Affichage des articles dont le libellé est ENFANCE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est ENFANCE. Afficher tous les articles

ELENA FERRANTE : L'AMIE PRODIGIEUSE


Traduit par Elisa Damien

 La saga comporte quatre volumes :
L’Amie prodigieuse, I (Prologue ; enfance et adolescence) ;
Le Nouveau Nom, II (Jeunesse) ;
Celle qui fuit et celle qui reste, III (Âge adulte) ;
L'Enfant perdue, IV (Maturité ; épilogue).

Une saga passionnante (lue en quinze jours)  et une histoire foisonnante, intense des années 50 à 2005. Une amitié intense dès la l'enfance dans un quartier populaire de Naples,  jusqu'à l'âge adulte sur plusieurs années. Lena, Elena  Grco est la narratrice et Lila est l'amie prodigieuse.
« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Lena et Lila sont toutes  les deux douées pour les études.  Mais seule Elena continue ses études jusqu'à l'université, elle est une élève brillante.  Malheureusement, Lila n'aura pas cette chance et son destin sera tout autre.  Lena, la blonde  est une personne douce, lente, lunaire. Lila est brune, solaire, elle possède une énergie destructrice, c'est un personnage complexe et d'un grand mystère. Lila, travaille avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Avec la complicité de son frère Nino, ils créent des chaussures.



Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l'aube de l'âge adulte.
Les liens que Lena entretien avec sa mère depuis son enfance son passionnel et violente voir même terrifiant de cruauté. Un très beau passage quand Lena va connaître un moment de complicité avec son père en allant découvrir son collège, il va l'emmené dans un Naple lumineux où l'on voit la mer, c'est un contraste avec la banlieue grise où elle réside .
Elena Ferrante décrit bien aussi les différences de classe sociale : la bourgeoisie, le prolétariat mais aussi de la politique.


Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano Carracci l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Lila Cerullo est née pauvre et elle est devenue riche en épousant Stefano, elle déteste son époux. Leur rapport est d'une grande violence. Elle travaille désormais dans la nouvelle épicerie de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.
Lila et Lena font un séjour à Ischia avec la belle soeur et la mère de Lila. L’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino. Lena va retrouver Nino Sarratore qu'elle connait depuis l'enfance et qui fait aussi de brillante études universitaires.
Lila va prendre Nino à Lena. Scandale car Lila est mariée mais elle s'est mariée trop jeune et avec son mari, les rapports sont tendus . Elle quitte son mari pour Nino, grâce à son amour pour Nino elle connaîtra une période enchantée mais qui sera de courte durée car elle va connaître une descente aux enfers. Après avoir connue l' opulence avec son mari Stefano voilà qu'elle connait la misère en travaillant dans une usine. Elle aura un enfant, elle pense qu'il est de Nino. Elle va pouvoir remonter la pente grâce à un ami d'enfance Enzo.


Parallèlement Elena suit ses études à Pise, elle est une élève brillante, douée. Elle publiera un roman qui aura du succès. "Nous vivons une époque décisive, tout est en train d'exploser. Participe, impose ta présence ! "
Nous sommes à la fin des années soixante,  les événements de 1968 s’annoncent ainsi que les mouvements féministes.  Même si les choix de  vie de Lila et Elena sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine. Elle se met en couple avec Pietro qui sera le père de ses filles Dede et Elsa. Elle va vivre à Florence, elle est toujours en contact avec Lila et elle l'aidera a s'en sortir.
Le mariage entre Pietro et Lena bat de l'aile et Lena voudra à tout pris faire sa vie avec Nino. Il est père de nombreux enfants de femmes différente, c'est un homme superficiel mais Lena est très attachée à lui et elle aura un enfant de leur union Tina.

Lila monte son entreprise d’informatique avec Enzo, amie d'enfance.  Elena  se sépare de son mari quitte  à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Pour vivre une histoire passionnelle avec Nino qui devient son amant.
Elena , devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec Nino entre Milan, Florence et Naples. Elle revient au quartier populaire  de son enfance et elle retrouve Lila puisqu'elles sont voisine. Elles se retrouvent enceinte toutes les deux.

Cette saga est intense, brûlante, violente, époustouflante au s'accent shakespearin. Il se dégage une force hallucinante. J'ai été comme happé par cette histoire que l'on ne lâche pas. Il se dégage beaucoup de sensualité à la lecture de cette saga. Elle nous fait réfléchir sur les choix de vie.
De l'auteur l'on ne sait rien est ce homme, une femme, les deux : un couple, deux femmes c'est le mystère total.
En tout cas, c'est troublant car Lena est un écrivain renommé et dans le Tome 4 elle écrit un roman intitulé : L'amitié et ce roman n'est qu'autre que : l'amie prodigieuse le tome 1.




Pendant ma lecture, je me suis sentie très proche des deux jeunes filles tellement elles sont attachantes. Mais aussi j'ai été effrayé par la violence furieuse qui se dégage de ce quartier pauvre de Naple. Cette violence est due à la misère, la mafia est présente. Les frères Solara représente le pouvoir.
Pour grandir, pour s'échapper de la violence du quartier, Lenu aura recours à l'éducation, la lecture et pour Lila c'est le mariage. Dans le tome 4, Naple s'est Lila, elle s'occupe de tout le monde. Elle représente l'image d'une fée. La fée bleue, l'histoire qu'elle a écrit enfant pour son institutrice Mme Oliviero. Lila n'a pas connu la chance de Lena d'étudier mais elle a appris par elle même le latin, le grec, elle a beaucoup lu de livres grâce à la bibliothèque près de chez elle. Mais contrairement à Lena, elle sortira pratiquement jamais de son quartier de Naple. Un très beau passage dans le tome 4 concernant le tremblement de terre de Naple.


J'ai vu les deux saisons de la série : L'amie prodigieuse que je trouve assez fidèle de la saga d'Elena Ferrante, c'est un régal.


ALYSIA ABBOTT : FAIRYLAND

Traduction Nicolas Richard

J'ai adoré ce récit de cette enfant, adolescente puis adulte qui est Alysia ! L'ambiance est très cinématographique. C'est un livre terriblement attachant et émouvant, une poignante.
"Il n’était pas facile d’être un père célibataire homosexuel dans les années 1970 […], parce qu’il ne s’était pas senti libre d’être véritablement lui-même durant son enfance et son adolescence à Lincoln, dans notre Fairyland, notre féerie, il m’a élevée au moyen de frontières mouvantes. entre un père et sa fille. "
Le père d'Alysia était un poète homosexuel, sa femme est décédée quand sa fille avait deux ans. En 1974, il déménage à San Francisco où il élève seul sa fille dans le quartier de Haight-Asbury, le centre névralgique de la culture hippie. Là où les représentants officiels de la Beat Generation – William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Neal Cassidy . San Francisco, c’est la ville à l’esprit indépendant et rebelle.  Dans son récit Alysia évoque l’assassinat d’Harvey Milk en 1978.  Abbott découvre une ville en pleine effervescence dans laquelle la communauté gay se bat pour ses droits, il rejoint la scène littéraire de l’époque et fréquente cette génération de jeunes gens bien décidés à tout vivre, tout expérimenter. Commence pour le duo père-fille une vie de bohème, ponctuée de déménagements, de fêtes et de lectures de poésie à l’arrière des librairies. 
Il est question de  l’apparition du SIDA. Le désarroi face à la maladie dont ne sait presque rien à l’époque. En parallèle au portrait qu'Alysia fait de son père, elle évoque son enfance, son adolescence et ses crises et sa vie de jeune femme et ses choix de vie. 
Elle, découvre la musique New Wave, trouve de nombreuses amies, part étudier à New York puis à Paris.
J'ai adoré de me plongé dans ce livre car je me suis retrouvée en ce qui concerne l'époque les années 80/90. C'est un récit dense et passionnant .

TRUMAN CAPOTE : Les domaines hantés

Traduction M.E Coindreau

Les domaines hantés est son premier roman publié en 1948. Et, il fait référence à sa propre enfance. 

Joël, un petit garçon de douze ans qui n'a jamais connu son père parti pour on ne sait quelles mystérieuses aventures, est un jour rappelé auprès de lui.  " Il était trop joli, trop délicat, la peau trop blanche, tous ses traits nettement dessinés, respiraient la sensibilité, et une tendresse féminine adoucissait ses yeux qui étaient bruns et très grands. Ses cheveux châtains, coupés courts, étaient striés de mèches d'un blond pur." Ce père, qu'il a le plus grand désir de voir enfin, habite maintenant le Landing, une vieille maison perdue au fond d'une contrée lointaine... Joël est un enfant abandonné, livré à lui même. Une fois arrivée à destination, il est accueillit par Miss Amy, le cousin Randolph et la jeune servante noire, mais pas son père, hélas ! Ce cousin Randolph perdu dans ses souvenirs. Joël va se lier d'amitié avec   Ibabel et Florabel, deux soeurs de son âge, l'une est un véritable garçon manqué . 
Le mystère de son père le hante, Joël va enfin le rencontré paralysé au fond d'un lit. 

Une ambiance très mystérieuse plane jusqu'au bout, elle est vue à travers les yeux d'un enfant. Les personnages sont attachants et Capote sait parfaitement rendre compte des sentiments humains.

ROBERT MULLIGAN : DU SILENCE ET DES OMBRES

Il y a quelques années, j'avais lu  ce roman et j 'avais été un peu déçu, pas conquise. Je lui ai donné une deuxième chance dans le cadre du mois américain voir ici . Il se trouve j'ai eu la possibilité de voir son adaptation : " Du Silence et des ombres" de Robert Mulligan avec Grégory Peck. Le film se déroule en 1932 dans le sud en Alabama. 
 Dill, l’ami de Scout et Jem, est directement inspiré par le petit voisin qu’affectionnait Harper Lee quand elle était petite, Truman Capote.
Ce film décrit à merveille le monde de l'enfance, ses espoirs et ses peurs. L'enfance pour Robert Mulligan est un voyage initiatique. 
On retrouve dans ce film en noir et blanc l’ambiance de La Nuit du chasseur de Charles Laughton.Ensuite, le récit dévie et Du silence… devient un film de procès (les ombres)  Le père des enfants, Atticus (Gregory Peck, qui obtint un oscar au passage), va devoir défendre un ouvrier agricole noir accusé d’avoir violé une jeune fille blanche.
Les trois enfants, lors de ce procès, vont découvrir à la fois la violence dont les hommes et la société peuvent se rendre coupables, et la noblesse morale d’un père qu’ils connaissaient au fond très mal." 
Notre père ne faisait rien. Il n’était pas fermier ni garagiste ni quoi que ce soit susceptible de soulever l’admiration. Il ne faisait pas ce que faisaient les pères de nos camarades : il n’allait jamais à la chasse ni à la pêche, il ne jouait pas au poker, ne buvait pas, ne fumait pas. Il restait à lire au salon. Pour autant, il ne passait pas aussi aperçu que nous le souhaitions : cette année-là, l’école bourdonnait de discussions sur le fait qu’il allait défendre Tom Robinson et ce n’était jamais pour en dire du bien. On se donnait le mot : « Finch est l’ami des nègres ! »



HENRY JAMES : L'élève

Traduction de Paul Hermann

"C'était un garçon cosmopolite, perspicace, maigre et pâle, qui n'était pas encore épanoui, aimait la gymnastique intellectuelle et avait également remarqué plus de choses, concernant le comportement humain qu'on aurait pu le supposer. Il conservait néanmoins une chambre remplie de superstitions, où il brisait chaque jour un douzaine de jouet."
C'est en 1891 paraît L'Élève. Pemberton.  Un jeune homme intelligent tout droit sortie d'Oxford, est engagé, par la famille Moreen comme précepteur du jeune Morgan.  "Morgan Moreen avait quelque chose de maladif, sans être pour autant ce qu'on appelle un enfant fragile; son air intelligent(mais bien sûr, Pemberton n'aurait pas aimé le voir stupide) faisait craindre qu'il ne fut guère aimable, sa grande bouche et ses grandes oreilles empêchant  qu'on le trouve beau." Ses parents sont  des américains aventuriers installés à Nice . Morgan est le petit dernier de la famille. "Mon cher ami, vous êtes littéralement en guenilles" lui lançait Pemberton sur un ton d'ironique reproche." Ses sœurs sont en quête de maris riches. Morgan ne se sent pas à sa place dans cette  famille fascinée par le paraître.  Il ne peut pas les abandonner car il est malade et sans argentPemberton s'attache  à Morgan mais il n'est pas payés. Cela est un véritable problème. Il ne sait pas comment s'y prendre pour en parler à Mrs Moreen.  Le paraître est très important pour les maître de Pemberton, ils aiment voyager Paris, Venise et aiment être à la mode, c'est bien plus important . Il est question de chantage entre le précepteur et ses maître. Il en était de même avec la nourrice bien aimée de Morgane :  Zénobie.
" Quand il essayait de se représenter cette aube naissante qu'est l'enfance, cherchant comment s'en occuper au mieux, il comprenait qu'elle était toujours changeante, que l'ignorance, au moment où il la pointait du doigt se parait déjà des couleurs du savoir et qu'on ne pouvait rien trouver qu'à un moment donné un enfant intelligent ne connût pas. Il lui semblait en savoir trop pour se représenter la simplicité de Morgan , et pas assez pour le tirer de sa confusion."
Pemberton se prépare à emmener Morgan avec lui. Mais l'adolescent est condamné et pressent sa mort prochaine. Il est frappé par une crise cardiaque avant d'avoir pu connaître le bonheur avec son jeune maître et ami.
Henry James s'intéresse beaucoup à l'enfance  voir dans Ce que savait Maisie, mais aussi dans la Tour d'écrou. Les enfants sont des êtres innocents pervertis par les adultes. Le monde des adultes est d'une très grande cruauté et d'une grande violence.  Dans cet longue nouvelle, Henry James explore la relation ambigüe entre Morgan Moreen et Pemberton.
Dans cette longue nouvelle, le thème de l'argent tient sa place, les Moreen vivent au dessus de leur moyen, qu'est ce que Pemberton va être payé ? 








IAN McEWAN : L'enfant volé

 Traduction Joséd Strawson
Le prix Femina étranger en 1993

" Pour les enfants, l'enfance n'a pas de limites temporelles. C'est toujours le présent. Tout est au présent. Il va de soi qu'ils ont des souvenirs. Il va de soi que, pour eux, le temps n'est pas absolument immobile et que Noël finit toujours par revenir. " 
Stephen écrit  des livres pour enfants. Il est marié à  Julie  avec qui il a une fille Kate. Sa vie prend un tournant épouvantable  le jour où Kate est enlevée dans un supermarché, par un moment d'inattention. Le cauchemar s'installe.Le quotidien, la vie repend son droit malgré ce vide qui se déroule sans sa fille Kate. Surtout comment se reconstruire ! Le chagrin le plonge dans un état dépressif Le seul ami qu'il continue à fréquenter, Charles ancien éditeur, un homme brillant promis à un grand avenir politique, a lui aussi décidé de se retirer de la vie agitée de Londres. Stephen  est membre membre d'une commission qui planche sur les problèmes de l'enfance et l'apprentissage scolaire subventionnée par le gouvernement. À aucun moment dans le roman l'auteur nous donne des nouvelles de Kate où est t-elle ? Est ce qu'elle est en vie ou non ? L'on est plutôt dans la psychologie des personnages, dans leurs souvenirs à chacun. 
" Le temps présent et le temps passé
Sont peut-être tous deux présents dans le temps futur, 
Et le temps futur contenu dans le temps passé."
Un très beau passage est le suivant  Sephen se souvient d'un moment où sur une plage de sable, Julie et lui avaient retrouvé leur âme d'enfants pour jouer au château de sable avec Kate. 
 Ce roman d'Ian McEwan évoque le temps qui passe, faire le deuil de notre enfance.  C'est une réflexion sur le temps qui passe donc c'est un roman qui questionne le lecteur sur la notion du temps.



MARGARET DRABBLE : Un bébé d'or pur

Traduit par Christine Laferrière

"Je m'intéresse beaucoup à l'idée de l'innocence, l'idée qu'une personne soit incapable de faire le mal, car pour la plupart nous sommes assaillis de pensées malveillantes. Anna, le "bébé d'or pur" du roman. est innocente, détachée de tout héritage. Instinctivement, elle cherche à faire le bien, à contenter les autres.

Après ses études anthropologie,  Jessica Speight se trouve enceinte. Son enfant Anna un « bébé d’or pur » au caractère angélique, au bonheur presque surnaturel. est  atteint d’une maladie génétique rare. Ce n'est pas une enfant comme les autres. Jess ne renonce pas à sa carrière d'anthropologue. 

Jess vie à Londres en plein dans les années 1960. 
La narratrice est une amie de Jess,  qui habite le même quartier que Jess et elle est très différente d'elle  (un mari, deux enfant en bonne santé). Cette narratrice nous décrit  le parcours de Jess et aussi celui d'Anna mais aussi les changements de moeurs, culturels et sociaux. 
 Anna qui ne peut plus plus être scolarisée dans une école traditionnelle, elle est admise à dix ans dans  une école spécialisé avec d'autres enfants comme elle, souffrant d'un d'handicaps intellectuels.  Dans les année 60, 70 les connaissances sur l'autisme, les maladies neurologique et psychiatriques sont peu connues

Une belle histoire qui pose la douloureuse question de la difficulté d'insertion des personnes handicapées ou simplement "différents", de la solitude mais aussi de l'amitié et de la solidarité, compte beaucoup. Un roman particulier, mais attachant, Margaret Drabble fait référence au frère de Jane Austen "George" et à Carol la fille de Pearl Beack dans " L'enfant qui ne voulait pas grandir". 

Logo by Eliza

ALAIN MABANCKOU : Petit Piment

 Cela fait un moment que je n'avait pas lu un roman d'Alain Mabanckou. Par hasard, à la bibliothèque de ma ville je suis tombée sur son dernier opus "Petit Piment. 
L'histoire se déroule dans le Congo des années 60. 

"Papa Moupelo ne m'avait jamais avoué que c'était lui qui m'avait attribué le nom le plus kilométrique de l'orphelinat de Loango, et certainement de la ville, voir du pays."
Le vrai nom de Moïse est Tokumisa Nzambe po Moe yamoyindo abotami namboka ya Bakoko ('Rendons grâce à Dieu, le Moise Noir est né sur la terre des ancêtres, en lingala) Il est  un jeune orphelin effectuant sa scolarité dans une institution d'accueil catholique. Le directeur de l'établissement est cynique et corrompu . Par contre, heureusement que le père Moupelo est là, il donne des cours de zouloue aux enfants. Moïse est très ami avec Bonaventure "Kokolo "Lui contrairement à Moïse connait sa mère qui l'a abandonné. "Entre Bonaventure et moi c'était l'amitié du paralytique et de l'aveugle. Il marchait pour moi, je voyais pour lui, et quelquefois c'était le contraire. Dès que je ne le voyais pas, je le cherchais par tout."


Moïse est très attaché à Papa Moupelo et à Sabine Niangui, ces deux personnes sont chaleureuses et attachante, voir très pour Moïse. Sabine Niangui :
- "Moïse, je vois que as vite grandi, et j'ai du mal à croire que c'est moi qui t'ai trouvé dehors il y a treize ans, devant la pote de l'orphelinat, au moment où j'arrivais pour travailler. Tu étais enroulé dans un drap blanc, la tête dehors, tu ne pleurais pas, tu avais plutôt les yeux très ouverts pour un enfant de quelques jours." Il va quitté l'orphelinat de Loango abandonné son ami Bonaventure pour se rendre à Pointe Noire. Il va devoir affronter l'extérieur. Moïse  changera de nom est il se nomme Petit Piment.  Il fait partie d'une bande des gamins de rue des petits bandits.  " Tu ne seras pas non plus Petit Jean parce que nous avons déjà notre Petit Jean, mais nous l'appellerons " Petit Piment" parce qu'il a fait ses preuves avec du piment, et toi tu ne seras qu'un membre de la bande parmi les autres ..."Il va faire connaissance avec une très belle femme " Maman Fiat 5OO", elle protège Petit Piment, elle lui donnera du réconfort. " Maman Fiat 5OO est originaire du Zaïre comme Papa Moupelo. "On ne naît pas pute, on devient. Un jour ou l'autre, on se regarde dans la glace, l'horizon semble bouché parce qu'on est au pied du mur." Elle dirige une maison close avec dix prostituées zaïroises. C'est le bonheur qui est au rendez vous pour Petit Piment mais il est hélas de courte durée. 
Petit Piment est un livre sur l'errance, sur la trace de son destin . Qu'est ce qu'être orphelin en Afrique ? C'est un roman très touchant d'Alain Mabanckou, une excellente lecture pour moi, un roman très agréable à lire.

PAUL LEAUTAUD : Le petit ami

Cet été j'ai écouté l'émission "Re-lecture" que Jean Lebrun a diffusé 5 entretiens de Paul Léautaud par Robert Mallet sur France Inter. 
"Souvenirs légers" est le titre de départ qui aurait plu à Paul Léautaud. Mais, ce titre ne plaisait pas à  Alfred Valette l'éditeur du Mercure.  " Je songe au petit garçon que je fus, voilà bien longtemps, et dont je suis aujourd'hui si peu différent." Ce petit livre est un récit plus ou moins autobiographique. Léautaud raconte son enfance. "Mon enfance s'est passée tout entière dans ce quartier de Paris qui va de la Butte Montmartre aux grands boulevards, et qui est bordé, d'un côté par la rue de Clichy et la Chaussée d'Antin, et, de l'autre, par la rue Rochechouart et le faubourg Montmartre. "

Il est élevé par son père qui gravite dans le monde du théâtre. Il est  abandonné par sa mère qu’il rencontrera une seule fois. Passage à la fois étrange et émouvant dans le récit de Paul Léautaud. Il a été abandonné par sa mère, peu de temps après sa naissance. Il ne sait rien de la figure maternelle, il est très perturbé par l'image de la femme. C'est l'une des raison pour laquelle il a des relations avec les prostituées qu'il rencontre rue des Martyrs ou bien dans le quartier. " Une mère ne change pas, me dit-elle ensuite en me regardant, debout devant elle, mes mains dans les siennes. On a beau n'avoir pas vu son enfant depuis longtemps, on l'aime toujours, on est toujours prête à l'aimer ... Et il faudra m'écrire tu sais, et me dire maman, et me tutoyer. Je te donnerai mon adresse, et je t'écrirai aussi. Pauvre Paul, va !"
 A l'âge adulte, il retrouve cette mère à l’occasion des funérailles d’une tante et commence à vivre une relation qu’il voudrait exclusive. Très vite la mère, qui a une autre vie, s’éloigne et abandonne à nouveau son fils.
J'ai trouvé ce récit très à la fois très étrange (sur tout concernant ses rapports oedipien avec sa mère) et très daté, le style me paraît vieillot aussi. Mon metteur en scène fétiche François Truffaut avait une grande admiration pour Paul Léautaud. Je le comprends car il y a une tendresse dans le cinéma de Truffaut qui se rapproche de l'univers de Paul Léautaud. Je pense à des films comme " Les quatre cent coups", "L'homme qui aimait les femmes". 



Maintenant, foutez-moi la paix ! de Philippe Delerm

" J'ai toujours aimé les êtres originaux, bizarres, chimériques, singulier. Ils sont pour moi le sel de la vie, autant qu'en sont l'horreur les gens qui ressemblent à tout le monde. J'aime leur fantaisie, leur folie. Je les suis quand je les rencontre dans la rue, je cherche à me renseigner sur eux, je voudrais les connaître et les fréquenter, je n'ai que dégoût pour ceux qui se retournent et rient sur leur passage."
Il appréciait évidement l'excentrique Max Jacob. Quand, il est question de sa mère Paul Léautaud est mal à l'aise, son rapport avec sa mère est comme une blessure. En 1902, il commencera une correspondance avec sa mère, mais sans réponse. Son rapport avec sa mère est une grande blessure pour Paul Léautaud. "Renversée, déconcertée, que je lui dise que je me moque de ce qui se passera après ma mort pour mes papiers, conservés ou non, publiés ou non ce qui est parfaitement vrai. Je n'ai pas de ces soucis posthumes. Je ne vois dans l'achat de mon Journal qu'un point intéressant : une certaine somme d'argent, qui me donnerai une certaine sécurité."

Philippe Delerm signe un très bel hommage à Paul Léautaud, par petites touches. Une belle entrée en matière pour faire connaissance avec cet auteur assez méconnu en quelque sorte. 

LOUIS MALLE : LA PETITE


Titre original Pretty Baby Brooke Shields : Violet
Keith Carradine : Bellocq, le photographe, dit "Papa"
Susan Sarandon : Hattie, la mère de Violet


En 1917 , dans une maison close de La Nouvelle-Orléans, dans le quartier de  Storyville, vit Violette une fillette de douze ans avec sa mère Hattie. Ce film montre la vision de Violet au milieu des prostituées et le rêve de sa mère de quitter le monde de la prostitution et se marier avec un homme respectable. La jeune fille porte un regard lucide sur la prostitution, et sur l’univers auquel elle appartient. Un jour, sa virginité est mise aux enchères pour 400 dollars… Une vie qui va finir par lui plaire. Un jour, Bellocq, vite surnommé «papa», se présente. Il vient photographier les pensionnaires et s'arrête surtout sur Hattie, à en rendre Violet jalouse. Mais peu à peu une belle complicité va naître entre eux deux. 
Violet a été privée de son enfance, elle fut très jeune voir trop jeune pour être propulsée dans un monde d'adulte. 
Louis Malle traite le thème sulfureux de la prostitution enfantine avec sensibilité, sans porter le moindre jugement sur ses personnages. Il dépeint un univers à part, violent et terriblement dur pour des enfants. 

J'étais une enfant quand le film est sortie en 1978, et je me souviens qu'il avait fait scandale. Mais à l'époque  à Storyville, la prostitution enfantine était  courant, dans les mœurs de l'époque, la vente aux enchère de la virginité se pratiquait, évidement de nos jours cela choque et l'on tremble pour la pauvre enfant, plus particulièrement ici dans le film pour Violet.  Le casting est magnifique et la petite Brooke Shields est à croquer. C'est un film qui m'a beaucoup intéressée que j'ai trouvé passionnant et très intéressant. 

Louis Malle s'est inspiré d'histoires vrais celle de la vie si particulière dans ce quartier très latin, où la prostitution est légale. La prostitution enfantine se pratiquait à cette époque, Louis Malle n'a rien inventé. Puis, il a été attiré par le personnage de Bellocq, photographe qui a réellement existé et qui photographiait des prostituées. 

CHARLES DICKENS : OLIVER TWIST


Traduit par Sylvère Monod

Dès sa naissance, Oliver est orphelin. Il est immédiatement élevé dans un orphelinat de l'Angleterre victorienne. Ensuite,  il est placé chez Mr Sowerberry, fabricant de cercueils et croque-mort de son état. Là encore, il ne connaît que privations et mauvais traitements. Oliver endure tout, jusqu'au jour où une provocation d'un apprenti le pousse à se battre puis à s'enfuir vers Londres. Et à partir de là, l'aventure commence pour le jeune Oliver dans les bas fond londonien. Il est recueilli par une bande de jeunes voleurs qui travaillent pour le vieux Fagin, un vieux juif. Voilà,  Oliver découvre un monde cruel où seules comptent la ruse et la force.  Notre pauvre Oliver se fait arrêter pour un vol qui n'a pas commis, c'est comme cela qui fait la connaissance de Mr Brownlow. 
C'est un gentilhomme il va se prendre d'affection pour Oliver et l'emmener chez lui pour le soigner et s'occuper de son éducation. " Ce furent des jours heureux que ceux de la convalescence d'Oliver . Tout était si tranquille, si propre, si ordonné ; tout le monde était bon et doux ; si bien qu'après le bruit et l'agitation dans lesquels il avait toujours vécu, cela lui fit l'effet d'un véritable paradis."(C'est un passage que j'aime beaucoup, il est très bien rendu dans les deux adaptations cinématographique que j'ai vu. )
Rose Maylie et Oliver
 Malheureusement, Oliver a son désespoir va être repris par Fagin et toute la clique des enfants des bas fond de Londres. Personnage mystérieux et opaque selon moi  c'est Monks, mais c'est un personnage important dans le roman. Les rebondissements sont nombreux, un vrais roman d'aventure. Un très beau personnage que croise Oliver, Rose une jeune fille innocente et orpheline aussi. Nancy , la prostituée est un personnage très touchant qui a une grande tendresse pour Oliver, l'enfant pur et innocent. Le meurtre de Nancy est un grand moment que Charles Dickens lit chaque fois en publique avec beaucoup d'émotion ce passage. 
*****
Pour le personnage de Rose, Dickens est inspiré de sa belle sœur Mary Hoggart (la sœur cadette de sa femme Catherine). Elle a beaucoup compté dans sa vie, elle a pris une grande place. 
Elle est aussi présente dans d'autres de ses romans. 

Ce roman d'aventures est tout simplement époustouflant, il décrit avec précision la situation des enfants orphelins dans l'Angleterre Victorienne. Il met en avant les différences entre les classes sociales et l'injustice qui en découle. Magnifique roman  de Charles Dickens autour de l'enfance.  Oliver est un enfant charmant, naïf et attendrissant, tout au long de ma lecture j'ai tremblé pour lui. Pour moi je rapprocherai Oliver Twist  à la petite Maisie d'Henry James tous les deux sont des enfants innocents et pures et maltraité par les adultes. Dickens décrit admirablement Londres, avec leurs taudis insalubres, où se côtoient la misère, la criminalité et le vice, et qui offrent un contraste frappant avec les beaux quartiers.  Toutes une galerie de personnages secondaires sont très intéressant sont intéressants et haut en couleur. 

 Ces enfants voleurs de montres m'a fait penser à un roman jeunesse de Leon Garfield   : La montre en or. J'ai été enchanté par ma lecture d'Oliver Twist j'ai  trouvé des longueurs, même si les chapitre sont courts, le rythme du roman est soutenu. Et peut-être qu'il y a trop de personnages dans ce roman qui fut au départ publié sous forme de feuilleton. 

Ce film, parmi les premiers de David Lean comme réalisateur, illustre sa seconde rencontre avec l'univers de Charles Dickens, après Les Grandes Espérances(Great Expectations1946) .
Oliver Twist bénéficie d'une photographie très soignée — donnant à certains passages une allure de cinéma expressionniste. Il a bien reconstitué les bas fond de Londres. 
Je trouve ce film plus proche de Dickens que celui de Polanski. Puis, le petit garçon qui joue le rôle d'Oliver Twist est à croquer.Et en même temps très différent David Lean n'a pas le même regard sur le roman très dense de Charles Dickens que Roman Polanski. 

Alec Guinness : Fagin
Robert Newton : Bill Sikes
Kay Walsh  : Nancy
John Howard Davies : Oliver Twist
Henry Stephenson : Mr. Brownlow

Dans le film de David Lean, l'identité d'Oliver Twist  nous est révélée. Tout d'abord, le film s'ouvre sur la naissance d'Oliver (occulté dans le film de Polanski). 



Alec Guinness : Fagin
Fagin Chez David Lean il est interprété par un très grand acteur Alec Guiness. Le Fagin de Davide Lean est proche de celui que George Cruikshank a crée pour Dickens. C'est lui qui a eut l'idée du nez crochu. Et chez Polanski, il est interprété par Ben Kingsley. Il est avec la dernière scène, parait plus humain. Il en fait un personnage énigmatique. 
C'est un personnage très étrange. 
Il est le chef d'un groupe d'enfants auxquels il apprend à se livrer au vol à la tire et à d'autres activités répréhensibles.
C'est un personnage que je rapprocherai selon moi   de Miss Havisham (Grande Espérance). Car il est tout simplement un personnage tout aussi fascinant. Personnage aussi complexe que celui de Svengali de George du Maurier dans Trilby. 

" C'est par une nuit froide, humide et venteuse que le Juif, enveloppant son corps ratatiné dans un manteau étroitement boutonné, et relevant son col jusqu'aux oreilles au point de dissimuler complètement la partie inférieure de son visage, sortit de sa tanière. "



J'ai vu l'adaptation cinématographique de Polanski. Adaptation plaisante à regarder mais très en dessous de celle de David Lean. Elle est très fidèle à l'atmosphère et de l'époque,  à la complexité des personnages et à la conscience sociale du roman. 
Ben Kingsley  : Fagin.
Barney Clark  : Oliver Twist
Leanne Rowe  : Nancy

Polanski en fait un film d'aventure et d'action avec le cambriolage, il ne se consacre pas du tout à l'origine d'Oliver Twist. Il film aussi la séquence où Fagin est en prison, passage très émouvant car Fagin se repent . 



Fagin le juif de Will Eisner

 Will Eisner  part sur les traces de la véritable histoire de Fagin, le Juif d'Oliver Twist. Il imagine la jeunesse de Moses Fagin : il fit de lui un de ces immigrés d'Europe de l'Est. Ces juifs ne furent pas bien accueillit par les anglais et ces juifs n'avait pas le choix, il durent se rabattre sur la marginalité des bas-fonds pour survivre. 
  Retour à Londres et aux bonnes vieilles habitudes d'escroc et autres attrape-nigauds. Plus âgé, moins naïf, Fagin s'associe avec une crapule, Sikes. Il acquiert, au fil des années, une réputation de spécialiste des arts de la rue, achetant et vendant tout ce qui lui tombait sous la main. Surtout, des gamins des rues viennent se réfugier chez Fagin. C'est à cette période que sa vie croise celle du petit Oliver Twist, né et élevé dans un hospice où la tendresse n'est pas la règle. Plutôt qu'une vie de misère, il s'enfuie pour Londres où il  rencontre Fagin. 

Avec "Fagin le Juif", Will Eisner décide de refaire le parcours de vie d'un personnage central d'Oliver Twist. Personnellement je ne sais pourquoi Fagin dans le roman de Dickens mais pas forcément antipathique.  Dans la BD de Will Eisner, il réhabilite le personnage mal aimé dans le roman de Dickens.   C'est très intéressant de connaître Fagin avant sa rencontre avec Oliver Twist cela le rend humain, il est certain que dans sa situation il fallait bien faire sa place dans la société. Dans le roman de Dickens je n'aime pas du tout Bill Sikes (brute) je trouve que c'est une véritable ordure surtout avec la pauvre Nancy (personnage véritablement touchant). Il est l'associé de Fagin accompagné d'un chien terrifiant.  

YASUSHI INOUÉ : KÔSAKU


Traduit par Geneviève Momber-Sieffert

J'ai lu il y a très longtemps, quand j'étais adolescente Inoué.
Le Fusil de chasse et Histoire de ma mère. J'adore sa plume généreuse et si subtile.
Yasushi Inoué nous décrit un monde, un japon d'autrefois du début du XXème siècle. Kôsaku est un enfant élevé par la vieille Onui qui n'est autre que la maîtresse de son arrière-grand-père. Il vit à la campagne dans le petit village de Yu-ga- Shima. Ses parents habitent la ville, sa mère Nanae (une femme pas facile) décide de le reprendre.
L'auteur évoque le quotidien de Kôsaku de son rapport avec les autres personnes de sa famille et ce n'est pas facile tous les jours. C'est un joli roman qui tourne autour de l'importance de l'éducation.
Oui, surtout un passage vers la fin Kôsaku décide de prendre un bain avec les femme exactement comme le narrateur de camping quand il va au hamman il se dirige naturellement chez les femmes.
Voilà un roman très agréable à lire et très reposant. J'ai eu une grande tendresse envers Kôsaku, un enfant fort de onze ans attachant. il n'a pas la vie facile son entourage est parfois cruel. 
Mon petit doigt me dit que c'est un roman assez autobiographique en tout cas je l'imagine assez ! En un mot très beau roman épuré et très agréable à lire.

ANA MARIA MATUTE : Paradis inhabité

Traduit par Marie-Odile Fortier-Masek

Dans les années vingt à Madrid, Adriana (Adri) a six ans au début du roman. elle est issu d'une famille bourgeoise madrilène. Elle est née sur le tard, après Cristina, Jerónimo et Fabián, des jumeaux. Ses parents ne s'aimaient déjà plus. Mais chez ces gens-là, on ne divorce pas. Tata María et Isabel, la cuisinière sont les seules à l'écouter, comprendre et l'aimer, cette enfant sensible, attachante et pleine d'imagination et de rêves. Adri observe le monde des adultes, ces « Géants ».
"La nuit était mon royaume, celui que je m'étais créé, celui où je vivais." Elle affectionne les contes d'Andersen " Au fil des contes d'Andersen, ce cher complice de mes premières années, j'avais appris que les fleurs avaient leur langage, leurs bals nocturnes où elles étaient reines, avant de s'étioler et de finir aux ordures. J'appris surtout l'existence d'un langage secret, un langage auquel j'avais accès."
Afin de lutter contre l’angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michel mon amour. Une complicité va naître entre elle. " Elle était très grande, plus que Maman qui pourtant n'était pas petite. Ses cheveux très blancs contrastaient avec sa peau dorée, toute lisse, au milieu de laquelle resplendissaient de grands yeux bleus de licorne."Au moment de Noël, Adri passe un bon moment de complicité avec son père. Ce dernier a pris la résolution de quitter définitivement l’appartement familial pour vivre à Paris. Ses frères Jeromino et Fabian sont partis aussi pour rejoindre leur père. Elle tombe gravement malade et sa vie change, elle ne va plus à l’école. Elle se lie d'amitié avec Gravila, un petit voisin russe, dont la mère est ballerine .
Ana Maria Matute aborde aussi le problème de l'identité fille/garçon. Comment ne pas penser au très bel album L'histoire de Julie qui avait une ombre de garçon.
« Mieux vaut que les garçons soient avec les garçons et les filles avec les filles. »
"Et si Gavrila ne voulait pas jouer avec moi parce que j'étais une fille ? Adri pouvait aussi bien être un prénom de fille que de garçon : Adriana ou Adrian. Et en plus, j'avais les cheveux courts et une frange, comme beaucoup de garçon de l'époque, aussi aurait-on pu me prendre pour l'un d'eux."
Les livres ont un pouvoir sur l'imaginaire des enfants tout d'abord il y a les contes avec les fées et la licorne, la Belle au bois dormant, Cendrillon et il est question aussi de Peter Pan. " Je me souvins qu'à l'époque où il veillait sur les Enfants perdus dans la petite maison sous l'arbre, Peter Pan disait à Wendy : " Mes os craquent ...". Cette seule pensée réveilla en moi une douleur subtile, aiguë." Tout au long du livre, il est question du conte qui marque Adri et Gravila c'est le Roi Corbeau.
Adri a une passion pour le cinéma " je veux vivre au cinéma", son Papa lui répond " Tu es assez grande pour savoir qu'on ne peut pas vivre dans un cinéma. Les gens du cinéma ont eux aussi leurs maisons, leur famille. " Le point de vu d'Adri n'est pas le même que ceux des Géants, car le monde d'Adri est celui de l'imaginaire. Il rejoint assez l'univers de " L'esprit de la ruche" de Victor Erice. Car ce film traite de la réalité et de l'imaginaire via le film Frankenstein. Il est question du vrais du faux, du jeux. Ana huit ans est fasciné par les monstres, personnage terrifiant, elle s'invente un imaginaire exactement comme Adri dans ce roman "Paradis inhabité".
Ce roman est très riche et Ana Maria Matute s'est avec beaucoup de finesse et doigté évoque parle de l'enfance.
La raison est qu'elle évoque le ressenti de son enfance à elle. Adri est pour moi la petite cousine de Maisie d'Henry James.
J'aime beaucoup la couverture de ce roman espagnol qui résume très bien l'ambiance de ce roman. La petite fille qui met ses mains sur ses yeux. Elle porte une robe de fée. Elle est triste, elle se réfugie au fond d'une pièce. Elle ne veut pas voir la réalité en face, grandir, la fin de l'enfance. Cette fin est pour elle une grande blessure. Ce roman est un véritable coup de cœur pour moi une belle surprise. L'écriture d'Ana Maria Matute est très littéraire, d'un univers riche et dense plein de féerie que l'on ne trouve pas souvent dans la littérature contemporaine.
En complément à mon billet je vous invite à aller voir .

AHMADOU KOUROUMA : Allah n'est pas obligé


Le club de lecture le blogoclub (organisé par Sylire et Lisa) a eut la bonne idée de mettre en valeur le très grand livre d'Ahmadou Kourouma " Allah n'est pas obligé".
Un roman qui a reçu de nombreuses distinctions :
-Prix Renaudot 2000
-Prix Goncourt des lycéens 2000
- Prix Amerigo-Vespucci 2000

" M'appelle Birahima. J'aurais pu être un gosse comme les autres (dix ou douze ans, ça dépend). Un sale gosse ni meilleur ni pire que tous les sales gosses du monde si j'étais né ailleurs que dans un foutu pays d'Afrique. "
Cet enfant, orphelin, livré à lui même, part à la recherche de sa tante Mahan qui doit s'occuper de lui. Il est accompagné de Yacouba un féticheur, ils ont traversé le Liberia et la Sierra Leone en pleine guerre tribale. Birahima devient un enfant-soldat " J'ai tué pas mal de gens avec mon kalachnikov." Il part en quête de sa tante. Il se retrouve enrôlé dans les conflits qui sévissent en Sierra Léone et au Libéria. Birahima vit et subit toutes les horreurs de la guerre, rien ne lui sera épargné et du haut de ses dix ou douze ans. "Quand on n'a plus personne sur terre, ni père ni mère ni frère ni sœur, et qu'on est petit, un petit mignon dans un pays foutu et barbare où tout le monde s'égorge."
La mort il la côtoie, quand il ne la provoque pas lui -même en jouant avec une kalachnikov. Il tue sans étant d'âme.Avec l'aide de ses quatre dictionnaires, il entreprend de conter sa vie son "blablabla". Avec ses mots, il nous fait sourire parfois . Bien sûr ce roman est violent, elle est au premier plan mais l'écriture inventive est forte, originale. Elle a le mérite d'adoucir cette violence qui hélas n'est pas gratuite. Elle est même réelle à la une tous les jours, bien malheureusement. "Les enfants-soldats étaient bien traités chez les ULIMO. On mangeait bien et on pouvait avoir de l'argent, du dollar, en faisant le garde du corps des orpailleurs. J'ai voulu faire des économies. Je n'ai pas voulu foutre dans la drogue tout ce que je gagnais comme le faisaient les autres enfants-soldats."
Ce roman d'Amadou Kourouma est une satire des dictatures africaines, un livre lucide concernant l'Afrique contemporaine. Et il dit une chose criante de vérité : " Aujourd'hui, ce 25 septembre 199...j'en ai marre. Marre de raconter ma vie, marre de compiler les dictionnaires, marre de tout. Allez vous faire foutre. Je me tais, je dis plus rien aujourd'hui ... A gnamokodé(putain de ma mère ) ! A faforo (sexe de mon père)!" l'on pourrait dire la même chose aujourd'hui avec ce qui se passe en Afrique en ce début du XXI ième siècle ! Hélas !!!! Marre des guerres, des conflits qui se perpétuent continuellement.
Il y a quelques années j'avais vu une pièce hallucinante et remarquable à couper le souffle d'après ce roman.

FABIENNE JUHEL : À l'angle du renard


"Le Rigoleur, c'est mon nom de famille. Le Rigoleur avec la particule, petite noblesse bretonne oblige. Le Rigoleur, oui, mais pas rigoleur pour deux sous. Qu 'est-ce qui me ferait rire, hein ? Est-ce que j'ai une tête à rigoler ? Tiens, ça se saurait si l'habit faisait le moine."
Arsène aurait préféré porter le patronyme de sa mère, Le Luern, le renard en français,
Arsène Le Rigoleur est un paysan d'une quarantaine d'années, vivant en Bretagne intérieure, ancré à sa terre et rusé comme un renard. Dans la ferme voisine, une famille les Maffart vient de s'installer. Ils ont deux enfants Juliette et Louis. Juliette est la complice d'Arsène qu'elle nomme tonton. Alors, que Louis est un fouineur, un rouquin, de huit ans. Les parents sont assez méfiant envers leur voisin paysan, et il y a de quoi ! à en avoir des frissons dans le dos parfois. Et peu à peu Arsène se dévoilent les failles, les secrets et cette étrange parenté avec les renards.

Pour moi Arsène me fait penser à un ogre, surtout au début du roman il fait vraiment peur . Car Arsène n'est pas un homme très sympathique au demeurant, étrange curieux qui met mal à l'aise, c'est lui l'inquiétant narrateur.

J'ai été assez séduit par l'écriture de ce roman, même si il nous dérange voir nous bouscule, un climat angoissant digne d'un polar règne tout au long du roman. Fabienne Juhel a reçu le Prix Ouest France pour cet excellent roman, une belle découverte qui me donne très envie de découvrir d'autres livres qu'elle a écrit.


CARSON McCULLERS : Le cœur est un chasseur solitaire


Traduit par Marie-Madeleine Fayet

C'est son premier roman publié en 1940, elle a vingt-deux ans.
Dans une petite ville du Sud des États-Unis, où vit Mick Kelly. Elle ressemble à Carson McCullers, garçon manqué, porte un short et un polo avec des sandales. " Il pensait à la façon dont Mick plissait les yeux et repoussait sa frange avec la paume de sa main. Il pensait à sa voix rauque garçonnière, et à son habitude de remonter son short kaki et de se dandiner comme un cow-boy de cinéma." Mick est une jeune fille très attachante,elle est passionnée de musique. "Elle apprit quantité de choses en musique pendant ces libres nuits d'été. Dans les quartiers riches de la ville, chaque maison avait un appareil de radio. Toutes les fenêtres étaient ouvertes et elle pouvait entendre admirablement bien les concerts. Au bout de quelque temps, elle connut les maisons qui choisissaient les programmes qu'elle désirait entendre."
Passage amusant qui fait sourire, surtout que le cœur est un chasseur solitaire se situe durant l'entre deux guerres, la monté du nazisme. " Comme d'habitude une mélodie la hantait. Elle la fredonna. " Qu'est-ce que vous chantez ? - Une œuvre composée par un type appelé Mozart." Harry se sentait en bonne forme. Ses pieds esquissaient les pas d'un boxeur rapide. " On dirait un nom allemand. Je crois que c'en est un - Un fasciste ? - Quoi ? - Je demande si ce Mozart est un fasciste ou un nazi ?"
Un autre passage magnifique de Mick découvrant une symphonie de Beethoven " Cette musique était elle... son moi réel."L'autre personnage central de ce roman c'est John Singer, un sourd-muet, vit avec son ami Antonapoulos. Lorsque celui-ci est envoyé en asile, Singer loge alors chez les Kelly. " C'était l'Antonapoulos qui, maintenant, hantait ses pensées.C'était l'ami à qui il voulait raconter ce qui se passait. Car il s'était passé quelque chose pendant des années. Il avait été laissé en pays étranger. Seul, il avait ouvert les yeux et , autour de lui, il y avait beaucoup de choses qu'il ne pouvait pas comprendre. Il était perdu." Il y a un passage que j'aime énormément apprécié durant ma lecture. C'est celui de la complicité entre Singer et Mick : " La nuit, dans mon lit, elle imaginait qu'elle était orpheline et vivait avec M Singer - tous les deux seuls dans un pays étranger où il neigerait l'hiver. Peut-être dans une petite ville de la Suisse entourée de haut glaciers et de montagne. Avec de lourdes pierres sur le sommet de toutes les maisons et des toits pointus. Ou en France où les gens emportaient leur pain de la boulangerie sans l'avoir enveloppé. Ou en Norvège, au bord du vaste océan gris." Rêve d'un ailleurs meilleur et paisible
Différentes personnes pauvre, voir très pour la plus part : un docteur noir, un tenancier de bar , un communiste... se confient au sourd muet qui les apaise alors que lui même ne vit que pour son ami. Tous aspirent à fuir la solitude, la demande d'être aimé la solitude du cœur.

J'ai été touché par cet univers très foisonnant de ce roman. Où l'on sent la poussière et la misère. Il est très musical car j'ai été étonné de voir que la musique tenait une grande importance dans le livre. Denis de Rougemont dit dans sa préface dit à propos de ce roman de Carson McCullers : "Point d'intrigue, et pourtant une construction serrée, comme celle d'un motet à cinq voix qui se signalent et se posent une à une, se cherchent, se rencontrent, une seule fois, mais dans une dissonance douloureuse, puis s'éloignent et l'une après l'autre se brisent ou se perdent inexorablement." Mais, c'est aussi un roman très fouillé il y a une multitude de petits détails qui pourrait être évoqué ou analysé, tellement l'univers est subtil, pour bien comprendre ce roman sublime il faudrait voir ce qu'il y a de caché derrière chaque mot. L'ambiance du Sud des États-Unis est bien rendu, ambiance lourde qui colle à la peau. Carson McCullers évoque très bien la montée du communiste. C'est un roman sur la fin de l'enfance pour Mick, mais aussi c'est un tournant dans l'Histoire du Monde !
 Un livre très touchant qui a su me percer le cœur !

WIM WENDERS : ALICE DANS LES VILLES



Alice dans les villes - Wim Wenders © Les Acacias

Ce film date de 1974
Rüdiger Vogler ... Phil Winter
Yella Rottländer ... Alice
Lisa Kreuzer ... mère d'Alice

Un homme seul, errance est sur les routes, à la recherche de l'on ne sait quoi dans un premier temps. Il passe son temps à prendre des photos, elles sont la preuve de son existence. Le résultat de ces quatre semaines en Amérique doit se transformer en un reportage pour un éditeur. C'est une commande. Mais cela ne vient pas comme cela, il se sent paumé. À New-York, il décide de rentrer chez lui en Allemagne. C'est impossible, il y a une gréve, cela l'oblige à rester à New York. Une femme, une compatriote Lisa (elle ne parle pas très bien anglais) et sa fille Alice veulent rentrer aussi. La seule possibilité c'est de prendre un vol le lendemain pour Amsterdam qui les rapprocheraient de chez eux. Lisa disparaît, elle laisse l'homme avec sa fille Alice.
Arrivés à Amsterdam, ils décident de partir à la recherche des grands-parents d'Alice qui habitent à Wuppertal en Allemagne, d'après le souvenir d'Alice. La petite fille se sent complétement perdu, elle pleure toutes les larmes de son cœur. On la comprend cet homme n'est pas son père, sa mère a disparut on ne sait où. Donc cet homme est un parfait inconnu, pas facile non plus pour lui. Alors tous les deux doivent s'y prendre pour le mieux. Il lui raconte une histoire avant de s'en dormir pour la rassurer la mettre en confiance.


Puisqu'elle ne se rappelle plus le nom de sa grand-mère, ils doivent chercher la maison en arpentant la ville, avec une vieille photo pour seul guide. Pendant leur périple, ils font la rencontre d'une jeune femme chez qui ils passent une nuit. Découragé de leur vaines recherches, et parce qu'il n'en peut plus de la jeune fille à la personnalité assez affirmée, il la dépose dans un poste de police. Mais la jeune fille s'en échappe, elle le retrouve, elle accepte de continuer la recherche de la famille d'Alice.


Ce film je l'avais vu il y a quelques temps et je m'en souvenais plus trop. J'aime la fascination qu'à WimWenders pour la route. Le côté On the road again , et le clin d'œil à l'Amérique, Chuck Berry, la mort de John Ford. Ce film fait penser à un documentaire sur la ville. Wim Wenders a su à merveille filmé le visage d'Alice ses expression. La musique en fond, souligne une liberté qui souffle dans le film mêlée à une angoisse c'est comme cela que je perçois sa signification.Voilà, en ce qui concerne mes modestes impression concernant ce film sur l'enfance que j'ai revu avec un énorme plaisir Je vous invite ici pour une analyse plus fouillée concernant ce film.

HARPER LEE : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur



Traduit par Isabelle Stoïanov

" Tirez sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les touchez, mais souvenez-vous que c'est un péché de tuer un oiseau moqueur."

Dans une petite ville d'Alabama à Maycomb Atticus Finch élève seul deux enfants, Jem et Scout, âgé de dix et sept ans. Il est secondé par Calpurnia, une cuisinière dévouée noire. La narratrice est Scout, une petite fille malicieuse, plein de fraîcheur, elle sait décrire le monde qui l'entoure. Les habitants de son entourage sont des puritains et refermés sur eux mêmes avec leurs préjugés, période de la ségrégation raciale. La première partie est dédiée au monde de l'enfance. 
Ce roman se situe dans les années trente, durant la grande dépression, période difficile, la haine raciale. Atticus Finch, le père de Jem et Scout est avocat. Il défend les noirs et il est mal vu par les habitants conservateur. Les pages concernant l' éducation qu'Atticus transmet à ses enfants est intéressantes. Il est très respectueux envers ses enfants.
La deuxième partie, elle retrace le procès de Tom Robinson, un Noir accusé du viol d'une Blanche. Mr Ewel accuse Tom Robinson d'avoir violé sa fille. " Elle était blanche et elle avait fait des avance à un Noir. Acte innommable aux yeux de notre société : elle avait embrassé un Noir. Pas un vieil oncle Tom, mais un jeune homme vigoureux" 
L'histoire de l'enfance de Scout et vu et raconté à travers les yeux de la petite fille. C'est un roman dont l'histoire est raconté à hauteur d'enfant. 
Dans cet unique roman de Harper Lee, j'ai surtout et avant tout apprécié les références concernant l'histoire des États-Unis. Mais, je n'ai pas été très touché par ce roman, je l'ai trouvé trop manichéen , trop de bon sentiment. Un livre qui se lit bien oui mais je n'ai pas été très emballé.
Dans la postface Isabelle Hausser dit ceci : " On peut attribuer une partie du succès de ce roman aux États-Unis par sa parution au moment du combat pour les civil rights et contre la ségrégation. Lors de sa publication, cent ans après l'abolition de l'esclavage, les choses n'avaient guère changé entre les années trente que décrit Harper Lee, et les années soixante. "

¨¨¨¨¨
Durant l'été 2017 
J'ai repris la lecture de ce roman et mon avis a complètement changé. J'ai beaucoup aimé la lecture de ce roman. J'ai aimé sa fraîcheur qui se dégage surtout dans la première partie. La complicité entre les trois enfants Jem et Scout, frère et soeur et leur voisin Dill qui passe tous les étés chez sa tante Rachel. L'histoire de l'enfance de Scout et vu et raconté à travers les yeux de la petite fille. C'est un roman dont l'histoire est raconté à hauteur d'enfant. 

J'ai eu l'opportunité de voir l'adaptation de ce roman qui est aussi passionnant que le roman. Plusieurs passages ont retenus mon attention : 
- Ecole
- Pers de Boo Radley