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ALYSIA ABBOTT : FAIRYLAND

Traduction Nicolas Richard

J'ai adoré ce récit de cette enfant, adolescente puis adulte qui est Alysia ! L'ambiance est très cinématographique. C'est un livre terriblement attachant et émouvant, une poignante.
"Il n’était pas facile d’être un père célibataire homosexuel dans les années 1970 […], parce qu’il ne s’était pas senti libre d’être véritablement lui-même durant son enfance et son adolescence à Lincoln, dans notre Fairyland, notre féerie, il m’a élevée au moyen de frontières mouvantes. entre un père et sa fille. "
Le père d'Alysia était un poète homosexuel, sa femme est décédée quand sa fille avait deux ans. En 1974, il déménage à San Francisco où il élève seul sa fille dans le quartier de Haight-Asbury, le centre névralgique de la culture hippie. Là où les représentants officiels de la Beat Generation – William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Neal Cassidy . San Francisco, c’est la ville à l’esprit indépendant et rebelle.  Dans son récit Alysia évoque l’assassinat d’Harvey Milk en 1978.  Abbott découvre une ville en pleine effervescence dans laquelle la communauté gay se bat pour ses droits, il rejoint la scène littéraire de l’époque et fréquente cette génération de jeunes gens bien décidés à tout vivre, tout expérimenter. Commence pour le duo père-fille une vie de bohème, ponctuée de déménagements, de fêtes et de lectures de poésie à l’arrière des librairies. 
Il est question de  l’apparition du SIDA. Le désarroi face à la maladie dont ne sait presque rien à l’époque. En parallèle au portrait qu'Alysia fait de son père, elle évoque son enfance, son adolescence et ses crises et sa vie de jeune femme et ses choix de vie. 
Elle, découvre la musique New Wave, trouve de nombreuses amies, part étudier à New York puis à Paris.
J'ai adoré de me plongé dans ce livre car je me suis retrouvée en ce qui concerne l'époque les années 80/90. C'est un récit dense et passionnant .

ANNE WIAZEMSKY : un an après



Anne Wiazemsky est décédée il y a peu au mois d'octobre 2017. Sa mort m'a beaucoup touchée j' ai voulu lire un livre d'elle. J'ai pris celui là qui est en quelque sorte la suite d'Une année studieuse. En janvier 1968. Fraîchement marié, le couple Godard-Wiazemsky emménage au 17 de la rue Saint-Jacques, en plein Quartier Latin. En février, les cinéastes français – Truffaut et Rivette en tête – se mobilisent pour la défense d'Henri Langlois, viré de la direction de la Cinémathèque. 

Claude Chabrol - Jean Luc Godard

L'année commence  Godard a 37 ans. Anne Wiazem­ski, 20, et quelques rôles prestigieux déjà derrière elle, chez Bresson (Au hasard Balthazar) ou chez son mari (La Chinoise). C'est à travers le regard de cette presque jeune fille, très éprise de son cinéaste, qu'on va suivre les événements du joli mois de mai. 


A Canne : Lelouch - JL Godard- F Truffaut - Louis Malle- Roman Polanski

De la fermeture de l'université de Nanterre, le 3, à l'interruption du festival de Cannes, le 19, via l'occupation de l'Odéon, le 15. En même temps qu'elle tourne La Bande à Bonnot avec Jacques Brel et Annie Girardot, Anne Wiazemsky court les manifs, juste en bas de chez elle, en patins à roulettes. Elle s'y intéresse avec une candeur bourgeoise, vite dégoûtée par les excès et les dérapages, tandis que le réalisateur devient  rebelle maoïste en rupture avec tous les systèmes, celui du cinéma traditionnel compris. 

Entre un tournage avec les Rolling Stones à Londres et un film télé avec un syndicat de mineurs au Canada, Godard rêve d'un cinéma révolutionnaire et engagé où s'effacerait l'individualité du créateur. Lente descente aux abîmes... Anne se libère quand Jean-Luc Godard se perd... J'ai été assez déçu par ce roman ci d'Anne Wiazemsky dont j'aime assez son univers. L'intérêt selon moi de ce roman est réside dans l'époque celle de Mai 68, Histoire qui joue un rôle dans la propre histoire d'Anne et de Jean Luc. 



COLETTE : Chéri

" Chéri connut donc toues joies d'une enfance dévergondée. Il recueillit , zézayant encore, les bas racontars de l'office. il partagea , les soupers clandestins de la cuisine. Il eut les bains de lait d'iris dans la baignoire de sa mère, et les débarbouillages hâtifs avec le coin d'une serviette."
Le personnage de Léa de Lonval fut inspiré par les grandes demi-mondaines de l’avant-guerre comme la belle Otéro ou Liane de Pougy. 
Elle est âgée d'environ cinquante ans, encore belle et élégante. Elle devient l la maîtresse du fils d'une de ses compagnes, l'adorable Frédéric Peloux, appelé Fred ou Chéri. Il est plus jeune qu'elle,  il a grandi dans une ambiance de luxe et de volupté.
Léa est certaine que Chéri est son dernier amour. Ils se sont aimés pendant six ans :" Une liaison de six ans, c'est comme de suivre un mari aux colonies: quand on en revient, personne ne vous reconnaît et on ne sait plus porter la toilette."
Au courant de cette liaison, Mme Peloux arrange pour son fils un mariage d'intérêt avec une jeune fille bonne et charmante, Edmée. Léa, est de plus en plus mélancolique, en l'absence de Chéri. Elle retrouve ses amitiés d'autrefois c' est pour elle  pénible. De son côté, Chéri garde enfoui en lui le souvenir de Léa. De retour à Paris, il finit par l'attendre, par la chercher, et les deux amants se retrouvent ardents et pleins d’une nouvelle curiosité. Colette nous dresse  le portrait d'une femme vieillissante, sur le temps qui passe. Le style est vif et rapide, le ton est moderne ainsi que le sujet (une femme qui se prend de passion pour un homme beaucoup plus jeune qu'elle). La nature est très présente comme souvent dans l'œuvre de Colette. Lea fait penser à une fleur qui se fane. Le point de vue de Chérie, il faut le percevoir entre les lignes, il n'a jamais reçu véritablement d'amour maternelle. Il ne s'est pas comme s'y prendre avec Edmée, qu'elle conduite avoir. La rapidité du ton sans la moindre psychologie rend le roman léger avec un accent de gravité. 

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“Chéri” fut un livre prémonitoire parce que Henry de Jouvenel avait eu de son mariage avec Claire Boas un fils, Bertrand, né en 1903, qu’en 1920, il envoya pour ses vacances à Rozven. Dans cette atmosphère ensoleillée de liberté, Colette et lui firent de l’escrime, de la boxe (où elle le blessa), se baignèrent, se câlinèrent dans l’herbe ; elle lui apprit à conduire une voiture. Lui, qui l’aimait depuis longtemps, aurait voulu qu’elle l’adopte : «Je serai ton fils unique.»

NANCY MITFORD : Une anglaise à Paris

Traduit par JeanNoël  Liaut

« Je sais désormais que je ne pourrais plus supporter de vivre ailleurs qu’à Paris »
Nancy habita la capitale française de 1948 à 1966 puis Versailles jusqu’à sa mort. 
Elle publia régulièrement dans divers journaux anglais des chroniques sur la vie parisienne et les Français.  Beaucoup des thèmes sont très diversifiés cela va de  la cuisine des prix littéraires , les embouteillages parisien. Le dernier chapitre est  un journal de mai 1968. 

Un ouvrage très amusant et enlevé et plein de piquant !
" Je n'ai jamais vu la capitale aussi joyeuse qu'au cours du mois de juin qui vient de s'écouler."

PAUL LEAUTAUD : Le petit ami

Cet été j'ai écouté l'émission "Re-lecture" que Jean Lebrun a diffusé 5 entretiens de Paul Léautaud par Robert Mallet sur France Inter. 
"Souvenirs légers" est le titre de départ qui aurait plu à Paul Léautaud. Mais, ce titre ne plaisait pas à  Alfred Valette l'éditeur du Mercure.  " Je songe au petit garçon que je fus, voilà bien longtemps, et dont je suis aujourd'hui si peu différent." Ce petit livre est un récit plus ou moins autobiographique. Léautaud raconte son enfance. "Mon enfance s'est passée tout entière dans ce quartier de Paris qui va de la Butte Montmartre aux grands boulevards, et qui est bordé, d'un côté par la rue de Clichy et la Chaussée d'Antin, et, de l'autre, par la rue Rochechouart et le faubourg Montmartre. "

Il est élevé par son père qui gravite dans le monde du théâtre. Il est  abandonné par sa mère qu’il rencontrera une seule fois. Passage à la fois étrange et émouvant dans le récit de Paul Léautaud. Il a été abandonné par sa mère, peu de temps après sa naissance. Il ne sait rien de la figure maternelle, il est très perturbé par l'image de la femme. C'est l'une des raison pour laquelle il a des relations avec les prostituées qu'il rencontre rue des Martyrs ou bien dans le quartier. " Une mère ne change pas, me dit-elle ensuite en me regardant, debout devant elle, mes mains dans les siennes. On a beau n'avoir pas vu son enfant depuis longtemps, on l'aime toujours, on est toujours prête à l'aimer ... Et il faudra m'écrire tu sais, et me dire maman, et me tutoyer. Je te donnerai mon adresse, et je t'écrirai aussi. Pauvre Paul, va !"
 A l'âge adulte, il retrouve cette mère à l’occasion des funérailles d’une tante et commence à vivre une relation qu’il voudrait exclusive. Très vite la mère, qui a une autre vie, s’éloigne et abandonne à nouveau son fils.
J'ai trouvé ce récit très à la fois très étrange (sur tout concernant ses rapports oedipien avec sa mère) et très daté, le style me paraît vieillot aussi. Mon metteur en scène fétiche François Truffaut avait une grande admiration pour Paul Léautaud. Je le comprends car il y a une tendresse dans le cinéma de Truffaut qui se rapproche de l'univers de Paul Léautaud. Je pense à des films comme " Les quatre cent coups", "L'homme qui aimait les femmes". 



Maintenant, foutez-moi la paix ! de Philippe Delerm

" J'ai toujours aimé les êtres originaux, bizarres, chimériques, singulier. Ils sont pour moi le sel de la vie, autant qu'en sont l'horreur les gens qui ressemblent à tout le monde. J'aime leur fantaisie, leur folie. Je les suis quand je les rencontre dans la rue, je cherche à me renseigner sur eux, je voudrais les connaître et les fréquenter, je n'ai que dégoût pour ceux qui se retournent et rient sur leur passage."
Il appréciait évidement l'excentrique Max Jacob. Quand, il est question de sa mère Paul Léautaud est mal à l'aise, son rapport avec sa mère est comme une blessure. En 1902, il commencera une correspondance avec sa mère, mais sans réponse. Son rapport avec sa mère est une grande blessure pour Paul Léautaud. "Renversée, déconcertée, que je lui dise que je me moque de ce qui se passera après ma mort pour mes papiers, conservés ou non, publiés ou non ce qui est parfaitement vrai. Je n'ai pas de ces soucis posthumes. Je ne vois dans l'achat de mon Journal qu'un point intéressant : une certaine somme d'argent, qui me donnerai une certaine sécurité."

Philippe Delerm signe un très bel hommage à Paul Léautaud, par petites touches. Une belle entrée en matière pour faire connaissance avec cet auteur assez méconnu en quelque sorte. 

JEAN DE LA VILLE DE MIRMONT : Les dimanches de Jean Dézert

J'ai découvert cet écrivain, grâce au roman de Jérôme Garçin.
Mais, c'est plutôt Arian Chareton qui me la fait découvert avec son petit ouvrage " Le petit éloge sur l'héroïsme".

C'est l'unique roman de Jean de la Ville de Mirmont. Il est   en partie autobiographique, inspiré de sa vie monotone d'un  fonctionnaire parisien. Il vit dans une chambre rue du Bac (où lui-même a vécu) . Il mène une vie ordinaire, assez monotone, sauf le dimanche. " La fantaisie, ça va bien en dehors des heures de bureau et principalement le dimanche. Le dimanche, c'est tout le vie de Jean Dézert. Il apprécie ce jour que si peu de personnes comprennent. Il ne se fatigue point de parcourir et d'errer le long des grands boulevards."
Puis il fait connaissance d'une charmante jeune fille Elvire Barrochet. " Cétait presque une petite fille, qui chantait à soi-même n'importe quoi, en souriant des yeux et en baissant un peu la tête" C'est une belle rencontre Elvire est charmante et exquise. Elle est ravie, joyeuse malgré son jeune âge, d'envisager de se marier, mais ...
Mais aussi, je ne serai dire pourquoi mais à partir de sa rencontre à l'Elvire. La chanson de Reggiani "Les Loups" m'a trotté dans la tête  surtout avec la phrase"J´aimais ton rire, charmante Elvire".  Jean aime la chansonnette, la légèreté d'une chanson. Un climat noir se dessine, la mort rode. 

L’écriture de Jean de la Ville de Mirmont, tout en retenue et en sobriété sied bien à la description de la vie de Jean Dézert. Il se dégage une certaine mélancolie, c'est un roman désuet très touchant, il est intemporelle, il parle de chose simple du quotidien, de la vie, de nos vie !



 Ce court roman paraît en 1914, quelques mois avant le début de la Première Guerre mondiale,  il est préfacé par François Mauriac.
Jean de la Ville de Mirmont est né à Bordeaux en 1886 d'une famille protestante de la vieille aristocratie landaise, l'enfant, de constitution délicate, est souvent malade, morose.  






ANNIE ERNAUX : Passion simple & Journal du dehors


Passion Simple

" À partir du mois de septembre l'année dernière, je n'ai plus rien fait d'autre qu'attendre un homme : qu'il me téléphone et qu'il vienne chez moi."
Avec ce récit Annie Ernaux évoque la passion d’une femme pour un homme. Elle la décrit comme étant obsessionnelle, elle est fiévreuse. Elle analyse cette passion par le biais de l'écriture. " Souvent, j'avais l'impression de vivre cette passion comme j'aurais écrit un livre : la même nécessité de réussir chaque scène, le même souci de tous les détails."J'ai trouvé l'écriture d'Annie Ernaux très séduisante, juste. Quand, l'on lit les première pages l'on peut prendre peur, car elle évoque la pornographie, l'écriture est crue, tout le paradoxe c'est que plus l'on avance dans le texte l'écriture est comme pudique c'est mon ressenti. Ce court roman se lit d'une traite, l'écriture est musicale. La musique de ce roman m'a fait penser à Proust dans" Un amour de Swan" surtout quand elle évoque l'attente de l'être aimé. Annie Ernaux évoque ce film admirable dans Passion simple " J'imaginais alors qu'il voyait La femme d'à côté en nous substituant aux personnages."

La femme d'à côté de François Truffaut avec Fanny Ardant et de Gérard Depardieu
Ce film magnifique je l'ai vu et revu. J'adore sa construction semblable à un film policier. La musique de George Delarue est toujours séduisante, envoûtante.
Elle sait à merveille emporté le spectateur dans cet amour fou. François Truffaut arrive magnifiquement à filmé cette grande passion entre Bernard et Mathilde.
Le spectateur en voyant le film se pose des questions.
Est ce qu'ils se connaissaient déjà ? Oui, nous l'apprenons un peu plus tard dans la chambre 18. Ils se sont dans le passé aimés passionnellement puis la séparation fut violente. Est ce le hasard qui les réunit à nouveau ? Le spectateur l'apprend au fur et à mesure que le film se déroule sous nos yeux, il les observe via leur quotidien. La séquence du téléphone entre Mathilde et Bernard montre bien l'attente le besoin passionnel d'entendre la voix rassurante de la personne aimée.


Journal du dehors

Elle décrit le réel et son écriture est porteuse de la vie des autres, de la trace d'une époque, la photographie du réel. "Je m'aperçois que je cherche toujours les signes de la littérature dans la réalité." Là tout comme dans Passion simple elle parle de l'intime pour parler de l'universel. "De 1985 à 1992, j’ai transcrit des scènes, des paroles, saisies dans le RER, les hypermarchés, le centre commercial de la Ville nouvelle, ou je vis. Il me semble que je voulais ainsi retenir quelque chose de l’époque ou des gens qu’on croise juste une fois, dont l’existence nous traverse en déclenchant du trouble, de la colère ou de la douleur."
Elle s'est trouvé les mots justes pour décrire l'ambiance agressive dans les transports parisiens qui est parfois limite supportable. Son écriture décrit le mouvement du quotidien, mouvement ininterrompu de la société. " Je m'aperçois qu'il y a deux démarches possibles face aux faits réels. Ou bien les relater avec précision, dans leur brutalité, leur caractère instantané, hors de tout récit, les mettre de côté pour les faire (éventuellement) "servir" entrer dans un ensemble (roman par exemple. Les fragments, comme ceux que j'écris ici, me laissent insatisfaite, j'ai besoin d'être engagée dans un travail long et construit (non soumis au hasard des jours et des rencontres)".

Annie Ernaux est l'anti Christique Angot son écriture est particulière, une écriture blanche, plate parait il, mais non loin dénuée d'intérêt. Vient de sortir, il y a quelques mois en Quarto "Écrire la vie" voilà qui la résume bien. La vie, elle l'explore en parlant d'elle et autour d'elle.

SANTIAGO GAMBOA : Le syndrome d'Ulysse


Traduction de Claude Bleton Amérique Latine : Colombie

Lors de la rencontre avec Antonio Ungar à la Maison de l'Amérique Latine Santiago Gamboa était là pour parler de son compatriote. Puis, il a été invité au Festival de l'étonnant voyageur de cette année il a parlé de son livre lors d'une rencontre intitulée terres promises pour que vous pouvez voir ici. Esteban un colombien étudiant vit à Paris pour ses études de littérature. Paris est un rêve pour lui, puis la France est un pays d'écrivains, d'ailleurs il veut devenir écrivain. Pour vivre Esteban fait des petits boulots comme la plonge dans un restaurant coréen "Les Goéland de Pyongyang" et donne des cours d'espagnol aussi. Mais cela reste maigre pour survivre dans ce Paris où la vie est très cher.
Il connait des moments de tristesse mais de joie aussi c'est la vie. Ce Paris d’exil où la survie est primordiale.
Durant son séjour il fait des rencontres, la connaissance d'autres émigrés coréens, des pays de l'est, des sénégalais, roumains, marocains, latino-américains . L'entraide, la solidarité, l'amitié sont des notions très importantes dans cette grande ville qui est Paris. Esteban est un personnage attachant , il essaye de survivre, grâce à "La communauté colombienne de Paris fonctionne comme un ghetto où tout se sait, et quand je dis communauté je pense aux exilés économiques ou politiques, à ceux qui sont arrivés avec deux cartons et une valise en toile, en passant la frontière espagnole dans le coffre d'une voiture ou dans le chargement d'un camion grelottant de froid, une liasse de billets dans le slip."Cette communauté est très soudée (les réunions à Gentilly) c'est grâce à elle qu'il a pu trouvé "une chambrita". La recherche de Nestor où est -il ? Pourquoi Gaston et Esteban sont sans nouvelles de lui depuis des mois, l'inquiétude. Ce passage je l'ai lu et ressenti comme un roman policier, puisqu'ils essayent d'avoir des indices de vie et en savoir un peu plus sur Nestor qui était-il réellement ?.
"Il était toujours au fond, silencieux observant et écoutant dans une solitude qui avait l'air de venir de loin, fuyant les regards, les yeux fixant la point de ses chaussures ou explorant les fentes du plafond, son allure et sa fragilité reflétaient une timidité déconcertante, le genre de timidité capable de décourager ceux qui l'entouraient de lui adresser la parole, tel était Nestor Suarez et voilà sans doute pourquoi personne ne l'approchait ou ne lui parlait."
Esteban fera tout pour le rechercher. J'ai beaucoup aimé cette femme
Paula colombienne, une femme bourgeoise qui est le soutient d'Esteban, sa fée protectrice.
" J'avais envie d'être avec Paula, et par-dessus le marché il pleuvait. Je l'ai serrée dans mes bras et j'ai vu qu'elle était en pyjama étonné je lui ai demandé mais tu ne sors avec personne ce soir ? Non, elle me dit, ça fait pllus d'une semaine que je ne baise pas. Et elle a ajouté : - Ma princesse folle est tranquille, apaisée..."
À travers ce livre nous faisons connaissance des émigrés (souvent sans papiers) dans une jungle urbaine où l'exploitation est présente.
C'est un livre sensuel, jouissif , où la sexualité est présente, l'alcool est très présent pour oublier la misère . Ce livre est jouissif, avec une note d'humour. Santiago Gamboa nous décrit une réalité dure, actuelle mais il y a beaucoup d'espoir au bout en tout cas pour Esteban.

Un très bon roman fort intéressant, drôle, passionnant et terriblement attachant ! Donne très envie de découvrir la littérature latino-américaine et les autres livres de Santiago Gamboa. Ce livre parle de l'immigration aujourd'hui, un livre d'actualité.