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lundi 1 septembre 2014

PAUL LEAUTAUD : Le petit ami

Cet été j'ai écouté l'émission "Re-lecture" que Jean Lebrun a diffusé 5 entretiens de Paul Léautaud par Robert Mallet sur France Inter. 
"Souvenirs légers" est le titre de départ qui aurait plu à Paul Léautaud. Mais, ce titre ne plaisait pas à  Alfred Valette l'éditeur du Mercure.  " Je songe au petit garçon que je fus, voilà bien longtemps, et dont je suis aujourd'hui si peu différent." Ce petit livre est un récit plus ou moins autobiographique. Léautaud raconte son enfance. "Mon enfance s'est passée tout entière dans ce quartier de Paris qui va de la Butte Montmartre aux grands boulevards, et qui est bordé, d'un côté par la rue de Clichy et la Chaussée d'Antin, et, de l'autre, par la rue Rochechouart et le faubourg Montmartre. "

Il est élevé par son père qui gravite dans le monde du théâtre. Il est  abandonné par sa mère qu’il rencontrera une seule fois. Passage à la fois étrange et émouvant dans le récit de Paul Léautaud. Il a été abandonné par sa mère, peu de temps après sa naissance. Il ne sait rien de la figure maternelle, il est très perturbé par l'image de la femme. C'est l'une des raison pour laquelle il a des relations avec les prostituées qu'il rencontre rue des Martyrs ou bien dans le quartier. " Une mère ne change pas, me dit-elle ensuite en me regardant, debout devant elle, mes mains dans les siennes. On a beau n'avoir pas vu son enfant depuis longtemps, on l'aime toujours, on est toujours prête à l'aimer ... Et il faudra m'écrire tu sais, et me dire maman, et me tutoyer. Je te donnerai mon adresse, et je t'écrirai aussi. Pauvre Paul, va !"
 A l'âge adulte, il retrouve cette mère à l’occasion des funérailles d’une tante et commence à vivre une relation qu’il voudrait exclusive. Très vite la mère, qui a une autre vie, s’éloigne et abandonne à nouveau son fils.
J'ai trouvé ce récit très à la fois très étrange (sur tout concernant ses rapports oedipien avec sa mère) et très daté, le style me paraît vieillot aussi. Mon metteur en scène fétiche François Truffaut avait une grande admiration pour Paul Léautaud. Je le comprends car il y a une tendresse dans le cinéma de Truffaut qui se rapproche de l'univers de Paul Léautaud. Je pense à des films comme " Les quatre cent coups", "L'homme qui aimait les femmes". 



Maintenant, foutez-moi la paix ! de Philippe Delerm

" J'ai toujours aimé les êtres originaux, bizarres, chimériques, singulier. Ils sont pour moi le sel de la vie, autant qu'en sont l'horreur les gens qui ressemblent à tout le monde. J'aime leur fantaisie, leur folie. Je les suis quand je les rencontre dans la rue, je cherche à me renseigner sur eux, je voudrais les connaître et les fréquenter, je n'ai que dégoût pour ceux qui se retournent et rient sur leur passage."
Il appréciait évidement l'excentrique Max Jacob. Quand, il est question de sa mère Paul Léautaud est mal à l'aise, son rapport avec sa mère est comme une blessure. En 1902, il commencera une correspondance avec sa mère, mais sans réponse. Son rapport avec sa mère est une grande blessure pour Paul Léautaud. "Renversée, déconcertée, que je lui dise que je me moque de ce qui se passera après ma mort pour mes papiers, conservés ou non, publiés ou non ce qui est parfaitement vrai. Je n'ai pas de ces soucis posthumes. Je ne vois dans l'achat de mon Journal qu'un point intéressant : une certaine somme d'argent, qui me donnerai une certaine sécurité."

Philippe Delerm signe un très bel hommage à Paul Léautaud, par petites touches. Une belle entrée en matière pour faire connaissance avec cet auteur assez méconnu en quelque sorte. 

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