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JONATHAN COE : Testament à l'anglaise

Traduit par Jean Pavans

" Oh, c'est un film stupide. Il raconte l'histoire d'une riche famille qui se réunit dans une grand maison de campagne pour la lecture d'un testament, et dont tous les membres sont supprimés l'un après l'autre."

C'est une saga sur une famille qui occupe tous les postes-clés dans l'Angleterre de Mrs Thatcher.
 Thomas le banquier voyeur, Henry le politicien, Hillary et Roddy, le vernis culturel; Dorothy la femme d'affaire impitoyables, elle empoisonne  les hommes et les  animaux pour construire son empire agro-alimentaire...  Lles Winshaw sont impliqués partout où il est possible d'acquérir pouvoir et argent. Face à eux, des gens ordinaires : Michael l'écrivain, Phoebe l'artiste devenue infirmière, Fiona la charmante voisine de Michael , Graham  le cinéaste qui risque sa vie en tentant de dénoncer les menées des Winshaw, Findley Onynx le vieux détective ... 

"-Quoi, Mr Owen ! s'écria Tabitha en posant ses aiguilles et en applaudissant de joie. Je me demandais si vous pourriez venir. J'avais tellement envie de vous rencontrer. Bien sûr, j'ai lu votre livre ; notre éditeur me l'a envoyé, comme vous savez ; et je l'ai lu avec le plus grand intérêt, je dois dire."
Ce roman se déroule entre 1940 et 1990, il développe l'enquête menée par Michael Owen, sur cette famille Winshaw, une des premières fortunes d'Angleterre dont les membres n'ont en commun que la soif du pouvoir et de l'argent.


Un roman jouissif !!!! Un livre vertigineux, un grand roman un régal de lecture. J'aime beaucoup chez J.Coe la construction de ses romans qui sont la plus part très cinématographique.  






DAVID LODGE : Jeu de Société


Traduit par Maurice et Yvonne Couturier

Lu avec grand plaisir ce livre il y a quelques années déjà.
Voilà une envie, voir une très grande envie de me replonger dans l'univers de David Lodge.
Référence a un autre livre de David Lodge l'Art de la fiction (traduit par Michel et Nadia Fuchs) il dit à propos de Jeu de société concernant les noms 
"le nom de Vic Wilcox pour que sous l'apparente banalité bien anglaise du nom soit suggérée une masculinité assez agressive, voir vulgaire (par association d'idées avec victor, vill (la volonté) et cock (pine)) et mon chois s'est vite arrêté au patronyme de Penrose pour l'héroïne, nom qui contraste avec le précédent par ses connotations de littérature et de beauté (pen (plume) et rose). J'ai pourtant hésité un certain temps pour son prénom entre Rachel, Rebecca et Roberta, ce qui-je m'en souviens - m'a empêché un bon moment de mener à bien le deuxième chapitre, car je n'arrivais pas à me mettre dans la peau de ce personnage tant que je n'avais pas arrêté son nom. Finalement, j'ai fini par découvrir dans un dictionnaire de noms propres que Robin ou Robyn est parfois utilisé comme diminutif de Roberta. Ce prénom androgyne m'a semblé très approprié pour cette héroïne au féminisme sans réplique" Souvent tout au long du roman cette ambiguïté sur le prénom de Robyn jouera. Rapprochement avec HowardEnd, un personnage se nomme Henry Wilcox qui est aussi un homme d'affaire, il est épris d'une féministe intellectuelle qui ressemble comme deux gouttes d'eau à Robyn. C'est aussi l'opposition de deux mondes qui se côtoient.Robyn Penrose est jeune universitaire spécialiste des "romans industriels" victoriens ( Extraits cités de Shirley de Charlotte Brontë, Nord et Sud d'Elisabeth Gaskell et Les Temps difficiles de Dickens)" Maître de Conférences Associé en littérature anglaise à l'université de Rummidge, considère que le "personnage" est un mythe bourgeois, une illusion créée à seule fin de renforcer l'idéologie capitaliste. "Vic Wilcox, directeur général de Pringel and Sons, une entreprise de métallurgie anglaise en pleine restructuration. Il est très attaché aux privilège de sa classe. Robyn va être stagiaire auprès de Vic dans le cadre de "l'année de l'industrie". Elle va découvrir avec horreur le monde impitoyable de l'industrie qui est tout l'opposé du monde douillet et feutré de l'université. Vic Wilcox apprendra a découvrir Robyn avec beaucoup de plaisir, surtout que sa vie affective avec Majorie bat de l'aile. Puis par la suite au fil du temps, Vic se remet en cause ses préjugés et décide de découvrir la littérature anglaise : Jane Eyre, il se découvre une passion pour le poète Tennyson. Il devient le stagiaire de Robyn et c'est assez amusant.

Ce livre a tout a toutes les configurations d'un roman victorien détourné et privé de sa morale qui interroge une société obsédée par le culte des différences de classe, de culture, de milieu sociale.
Grâce à cette confrontation Robyn autant que Vic élargiront leurs visions de la vie cantonnées jusque là à leurs seuls univers. Cette confrontation brutale est très drôle, on passe un excellent moment de lecture très agréable ! David Lodge avec ce roman a su faire une excellente critique de la société anglaise sous l'ère de Margaret Thatcher.

E.M FORSTER : Howards End


(Le legs de Mrs Wilcox) traduit par : Charles Mauron

coeur_022C'est un roman qui nous présente deux familles, deux mondes réunies par cette propriété Howards End en ce début du XXième siècle. Les Schlegel sont une famille à la fois anglaise et allemande, aux idées d'avant garde "des jeunes femmes indépendantes". Les sœurs Meg et Helen sont célibataires et libres d'esprit, elles admirent les arts alors que les Wilcox pas du tout intéressée, ils sont que d'odieux parvenus . Elles ont rencontré les Wilcox en Allemagne "Nous avons, connu les Wilcox au cours d'une randonnée impossible de Heidelberg à Spire. Hélène et moi, nous étions persuadées qu'il existait à Spire une vielle et belle cathédrale."Hélène a fait un séjour à Howards End, elle est tombée sous le charme de Paul, le cadet des Wilcox. Drame ! et Meg avec doigté fera tout pour reprendre contact avec les Wilcox en particulier avec Mrs Wilcox. Pour cette dernière Howards End est une propriété qui lui tient à cœur. Son dernier souhait avant de décédés c'est d'en faire don à Meg. Ce leg sera mal vu par les enfants Wilcox : Charles et Evie. Ils iront jusqu'à faire disparaître le testament.
Londres, la ville urbaine tient un grand rôle dans ce roman, tout comme l'Angletterre de ce début du siècle tient une place importante Howard End est un roman un , monde qui bascule devient industriel . Les maisons sont remplacées par des immeubles, les fiacres par des voitures."De mois en mois les rues étaient plus empestées d'essence, plus difficiles à traverser, cependant que les hommes qui s'entendaient parler de moins en moins, respiraient moins d'air et voyaient moins de ciel. La Nature battait en retraite : les feuilles tombaient à la mi-été ; le soleil trouait un air sale et on l'admirait d'être obscur."
Leon Bast personnage mystérieux et énigmatique, tellement romantique qui va perdre son emploi à cause de l'odieux M Wilcox. Je comprends aisément les réactions emporté d'Hélène qui a une haine tout à fait justifiée envers son futur beaux frère . Hélène défend les pauvres gens comme Leon Bast et sa femme, elle ne supporte pas l'argent, le capitalisme des Wilcox. Henry Wilcox demandera la main à Meg. Celle ci y voit un avantage entre autre d'avoir un toit et une situation c'est à dire d'être une femme mariée.

Le thème principal les avantages sociaux que voit Henry Wilcox le titre de propriété. La relations entre membres de différentes classes sociales. Selon moi ce passage résume assez ce roman concernant le rôle des hommes et des femmes à cette époque. C'est Margaret s 'adresse à Henry " Vous avez eu une maîtresse - je vous ai pardonné . Ma sœur a un amant - vous la chassez de la maison. La voyez-vous, la relationn ? Stupide, hypocrite, cruel - Oh! méprisable ! - L'homme qui insulte sa femme vivante et fait le Tartuffe avec sa insulte sa femme et la rejette pour qu'elle aille détruire celle d'autres hommes. L'homme qui donne de mauvais conseils financiers et se déclare, ensuite, irresponsable . Tous ces hommes - ces vous. "
Howards End est un merveilleux roman très bristch et aristocratique, un grand classique de la littérature anglo-saxone. Une petite merveille ce roman très riche sur son époque, sur les classes sociales, sur l'angleterre son folklore etc... J'aime beaucoup ce leitmotiv qui revient plusieurs fois " Des dents de porc sont fichées dans le tronc".