'est une quête de soi dans l'existence. " Être soi-même sur ne base d'or, c'est comme bâtir sa maison sur le sable. Pour une montre, pour un anneau et pour tout le reste, ces braves gens frétillent de la queue et rampent dans la fange." Il pose la question essentielle et la plus dérisoire : Qui suis Je ? " Vous êtes norvégien, n'est-ce-pas ? Peer Gynt : De naissance, oui ! Mais par l'esprit, citoyen du monde car de la chance dont j'ai joui, je peux remercier l'Amérique . " ( Acte IV) Il veut devenir empereur, le lecteur le sait depuis le début c'est un de ses grands rêves : "Par la vertu de l'or ! Ce projet n'a rien de nouveau. Il a été l'âme de toute ma vie. Gamin, je déferlais en rêve par-dessus la vaste mer, sur un nuage. Je déambulais avec traîne et sceptre doré ... et redégringolais sur mes quatre pattes. "

Le voyage est le symbole de mille vies. Où suis je ? Il vit de ses rêves et d'enchantement. Il sombre aussi dans la folie à force de savoir qui il est ? J'ai beaucoup aimé la scène de l'oignon : " Tu es un oignon. Je vais t'éplucher mon cher Peer ! Il ne sert de rien que tu pleurniches ou tu pries." (passage très beau de l'Acte V). Comment ne pas y penser mais cette grand pièce d'Ibsen possède des accents shakespearien, des références à Andersen aussi, c'est un véritable conte initiatique admirable,. Dans l'enfance de Peer Gynt, il y a du Till Espiegel. Pièce qui a été mis en musique par Grieg est sublime. Edvard Grieg était un ami d'Ibsen. Il s'intéresse lui aussi à la musique populaire de son pays. Ce parcourt initiatique ressemble à un opéra. Nous sommes dans la période symbolique d’Ibsen, c'est une pièce très à part me semble t-il dans son œuvre. Les aventures de Peer Gynt sont remplies de personnages fantastiques et imaginaires . On suit l’évolution de Peer à travers les âges et la manière dont il assimile les leçons données par la vie. C'est une pièce qui n'est pas dénué d'humour, de légèreté et de gravité ... et de merveilleux et de fantaisie. Mais, personnellement je trouve cette pièce très complexe et pas facile à lire, car l'écriture et sa construction est très élaborée me semble t-il. L'acte IV me paraît très opaque, il est certain que je n'ai pas tout saisie loin de là.
J'ai beaucoup apprécié les vidéos vu et entendu grâce à Babelio qui m'ont permis de comprendre un peu mieux cette pièce qui est ma foi très complexe mais fascinante .
HENRIK IBSEN : AUTEUR DE THÉÂTRE NORVÉGIEN
Le roman Honte et dignité m'a donné envie de relire le canard sauvage. Il faut dire que j'ai eu une période où j'aimais beaucoup lire du théâtre. Donc contrairement à Tcheckov j'ai peu vu de pièce d'Ibsen.
Henrik Johan Ibsen naît en 1828 à Skien, dans un foyer que la faillite des affaires paternelles, en 1835, va rapidement désunir ( amusant un point commun avec Alphonse Daudet). Son père sombre dans l'alcoolisme après que les biens familiaux ont dû être vendus, tandis que sa mère se réfugie dans le mysticisme. L'ensemble de la famille déménage à Gjerpen. Il quitte le domicile familial la même année pour s'installer à Grimstad, où il travaille comme préparateur en pharmacie chez Jens Aarup Reimann. Parallèlement, il poursuit ses études dans le but de devenir médecin, une orientation qu'il abandonne ensuite. Les événements révolutionnaires de 1848 le conduisent à écrire sa première pièce, Catilina. En 1858, il épouse Suzannah Thorensen et devient conseiller artistique au Christiana Theater.
Leur fils Sigurd naît le 23 décembre de l'année suivante. A partir de 1860, la situation se met à dégrader. En 1864, il obtient une bourse dérisoire, quitte la Norvège pour Rome. Il ne revient pas dans son pays d'origine avant vingt-sept ans. Il voyage à travers l'Europe, passant par l'Allemagne, l'Autriche et l'Italie, et son écriture s'incline vers le réalisme social, délaissant les influences du romantisme. En 1866, il publie Brand, connaîtra un succès spectaculaire . Il fait publier l'année suivante Peer Gynt qui sera particulièrement acclamé en Norvège. Avec son drame social Une maison de poupée publié en 1879, Ibsen obtient un succès international et dans les années qui suivent, sa renommée devient telle que ses pièces sont montées presque simultanément dans les capitales d'Europe. Deux années plus tard, sa pièce Les Revenants est l'objet d'une critique sévère car il y aborde des thèmes houleux, tels que les maladies vénériennes, l'inceste et l'euthanasie. Entre 1882 et 1888, il publie quatre pièces qui font sa renommée: Un ennemi du peuple, satire des idéaux petit-bourgeois; Le Canard Sauvage, illustrant le relativisme croissant d'Ibsen; Rosmersholm, souvent considéré comme son chef-d'œuvre; et La Dame de la mer, où le folklore populaire est mis au service d'une analyse psychologique des personnages. Il rentre en Norvège en 1891 en auteur internationalement connu. 1893 Solness le constructeur ( Solness est un homme finit). Son 70e anniversaire, en 1898, est l'occasion de festivités nationales à Christiana, Copenhage et Stokholm notamment. En 1900, il est victime d'une attaque cérébrale, qui le laisse dans l'incapacité d'écrire jusqu'à son décès le 23 mai 1906. Les personnages d'Ibsen se sont des personnages divisés, déchirés incapables de vivre au quotidien leurs désirs, ils sont condamnés à une tragique mais orgueilleuse solitude. Ce n'est pas un théâtre très joyeux, pas d'humour, c'est un théâtre pessimiste, mais il sait admirablement toucher le cœur des hommes par son universalité des sentiments les plus intimes. Les rares personnages optimistes qui aiment la vie sont des brutes ou des femmes vulgaires. Le théâtre d'Ibsen nous interroge sur la vie. Que faire de sa vie ? Qu'est ce qui est noble ? Qu'est ce qui est juste ? Qu'est ce qui est vrai ? Des questions que n'importent qui peut se poser de nos jours. Ibsen de son temps était un homme de théâtre novateur, tout simplement le théâtre norvégien n'existait pas. Tout était à inventer, il surprend voir même il choque.
HENRIK IBSEN : Une maison de poupée
J'ai vu cette pièce au théâtre il y a peu à La Colline dans une mise en scène de Stéphane Braunschweig dans une traduction d' Eloi Recoing , aussi vu par Magda
J'ai apprécié l'interprétation de Nora par Chloé Rejon (tout à fait remarquable), les autres acteurs malheureusement sont un peu moins convaincants et le décor est trop froid voir clinique. Mais bon c'est, avant tout un texte d'une force hallucinante. Pièce que j'avais déjà lu mais il y a pas mal d'année. Cet pièce se lit très facilement, elle fonctionne avant tout sur la psychologie des personnages. Un texte d'une grande modernité de ton, pièce toujours actuelle.
Une maison de poupée est une grande pièce sur la place de la femme dans la société.
Nora est une jeune épouse, son mari a été gravement malade, ils sont partis en Italie. Nora ment facilement, elle est une femme romanesque, il n'existe pas de frontière entre roman et mensonge . Pour Nora, il n'y a pas de mensonge . Son imagination est débordante. Nora évolue dans un monde d'homme ou l'argent tient sa première place. Elle a tout fait pour trouver de l'argent pour sauver son mari Torivald Helmer. Il est nommé directeur d'une banque. Elle a emprunté de l'argent, fait une fausse signature. Elle a presque fini de rembourser sa dette, elle décide de renvoyer le commis Knostad en raison de son passé. Knostad n'apprécie pas il menace Helmer d'un scandale. Herlmer est un homme, pour lui seuls compte le travail, la carrière, la position sociale. Nora ne trouve pas sa place dans cette société d'homme avec ses lois strictes. Nora sous ses airs de mère joueuse, heureuse avec ses enfants, ne l'ai pas, elle ne veut plus être traiter comme une poupée (femme objet) enfantine, son père la traitait aussi en poupée. Elle veut grandir et fuir cette maison ou elle se sent enfermée. Elle veut être une femme mûre. La mort rode dans cette pièce, le docteur Rank très malade ainsi que la tragédie finale. C'est une pièce féministe, l'émancipation de la femme, Ibsen disait ceci à ce sujet : "Je ne saurais même pas dire ce qu'est le féminisme. J'y ai vu pour ma part une cause qui concerne l'être humain en général. Ce sont les femmes qui doivent résoudre la question de l'existence humaine"
La scène où Nora danse " comme si c'était une question de vie ou de mort" la tarentelle ou quand elle revient de la soirée de déguisement, elle cesse de jouer la comédie.
Une scène forte et remplit de symbole est celle où les deux époux se rendre leur alliance est le signe d'une rupture.
DAG SOLSTAD : Honte et dignité
Rentrée littéraire 2008
Traduction de Jean-Baptiste Coursaud
Rencontre passionnante et une véritable découverte avec l'auteur et son traducteur fin octobre à la librairie l'Arbre à Lettres . Il est amusant de constater que ce livre est un petit évènement dans la littérature européenne, voilà un auteur norvégien traduit dans de nombreux pays mais il n'a jamais ou presque traduit en français. Et, le plus drôle c'est une petite maison d'édition québécoise (bravo !!!!, pour ce travaille remarquable de curiosité) qui s'est intéressée à DagSolstad. C'est grâce à la ténacité de Jean Baptiste Coursaud a qui on doit cette traduction magnifique. Il a bien su traduire ces longues phrases fluides qui donnent un caractère très musical à ce livre . Ce roman est un hommage à la magnifique pièce d'Ibsen le Canard Sauvage.
Ce roman est un monologue intérieur. Elias Rukka est professeur de norvégien d'une cinquantaine d'année dans un lycée d'Oslo. Ces élèves de dix sept ans sont indifférents face à la beauté de l'écriture d' Ibsen, ils s'ennuient profondément . Elle est considérée comme étant sa meilleur pièce avec PeerGynt. Ils étudient le Canard Sauvage (un drame écrit en 1884), l'attention est porté sur le docteur Relling, personnage secondaire de la pièce.
" Les élèves obtempérèrent, feuilletèrent la pièce , en avant , puis en arrière, puis encore en avant afin de se reporter à l'endroit de la pièce où la lecture suivie les avait menés, où ils voyaient le docteur Relling propulsé au cœur de la tragédie." Ibsen avait cinquante six ans quand il a écrit cette pièce. Le canard sauvage est pour ma part une pièce d'Ibsen captivante et qui se lit magnifiquement et la fin de la pièce est bouleversante (la mort d'Hedvig). La dernière réplique de la pièce est de Relling : " Oh ! Du diable si je vous crois ! "Je trouve intéressant comme introduction de roman, autour de la pièce d'Ibsen. Ce passage, c'est à dire les cinquante première pages sont étonnantes et passionnantes, en un mot très originales car c'est une réflexion sur la transmission de la culture aujourd'hui.
Une scène du début du livre p50/51 est bien illustrée par la couverture :"Il ramassa ensuite le parapluie, le cogna de nouveau contre la fontaine . Les baleines étaient désormais complètement cassées ; tordues, ingouvernables, elles jaillissaient dans tous les sens , certaines lui entaillèrent la main, de sorte qu'il vit le sang ruisseler dans sa paume."Après un pétage de plomb carabiné, il revient sur sa propre vie. Quand il était étudiant, Eva Linde femme d'une beauté superbe " d'une incontournable beauté" était la femme de son meilleur ami Johan Corneliussen. Elle a donné une fille Camilla à Johan Corneliussen. Durant cette époque, Elias Rukla, Johan Corneliussen et Eva Linde formaient un trio inséparable. Puis Johan Corneliussen part pour New York, et il demande à Elias de prendre soin d'Eva Linde et de sa fille Camilla. Et à ce moment là Elias se rencontre qu'il est un personnage secondaire de sa propre vie comme le Docteur Relling dans le Canard Sauvage. Et c'est uniquement à cette occasion qu'Elias déclare son amour à Eva Linde qu'il a toujours admirer sans lui dire. Il ne sera pas heureux avec elle.
Ce roman est amer, désabusé, magnifique travail de qualité autour de la langue. Il est aussi très littéraire et philosophique. C'est aussi une vision assez pessimiste, sombre de la vie et aussi beaucoup de désillusions. Là où ce roman est passionnant c'est que c'est une réflexion autour de la culture, la monté du capitalisme. Dag Solstad fait le terrible constat de la commercialisation de la culture, culture infantilisante.
Livre lu par la Lettrine , et par Bartlely les yeux ouverts billet sur le livre et entretien avec l'auteur très intéressante car elle permet de situer qui est Dag Solstad . Il est (d'après la quatrième de couverture) un incontournable de la littérature norvégienne aujourd'hui mais méconnu en France.
Le New York Sun résume de façon très sobre le livre mais d'une grande justesse, ce livre s'est cela : "Une crise de nerfs qui a des répercussion sur toute une culture "
Traduction de Jean-Baptiste Coursaud
Rencontre passionnante et une véritable découverte avec l'auteur et son traducteur fin octobre à la librairie l'Arbre à Lettres . Il est amusant de constater que ce livre est un petit évènement dans la littérature européenne, voilà un auteur norvégien traduit dans de nombreux pays mais il n'a jamais ou presque traduit en français. Et, le plus drôle c'est une petite maison d'édition québécoise (bravo !!!!, pour ce travaille remarquable de curiosité) qui s'est intéressée à DagSolstad. C'est grâce à la ténacité de Jean Baptiste Coursaud a qui on doit cette traduction magnifique. Il a bien su traduire ces longues phrases fluides qui donnent un caractère très musical à ce livre . Ce roman est un hommage à la magnifique pièce d'Ibsen le Canard Sauvage.
Ce roman est un monologue intérieur. Elias Rukka est professeur de norvégien d'une cinquantaine d'année dans un lycée d'Oslo. Ces élèves de dix sept ans sont indifférents face à la beauté de l'écriture d' Ibsen, ils s'ennuient profondément . Elle est considérée comme étant sa meilleur pièce avec PeerGynt. Ils étudient le Canard Sauvage (un drame écrit en 1884), l'attention est porté sur le docteur Relling, personnage secondaire de la pièce.
" Les élèves obtempérèrent, feuilletèrent la pièce , en avant , puis en arrière, puis encore en avant afin de se reporter à l'endroit de la pièce où la lecture suivie les avait menés, où ils voyaient le docteur Relling propulsé au cœur de la tragédie." Ibsen avait cinquante six ans quand il a écrit cette pièce. Le canard sauvage est pour ma part une pièce d'Ibsen captivante et qui se lit magnifiquement et la fin de la pièce est bouleversante (la mort d'Hedvig). La dernière réplique de la pièce est de Relling : " Oh ! Du diable si je vous crois ! "Je trouve intéressant comme introduction de roman, autour de la pièce d'Ibsen. Ce passage, c'est à dire les cinquante première pages sont étonnantes et passionnantes, en un mot très originales car c'est une réflexion sur la transmission de la culture aujourd'hui.
Une scène du début du livre p50/51 est bien illustrée par la couverture :"Il ramassa ensuite le parapluie, le cogna de nouveau contre la fontaine . Les baleines étaient désormais complètement cassées ; tordues, ingouvernables, elles jaillissaient dans tous les sens , certaines lui entaillèrent la main, de sorte qu'il vit le sang ruisseler dans sa paume."Après un pétage de plomb carabiné, il revient sur sa propre vie. Quand il était étudiant, Eva Linde femme d'une beauté superbe " d'une incontournable beauté" était la femme de son meilleur ami Johan Corneliussen. Elle a donné une fille Camilla à Johan Corneliussen. Durant cette époque, Elias Rukla, Johan Corneliussen et Eva Linde formaient un trio inséparable. Puis Johan Corneliussen part pour New York, et il demande à Elias de prendre soin d'Eva Linde et de sa fille Camilla. Et à ce moment là Elias se rencontre qu'il est un personnage secondaire de sa propre vie comme le Docteur Relling dans le Canard Sauvage. Et c'est uniquement à cette occasion qu'Elias déclare son amour à Eva Linde qu'il a toujours admirer sans lui dire. Il ne sera pas heureux avec elle.
Ce roman est amer, désabusé, magnifique travail de qualité autour de la langue. Il est aussi très littéraire et philosophique. C'est aussi une vision assez pessimiste, sombre de la vie et aussi beaucoup de désillusions. Là où ce roman est passionnant c'est que c'est une réflexion autour de la culture, la monté du capitalisme. Dag Solstad fait le terrible constat de la commercialisation de la culture, culture infantilisante.
Livre lu par la Lettrine , et par Bartlely les yeux ouverts billet sur le livre et entretien avec l'auteur très intéressante car elle permet de situer qui est Dag Solstad . Il est (d'après la quatrième de couverture) un incontournable de la littérature norvégienne aujourd'hui mais méconnu en France.
Le New York Sun résume de façon très sobre le livre mais d'une grande justesse, ce livre s'est cela : "Une crise de nerfs qui a des répercussion sur toute une culture "
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