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BULLE OGIER : J'ai oublié

avec Anne Diatkine
Prix médicis  - Essai 2019

Écrit avec l'aide de la journaliste et amie Anne Diatkine, J'ai oublié  est à l'image de la comédienne, doux et mélancolique. "J'ai oublié pourquoi je suis devenue actrice" . Sur scène, elle a joué sous la direction de Luc Bondy, Claude Régy, Jean-Louis Barrault, Patrice Chéreau... 

Actrice de cinéma et de théâtre, Bulle Ogier, qui a fêté ses 80 ans le 9 août, a choisi un titre presque énigmatique, J'ai oublié, pour relater ses souvenirs et les drames de sa vie. Peut-être un clin d'œil au livre Je me souviens, fameux exercice sur la mémoire des petits riens d'une vie, publié en 1978 par Georges Perec.

Bulle Ogier est née Marie-France Thielland le 9 août 1939 à Boulogne-Billancourt. Ce père absent a refusé "par courrier recommandé avec accusé de réception" que la jeune femme utilise son nom en tant qu'actrice. "J'ai repris le nom de ma mère avec beaucoup de plaisir. Je n'oublierai jamais que l'unique fois où mon père a été salvateur à mon égard, c'est lorsqu'il m'a retiré le droit de porter son nom", assène la comédienne. Quant au prénom Bulle, l'actrice raconte que c'est une idée de son oncle, le frère de sa mère. Quand elle était enceinte, il lui demandait : "Comment va ta bulle ?"... "Si bien que ma mère et à sa suite tous mes amis m'ont toujours appelée ainsi."

Ses films dans lesquels Bulle Ogier a joué un rôle important dans sa carrière : 

Elle a fait ses début dans : Les idoles de Marc' O (1967)



"Je n'ai pas oublié, car les débuts dans la vie sont seuls moments qui restent nets , que c'est à l'America Center que Marc'O avait créé son école que fréquentaient aussi Pierre Clémenti et Jean Pierre Kalfon, Elisabeth Wiener et tant d'autres, et qu'il disposait d'une salle de 11 heures à 17 heures, pour travailler ses propres textes et mises en scène avec sa trentaine d'élèves, mais on n'utilisait pas se terme"

Elle est  devenue célèbre au cinéma avec La Salamandre d'Alain Tanner (1971). Un film qui lui a collé à la peau. 





 L'Amour fou de Jacques Rivette (1969) avec qui elle a tourné dans de plusieurs films. 

Elle a tourné avec Luis Buñuel, Barbet Schroeder (son mari et "homme de sa vie" à qui le livre est dédié) ou encore Marguerite Duras dont elle était très proche et qu'elle a plusieurs fois servie, au théâtre.

Bulle Ogier est une actrice de Cinémathèque. Elle a joué dans des films undergrounds et confidentiels. 


 

. "J'ai oublié que j'ai eu une vie très amusante et joyeuse jusqu'à la disparition de Pascale", dit avec pudeur la comédienne, terrassée par un chagrin impossible à oublier.
" Barbet me disait tout le temps : " Tu ne penses qu'à t'amuser". J'ai d'abord été une adulte très joyeuse après avoir été une enfant mélancolique. Dès que je suis devenue une grande personne, je me suis mise à jouer. C'est à la Coupole que j'ai rencontré Barbet en d1970. A notre table, il y avait Jean-Jacque Schuhl, Jean-Noëm Pïcq et Jean Eustache, qui espionnait Sartre et surveillait sa consommation de vin. " ""Voilà Schroeder qui vient nous piquer les filles", a dit Jean d'une voix traînante."

La vie de Bulle Ogier est digne d'un roman de souvenir, fragment. Dans la rédaction de cet essai c'est le temps présent qui a compté, pas de mélancolie, ni de nostalgie, elle évoque même les Gillets Jaunes. 

Films vus avec Bulle Ogier :

1968 : Les Idoles de Marc'O avec Pierre Clémenti, Valérie Lagrange, Jean-Pierre Kalfon…
1988 : La Bande des quatre de Jacques Rivette : Constance
1994 : Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard
1995 : Circuit Carole d'Emmanuelle Cuau : Jeanne
1996 : Irma Vep d'Olivier Assayas : Mireille
1999 : Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall : Madame Nadine, la patronne


Théâtre :

1992 : Le Temps et la chambre de Patrice Chéreau : l'impatiente
2014 : Les Fausses Confidences de Marivaux, mise en scène Luc Bondy, Théâtre de l'Odéon

ANNIE MILLER : Une femme à la redresse et L' effrontée de CLAUDE MILLER

Ce récit c’est d’abord le destin d’une femme, elle  a traversé le vingtième siècle. Elle est née dans le Nord dans un coron, son père était un verrier. Elle a connu la pauvreté.  À onze ans, elle chante dans les cafés pour rapporter du pain à la maison, à quatorze ans, elle devient la maîtresse d’un soldat allemand. Après la guerre, en 1920, elle se met en ménage avec un trompettiste de jazz noir américain. Elle aura deux enfants de lui, une fille et un garçon Lucille et Louis. Sa fille Lucille Perkins a un destin étonnant aussi. Elle sera première d’atelier chez Chanel, où elle dirigera cinquante ouvrières. Pas facile pour elle d'être métisse dans les années 50, heureusement qu'elle est soutenue par Chanel qui l'apprécie beaucoup. 

Durant, les dernières années de sa vie. Elle deviendra actrice. Annie sa petite fille se marie avec Claude Miller. Il a habitél’immeuble mitoyen de son pavillon, à Montreuil-sous-Bois.  Grâce à lui elle va jouer dans ses films et il la présentera à François Truffaut et à Robert Bresson. 


Quatre générations sont présentes dans  ce récit familial. Le livre d’Annie Miller est  illustré par des photographies. Il nous fait revivre époque où l'on savait vivre ensemble. Ce portrait d’une femme courageuse  attachante et hors norme.  Je l'ai trouvé très réussit, j'ai passé un agréable moment en compagnie de Jeanne. 

l'effrontée 

de Claude Miller 

une comédie dramatique française réalisée en 1985
Ce film remplit de fraîcheur, marque les débuts au cinéma de Charlotte Gainsbourg ( Charlotte Castang)
Bernadette Lafont : Léone
Jean-Claude Brialy : Sam, l'impresario de Clara
Julie Glenn : Lulu


L'été est là, Charlotte, adolescente ne se réjouit guère de passer ces longs mois entre sa petite voisine malade, Lulu, et ses jeux enfantins, et Léone, l'amie de la famille. Le hasard fait qu'elle rencontre Clara Bauman, la célèbre pianiste prodige  à son hôtel . Là, Charlotte  est immédiatement séduite et fascinée par l'univers de Clara. 

Claude Miller a su à la perfection saisir cette époque de l'ennuie et de mal être qu'est l'adolescence. 

Annie Miller a participé au scénario qui est une libre interprétation de Frankie Addams de Carson McCullers. Le personnage de l’artisan  (le père de Charlotte)tient beaucoup du Père Paul, le troisième mari de ma grand-mère. Julie Glenn est la fille Pierre-William, la nièce d'Annie Miller. 



WILLA CATHER : La nièce de Flaubert

Traduit par Anne-Sylvie Homassel

Willa Cather (écrivain américaine contemporaine d'Edith Wharton) , au cours de l’un de ses voyages en France à Aix- les-Bain,  rencontre Caroline Franklin-Grout en 1930, la nièce de Gustave Flaubert,  qui fut élevée par son fameux oncle à Croisset, dont elle est l’exécutrice testamentaire." Flaubert avait consacré beaucoup de temps à son éducation, durant sa prime enfance ; lorsqu'il était assis à son grand bureau ou qu'il travaillait au lit, il aimait l'avoir près de lui , allongée sur le tapis , un livre à la main."Quand elle vivait avec son oncle, elle fit la connaissance de Tourgueniev. "Elle s'exprimait avec une excitation croissante : son visage s'était animé, sa voix s'était faite plus chaleureuse. Il y avait une lueur dans ses yeux ; une émotion puissante se réveillait en elle."  Ce texte est avant tout un éloge ardent de la littérature et de la lecture, non comme passe-temps mais comme raison de vivre, nous dit la quatrième de couverture. Ce court ouvrage se lit d'une traite est un véritable délice. J'ai apprécié le ton qui est celui de la confidence d'une grande qualité et d'une grande générosité. 



ANNIE ERNAUX : LES ANNÉES


Premier livre d'elle que je lis. Grosse déception ce livre ne correspond pas du tout à il l'idée que je m'en faisais. Annie Ernaux, à la manière d'un Perec, remonte dans le temps et elle évoque les souvenirs laissés par les événements de l'après-guerre à aujourd'hui. Cet exercice du "Je me souviens" se fait à travers de vieilles photos en N&B, elle évoque son histoire personnelle autobiographique dans l'Histoire de France et collective avant tout. Elle choisit le "Elle" et non le"Je" pour évoquer son histoire personnelle en tant que femme (enfant, adolescente, mère et grand-mère).
Quand j'ai entamé la lecture de ce livre, mes toutes premières impressions furent la séduction et j'ai trouvé l'idée intéressante. Puis en avançant dans ma lecture, et bien je me suis dit ce n'est rien qu'un catalogue de références, de faits écrit dans un style froid et impersonnel. Donc pour moi ce livre est ennuyeux, ronronnement répétitif dans la structure, plus le manque cruel d'émotion ce n'est pas pour moi, ce livre. Car en tant que lectrice j'aime pouvoir respirer et non pas être asphyxiée comme cela dans cet ouvrage d'Annie Ernaux. Ceci dit je ne regrette absolument pas d'avoir eu entre les mains ce livre cela ma permis de me faire une opinion, et j'ai trouvé quelques propos ici et là intéressants que je trouve exact, mais l'intérêt porté pour ce livre est très mince.
Dans la même démarche j'avais préféré et trouvé plus séduisante le livre de Jean Paul Dubois Une Vie Française. Pour finir sur une note positive je sais que cet ouvrage fera très plaisir à Cécile de Qd9, grande fan d'Annie Ernaux.
Livre très lu puisqu'il a rencontré son public, il est même devenu un Best-seller voir d'autres billets celui de Sylvie (très émouvant) Jules, Cathe (qui a beaucoup aimé ce livre) : sur son billet elle dit ceci, cela correspond à mon ressenti avec une grande justesse et exactitude :

"Je crois que l'on a parfois reproché le côté "catalogue" de ce livre. Certes il y a parfois de longues listes d'événements ou d'objets. Toutefois les extraits que j'ai notés plus haut explicitent en partie cette démarche très volontaire de la part d'Annie Ernaux. Sans vouloir faire un parallèle trop évident, je dois quand même dire que j'ai trouvé la démarche très proustienne avec cette recherche d'un temps peut-être pas perdu mais en tout cas passé ! "