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JEAN JACQUES SCHUHL : Entrée des fantômes

Dans Sherlock Junior, Buster Keaton, projectionniste et s'endort dans la cabine et rêve : il descend dans la salle et comme Alice à travers le miroir, il passe de l'autre côté de l'écran et entre dans le film, noir et blanc, muet, le monde des fantômes : mauvais garçons, beautés dangereuses, armes à feu ...
Un très grand livre comme l'était Ingrid Caven (Goncourt de l'année 2000).  Une petite pépite d'une grande rareté dans la littérature française contemporaine. le personnage romanesque s'est lui Jean Jacques Schuhl. C'est un ouvrage collage, comme il le définit lui même, dans la ligné des surréalistes, un livre miroir, un hommage aux disparus, à la littérature, au cinéma en un mot à l'art accompagné d'une plume très élégante. Une première partie intitulé Manequin, là il y a un début de roman futuriste à la David Lynch, un voyage mental, une jeune mannequin nommé Marge file en limousine vers une mystérieuse soirée. Marge est le sosie de Kate Moss, l'Alice de Lewis Carroll . le stylo magique de la première partie sert à écrire la deuxième partie, il y a un lien évident entre les deux parties mais l'on s'en aperçoit qu'après avoir terminé le livre.Jean-Jacques Schuhl a une passion, une admiration pour le journaliste, il évoque l'interview qu'il avait faite avec Jim Jarmusch pour le journal Libération.

Car je voyais maintenant apparaître une démarche chaloupée, mains dans les poches d'un vieux Burberry un peu trop grand, zyeux bleus plissés, gauloise bleue au coin des lèvres. Je ne l'avais pas reconnu tout de suite ... Son apparition n'était pas tout à fait une surprise : depuis le coup de revolver dans le cœur, ça faisait maintenant près d'un quart de siècle, il avait toujours été un peu présent."" Jean sa blondeur cheveux de blé le bleu de France Douce France un p'tit clocher dans le lointain Fleur Bleu Jean de France ... l'accent chantant de Narbonne ponctué par des "t'sais.

BULLE OGIER : J'ai oublié

avec Anne Diatkine
Prix médicis  - Essai 2019

Écrit avec l'aide de la journaliste et amie Anne Diatkine, J'ai oublié  est à l'image de la comédienne, doux et mélancolique. "J'ai oublié pourquoi je suis devenue actrice" . Sur scène, elle a joué sous la direction de Luc Bondy, Claude Régy, Jean-Louis Barrault, Patrice Chéreau... 

Actrice de cinéma et de théâtre, Bulle Ogier, qui a fêté ses 80 ans le 9 août, a choisi un titre presque énigmatique, J'ai oublié, pour relater ses souvenirs et les drames de sa vie. Peut-être un clin d'œil au livre Je me souviens, fameux exercice sur la mémoire des petits riens d'une vie, publié en 1978 par Georges Perec.

Bulle Ogier est née Marie-France Thielland le 9 août 1939 à Boulogne-Billancourt. Ce père absent a refusé "par courrier recommandé avec accusé de réception" que la jeune femme utilise son nom en tant qu'actrice. "J'ai repris le nom de ma mère avec beaucoup de plaisir. Je n'oublierai jamais que l'unique fois où mon père a été salvateur à mon égard, c'est lorsqu'il m'a retiré le droit de porter son nom", assène la comédienne. Quant au prénom Bulle, l'actrice raconte que c'est une idée de son oncle, le frère de sa mère. Quand elle était enceinte, il lui demandait : "Comment va ta bulle ?"... "Si bien que ma mère et à sa suite tous mes amis m'ont toujours appelée ainsi."

Ses films dans lesquels Bulle Ogier a joué un rôle important dans sa carrière : 

Elle a fait ses début dans : Les idoles de Marc' O (1967)



"Je n'ai pas oublié, car les débuts dans la vie sont seuls moments qui restent nets , que c'est à l'America Center que Marc'O avait créé son école que fréquentaient aussi Pierre Clémenti et Jean Pierre Kalfon, Elisabeth Wiener et tant d'autres, et qu'il disposait d'une salle de 11 heures à 17 heures, pour travailler ses propres textes et mises en scène avec sa trentaine d'élèves, mais on n'utilisait pas se terme"

Elle est  devenue célèbre au cinéma avec La Salamandre d'Alain Tanner (1971). Un film qui lui a collé à la peau. 





 L'Amour fou de Jacques Rivette (1969) avec qui elle a tourné dans de plusieurs films. 

Elle a tourné avec Luis Buñuel, Barbet Schroeder (son mari et "homme de sa vie" à qui le livre est dédié) ou encore Marguerite Duras dont elle était très proche et qu'elle a plusieurs fois servie, au théâtre.

Bulle Ogier est une actrice de Cinémathèque. Elle a joué dans des films undergrounds et confidentiels. 


 

. "J'ai oublié que j'ai eu une vie très amusante et joyeuse jusqu'à la disparition de Pascale", dit avec pudeur la comédienne, terrassée par un chagrin impossible à oublier.
" Barbet me disait tout le temps : " Tu ne penses qu'à t'amuser". J'ai d'abord été une adulte très joyeuse après avoir été une enfant mélancolique. Dès que je suis devenue une grande personne, je me suis mise à jouer. C'est à la Coupole que j'ai rencontré Barbet en d1970. A notre table, il y avait Jean-Jacque Schuhl, Jean-Noëm Pïcq et Jean Eustache, qui espionnait Sartre et surveillait sa consommation de vin. " ""Voilà Schroeder qui vient nous piquer les filles", a dit Jean d'une voix traînante."

La vie de Bulle Ogier est digne d'un roman de souvenir, fragment. Dans la rédaction de cet essai c'est le temps présent qui a compté, pas de mélancolie, ni de nostalgie, elle évoque même les Gillets Jaunes. 

Films vus avec Bulle Ogier :

1968 : Les Idoles de Marc'O avec Pierre Clémenti, Valérie Lagrange, Jean-Pierre Kalfon…
1988 : La Bande des quatre de Jacques Rivette : Constance
1994 : Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard
1995 : Circuit Carole d'Emmanuelle Cuau : Jeanne
1996 : Irma Vep d'Olivier Assayas : Mireille
1999 : Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall : Madame Nadine, la patronne


Théâtre :

1992 : Le Temps et la chambre de Patrice Chéreau : l'impatiente
2014 : Les Fausses Confidences de Marivaux, mise en scène Luc Bondy, Théâtre de l'Odéon

JEAN DOUCHET : L'homme cinéma




Mon père a connu Jean Douchet via Jean Eustache. Il se trouve qu'à l'âge de dix huit ans, j'adorais le cinéma et mon père ma conseiller d'aller à la cinématique et d'assister au ciné club Jean Douchet.
Ces séances se déroulait dans la petite salle de la cinémathèque de Chaillot. Les séances commençaient en général à vingt heure et finissait vers vingt trois heures, elles se déroulaient le jeudi soir. Pendant, au moins trois ans je m'y rendrais  quotidiennement et j'ai pu voir de très grands films. J'ai le souvenir d'avoir vu  des film de  Rossellini, Mizoguchi, Eisentein, Douglas Sirk ...
Par la suite, avant d'être à Bercy, la cinémathèque a déménagé sur les grand boulevard quelques temps. Là j'ai assisté à deux séances l'une avec un Pialat : A nos amours et une autre avec Truffaut : La femme d'à côté.
Un bonheur, une parenthèse enchanté ces séances Douchet, une grande claque aussi par tant de merveille. Ces séances m'ont beaucoup marquée, j'en garde un souvenir inoubliable.



Né le 19 janvier 1929 à Arras dans le Pas-de-Calais, Jean Douchet, critique, historien du cinéma et cinéaste, est décédé le 22 novembre à Paris. Il avait 90 ans. C’était sans nul doute avec André Bazin, Michel Mourlet, Eric Rohmer et Serge Daney, l’un des penseurs les plus pertinents et perspicaces du septième art.

Il a collaboré à la Gazette du cinéma puis aux Cahiers du cinéma à partir de 1957. Très lié d’amitié avec les cinéastes de la Nouvelle Vague, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol ou encore François Truffaut,  Il a lui-même réalisé plusieurs films dontSaint-Germain-des-Prés en 1965, l’un des courts-métrages du Paris vu par (long-métrage collectif de Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol) et le splendide La Servante aimante en 1996 d’après la pièce de Carlo Goldoni mise en scène par Jacques Lassalle à la Comédie-française.

Il est l’auteur de plusieurs livres sur le cinéma dont Nouvelle Vague, un livre somme qui fait référence sur le sujet par son parti pris focalisé sur la mise en scène et un excellent ouvrage Alfred Hitchcock paru en 1967 aux Editions de L’Herne. En France, Jean Douchet fut dans les années cinquante et soixante, l’un des premiers à reconnaître avec Eric Rohmer et Claude Chabrol, la place importance d’Alfred Hitchcock dans l’art cinématographique. Dans cet essai, il démontre magistralement, pourquoi et comment Hitchcock est un auteur de cinéma incontournable. Pour Jean Douchet « Il s’agit de regarder le cinéma comme la mise en forme d’une pensée par la mise en scène de ceux qui font le film. Car ce n’est pas l’intrigue qui fait le film, qui énonce le film – même si elle le fait un peu –, mais la mise en scène, la façon de présenter les choses. »

De lire cet ouvrage ma passionnée, ma intéressée de retrouvé son univers et sa passion pour le cinéma qu'il a su merveilleusement transmettre. Jean Douchet est avant tout un "passeur" et se n'est pas rien. 

NICOLAS CHAUDUN : L' Îles des enfants perdus


C'est l'histoire d'un film maudit qui n'a jamais vu le jour.

Menant l’enquête, le narrateur  l'auteur lui même ressuscite le cinéma de l’âge d’or, depuis l’avant-guerre jusqu’aux huées de l’Epuration.
En 1947, Carné et Prévert tournent un film à Belle-Île. Ce film a eu plusieurs noms : L’Île des enfants perdus, Les Vacances de Pâques et puis La Fleur de l’âge.

Marcel Carné est le réalisateur de "Quai des Brumes" et "les enfants du paradis" entre autre. Pour ce projet de film il a su convaincre : Arletty, Serge Regianni, Paul Meurisse et la toute jeune Anouk Aimé. Tous les ingrédients étaient réunis pour faire un grand film.

Son histoire a connu plusieurs temps : celui des faits à l’origine du film, une mutinerie d’enfants d’un bagne de Belle-Ile en 1934 ; celui du Front Populaire et des premiers succès du poète et du réalisateur, celui de la Libération et d’un tournage chaotique ou rien ne va. 
Les caprices du ciel, des disputes, des grèves, des accidents… le sort s’acharne. Comble de malédiction, les bobines du chef-d’œuvre inachevé disparaissent…


Nicolas Chaudun, l'auteur, se met en scène dans son roman avec l'aide de son ami Philippe Claudel, écrivain et cinéaste. Grâce à cet ami, il va rencontrer Anouk Aimée. Elle est la seule a lui donner des précisions sur ses fameuses bobines égarées...


Un roman intéressant par son sujet de parler de cinéma de ce film maudit, inachevé dont il reste que des photos, c'est à dire rien ou presque. Mais l'enquête de l'auteur ne m'a pas convaincu et séduite.  Pour conclure, je trouve que c'est un roman original tout de même pour son sujet  c'est déjà pas si mal.



ARNAUD DESPLECHIN : ROI ET REINE

Film vu à sa sortie, puis j'ai eux envie de le revoir cet été !
Un film que je trouve très romanesque : par sa construction binaire, les dialogue et la musique.

Emmanuelle Devos : Nora
Mathieu Almaric : Ismaël
Maurice Garel : le père de Nora
Noemie Lvosky : Elisabeth la soeur d'Ismaël
Nathalie Boutefeu : Chloé la soeur de Nora

Nora a l'air heureuse tout lui réussit c'est une femme courageuse. Elle  a 35 ans,  elle se rend chez son père, à Grenoble, pour récupérer son fils : Elias. Le père d'Elias, Pierre s'est suicidé avant sa naissance. Nora est une femme courageuse, qui a fait le nécessaire pour que son fils porte le nom de son père.
Lorsqu'elle arrive, Nora trouve son père  écrivain malade. On l'opère dans la nuit, et un cancer généralisé.  Sa mort est proche. Pendant ce temps, Ismaël, un ancien amant de Nora, altiste dans un quatuor, est interné dans un hôpital psychiatrique, à la demande d'un proche dont il ignore l'identité. Ismaël  est proche de la folie, il a du mal a trouvé sa place dans le monde des adultes. Il a un comportement dans la vie la plupart du temps burlesque, proche d'un clown alors qu'à l'inverse Nora est une femme d'affaire qui doit faire face à la vie avec ses joies et ses peines.
Il est en  révolte, mais c'est l'occasion  pour lui de faire le point sur ses problèmes divers et variés. Nora va voir Ismaël à l'hôpital pour lui demander d'adopter Elias.
 Ismaël fait la connaissance d'une jeune suicidaire, Arielle, et couche avec elle. Sorti de l'hôpital, il se fait congédier de son quatuor par le premier violon (qui était à l'origine de la demande d'internement).
Après la mort de son père Nora découvre  une lettre dans laquelle il lui confiait sa colère, et sa haine de ce qu'elle était devenue, c'est un passage bouleversant.
Ismaël explique à Elias pourquoi il refuse de l'adopter, au musée de l'Homme.
J'adore la fin du film, je la trouve apaisante. En un mot, Roi et Reine est un film magnifique.


ANNE WIAZEMSKY : un an après



Anne Wiazemsky est décédée il y a peu au mois d'octobre 2017. Sa mort m'a beaucoup touchée j' ai voulu lire un livre d'elle. J'ai pris celui là qui est en quelque sorte la suite d'Une année studieuse. En janvier 1968. Fraîchement marié, le couple Godard-Wiazemsky emménage au 17 de la rue Saint-Jacques, en plein Quartier Latin. En février, les cinéastes français – Truffaut et Rivette en tête – se mobilisent pour la défense d'Henri Langlois, viré de la direction de la Cinémathèque. 

Claude Chabrol - Jean Luc Godard

L'année commence  Godard a 37 ans. Anne Wiazem­ski, 20, et quelques rôles prestigieux déjà derrière elle, chez Bresson (Au hasard Balthazar) ou chez son mari (La Chinoise). C'est à travers le regard de cette presque jeune fille, très éprise de son cinéaste, qu'on va suivre les événements du joli mois de mai. 


A Canne : Lelouch - JL Godard- F Truffaut - Louis Malle- Roman Polanski

De la fermeture de l'université de Nanterre, le 3, à l'interruption du festival de Cannes, le 19, via l'occupation de l'Odéon, le 15. En même temps qu'elle tourne La Bande à Bonnot avec Jacques Brel et Annie Girardot, Anne Wiazemsky court les manifs, juste en bas de chez elle, en patins à roulettes. Elle s'y intéresse avec une candeur bourgeoise, vite dégoûtée par les excès et les dérapages, tandis que le réalisateur devient  rebelle maoïste en rupture avec tous les systèmes, celui du cinéma traditionnel compris. 

Entre un tournage avec les Rolling Stones à Londres et un film télé avec un syndicat de mineurs au Canada, Godard rêve d'un cinéma révolutionnaire et engagé où s'effacerait l'individualité du créateur. Lente descente aux abîmes... Anne se libère quand Jean-Luc Godard se perd... J'ai été assez déçu par ce roman ci d'Anne Wiazemsky dont j'aime assez son univers. L'intérêt selon moi de ce roman est réside dans l'époque celle de Mai 68, Histoire qui joue un rôle dans la propre histoire d'Anne et de Jean Luc. 



ROBERT MULLIGAN : DU SILENCE ET DES OMBRES

Il y a quelques années, j'avais lu  ce roman et j 'avais été un peu déçu, pas conquise. Je lui ai donné une deuxième chance dans le cadre du mois américain voir ici . Il se trouve j'ai eu la possibilité de voir son adaptation : " Du Silence et des ombres" de Robert Mulligan avec Grégory Peck. Le film se déroule en 1932 dans le sud en Alabama. 
 Dill, l’ami de Scout et Jem, est directement inspiré par le petit voisin qu’affectionnait Harper Lee quand elle était petite, Truman Capote.
Ce film décrit à merveille le monde de l'enfance, ses espoirs et ses peurs. L'enfance pour Robert Mulligan est un voyage initiatique. 
On retrouve dans ce film en noir et blanc l’ambiance de La Nuit du chasseur de Charles Laughton.Ensuite, le récit dévie et Du silence… devient un film de procès (les ombres)  Le père des enfants, Atticus (Gregory Peck, qui obtint un oscar au passage), va devoir défendre un ouvrier agricole noir accusé d’avoir violé une jeune fille blanche.
Les trois enfants, lors de ce procès, vont découvrir à la fois la violence dont les hommes et la société peuvent se rendre coupables, et la noblesse morale d’un père qu’ils connaissaient au fond très mal." 
Notre père ne faisait rien. Il n’était pas fermier ni garagiste ni quoi que ce soit susceptible de soulever l’admiration. Il ne faisait pas ce que faisaient les pères de nos camarades : il n’allait jamais à la chasse ni à la pêche, il ne jouait pas au poker, ne buvait pas, ne fumait pas. Il restait à lire au salon. Pour autant, il ne passait pas aussi aperçu que nous le souhaitions : cette année-là, l’école bourdonnait de discussions sur le fait qu’il allait défendre Tom Robinson et ce n’était jamais pour en dire du bien. On se donnait le mot : « Finch est l’ami des nègres ! »



HENRY JAMES : Les Bostoniennes

Traduction de Jeanne Collin-Lemercier

"Quand je jette un regard sur le monde et que je vois ce que les hommes en ont fait, je ne peux m'empêcher de me dire : "Si c'était les femmes qui avaient mis le monde dans cet état, je me demande ce que les hommes penseraient."Quand je vois la misère affreuse de l'humanité, quand je pense à la souffrance qui à toute heure, à tout instant étreint le monde, je me dis : "Si c'est là tout ce qu'ils sont capables de faire par eux-même, ils feraient mieux de nous laisser leur montrer ce que nous femmes savons faire."Nous ne réussirions jamais à faire plus mal qu'eux, qu'en pensez-vous ?"
 Ce roman féminisme se déroule entre Boston et New York à la fin du XIX ième siècle. Olive Chancellor est une féministe convaincue.  Olive est sous le charme de la jeune Verena Tarrant, fille d'un guérisseur. Vérena est douée elle pour parler en publique avec beaucoup de charme.  " Je ne suis qu'une simple jeune fille, une petite Américaine de rien du tout, je n'ai pas beaucoup d'expérience, naturellement, et je ne connais pas grand chose de la vie."
Olive va  s'approprie ce talent brut et éduque, forme et instruit Verena pour la mission à laquelle elle la destine: être la porte-parole des féministes. Olive va invité  un lointain cousin , Basil Ransom, sudiste et conservateur à une réunion de suffragette où la jeune Verena est présente .  Pour la première fois, elle se trouve dans l'obligation de faire un discours très éloquent. Son auditoire est émerveillé par cette jeune fille pure et innocente. 
Il est immédiatement  sous le charme de Verena aussi. Il est un jeune et intelligent avocat du Mississippi, il est venu s'établir à New York pour exercer son métier d'avocat. 

C'est un roman sur le combat féministe face au masculin oppressant. C'est une lutte entre Olive, la bostonienne et son cousin le conservateur du sud. Verena est tiraillée entre les sentiments naturels, ceux de l'amour et les sentiments imposés ceux des idées sur le féminisme. Ce gros roman de James est d'une incroyable modernité !




James Ivory a réalisé une adaptation de ce roman d'Henry James, très réussit et fidèle au roman. 
Interprétation : 
Christopher Reeve : Basil Ransome
Vanessa Redgrave : Olive Chancellor
Madeleine Potter : Verena Tarrant




CARSON McCULLERS : Reflets dans un oeil d'or

Traduction par Pierre Nordon

 "Il y a un fort, dans le Sud, où il y a quelques années un meurtre fut commis. Les acteurs de ce drame étaient deux officiers, un soldat, deux femmes, un Philippin et un cheval.".

Un roman brûlant et sublime ! 

Au début du siècle dernier, dans une garnison isolée du sud des Etats-Unis, le hasard tisse entre deux femmes et trois hommes des relations singulières. ce roman bref et dense dévoile les mécanismes d'un drame imputable moins au hasard des situations qu'à la psychologie des personnages et aux ressorts inconscients qui inspirent souvent notre conduite à tous.

"Reflets dans un œil d'or"
 dévoile les mécanismes d'un drame, au hasard des situations qu'à la psychologie des personnages, c'est un roman  époustouflant. C'est son deuxième roman à Carson McCullers après " Le coeur est un chasseur solitaire. "   Ce roman a sa sortie à beaucoup choqué. " Mon père de rage, a jeté le livre à travers le salon, alors qu'il était en train de lire ."" Un soir à Columbus, où était Carson au moment de la publication de Refet, un membre du Ku Klux Klan a appelé chez ses parents pour lui intimer l'ordre de quitter immédiatement la ville si elle ne voulait pas qu'il lui arrive quelque chose." Josyane Savigneau : Carson McCullers un coeur de jeune fille


"Ce huis clos dans une caserne, en temps de paix  - marqué par l'attirance mortelle du capitaine Penderrron pour le soldat Williams, par la personnalité de la femme du capitaine , excellente cavalière qui subjugue les soldats et pathétique Alison Langdon, épouse du commandant - commence ainsi : "une garnison en temps de paix est un lieu monotone."

Josyane Savigneau : Carson McCullers un coeur de jeune fille 


Reflets dans un oeil d'or, le film de John Huston  se déroule en extérieur, la plus part du temps, mais fidèle au roman est aussi un huis clos étoufant. 

Liz Taylor est Leonora Penderton, l'épouse libérée du capitaine Penderton interprété par Marlon Brando. Elle ne se gêne pas pour tromper son mari   avec le commandant Langdon. La femme de ce dernier interprété par Julie Harris vient de perdre un enfant en bas âge . Elle est dépressive . A son chevet, un serviteur d'origine philippine, veille sur elle jour et nuit. Son prénom, Anacleto. Un jeune home, le soldat Williams va s'introduire dans la vie de Leonora et Penderton, tel un chat.
Le capitaine Penderton se découvre  être aussi un personnage étrange, il a une mystérieuse attirance pour le jeune soldat. S'agit-il d'homosexualité refoulée ? est-ce sa femme qu'il cherche à conquérir par le truchement du corps de celui qu'il soupçonne d'être devenu son amant. 
Un film et le roman sont vertigineux, brillants. 




Le film comme le livre a beaucoup choqué à sa sortie, le film a fait scandale. 

Josyane Savigneau : Carson McCullers un coeur de jeune fille 



"Le 27 septembre, Lantz et Huston se retrouvent, tristement, à une projection de Reflets dans un oeil d'or, qui va sortir le 11 octobre. La salle est brutalement envahie par des prêtres et des membres de la Ligue nationale pour la décence . Le film est magnifique. Du grand Huston. Sans aucun sentimentalisme Tendu. Elliptique. Secrètement violent. Brando à son sommet. "


LE GRAND MEAULNES : le film de J G ABILCOCCO

Ce film est très fidèlement adapté du roman d'Alain-Fournier Le Grand Meaulnes.


Alain Libolt : François Seurel
Jean Blaise (pseudonyme de Miroslav Brozek) : Augustin Meaulnes
Brigitte Fossey : Yvonne de Galais
Alain Noury : Frantz de Galais
Juliette Villard : Valentine Blondeau
Marcel Cuvelier : M. Seurel
Christian de Tillière : Ganache
Thérèse Quentin : Millie Seurel

 Le château de la Chapelle d'Angillon
Une nuit, lors d'une fête étrange dans un domaine perdu dans les bois de Sologne, Augustin Meaulnes est ébloui par la beauté d'Yvonne de Galais dont il tombe éperdument amoureux. Mais elle parait avoir disparu avec son château et ceux qui l'entouraient : il ne lui reste plus qu'un souvenir émerveillé d'un rêve fantastique. Le temps passe. Quand Meaulnes croit Yvonne de Galais mariée, son univers s'écroule, c'est la fin de son adolescence. Il tente d'oublier, avec l'aide de son ami François Seurel et la rencontre de Valentine...
L'univers est poétique, la féerie est au rendez vous.



Une très belle adaptation d'un de mes romans préférés tout en poésie (l'emploi d'un flou multicolore pendant la fête nocturne). La première partie est plein de féerie et de légèreté et la deuxième partie plus sombre et torturée. 
Pendant mes vacances d'été, j'ai visité le château de la Chapelle d'Angillon et j'ai fait un tour à Nancay.






CLAUDE MILLER : La petite voleuse


Adaptation d'un scénario posthume de François Truffaut. 
 L'ombre du réalisateur des400 Coups est sensible, elle est palpable. L'on retrouve son univers, Claude Miller fait un clin d'œil avec le petit chat  du petit déjeuner de la Nuit Américaine 

Charlotte Gainsbourg : Janine Castang (le même nom de famille que dans l'effrontée)
Didier Bezace : Michel Davenne
Simon de La Brosse : Raoul
Clotilde de Bayser : Séverine Longuet

Janine vit chez son oncle et sa tante qui lui manifestent peu d'amour. Elle rêve de luxe et d'amour et, n'ayant pas les moyens de se payer cette vie. Elle  se met à voler de l'argent et des objets luxueux. Un jour, elle quitte l'école et trouve un emploi de bonne chez 
une famille bourgeoise les Longuet. Rapidement elle va  nouer une liaison avec un homme marié plus âgé qu'elle, Michel, un intellectuel qui tente de l'aider socialement en l'inscrivant à une école de dactylographie. 

Elle  rencontre Raoul, un jeune homme de son âge, lui aussi voleur, lui aussi ayant eu une enfance malheureuse et qui rêve de devenir champion de moto. La ressemblance entre leurs vies respectives fait qu'elle s'attache à lui. Michel s'en aperçoit et la quitte. Arrêtée sur une plage où elle et Raoul faisaient du camping sauvage, Janine est envoyée chez les bonnes soeurs. Elle s'évade mais découvre qu'elle est enceinte de Raoul.....


Charlotte Gainsbourg après le succès de l'effronté est toujours aussi touchante. Elle  est fragile, gauche, lumineuse, bouleversante. Elle crève l'écran. La petite voleuse est un film magnifique sur l'adolescence,  plus précisément le moment où il faut grandir et devenir adulte. J'avais vu le film à sa sortie, le revoir est un immense plaisir de fraicheur et d'insouciance. 

ANNIE MILLER : Une femme à la redresse et L' effrontée de CLAUDE MILLER

Ce récit c’est d’abord le destin d’une femme, elle  a traversé le vingtième siècle. Elle est née dans le Nord dans un coron, son père était un verrier. Elle a connu la pauvreté.  À onze ans, elle chante dans les cafés pour rapporter du pain à la maison, à quatorze ans, elle devient la maîtresse d’un soldat allemand. Après la guerre, en 1920, elle se met en ménage avec un trompettiste de jazz noir américain. Elle aura deux enfants de lui, une fille et un garçon Lucille et Louis. Sa fille Lucille Perkins a un destin étonnant aussi. Elle sera première d’atelier chez Chanel, où elle dirigera cinquante ouvrières. Pas facile pour elle d'être métisse dans les années 50, heureusement qu'elle est soutenue par Chanel qui l'apprécie beaucoup. 

Durant, les dernières années de sa vie. Elle deviendra actrice. Annie sa petite fille se marie avec Claude Miller. Il a habitél’immeuble mitoyen de son pavillon, à Montreuil-sous-Bois.  Grâce à lui elle va jouer dans ses films et il la présentera à François Truffaut et à Robert Bresson. 


Quatre générations sont présentes dans  ce récit familial. Le livre d’Annie Miller est  illustré par des photographies. Il nous fait revivre époque où l'on savait vivre ensemble. Ce portrait d’une femme courageuse  attachante et hors norme.  Je l'ai trouvé très réussit, j'ai passé un agréable moment en compagnie de Jeanne. 

l'effrontée 

de Claude Miller 

une comédie dramatique française réalisée en 1985
Ce film remplit de fraîcheur, marque les débuts au cinéma de Charlotte Gainsbourg ( Charlotte Castang)
Bernadette Lafont : Léone
Jean-Claude Brialy : Sam, l'impresario de Clara
Julie Glenn : Lulu


L'été est là, Charlotte, adolescente ne se réjouit guère de passer ces longs mois entre sa petite voisine malade, Lulu, et ses jeux enfantins, et Léone, l'amie de la famille. Le hasard fait qu'elle rencontre Clara Bauman, la célèbre pianiste prodige  à son hôtel . Là, Charlotte  est immédiatement séduite et fascinée par l'univers de Clara. 

Claude Miller a su à la perfection saisir cette époque de l'ennuie et de mal être qu'est l'adolescence. 

Annie Miller a participé au scénario qui est une libre interprétation de Frankie Addams de Carson McCullers. Le personnage de l’artisan  (le père de Charlotte)tient beaucoup du Père Paul, le troisième mari de ma grand-mère. Julie Glenn est la fille Pierre-William, la nièce d'Annie Miller. 



Guy de MAUPASSANT : La maison Tellier



" La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune à l'encoignure d'une derrière l'église Saint-Etienne ; et, par les fenêtres, on apercevait le bassin plein de navires qu'on déchargeait, le grand marais salant appelé "la Retenue" et dernière, la côte de al Vierge avec sa vieille chapelle toute grise."

C'est la maison close tenue par Madame Tellier. Elle est « fermée pour cause de première communion »au grand dam des habitués. "Les communiants sortaient des portes, allaient vers le bâtiment communal qui contenait les deux écoles et la mairie, et situé tout au bout du pays, tandis que la "maison de Dieu" occupait l'autre bout. "
 Après un voyage en chemin de fer assez cocassse, les pensionnaires de la maison Tellier  assistent à la cérémonie. Elles sont émues par la communion de  Constance, nièce de Madame Tellier.
"Mais comme les larmes sont contagieuses, Madame , à son tour, sentit bientôt ses paupières humides, et , se tournant vers sa belle-sœur, elle vit que tout son banc pleurait aussi."Joseph Rivet, le frère de Mme Tellier, donne une fête en l'honneur de ces visiteuses  et. à la fin des festivités, éméché, il cherche à obtenir plus… au grand dam de sa sœur. " L'établissement Tellier avait un air de fête. Au rez-de-chaussée les voix tapageuses des hommes du port faisaient un assourdissant vacarme. "
Une très belle nouvelle très agréable à lire pour sa légèreté et  sa gravité à la fois ! 

Film de Marcel Ophuls : Le Plaisir
Marcel Ophuls a signé une très belle adaptation de cette nouvelles de Maupassant dans son film intitulé le Plaisir. Avec une magnifique distribution, entre autre Madeleine Renaud : Julia Tellier - Jean Gabin : Joseph Rivet le frère de Julia, Mme Rosa : la charmante Danielle Darieux. 


LOUISE MICHEL et le téléfilm de Sólveig Anspach



Sylvie Testud : Louise Michel
Nathalie Boutefeu : Nathalie Lemel
Alexandre Steiger : Charles Malato
Bernard Blancan : Henri Rochefort
Augustin Watreng : Daoumi
Eric Caruso : Grippart
Jean-Paul Smadja : Gauthier de la Richerie
Pierre Deladonchamps : Henri Bauer
Coralie André : Adèle Desfossés
Magali Vuillemot : Marie Schmidt
Anne Marquis : Lucie Leblanc
Jean-Luc Gaget : père Bénart
Victor Schlegel : Philippe Leblanc

Après avoir lu le petit roman jeunesse le Temps des cerises, j'ai voulu en savoir plus sur Louise Michel. Et le hasard, ma permis de voir ce film, qui est la suite de mon roman. 

Le téléfilm retrace les sept années de déportation de Louise Michel en Nouvelle-Calédonie après sa participation à la Commune de Paris. Un très beau film sobre et attachant, il permet de connaître un moment important dans la vie de Louis Michel. 


 Après avoir vu ce film, j'ai eu envie de ressortir ce petit livre que mon amie Véronique m'avait offert quand elle vivait à Nouméa en Nouvelle Calédonie. 

Ce petit livre est une trace, un témoignage concernant la vie des canaques. Louise Michel était du côté des opprimés. "Une vie pour l'égalité" est en quelque sorte sa devise. 
Elle est née le 29 mai 1830, elle est l'unique enfant de Marianne Michel. Elle décide de devenir institutrice. Elle enseignera. Elle commence à s'engager activement  pour la démocratie et l'égalité d'instruction et de salaire, à partir De 1857. 
1870 la guerre franco-prussienne éclate . Louise Michel rencontre Victor Hugo. L'année après c'est la Commune de Paris, elle se bat et s'engage dans l'union des femmes pour la défense de Paris et des soins aux blessés. Elle est arrêté et condamnée pour la Nouvelle Calédonie avec Rochefort, Pain, Gosset etc .. Elle se consacre à l'observation de la faune et la flore calédoniennes. Elle s'attache à comprendre les Canaques  et à apprendre leurs langues . 
1878, elle apporte son soutien moral  à la révolte canaque.  Elle rentre en France le 4 septembre 1880. Et à son retour en Europe, elle  va colporter le message de l'égalité , elle donne des conférence socialiste et communiste. Elle séjourne fréquemment à Londres en 1897- 1898, elle soutient aussi les espagnol et les russes anarchistes. Elle décède en 1905 à Marseille. 

    François Truffaut : LA PEAU DOUCE



    Jean Desailly (Pierre Lachenay), Françoise Dorléac (Nicole), Nelly Benedetti (Franca), Daniel Ceccaldi (Clement), Laurence Badie (Ingrid), Sabine Haudepin (Sabine),

    La Peau douce, échec au moment de sa sortie, réhabilité depuis et considéré à juste titre comme l’un des meilleurs films de son auteur. Le grand thème du film tourne autour de l'adultère, l'histoire d'une passion amoureuse entre un homme marié et une jeune femme séduisante, libre, la très belle Françoise Dorléac (l'hôtesse de l'air).



    Pierre Lachenay, écrivain (spécialiste entre autre de Balzac) de 44 ans, marié à Franca. Il est papa d'une adorable fillette, Sabine.  Pierre voyage beaucoup, pour donner des conférences, à Lisbonne, il fait  connaissance de Nicole, l'hôtesse qu'il avait remarquée dans l'avion. De retour à Paris, il a une envie irrésistible de revoir la jeune fille.  Une nouvelle conférence, elle se déroule à Reims elle lui donne l'idée d'un séjour prolongé   avec Nicole. 



    Franca apprend que son mari a quitté Reims deux jours avant de rentrer à Paris. Elle est en  colère,  lui annonce son intention de divorcer. Pierre se croit libre, propose à Nicole de vivre avec lui et la jeune fille refuse. Alors que Pierre, soulagé peut-être à l'idée que tout puisse rentrer dans l'ordre, décide de renouer avec Franca, celle-ci découvre des photos de Nicole avec son mari, preuves de son infidélité.

    François Truffaut en grand admirateur d'Hitchcock a  filmé l'adultère  comme un thriller à suspens “Filmer les scènes d’amour comme des meurtres et les meurtres comme des scènes d’amour.”

    Les premiers regards entre les amants, leur rencontre fortuite dans un ascenseur d’hôtel, les étages qui défilent, les clés que l’on confond involontairement, l’importance que prend soudain le téléphone dans la vie d’un couple adultère, le choix  d'un vêtement une robe plutôt qu'un jeans, rien n’échappe à la caméra. 

    Encore un film passionnant et sublime vu sur Arte dans le cadre de l'exposition Truffaut à la cinémathèque puis cela fait aussi trente ans qu'il nous a quitté. 

    François TRUFFAUT : Jules et Jim

    Photographie : Raoul Coutard
    Scénario : François Truffaut, Jean Gruault
    d'après le roman de : Henri-Pierre Roché
    Musique : Georges Delerue - La chanson le Tourbillon est de Rezvani

    Jeanne Moreau,Oskar Werner, Henri Serre,Vanna Urbino, Serge Rezvani, Anny Nelsen,Sabine Haudepin, Marie Dubois



     A Paris en 1912, Jules, allemand et Jim, français, tous deux écrivains, amoureux de la littérature ils s'éprennent de la même femme, Catherine, qui a le même sourire qu'une statue qui les a ébloui en Grèce.  Jules  épouse Catherine, ils sont parent d'une petite  Sabine. La guerre les sépare.
    Ils se retrouvent en 1918, Jim vient les voir en Allemagne, dans leur chalet et il  s'aperçoit que Jules et Catherine ne s'aiment plus. Jules et Jim ont une passion ils adorent jouer aux dominos. Ils vivent tous ensemble un amour libre loin des conventions morales, un couple à trois est né.



    Catherine devient la maîtresse de Jim, désire un enfant de lui. Jules accepte le divorce, mais Catherine apprend que Jim a une maîtresse et, pour le faire souffrir, renoue avec un ancien amant. Ils rentrent en France, mais ne peuvent avoir d'enfant. Jim décide d'épouser Gilberte. La fin est tragique elle fait penser à la mort d'Isora Ducan. 


    Dans Jules et Jim, l'on attribue à Oscar Wilde la phrase : "Mon Dieu, épargnez moi les douleurs physiques; les douleurs morales, je m'en charge..." 
    Est ce que c'est véritablement une citation d'Oscar Wilde ?

    Après quelques recherches ils sembleraient que non. la citation d'origine, attribuée tantôt à
    Chamfort, tantôt à Tristan Bernard, serait :

    "Mon Dieu, préservez moi des douleurs physiques, je m'arrangerai avec les douleurs morales."
    Le début c'est la légèreté l'insouciance, arrive la Grande Guerre, et là le ton est plus grave. Mais, le film oscille sans cesse entre la légèreté et la tragédie. Le grand thème présent tout au long du film est la passion amoureuse : le tourbillon de l'amour. Dans sa mise en scène François Truffaut procède à un collage en insérant des images d'archives. Tous le film est hanté par deux pulsions très fortes celle de la vie et la mort. Truffaut a réalisé un film sur le triangle amoureux qui sera souvent repris que cela soit au cinéma ou en littérature.

    C'est vraiment un très beau film romanesque que j'ai revu avec un grand plaisir. 


    L'importance de la correspondance chez Truffaut, elle revient souvent dans ses films. Dans "Jules et Jim" Catherine et Jim s'échange des lettre. Les livres ont leur importance dans l'univers de Truffaut là c'est la monté du nazisme et l'on brûle les livres en Allemagne.

    Marie Dubois décédée il y a peu, a qu'un petit rôle dans ce film de François Truffaut mais ces deux apparitions avec la cigarette sont épatantes.





    CHRISTOPHE DONNER : Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive

    Rentrée littéraire 2014

    "- Quelle misère ! Il faut que tu arrêtes avec ça, mec. Tu dois faire des grands films, à dix, vingt millions ! En cinèmascope ! C'est fini, le noir et blanc à trois francs cinquante ! Finie la Nouvelle Vague avec caméra à l'épaule, on en a plein le cul avec ça. Il faut voir grand. Pro. A l'américaine."

    Christophe Donner dresse l'ascension de Claude Berri, Maurice Pialat et Jean-Pierre Rassam dans les années 60/70. Claude Berri et Jean Pierre Rassam sont producteurs avant tout et Pialat lui est surtout connu pour être un réalisateur. Ils sont au début de leur carrière respectives des grands amis puis petit à petit cela sera la guerre entre eux et ils seront ennemis. 
    Jean Pierre Rassam est un  flambeur grandiose, un joueur de poker. Avec Claude Berri il va sauver les enfants de Milos Forman à Prague,  il mise tout sur les films trotskystes de Godard, saute des des prostituées. 

    Christophe Donner n'a pas le talent de Jean Jacques Schulh pour évoqué la vie de ce nabab du cinéma français. Ce dernier avait déjà évoqué la figure mythique de Jean Pierre Rassam dans Ingrid Caven et dans Entrée des fantômes avec talent.  J'avais beaucoup aimé l'autobiographie de Claude Berri, lu certes il y a longtemps mais j'en garde un excellent souvenir. 
    Conclusion c'est un livre pas inintéressant si l'on s'intéresse au cinéma et en particulier à cette époque du cinéma fin année 60/70. Mais, j'ai été tout de même déçu, car je trouve ce roman à la limite malsain. Une déception ! 


    Un passages a tout de même retenu mon intention. C'est à propos de l'Enfance nue  réalisé par Pialat et du Vieil homme et l'enfant de Claude Berri, le premier a été un bide l'autre un succès. Et c'est Rassam qui fait le rapprochement " Le héros de l'Enfance nue a le même âge que celui du Vieil Homme et l'enfant. Comme dans le film de Berri, l'enfant est adopté par un vieux monsieur qui raconte sa guerre mais dans le film de Pialat à la place du Michel Simon ramenard  qui invite pour le gosse des exploits douteux, le vieil homme René Thierry raconte de vrais souvenirs de résistance et au lieu de montrer de fausses blessures de baïonnette, il égrène humblement les photos de ses copains fusillés."
    Le comble tout de même est que Claude Berri  a mis de l'argent dans l'Enfance nue, la raison est la suivante Berri est le beau-frère de Pialat. " Cela n'a pas empêché Berri de produire L'Enfance nue, et de l'aimer. Et il n'a pas vu que le film de Pialat prenait le sien à revers, c'est sans doute que Pialat ignorait lui-même à ce moment là "

    François TRUFFAUT : TIREZ SUR LE PIANISTE

    Dans cette adaptation du roman de Goodis, Françoit Truffaut parodie le genre policier. 
    Interprétation : 
    Charles Aznavour : Charlie Kohler
    Marie Dubois :  Lena 

    Michèle Mercier : Clarisse
    Nicole Berger :
    la photographie noir et blanc quasi expérimentale est signée Raoul Coutard, chef opérateur emblématique de la Nouvelle Vague 

    Qui est Charlie Kohler ? Le pianiste secret, distrait et triste du bistrot de Plyne ?  Et ses frères, Chico, Momo et le petit Fido,  ils ont des ennuis avec des truands. Un soir, Chico, poursuivi, cherche refuge dans le bistrot près de Charlie.  Il a été un concertiste virtuose , brisé par le suicide de sa femme Il a voulu changé de vie et d’identité et est devenu pianiste de bar.
    La serveuse Léna, elle, est amoureuse de Charlie. Elle sait qu'il se nomme Édouard Saroyan, qu'il est un grand pianiste, qu'il a été marié. 


    Le thème de l'amour est présent dans pratiquement tous les films de Truffaut. L'amour physique ici avec le personnage interprété par Michèle Mercier. Très beau  l'amour complice entre Marie Dubois et Aznavour, car il est marqué uniquement par des gestes, un regard surtout au début du film. 

    François Truffaut était un grand timide tout comme Charlie Kohler. Très beau et très touchant la séquence autour de la timidité qui tourne autour de l'obsession. 



    Le deuxième long métrage de François Truffaut, hommage au cinéma noir américain et bouleversante histoire d’amour et de mort, associe fondus enchaînés et images superposées  qui créent une atmosphère entre réalisme et fantaisie. Ce film je l'avais déjà vu mais il y a très longtemps. En le revoyant, j'ai trouvé que les dernières scènes étaient un très beau hommage à l'univers cinématographique de Cocteau. Les dialogues sont savoureux, j'adore l'intervention de Bobby Lapointe dans ce film. 



    Truffaut fait un clin d'œil  à l'époque e où il était critique au Cahier du Cinéma.