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samedi 22 août 2015

COLETTE : Chéri

" Chéri connut donc toues joies d'une enfance dévergondée. Il recueillit , zézayant encore, les bas racontars de l'office. il partagea , les soupers clandestins de la cuisine. Il eut les bains de lait d'iris dans la baignoire de sa mère, et les débarbouillages hâtifs avec le coin d'une serviette."
Le personnage de Léa de Lonval fut inspiré par les grandes demi-mondaines de l’avant-guerre comme la belle Otéro ou Liane de Pougy. 
Elle est âgée d'environ cinquante ans, encore belle et élégante. Elle devient l la maîtresse du fils d'une de ses compagnes, l'adorable Frédéric Peloux, appelé Fred ou Chéri. Il est plus jeune qu'elle,  il a grandi dans une ambiance de luxe et de volupté.
Léa est certaine que Chéri est son dernier amour. Ils se sont aimés pendant six ans :" Une liaison de six ans, c'est comme de suivre un mari aux colonies: quand on en revient, personne ne vous reconnaît et on ne sait plus porter la toilette."
Au courant de cette liaison, Mme Peloux arrange pour son fils un mariage d'intérêt avec une jeune fille bonne et charmante, Edmée. Léa, est de plus en plus mélancolique, en l'absence de Chéri. Elle retrouve ses amitiés d'autrefois c' est pour elle  pénible. De son côté, Chéri garde enfoui en lui le souvenir de Léa. De retour à Paris, il finit par l'attendre, par la chercher, et les deux amants se retrouvent ardents et pleins d’une nouvelle curiosité. Colette nous dresse  le portrait d'une femme vieillissante, sur le temps qui passe. Le style est vif et rapide, le ton est moderne ainsi que le sujet (une femme qui se prend de passion pour un homme beaucoup plus jeune qu'elle). La nature est très présente comme souvent dans l'œuvre de Colette. Lea fait penser à une fleur qui se fane. Le point de vue de Chérie, il faut le percevoir entre les lignes, il n'a jamais reçu véritablement d'amour maternelle. Il ne s'est pas comme s'y prendre avec Edmée, qu'elle conduite avoir. La rapidité du ton sans la moindre psychologie rend le roman léger avec un accent de gravité. 

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“Chéri” fut un livre prémonitoire parce que Henry de Jouvenel avait eu de son mariage avec Claire Boas un fils, Bertrand, né en 1903, qu’en 1920, il envoya pour ses vacances à Rozven. Dans cette atmosphère ensoleillée de liberté, Colette et lui firent de l’escrime, de la boxe (où elle le blessa), se baignèrent, se câlinèrent dans l’herbe ; elle lui apprit à conduire une voiture. Lui, qui l’aimait depuis longtemps, aurait voulu qu’elle l’adopte : «Je serai ton fils unique.»

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