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DOMINIQUE BONA : Colette et les siennes


J'aime beaucoup la plume biographique-romanesque de Dominique Bona. Et j'ai une immense affection pour Colette et tout son univers.

"Colette les a fait venir chez elle toutes les trois, Musi, Annie et Marguerite. Ses amies, ses presque soeurs. Elles habitent à deux pas de chez elle, toutes dans le XVIième arrondissement, mais elle ont préféré se regrouper."
En août 1914, hommes  sont partis à la guerre. Les femmes s’organisent et elles font face à la vie. Dans une jolie maison, proche du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. 
 Annie de Pène, la chroniqueuse, Marguerite Moreno, la comédienne, Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma, la plus jeune du groupe… Pour Colette l'amitié et l'amour ne font qu'un. 


Ces quatre femmes libres s’inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n’oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Colette est mariée à Henry  de Jouvenel le père de sa fille Colette de Jouvenel. Sa fille est en Coréze à la déclaration de la guerre. 
" Sur une photographie qui fera dans quelques mois la couverture du magazine Les hommes du jour, elle souris de ses lèvres minces ultra féminine sous sa toison d'astakan."

Annie de Pène  a appris son métier sur le tas. 
Elle a  partagé la vie de Gustave Téry, célèbre directeur de L'Œuvre. célèbre directeur de L'Œuvre. Ils ont eu chacun de leur côté des enfants mais pas ensemble. 
Germaine Beaumont
Annie s'est mariée très jeune à l'âge de seize ans . Elle a eu une fille et un fils de Charles-Auguste Battendier qui s'est occupé de l'éducation des enfants. Sa fille est la future romancière Germaine de Beaumont. Elle disparait à l'âge de quarante sept ans, le 14 octobre 1918. 


Lévy - Dhumer
Marguerite Moreno






"Avec des yeux de jais, ardents et profonds, un grand nez droit qui attire l'attention des cheveux noirs et lisses, coiffés en bandeaux plats, elle a le profil d'une Egyptienne  : Marguerite Morano"
Le premier était un poète Catulle Mendès. De sa liaison avec ce poète, elle a été mère d'un petit garçon qui n'a pas survécut, il est mort d'une méningite.
Le deuxième un écrivain Marcel Schwob. Il a été son grand amour. Elle l'a épousé en septembre 1900.
Le troisième un comédien Jean Darragon. Ils se sont mariés en 1908.

Musidora


"Visage à l'ovale de madone orientale . Yeux noirs en amande, allongés jusqu'aux tempes, que personne n'a jamais vus démaquillés du khôl dont elle surcharge ses paupières. "
Son vrai nom est Jeanne Roques , mais tout le monde l'appelle Musidora : le corps souple et félin. Elle était avec Colette ne Bretagne à Saint Malo au moment de la déclaration de guerre. Le grand succès et sa célébrité, Musidora la doit à son rôle de vampire dessinés par Paul Poiret.  Elle a tourné dans de nombreux films pour la Gaumont sous la direction de Louis Feuillade.
"Dans le film elle se nomme Irma Vep - anagramme de Vampire. Mais très vite elle devient "la" Vampire. Puis comme c'est trop long à dire  : la "vamp". Son nom est trouvé. "Ur Durant la première guerre toutes les productions sont suspendus. Musi et Colette ont été ensemble à l'affiche du Ba-Ta-Clan au printemps 1912. Pierre Louÿs est lié à Musidora " En matière de voluptés, Louÿs est un amateur de sensations sophistiquées : l'attente fait partie du plaisir amoureux."

Dans cette biographie, Dominique Bona nous décrit le temps qui passe ses ravages sans nostalgie.
Cette biographie est un pur délice chatoyant qui s'adresse aux amoureux de Colette et pour tous ceux qui veulent la découvrir. Dominique Bona a signé un magnifique portraits de quatre femmes qui ont compté dans la vie de  Colette.



COLETTE : Chéri

" Chéri connut donc toues joies d'une enfance dévergondée. Il recueillit , zézayant encore, les bas racontars de l'office. il partagea , les soupers clandestins de la cuisine. Il eut les bains de lait d'iris dans la baignoire de sa mère, et les débarbouillages hâtifs avec le coin d'une serviette."
Le personnage de Léa de Lonval fut inspiré par les grandes demi-mondaines de l’avant-guerre comme la belle Otéro ou Liane de Pougy. 
Elle est âgée d'environ cinquante ans, encore belle et élégante. Elle devient l la maîtresse du fils d'une de ses compagnes, l'adorable Frédéric Peloux, appelé Fred ou Chéri. Il est plus jeune qu'elle,  il a grandi dans une ambiance de luxe et de volupté.
Léa est certaine que Chéri est son dernier amour. Ils se sont aimés pendant six ans :" Une liaison de six ans, c'est comme de suivre un mari aux colonies: quand on en revient, personne ne vous reconnaît et on ne sait plus porter la toilette."
Au courant de cette liaison, Mme Peloux arrange pour son fils un mariage d'intérêt avec une jeune fille bonne et charmante, Edmée. Léa, est de plus en plus mélancolique, en l'absence de Chéri. Elle retrouve ses amitiés d'autrefois c' est pour elle  pénible. De son côté, Chéri garde enfoui en lui le souvenir de Léa. De retour à Paris, il finit par l'attendre, par la chercher, et les deux amants se retrouvent ardents et pleins d’une nouvelle curiosité. Colette nous dresse  le portrait d'une femme vieillissante, sur le temps qui passe. Le style est vif et rapide, le ton est moderne ainsi que le sujet (une femme qui se prend de passion pour un homme beaucoup plus jeune qu'elle). La nature est très présente comme souvent dans l'œuvre de Colette. Lea fait penser à une fleur qui se fane. Le point de vue de Chérie, il faut le percevoir entre les lignes, il n'a jamais reçu véritablement d'amour maternelle. Il ne s'est pas comme s'y prendre avec Edmée, qu'elle conduite avoir. La rapidité du ton sans la moindre psychologie rend le roman léger avec un accent de gravité. 

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“Chéri” fut un livre prémonitoire parce que Henry de Jouvenel avait eu de son mariage avec Claire Boas un fils, Bertrand, né en 1903, qu’en 1920, il envoya pour ses vacances à Rozven. Dans cette atmosphère ensoleillée de liberté, Colette et lui firent de l’escrime, de la boxe (où elle le blessa), se baignèrent, se câlinèrent dans l’herbe ; elle lui apprit à conduire une voiture. Lui, qui l’aimait depuis longtemps, aurait voulu qu’elle l’adopte : «Je serai ton fils unique.»

COLETTE : JOURNALISTE

"Il faut voir et non inventer"

C'est grâce à Sido, que Colette est devenue journaliste.   Qu'elle raconte le procès d'un tueur en série, la traversée inaugurale du paquebot Normandie, l'humble vie des femmes,  pendant les deux guerres mondiales, ou celle des bêtes ou des enfants. Colette  a été pendant un demi-siècle une infatigable journaliste et sans doute l'écrivain du XXe siècle qui aura consacré le plus de temps à la presse : Le Matin, Le Figaro, Le Journal, Paris-Soir, Marie-Claire. 

Elle va faire ses début à l'Eclair (journal catholique) le 10 février 1918 et elle prend en charge la chronique dramatique.  Elle connait bien le monde du théâtre pour avoir été de 1906 à 1913, mime et comédienne.
J'ai lu ses différentes  chroniques comme si c'était le Journal de Colette. Car l'on retrouve  retrouve la verve, le ton, le style bien à Colette, celle que l'on connait  surtout la romancière.  Elle a une  façon de percevoir le monde à travers les sens qui n'appartiennent qu'à elle. 

COLETTE : Duo & Le Toutounier

Qu'elle drôle de femme ! À quarante-trois ans elle a séduit plus d'homme que de femme. C'est une femme libre ambigue, son style est savoureux remplit d'humour féroce, elle s'est être insolente.

Duo (1934)

Dans une demeure au sud de la France, au printemps, un duo un homme Michel, une femme Alice, mais c'est un duel qui se joue au sein de ce couple. Michel organisateur de spectacles auxquels participent Alice trente-sept ans. Elle a trompé son mari avec Ambrogio est c'est un drame. En plus, il est un ami de Michel, la jalousie est grande, car Alice est pour lui une fidèle compagne.
Le style est vif, nerveux, légèreté poésie, la
présence de la nature, de la gourmandise de la vie. Mais la cruauté est là. Un grand roman théâtral, voir magistral dans le maniement de la plume.





... Comme au mois d'août. Michou fait châtelain en ville, je profite de son absence pour me vautrer, avec vous trois, sur notre toutounier natal. Comment va le trichalous ? Et la brédédé- à - roulette, toujours antibouenne ?

Le Toutounier
(1939)


La suite du "Duo", Alors, que son mari Michel est décédé, Alice apprécie de retrouvé la complicité de ses sœurs. Elle partage avec elles leurs joies leurs peines. Le toutounier est le nom du divan protecteur, aux odeurs de l'enfance. Comme duo c'est idem la légèreté côtoie la gravité.

COLETTE : SIDO



Voilà un merveilleux petit livre autobiographique.
Sidonie Gabrielle Colette est la fille du capitaine Colette et de Sidonie Landoy dit «Sido». Colette conservera toujours de son enfance campagnarde un amour des animaux et de la nature. Ici, Colette nous parle de sa famille : sa mère Sido (1er partie), " En vraie provinciale, ma charmante mère, "Sido", tenait souvent ses yeux de l'âme fixés sur Paris". Une femme généreuse et lumineuse, elle a appris à sa fille à s'émerveiller de la nature et lui a surtout transmit le goût de la liberté. Son père Jules -Joseph Colette: Le capitaine (2ème partie), est un rêveur, un homme doux. Pour finir Colette nous présente ses deux frères Achille (le demi-frère) et Léopold avec les sauvages (troisième partie) et sa demi-sœur, l' aînée Juliette qui se marie. Son écriture remplit d'humanité, de tendresse et d'humour aussi, accompagnée par des longues phrases de simplicité. Colette dresse le portrait d'une mère qui mène sa famille et sa maison en suivant les saisons, en étant à la fois autoritaire et pleine d'amour. C'est un livre sur les rapports mère/fille, Sido admirait, chérissait sa fille : "- O mon joyau-tout-en- or ! Ce n'est pas vrai, tu n'es ni bête ni jolie, tu es seulement ma petite fille incomparable !"

©Alice Théaudière
Un très jolie livre agréable, frais. Importance des saisons : " Mais aucun été , sauf ceux de mon enfance, ne commémore le géranium écarlate et la hampe enflammée des digitales. Aucun hiver n'est plus d'un blanc pur à la base d'un ciel bourré de nues ardoisées, qui présageaient une tempête de flocons plus épais, puis un dégel illuminé de mille gouttes d'au et de bourgeons lancéolés..." Personnellement j'ai eu beaucoup de plaisir à lire le passage concernant le jardin.

" Car "Sido" aimait au jardin le rouge, le rose, les sanguines filles du rosier, de la croix-de-Male, des hortensias et des bâtons-de-Saint-Jacques, et même le coqueret- alkékenge, encore qu'elle accusât sa fleur, veinée de rouge sur pulpe rose, de lui rappeler un mou de veau frais..."

Site des amis de Colette


COLETTE : GIGI


Ce livre rassemble trois autres récits : L'enfant malade, la dame du photographe et Flore et Pomone. Mais le plus connus est Gigi qui donne le titre du recueil. Gigi est publié en septembre 1942 en pleine occupation allemande.


C'est une jeune fille de quinze ans élevée par deux femmes sa grand-mère Inès, et sa tante Alicia, deux ancienne mondaines. Ces deux femmes voudraient que Gilberte (plus connu sous le nom de Gigi) soit amoureuse, enfin tombe dans les bras de Gaston Lachaille (Tonton) un homme très fortuné,directeur d'une fabrique de sucre et séducteur réputé.
Gigi doit s'appliquer à manger délicatement du homard à l'américaine, à distinguer une topaze d'un diamant jonquille . Mais Gigi est franche et elle est encore une enfant. La mère de Gigi, Andrée, célibataire chante à l'Opéra Comique, et donc ne peut pas s'occuper de sa fille.

Le style est enlevé beaucoup de dialogues, c'est sans doute une des raisons pour laquelle ce texte fut adapté au théâtre et au cinéma. Une adaptation en pièce en 1952 (avec Audrey Hepburn dans le rôle de Gigi).


C'est un petit roman tout en légèreté, comme des bulles de champagne.
Je me souviens d'avoir vu l'adaptation cinématographique de Vincente Minelli (comédie musicale enlevée) avec la mutine Leslie Caron un bijoux