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PATRICK MODIANO : L'herbe des nuits

 Lire un roman de Modiano c'est se perdre dans les méandres du temps aussi bien passé que présent.

Un écrivain nommé Jean  se retourne vers une courte période de son passé à la lumière d'un petit carnet de notes noir datant du milieu des années 1960.Il l replonge dans le Paris du quartier de Montparnasse, de la cité internationale universitaire, et de la rive gauche, à l'époque de la décolonisation lorsqu'il fréquentait une jeune femme du nom de Dannie qui évoluait dans les milieux de la sécurité marocaine présente en France. Le passé, le présent se mélange dans ses déambulation  dans les rues de Paris entre l'Unic Hôtel de la rue du Montparnasse, la faculté de Censier, le jardin des Plantes.  Jean sait que Dannie ce n'est pas son vrai nom. C'est une femme plein de mystère.  Elle a été amie avec des personnages louchez, pas fréquentable. Jean entretien tout de même une relation amoureuse avec elle . 

" J'avais eu souvent la même expérience : certains rêves - ou plutôt certains cauchemars - que vous avez faits la nuit précédente, vous les traînez pendant la journée. Ils se mêlent à vos gestes les plus quotidiens, et vous avez beau vous trouver avec des amis, au soleil, à la terrasse d'un café, ils vous poursuivent par brides et se collent à votre vie réelle, comme une sorte d'écho ou de brouillage dont vous ne pouvez plus vous débarrasser. "

Souvent dans les roman de Modiano, Paris est traité comment un personnage où le narrateur déambule jusqu'à se perdre. Les cafés tiennent une grande place aussi dans ses romans. C'est un roman qui est basé sur les souvenirs, l'univers est flou et brumeux et se déroulant en grande partie la nuit


RICHARD KENNEDY : J'avais peur de Virginia Woolf


 http://www.mantex.co.uk/wp-content/uploads/2009/09/hogarth_1.jpg


Traduction de Beatrice Veerne et joliment illustré par l'auteur

C'est grâce à Lou de (My Lou Book) que j'ai connu le titre de cet ouvrage. Immédiatement j'ai eu envie de faire connaissance avec ce jeune homme.  Puis le temps est passé, il a fallut que je mette la main dessus, et voilà c'est une chose faite !
"La maison d'édition Hogarth Press, pour laquelle je travaille, se situe au cœur même de ce monde et les auteurs ne cessent de défiler chez nous. Mrs Woolf, la femme du directeur, est un écrivain très célèbre et, à sa façon, elle a plus d'importance que Galsworthy."
Nous sommes en 1926, à Londres, et Richard Kennedy, naïf adolescent de seize ans fait  un stage dans la célèbre maison d'édition la Hogarth Press dirigé par Leonard et Virginia Woolf, grâce à son oncle Georges.
Il se trouve aussi que ce jeune Richard est très  doué pour le dessin. Il sait à merveille faire revivre  l'univers de Bloomsbury.  Les souvenirs de Richard Kennedy sont tout simplement délicieux !
Un récit très agréable à lire, il se dégage plein de fraîcheur à la lecture

 "L'existence de la Hogarth Press et sa politique éditoriale sont, en effet indissociables de sa vocation première : publier les œuvres des Woolf, et surtout celle de Virginia. Dans une lettre à David Garnett datée de Juillet 1927, Virginia Woolf écrit qu'elle trouve par le biais de la Press l'occasion d'inventer "Une forme complètement neuve. Quelle bénédiction de pouvoir faire ce qu'on aime, pas de rédacteur en chef, pas d'éditeur."
Geneviève Brisac et Agnès Desarthe : " La double vie de Virginia Woolf"

En complément voir ici

J.B PONTALIS : Marée basse marée haute


«Chaque été, je passe mes vacances au bord de la mer - c’est une nécessité pour moi - et chaque jour je consulte l’horaire des marées. Basse mer, pleine mer, marée basse, marée haute, marée montante, marée descendante, grande marée. Ces mots, à eux seuls, me donnent à rêver. Quand la mer se retire, je vois des estivants, parents et enfants, s’avancer sur la plage qui s’allonge mètre après mètre jusqu’à rendre la mer au loin à peine perceptible, elle se confond avec le ciel. Ils vont à la recherche de coquillages. Je me dis que ces coquillages, ces coques, ces palourdes, ces moules en grappes, ces bouts de bois rongés par le sel marin, ces morceaux de corde tombés d’un bateau de pêche, figurent ce qui est déposé dans ma mémoire : de petits restes - comme ils me sont précieux ! - qui seront tout à l’heure recouverts par la marée haute mais qui réapparaîtront, ceux-là ou d’autres, quand la mer de nouveau se retirera. Marée basse, marée haute, cette alternance est à l’image de ma vie, de toute vie peut-être. La vie s'éloigne, mais elle revient.» 
C'est le dernier livre de J.B. Pontalis, avant son décès. Mort dans la nuit du 14 au 15 janvier 2013, J-B Pontalis venait de mettre le point final à son dernier livre, Marée basse, marée haute. C'est un ouvrage très original de faire référence à la mer, à ses marées, aux flux et reflux des vagues.
Un livre de souvenirs, d'observations sur les thèmes essentiels de notre condition de vie. Des histoires  courtes vécues, observées, qui parlent de la vieillesse, du temps qui passe, de la solitude, de l'abandon, des difficultés de communication entre les êtres, ainsi qu'entre les hommes et les femmes... Réflexions sur sa vie, sur nos vies. L'écriture de J.B Pontalis est une petite merveille de délicatesse, mais elle n'a pas su véritablement me touché cette fois. Malgré tout J.B Pontalis est un auteur merveilleux à découvrir !!!!