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STEFAN ZWEIG : La confusion des sentiments

Traduction Alzir Hella et Olivier Bournac


Au soir de sa vie, un vieux professeur se souvient de l’aventure qui, plus que les honneurs et la réussite de sa carrière, a marqué sa vie. A dix-neuf ans, il a été fasciné par la personnalité d’un de ses professeurs ; l’admiration et la recherche inconsciente d’un Père font alors naître en lui un sentiment mêlé d’idolâtrie, de soumission. 
" Quant à moi, je ne pouvais pas bouger, j'étais comme frappé au cœur. Passionné et capable seulement de saisir les choses d'une manière passionnée, dans l'élan fougueux de tous mes sens, je venais pour la première  de me sentir conquis par un maître , par un homme ; je venais de subir l'ascendant d'une puissance devant laquelle c'était un devoir absolu et une volupté de s'incliner."
Zweig avec "La confusion des sentiments" aborde la question de l'homosexualité. Le narrateur est sous le charme, idolâtre son maître un spécialiste du théâtre élisabéthain. Jusqu’où peut conduire une passion pour un travail intellectuel, qu’y a-t-il chez ce vieil homme et son étrange épouse que le jeune homme ne voit pas ? L'écriture comme toujours chez Zweig est magnifiquement ciselée. Une nouvelle vertigineuse et prenante qui se lit lentement, il faut dire qu'il règne  un climat de suspens et de tension qui donne la chair de poule.
l'école d'Athènes de Raphaël


" Au-dessus de la table était accroché l'Ecole d'Athènes de Raphaël, tableaux qu'il aimait particulièrement (comme il me l'expliqua par la suite, parce que toutes les disciplines, tous les courants de pensée y sont symboliquement unis en une synthèse parfaite. "
Sigmund Freud a salué la finesse et la vérité avec laquelle l'auteur restitue le trouble d'une passion et le malaise qu'elle engendre chez celui qui en est l'objet.

STEFAN ZWEIG : AMOK et La Femme et le Paysage

Amok Ou le Fou de Malaisie

Traduction par Alzir Hella et Olivier Bournac 
revue par Brigitte Vergne-Cain et Gérard Rudent

 "- C'est plus plus que de l'ivresse ... c'est de la folie, une sorte de rage meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut être comparer." Le narrateur rencontre sur un paquebot en direction de l'Europe,   un passager inconnu  en proie à cette forme mystérieuse de démence appelé Amok. Ce dernier va lui raconter son histoire. 
" Un Européen est, en quelque sorte, arraché à son être quand, venant des grandes villes, il arrive dans une de ces maudites stations perdues dans les marais ; tôt ou tard, chacun reçoit le coup fatal : les uns boivent, les autres fument l'opium, d'autres ne pensent qu'à donner des coups et deviennent des brutes ; de toute façon, chacun contracte sa folie." Il est en mission en Malaisie. Un jour une femme blanche voilée "hautaine et orgueilleuse" vint jusqu’à son domicile pour lui demander assistance. 

 Le thème cher à Zweig est   la confidence d'êtres en proie à leur folie et au suicide. Ce n'est certes pas un livre bien gai mais d'une force terrible.  La folie fiévreuse est bien présente dans cette nouvelle, elle est même palpable, c'est très brûlant. L'écriture est magnifique !
" Zweig a choisi pour Amok une forme qui s'apparente à celle du "récit dans le récit" se laissant peu à peu envahir par la torpeur de la nuit tropicale, sur le pont du transatlantique qui doit le ramener de Calcutta en Europe, le narrateur est brusquement arraché à sa rêverie par la présence quasi fantomatique d'un autre passager, lequel se décide, lors d'une seconde rencontre à lui confier un secret."

Zweig est un très grand observateur de l'âme humaine,de  tous les aspects du comportement passionnel , des angoisses, des gestes d'autodestruction. Il transcrit les difficultés de vivre, d'affronter le monde. Son écriture il est certain, assez proche du roman policier, il sait tenir en haleine une histoire. D'ailleurs Amok se lie d'une traite, la lectrice est pendu à ses mots, la raison de se rendu est due à la technique de l'aveu, de la confession. 
 Voir la fiche wikipédia , là en complément




La Femme et le Paysage


Cette nouvelle se situe dans une vallée encaissée du massif des Dolomites au cours d'un mois d'août particulièrement chaud, un orage éclate. Dans une pension, un jeune homme se trouve face à une jeune fille, exaltée par la chaleur.

"Je regardait autour de moi. En face, au milieu d'autres personnes , je ne vis qu'une jeune fille assise, penchée sur un livre, une jeune fille élancée, immobile comme un tableau."

Une mystérieuse femme rencontre le narrateur. La nature est personnifiée.

"Je saisis son bras. Elle tremblait légèrement, comme les arbres l' après-midi , avant l'orange, mais elle ne se défendais pas."

Ce texte est plein de lyrisme et de sensualité. Le paysage est traité par Zweig comme si il était un personnage. En lisant cette nouvelle comment ne pas penser à Freud : l'interprétation des rêves.

Un joli billet à lire ici

STEFAN ZWEIG : Le Voyage dans le passé

Traduction de Baptiste Touverey

Retrouvailles entre un homme et une femme, une histoire d'amour impossible, la vie les a séparés. Cette nouvelle inachevée, par Stefan Zweig, retrouvé après sa mort.


"Dans le vieux par solitaire et glacé Deux spectres cherchent le passé"

Louis, pauvre et brillant, devient secrétaire au service du Conseiller G, directeur d'une usine de produits chimique. Il tombe amoureux de la femme de patron. Elle n'a pas de prénom, elle est comme une ombre. Cet un amour platonique et impossible, mais passionné en cachette. " Dès leur première rencontre, il l'avait aimée mais ce sentiment , qui le submergeait jusque dans ses rêves, avait beau être une passion absolue, il lui manquait néanmoins l'événement décisif qui viendrait l'ébranler, c'est-à-dire la claire prise de conscience que ce qu'il recouvrait, se dupant lui-même, du nom d'admiration, de respect et d'attachement, était déjà pleinement de l'amour, un amour fanatique, une passion effrénée, absolue." Il est envoyée au Mexique pour deux ans dans un premier temps. " Une telle mission exigeait un homme de confiance, qui fût en même temps jeune et énergique. " Quand il revient, Louis devenu riche et puissant, se marie et fonde une famille de deux enfants. Une fois rentrée en Europe, neuf ans plus tard, il retrouve sa maîtresse mais tout à changé entre eux. Entre temps la guerre de 14/18 a éclaté. Quand, ils prennent un train pour retrouver leur amour passé à Heidelberg . " C'est vers le passé, vers le passé , que voltigeaient ses pensées : un autre paysage, une autre époque se déployaient comme en rêve, aimantés par le rapide cliquetis cadencé des roues."Elle est veuve, son mari est mort au tout début de la guerre. Tout à changé et pas tout à fait ! " Tout est comme autrefois, sauf nous, sauf nous !"" Une fois de plus cette guerre qui venait de détruire toute sa vie ? Saisi d'un frisson inconnu il scruta ces jeunes visages, examina cette masse qui cheminait, noire, en rangs par quatre, cette pellicule cinématographique qui défilait, par segments, surgissant de l'étroit passage d'une boîte obscure, et chaque visage aperçu était figé dans cette même expression d'amertume résolue - une menace, une arme."

Je trouve le style superbe. Cette nouvelle remplit de tristesse j'ai trouvé qu'elle manque d'un brin d'émotion dans le texte tout de même. Même si, une fois lu j'ai eu la gorge nouée, une fois le livre fermé. Zweig parle du passé mais aussi j'ai trouvé que le futur est présent l'angoisse la monté du nazisme, le changement dans son pays. La peur est là !

S. J. AGNON : À la fleur de l'âge


Traduit par Laurent Schuman

Après avoir lu le livre de James Matthew Barrie "Portrait de Margaret Ogilvy par son fils", voilà que j'entame la lecture de ce livre du grand et très méconnu Agnon. En lisant les premières phrases j'ai trouvé qu'il y avait un lien entre les deux livres.
À la fleur de l'âge commence comme cela à la p 7 la première page qui ouvre le livre :" Ma mère mourut à la fleur de l'âge.... ""Ses jours, elle les avait passés recluse. De la maison elle ne sortait pas. Notre maison triste et silencieuse, restait fermée aux gens. " " Car au plus profond de moi j'étais encore une enfant. Il arrivait que ma mère quittât son lit pour aller s'asseoir près de la fenêtre."
Cela ma fait sourire se rapprochement, un écho magique fruit du hasard entre les deux livres. Mais cela reste tout de même deux livres très différent.

La mère de Tirtza avait un problème au cœur, son décès a été une grande douleur pour la jeune fille de quatorze ans. Léa, la mère de Tirtza avant sa mort a brûlé des lettres. Pourquoi sa fille essaye de comprendre, elle se tourne vers Mintchy la meilleur amie de sa mère.Elle lui montre son journal .Tirtza découvre l'existence de Akavia Mazal, il a été le grand amour de jeunesse de sa mère .Toutes les nuits, je ressassais dans mon lit la question de savoir ce qui serait advenu si ma mère avait épousé Mazal. Elle le rencontrera aussi car il enseigne dans son école.
C'est un jeune intellectuel qui avait quitté Vienne pour aller voir du pays. Il donnera des leçon à Léa, ils deviendront proche." Grâce à mes leçons, Léa avait progressé non seulement dans l'étude des auteurs et des textes littéraires, mais aussi en hébreu. Les parents de mon élèves en étaient félicités, car l'hébreu est la langue des textes sacrés."
J'ai trouvé ce livre troublant car la fin donne un éclairage autre sur ce livre, troublant aussi car j'ai eu comme l'impression que la mère et la fille se confondent en une et même personne. Un roman qui ressemble fortement à un conte. L'écriture est assez simple et légèrement désuète mais absolument pas désagréable à lire. C'est un livre qui a mon avis devrait plaire à tous les amoureux de Zweig, car il tourne autour des sentiments et de la souffrance humaine. Dans ce court roman la religion juive tient une place très importante ainsi que le culte pour le livre et la littérature. Agnon auteur très méconnu en France a reçu le Prix Nobel en 1966.

J'ai découvert cet auteur grâce à Amos OZ et Aharon Appelfeld - Ce livre a été lu par Cathe aussi.

STEFAN ZWEIG : Destruction d'un cœur


© Fernand Khnopff
Traduction Alzir Hella et Olivier Bournac


Recueil de trois nouvelles cruelles et magistrales dans la construction en crescendo, somptueux
La destruction d'un cœur concerne le rapport entre un père et une fille. Un vieil homme, Salommonsohn, ne se résout pas à admettre que sa fille deviennent adulte. Cela le rend malade, sa fille Erna a à peine dix-neuf ans " Sa fille Erna une enfant limpide et pétulante ... Non ce n'était pas possible, il devait s'être trompé. Qu'aurait-elle donc fait là-bas, dans cette chambre étrangère, sinon ?..."
" Erna, sa tendre enfant, si bien élevée, avec ses yeux caressants..."
Toute sa vie il a travaillé dure comme commercial pour accéder à un rang de l'échelle sociale pour être quelqu'un d'honorable. " " Oh ! l'argent, le maudit argent les a gâtées... C'est lui qui me les a aliénées ... Fou que j'étais, c'est moi qui l'ai amassé sordidement ; tout en leur donnant des verges pour me fouetter , je n'ai réussi par là qu'à me rendre moi-même plus pauvre et elles plus mauvaises... Pendant cinquante stupides années je me suis éreinté, je me suis pas accordé un seul jour de liberté et maintenant ...""
Sa fille et sa femme le mènent par le bout du nez pendant que lui trime dur, à elles la belle vie, la folie, la rage s'en part de lui. " Je le sais, je suis un homme fini et aucun professeur de faculté, aucune cure ne peuvent plus m'aider ... À soixante-cinq ans, on ne guérit plus ... Je sais ce qui me ronge et me mine, c'est la mort, et les quelques années qui me restent encore ne seront plus la vie, mais simplement une agonie ... Cependant, quand ai-je donc vécu ?... Vécu, pour moi, pour moi-même ? ... Quelle vie ai-je donc menée, toujours uniquement occupé d'amasser de l'argent, de l'argent, de l'argent ?" La cruauté est là dans cette nouvelle et elle est d'une grande modernité. Encore une fois, dans le style, le rythme des phrases, le style de l'écriture de Zweig je retrouve l'ambiance la musique de Schnitzler.
La deuxième la gouvernante est d'une grande simplicité dans son sujet. Là il est question de l'attachement de deux jeunes filles pour leur gouvernante. " Pauvre Mademoiselle" revient plusieurs fois comme un leitmotiv. Cette nouvelle débute par un secret mystérieux que l'on devine par le trou de la serrure si je peux m'exprimer ainsi !
Grande cruauté de la part de la mère (l'autorité) des jeunes filles de renvoyer la gouvernante (soumise). Cette nouvelle est assez courte, le style est tendu, plus j'avançais dans ma lecture, plus j'avais la gorge nouée à en avoir les larmes aux yeux. Magistral dans le ressenti des sentiments de la part de Zweig.
La dernière le jeu dangereux est d'une terrible cruauté faite à une jeune fille dans les sentiments amoureux, terrible.
C'est une écriture dense serrée de toute beauté, celle de Zweig. Car il dit sait parler de la souffrance des hommes avec les mots qu'il faut et juste splendide.
Plus je lis Zweig, plus j'admire sa plume et je suis séduite. Merci Lou !

STEFAN ZWEIG : Lettre d'une inconnue


Traduit par Alzir Hella et Olivier Toraille

Un court roman qui tourne autour de l'amour passion, fou, fiévreux. C'est une analyse des sentiments tout en finesse.
" Mais tu ne connaîtras mon secret que lorsque je serai morte, quand tu n'auras plus à me répondre, quand ce qui maintenant fait passer dans mes membres à la fois tant de glace et tant de feu m'aura définitivement emportée."
Une jeune fille de treize ans, vit avec sa mère. Et, un jour, un déménagement à lieu dans l'immeuble, un homme raffiné va s'installer. Elle est intriguée, curieuse, il se trouve que c'est un écrivain de renom pourrait être Stefan Zweig. Tous les opposent, la jeune fille est comme fascinée par lui.
" Et ce n'est pas étonnant : dès cette première seconde, j'éprouvai très nettement ce que tout le monde éprouve à ton aspect, ce que l'on sent d'une manière unique et avec une sorte de surprise. Il y a en toi deux hommes : un jeune homme ardent, gai, tout entier au jeu et à l'aventure, et en même temps dans ton art, une personnalité d'un sérieux implacable, fidèle au devoir infiniment cultivée et raffinée." Il ne s'est jamais rendu compte l'effet qu'il pouvait faire sur cette jeune fille. Ils se sont rencontrée à Vienne mais lui était aveugle concernant les émotions de la jeune femme. Le jour de son quarante et unième anniversaire, il reçoit une lettre étrange, cette jeune femme lui annonce que son enfant est mort, et qu'elle sera morte quand il lira cette lettre. " Mon enfant est mort hier " revient une autre fois, insistance. Cette lettre d'amour est une longue lettre écrite d'un en un jet et passionnel d'une immense tristesse. Cette inconnue parle de son amour dans les moindre détail, elle avoue son admiration pour cet homme avec tous ses fantasmes. Cette lettre est anonymes, cette inconnue n'a pas de prénom ni de nom c'est une vrais érotomane. Nous sommes à Vienne et en ce qui concerne l'analyse des ressentis de cette inconnu Freud n'est pas loin.
Un livre magnifique : un chef d'œuvre


Voir chez Wictoria : l'amoureuse de Zweig ;-)
Le film de Max Ophuls

Un film magnifique la grande classe , le grand romantisme magnifiquement filmé et mis en scène avec un grand brio !!!!! signé du grand Max Ophuls 1945.

TECIA WERBOWSKI : Prague



Traduit par Elisabeth Van Wilder

En 1957, Sacha Bell est anglais , d'origines russes via sa mère et il a vingt-six ans. il décide de s'installer à Prague. Où, il est lecteur d'anglais à l'université Charles. Il s'intéresse de très près à la politique du pays, de son destin , du régime en place la désillusion et la perte de certains espoirs,cela n'empêche pas d'effectuer quelques séjours en Angleterre. Il se lie avec Mary Stearns est une femme américaine, communiste, un beau personnage séduisant, elle lie une belle complicité avec Sacha. "En fait , il devait reconnaître qu'il était sous le charme de Mary Stearns. Cette femme de vingt-trois ans son aînée qui aurait pu être sa mère, mais il n'avait rien d'un Œdipe. Leurs relations se développaient calmement."
En 1968, Il va vivre le fameux Printemps Prague, référence évoqué chez Milan Kundera dans"L'insoutenable légèreté de l'être". "Quand il avait vu les tanks soviétiques foncer de l'avant, écraser (pas du tout facilement) la résistance de courageux Hongrois prêts à se battre jusqu'à la mort, son cœur s'était serré."
Il aussi une période historique moins connu la "Révolution de velours".
"Un moment historique. La " Révolution de velours". À côté de lui, il y avait Petr, et aux alentours, bien des visages amis. Pour tous, c'était sans doute de grands moments , chargés d'émotion, des instants inoubliables."
La musique tient une grande place dans ce court roman mais brièvement.
Ce roman est intéressant pour son cadre historique et oh combien l'importance du communiste donne une ambiance étrange faire attention à ce que l'on dit, ce que l'on fait ! C'est un livre court, concis, alors qu'il s'étale sur un temps assez long de 1957 à 1991. La fin, la chute est assez étrange qui ressemble à celle des nouvelles.
Ambiance m'a fait penser au film allemand " À la vie des autres". Ce livre m'a demandé une certaine concentration, je n'ai pas été enthousiasmé mais c'est très intéressant tout de même. Le style est très différent de ce que j'ai lu de cette auteure voir ici.



Tecia Werbowski auteur d'origine polonaise a une grande affection pour cette ville Prague. On le voit très bien dans ce court roman mais aussi dans un autre roman qui est un hymne à cette ville et à ses auteurs avec


Rêveries pragoises

Traduit par Elisabeth Van Wilder

Prague est une ville mystérieuse, très littéraire, prestigieuse. La narratrice décide de passer un jour une petite annonce :
"Guide pragoise, historienne de l'art connaissant plusieurs langues, écrivaine, conduira un petit groupe "sélect" dans divers coins de Tchéquie."
À la suite de sa petite annonce, le téléphone sonne, elle reçoit un appel d'Alma Malher. Elle souhaite visiter la ville de naissance du grand Gustav Malher qui fut son mari. Puis, elle rentre en contact avec Lou Andréas Salomé, Nina Berberova et Irène Nemirosky. Ces dames dont les personnalités sont fortes voir opposé vont passer un moment ensemble, elles feront connaissances, et elles se confient aussi. C'est un magnifique rêve que fait là, la narratrice car il est doux et brumeux.
Un très jolie roman, une lecture fort agréable
Ce court roman, encore, est une petite merveille et l'on retrouve le ton, la plume de Teci Werbowski de son l'Oblomova qui n'est pas la même que pour Ich bin Prager

Le point commun des deux livres : l'histoire avec un grand H, les chats, l'être humain, Prague, et bien sûr l'amour des livres.

STEFAN ZWEIG : Vingt-quatre heures de la vie d'une femme


Quand j'étais plus jeune j'adorai Arthur Schnitzler. C'était mon écrivain fétiche et Mademoiselle Else un livre court qui m'avait bouleversé. Ce livre restera toujours très présent en moi. Mais il me semble que je n'avais jamais lu de Zweig auparavant. Bizarrement car il y a vraiment des ressemblances d'univers me semble t-il. En plus ils sont tous les deux viennois.


Traduit par Olivier Bournac et Alzir Hella

coeur_022C'est vraiment un petit bijou ! Une pure merveille viennoise. Ce court roman s'est l'histoire d'une passion , c'est une plongée dans la folie amoureuse, tourbillon dans lequel les âmes se perdent.
Une scène étonnante, éblouissante que le lecteur lit avec avidité, il a aucune envie d'en raté une miette la scène du casino et surtout ses mains. Un passage magnifique, qui m'a complètement subjugué et très visuel, le lecteur imagine les voix, voit ces mains qui sont perpétuellement en mouvement.
Le style est d'une finesse, enchantement. Il sait analyser l'âme humaine superbement avec profondeur. La lecture nous envoûte en un mot un véritable petit chef d'œuvre.
Au début du XXème siècle, sur la côte d'Azur, une certaine Mme Henriette, une cliente d'une pension de famille s'est enfuie avec un jeune homme, pour l'époque c'est un scandale et très mal vu. Mrs C... une vieille dame anglaise, se rappelle d'une aventure similaire qu'elle a vécut elle aussi avec un jeune homme quand elle avait quarante deux ans. " Car tout ce que je vais vous raconter occupe une période de seulement vingt-quatre heures, sur soixante-sept ans ; et je me suis moi-même souvent dit jusqu'au délire : " Quelle importance si on a eu un moment de folie, un seul ! ". "
Elle l'a rencontré à Monte-Carlo en allant au Casino, il a environ vingt-quatre ans "il était mince délicat, un peu allongé et par là si expressif. Tout comme les mains, il n'avait rien de viril , semblant plutôt appartenir à un enfant jouant avec passion : mais je ne remarquai tout cela que plus tard car pour l'instant ce visage disparaissait complètement sous une expression frappante d'avidité et de fureur. "d'origine polonaise. Entre eux se fut fougueux et passionnel durant vingt-quatre heures comme le souligne le titre du roman de Zweig.

TECIA WERBOWSKI :Le mur entre nous, Hôtel Polski, L'Oblomova



Elle est née en Pologne pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle vit au Canada à Montréal depuis 1968. Et, elle se partage son temps entre les deux pays. Elle a une plume délicieuse aussi exquise que la grande russe Nina Berberova. J'ai craqué car j'aime beaucoup les couvertures des éditions des Allusifs et les couleurs pastelles de ces trois petits livres (rééditions avec un autre éditeur car à l'origine éditée chez Actes Sud). Ces trois récits sont par leurs structures, trois longues nouvelles.


Le Mur entre Nous

Traduit par l'auteur et Martin Gipet - Livre écrit en polonais

Ce livre a été adapté au théâtre, il fut à la fiche pendant cinq ans à Prague. C'est le premier roman de Tecia Werbowski, elle reprend un thème qui appartient à Nina Berberova : l'histoire d'une vengeance obsessionnelle. Iréna Golebiowska ou Estera Sternchus est une femme de quarante-huit ans, d'origine polonaise. Aujourd'hui elle vie seul à Montréal dans un pays neuf. Elle a quitté la Pologne à la mort de ses parents d'adoption. Son histoire personnelle appartient à la grande Histoire de la Seconde Guerre mondiale. Son pays d'origine est la Pologne, enfant du ghetto de Varsovie. Zofia Lass, une odieuse femme, s'est emparée du manuscrit de sa mère " Le mur entre nous" qui deviendra un best-seller . Elles se sont connues dans le ghetto, et elles furent amies. Iréna va tout faire pour ce venger, elle ira à Prague pour la rencontrer et l'affronter.En fermant ce livre j'ai eu le souffle coupé, livre court donc qui se lit d'une traite. Un véritable coup de cœur pour ce court récit poignant, le ton est d'une grande justesse avec une économie de peu de mots, une écriture nerveuse et sobre. Bravo ! " Les braves gens meurent souvent sans déranger personne. Comme ces arbres qui meurent debout . La mort suce leur vie par les racines. Les braves gens s'en vont sur la pointe des pieds."





Hôtel Polski
Traduit par Chrisstine Le Bœuf - écrit en Anglais

Un jour, Eva reçoit une lettre qui vient d'Allemagne. Elle découvre que sa mère était juive polonaise. Elle a vécu une histoire d'amour avec un allemand Joachim durant la seconde guerre mondiale en Pologne en 1943. Il lui a sauvé la vie, ils se sont rencontrés à l'hôtel Polski. Dans un hôtel de Varsovie, Eva et Heinrich, les enfants , vont se rencontrer et ils vont se poser des questions concernant leurs parents.
"J'avais rêvé d'une carrière diplomatique. Cela suscita quelques soupçon , mais mon dossier était vierge. D'ailleurs, tout devait être mis au service de la "bonne cause". Alors que je boitais encore on me convoqua au quartier général de la Gestapo. Je devais faire office de traducteur et, en un sens j'avais pour mission de "surveiller" les civils à l'hôtel Polski, à Varsovie."
Ce récit a la forme d'une nouvelle dramatique. Le ton est doux-amer, ironique et un rien cynique. La forme fait penser aux poupées russes imbriquées les unes dans les autres. Un livre sur la notion du temps entre hier et aujourd'hui.





L'OBLOMOVA


Traduit par Elisabeth Van Wilder - Livre écrit en polonais

Oblomova c'est la version féminine de Oblomov, le héros d'un roman de Gontcharov que Tecia Werbowski aime beaucoup. L'héroïne, Maya Ney passe ses journées à ne rien faire... veuve d'un homme riche en fait elle regarde l'hiver canadien par sa fenêtre, regarde ses chats. Tout l'ennuie, les tâches quotidiennes, les gens, régler les factures... C'est un petit récit d'une soixantaine de pages. L'écriture est jolie dans sa sobriété. L'auteure rend très bien son sujet: la fatigue chronique. Aussi c'est un récit qui honore les chats. Ceux et celles qui aiment les chats seront spécialement touchés par cette histoire.

Dans ce récit Tecia Werbowski, évoque Berberova, elle lui doit beaucoup car c'est elle qui l'a incité à écrire.