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TANIA DE MONTAIGNE : NOIRE

La vie méconnue de Claudette Colvin

" Être noir, contrairement à ce que l'on imagine, ça n'est pas une question de peau, c'est une question de regard, de ressenti."
Noire est l'histoire de cette héroïne de quinze ans, toujours vivante, et presque méconnue. Noire est le portrait d'une ville légendaire, où se croisent Martin Luther King, pasteur de vingt-six ans et Rosa Parks, couturière de quarante ans, pas encore Mère du mouvement des droits civiques. Noire est le récit d'un combat qui dure encore contre la violence raciste et l'arbitraire."Claudette Colvin a été éjectée du mouvement des droits civiques parce qu'elle était enceinte d'un homme marié et blanc. "
Seulement, le 2 mars 1955, dans le bus de 14h30, Claudette Colvin refuse de céder son siège à un passager blanc. Malgré les menaces, elle reste assise. Jetée en prison, elle décide de plaider non coupable et d'attaquer la ville. Avant elle, personne n'avait osé et ce jour marque le début d'un itinéraire qui mènera Claudette Colvin de la lutte à l’oubli.

"Jim Crow n'est pas un homme, c'est une invention, le héros d'une chanson du début du XIX°siècle, une chanson d'avant la radio, d'avant le cinéma quand on allait au théâtre pour se divertir, quand  les spectacles ambulants traversaient les villes. "Jump Jim Crow", une chanson écrite et popularisée par Thomas Darmouth Rice, comédien blanc qui eut l'idée lumineuse de faire d'un noir du Sud le personnage central de son spectacle." 

"Daddy Jim Crow est un noir qui saute, chante et danse car il est joyeux, comme tous les noirs, non ? Il faut aussi savoir manier l'humour, avoir des talents d'imitation, car Jim Crow est un noir à l'accent traînant, paresseux et stupide, comme tous les noirs, non ?"



"Joan Ann Gibson Robinson  femme invisible dont la photographie la plus célèbre est prise dans le commissariat de Montgonery, une photo où elle porte le matricule 7042. Elle le tient d'une seule main, du bout des doigts, le visage légèrement tourné sur le côté, comme si tout ça n'avait pas grande chose à voir avec elle. Peau claire, cheveux au carré, sourire à la Mona Lisa, elle est élégante et, il n'y aurait cette mise en scène policière, tout prêterait à croire que Jo Ann Gibson Robinson est simplement de passage avant de partir jouer au bridge." 


ALBERTO MANGUEL : KIPLING une brève biographie


Traduit par Christine Le Boeuf

"Pour Kipling, les enfants étaient des héros qui parfois -mais pas toujours -devenaient des adultes acceptables, et c'était dans l'enfance que l'on pouvait trouver les plus grandes qualités - et parfois les pires défauts - d'un individus."


Alberto Manguel dresse plutôt un portrait de Ruyard Kipling. Il est né à Bombay en 1865, au moment où le terme Empire britannique est à son apogée. Son père, John Lockwoo était conservateur de musée. Sa mère de Kipling, Alice MacDonald est la fille de Georges MacDonald, une de ses soeur est mariée à Edward Burne-Jones. "Au printemps 1871, quand Rudyard avait six ans et Trixie trois, la famille s'embarqua à Bombay pour l'Angleterre et, quelques mois plus tard, le frère et la soeurse retrouvèrent aux mains de deux parfaits inconnus. " 
Et pendant cinq ans ils ne furent pas leurs parents.
Quelle cruauté ! Le jeune Ruyard est expédié à six ans avec sa soeur qui en a trois vers l’Angleterre. Ils sont confié à de parfaits inconnus, période traumatisante pour le petit Ruyard. Pour s'évader il inventa des histoire c'est comme cela qu'il commencera à devenir écrivain à évoquer l’enfant abandonné que l'on retrouve dans Kim et Mowgli. " Au moment de Noël, Kipling et Trixie étaient invités chez leur tante et leur oncle Burne-Jones et leurs jeunes cousins dans une belle maison de Londres appelée la Grange." Quand il revient en Inde il devient journaliste.
Henry James est un grand admirateur et très proche de Kipling. "Kipling, écrivit le romancier Henry James, me frappe personnellement par son génie, le plus complet (à distinguer d'une belle intelligence) que je n'ai jamais rencontré."
Il se marie avec une américaine fille d'un agent littéraire Caroline dite Carrie Balestier . Elle est la mère de ses trois enfants Joséphine, Elsie et John. Il va voyager avec elle aux Etats-Unis, dans le Vermont, Japon. Il était très proche de Stevenson Il perdu sa fille aîné et sa préférée Joséphine. 
Carrie et ses trois enfants

Il vécut en Afrique du Sud au début de la guerre des Boers. A la fin de sa vie il pause ses bagages dans le Sussex. Il reçu le Nobel en 1907 à l'âge de quarante deux ans. En 1914 Kipling persuada son fils John de s’engager dans l’armée. Il sera décédé à la bataille de Loos sur le territoire français. Il était défenseur de l'impérialisme, il était anti-allemand. Les allemands avaient tué son fils, ils les détestaient. Il devient un écrivain et un poète reconnu et admiré. Mort en 1936 à Londres.

Cet ouvrage d'Alberto Manguel est très agréable à lire avec de nombreuses anecdotes savoureuses. Ruyard Kipling est un écrivain assez méconnu dans l'ensemble. L'on ne connait pratiquement de lui que "Histoire comme ça" et le "Livre de la Jungle". Cet ouvrage d'Albert Manguel est un régal.

DOMINIQUE BONA : Colette et les siennes


J'aime beaucoup la plume biographique-romanesque de Dominique Bona. Et j'ai une immense affection pour Colette et tout son univers.

"Colette les a fait venir chez elle toutes les trois, Musi, Annie et Marguerite. Ses amies, ses presque soeurs. Elles habitent à deux pas de chez elle, toutes dans le XVIième arrondissement, mais elle ont préféré se regrouper."
En août 1914, hommes  sont partis à la guerre. Les femmes s’organisent et elles font face à la vie. Dans une jolie maison, proche du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. 
 Annie de Pène, la chroniqueuse, Marguerite Moreno, la comédienne, Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma, la plus jeune du groupe… Pour Colette l'amitié et l'amour ne font qu'un. 


Ces quatre femmes libres s’inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n’oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Colette est mariée à Henry  de Jouvenel le père de sa fille Colette de Jouvenel. Sa fille est en Coréze à la déclaration de la guerre. 
" Sur une photographie qui fera dans quelques mois la couverture du magazine Les hommes du jour, elle souris de ses lèvres minces ultra féminine sous sa toison d'astakan."

Annie de Pène  a appris son métier sur le tas. 
Elle a  partagé la vie de Gustave Téry, célèbre directeur de L'Œuvre. célèbre directeur de L'Œuvre. Ils ont eu chacun de leur côté des enfants mais pas ensemble. 
Germaine Beaumont
Annie s'est mariée très jeune à l'âge de seize ans . Elle a eu une fille et un fils de Charles-Auguste Battendier qui s'est occupé de l'éducation des enfants. Sa fille est la future romancière Germaine de Beaumont. Elle disparait à l'âge de quarante sept ans, le 14 octobre 1918. 


Lévy - Dhumer
Marguerite Moreno






"Avec des yeux de jais, ardents et profonds, un grand nez droit qui attire l'attention des cheveux noirs et lisses, coiffés en bandeaux plats, elle a le profil d'une Egyptienne  : Marguerite Morano"
Le premier était un poète Catulle Mendès. De sa liaison avec ce poète, elle a été mère d'un petit garçon qui n'a pas survécut, il est mort d'une méningite.
Le deuxième un écrivain Marcel Schwob. Il a été son grand amour. Elle l'a épousé en septembre 1900.
Le troisième un comédien Jean Darragon. Ils se sont mariés en 1908.

Musidora


"Visage à l'ovale de madone orientale . Yeux noirs en amande, allongés jusqu'aux tempes, que personne n'a jamais vus démaquillés du khôl dont elle surcharge ses paupières. "
Son vrai nom est Jeanne Roques , mais tout le monde l'appelle Musidora : le corps souple et félin. Elle était avec Colette ne Bretagne à Saint Malo au moment de la déclaration de guerre. Le grand succès et sa célébrité, Musidora la doit à son rôle de vampire dessinés par Paul Poiret.  Elle a tourné dans de nombreux films pour la Gaumont sous la direction de Louis Feuillade.
"Dans le film elle se nomme Irma Vep - anagramme de Vampire. Mais très vite elle devient "la" Vampire. Puis comme c'est trop long à dire  : la "vamp". Son nom est trouvé. "Ur Durant la première guerre toutes les productions sont suspendus. Musi et Colette ont été ensemble à l'affiche du Ba-Ta-Clan au printemps 1912. Pierre Louÿs est lié à Musidora " En matière de voluptés, Louÿs est un amateur de sensations sophistiquées : l'attente fait partie du plaisir amoureux."

Dans cette biographie, Dominique Bona nous décrit le temps qui passe ses ravages sans nostalgie.
Cette biographie est un pur délice chatoyant qui s'adresse aux amoureux de Colette et pour tous ceux qui veulent la découvrir. Dominique Bona a signé un magnifique portraits de quatre femmes qui ont compté dans la vie de  Colette.



MARY BETH KEANE : La cuisinière

Traduction Françoise Pertat

C'est grâce à Lou que j'ai découvert ce roman, c'est son billet qui m'a vraiment donné envie de découvrir le destin de cette femme.
" Ils pensaient qu'elle était contaminée et que la typhoïde se transmettait de ses mains à la nourriture qu'elle servait. Le fait qu'elle n'ait jamais été malade un seul jour de sa vie était sans intérêt."
Mary Mallon, une jeune immigrée irlandaise courageuse et arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle. Elle cuisine  dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent.
 Pourtant et c'est très étrange, Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Mais, Mary doit se soumettre à des examens médicaux et la voilà mise en quarantaine à l'hôpital de North Brother Island aux côtés de patient tuberculeux. Elle se sent en pleine forme. 
Des médecins finissent par s'intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu'on l'observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. " Même en dehors de la blanchisserie, elle sentait que les gens se reculaient devant elle ces derniers temps, on lui cédait le passage d'une façon particulière." Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse décident de l'envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan.  Mary Mallon est une  femme indépendante,  courageuse, elle se bat pour  sa liberté...

Ce roman retrace le destin incroyable  de Mary Mallon. " La cuisinière" est un roman passionnant à découvrir ! 

DOMINIQUE DE SAINT PERN : BARONNE BLIXEN

C'est l'histoire de la vie d’une femme, la conteuse danoise : la baronne Karen Blixen. Clara Selborn, sa dame de compagnie. va raconter la vie incroyable d’une femme qui vit en Afrique au Kenya. "Mon existence se résume  à un poignée de faits; j'étais la secrétaire d'une femme de génie puis, au fil des ans, je suis devenue sa dame de compagnie, son infirmière, sa traductrice, sa lectrice la plus exigeante, son esclave consentante, payé au lance-pierre, généralement pas du tout." 
Le livre est bien construit : il est composé de quatre parties
La première en 1884, Sidney Pollak décide d’adapter au cinéma "La Ferme Africaine" de Karen Blixen sous le titre Out of Africa avec comme héroïne Meryl Streep.  Elle souhaite rencontrer Clara Selborn qui a passé une grande partie de sa vie auprès de l’auteure. 
Ensuite, dans une deuxième partie le lecteur  est embarqué dans une histoire romanesque qui est celle de Karen Blixen, une baronne haute en couleurs qui affronte en plus des lions sauvages d’Afrique, la syphilis que son mari lui a offert en cadeau de mariage. Elle vit un grand amour avec Denys Finch Hatton.  Dominique de Saint Pern évoque la personne sauvage qui a été séduit par Denys c'est Beryl Markham. Cette époque se situe dans les années trente, c'est la période heureuse et lumineuse que Karen a vécu. 


 Beryl Markham. 
Denys Finch Hatton
La troisième et la quatrième  partie, Karen doit absolument rentrée au Danemark, elle est ruinée complètement. En 1943, elle fait la connaissance de Clara qui a été sous le charme de ses contes. Karen viendra à l'écriture tardivement à l'âge de cinquante deux ans. Karen, l'ors d'une soirée chez une amie, elle fait la connaissance d'un jeune poète Thorkild Bjornvig,  dont elle tombe sous le charme, je n'ai pas apprécié cette partie, j'ai décroché dans ma lecture. 

J'ai apprécié retrouver l'ambiance de la Ferme Africaine et du Festin de Babette. Mais mon avis au final est assez mitigé vers la fin cela traîne en longueur selon moi. Ce roman est tout de même une déception je m'attendais à un roman plus passionnant, c'est dommage, je trouve que le portrait pour le roman graphique  " La lionne " est plus réussit ! 

L'écriture de Dominique de Saint Pern est très en dessous de celle de Karen Blixen. L'originalité du roman est dans sa construction c'est tout selon moi ! 

ANNE-CAROLINE PANDOLFO & TERKEL RISBJERG : LA LIONNE UN PORTRAIT DE KAREN BLIXEN




Ce merveilleux roman graphique. Il dresse un portrait hors norme  de la baronne Karen von Blixen.


 Elle a connu une enfance dorée auprès d’un père adoré , aventurier qui la fascinait.  Son fantôme va la suivre tout au long de sa vie. Sa mère par contre lui a transmis une éducation très stricte, corsetée dans le Danemark du début du XXe siècle.
Pour fuir se monde bourgeois et ennuyeux, elle
épouse le Baron Bror Blixen. Il l'emmène en Afrique au Kenya. Là, elle va s'occuper d’une plantation de café .  Par ailleurs, il  lui offrira aussi, comme autre cadeau de, la syphilis… Elle va être sous le charme de l'Afrique.
Elle va vivre une grand histoire  avec un pilote de l’armée de l’air britannique, Denys Finch Hatton. 
L'originalité de cet album, comme dans les contes de fée, 7 fées exceptionnelles se penchent au dessus de  son berceau : Shakespeare, le diable, un lion, Shéhérazade, Nietzche et un roi africain. Le diable lui est très présent elle fait même un pacte avec lui.
Un roman graphique  magnifique qui nous plonge dans la vie tumultueuse de Karen Blixen, personnalité romanesque. 


FRED CAMPOY et MATHIEU BLANCHOT : VIE AVEC ALEXANDRA DAVID-NEEL



Livre 1


En 1959, la jeune Marie-Madeleine entre au service d'une vieille femme  : Alexandra David-Néel, exploratrice, philosophe, écrivain, qui fut, au début du siècle, la première femme blanche à entrer au Tibet. Dans sa villa de Digne où s'entassent les souvenirs de quatorze années passées en Asie, Marie-Madeleine se retrouve plongée dans la vie exceptionnelle de l'aventurière. elle a été aussi sa  dame de compagnie et elle est aussi sa secrétaire. 
Beaucoup d'émotions entre ces deux femmes aux caractères opposés qui ont vécu dix ans ensemble

La grande originalité de cette BD vient du regard de Marie-Madeleine  sur la vie de cette grande dame qui la fascine, ainsi qu'alternance des planches en noir et blanc (le temps de la collaboration entre Marie-Madeleine et Alexandra) et couleur (le temps des aventures d'Alexandra Neel en Asie). Ce premier volume de la vie d'Alexandra David Neel est une petite merveille qui donne envie de lire la suite.

En complément voici le site d'Alexandra David-Néel 


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ANNICK LE FLOC'HMOAN : Ces extravagantes sœurs Mitford

Les six sœurs Mitford, issues d’une famille résolument victorienne de l’aristocratie anglaise. 
L’aînée, Nancy est connu en tant qu'écrivain. Elle a été  amoureuse de la France. Elle a connu une grande histoire d'amour avec  Gaston Palewski, gaulliste historique et grand séducteur. C'est grâce à cet amour passionné qu'elle quitte son pays, pour le suivre à Paris. Elle est aussi une grande amie de l'écrivain Evelyn Waught, elle lui fait lire les manuscrit de ses romans avant de les envoyer à son éditeur. 
" Diana se trouve assise à côté d'un grand homme très brun, célèbre dans les cercles de la politique anglaise. Il s'appelle sir Oswald Mosley". Unity et Diana ont connu un destin plus douloureux. Toutes les deux ont été fascinée par l’Allemagne nazie.  Unity a été  une proche amie de Hitler.Diana a épousé le chef des fascistes anglais, sir Oswald Mosley, et  elle a passé trois années en prison. 
Jessica par contre s'est prit de passion pour a république espagnole. Elle émigre aux Etats-Unis, elle adhère au parti communiste américain et devient, à quarante ans, une journaliste réputée.
Pamela et Deborah mènent une vie plus tranquille dans la lignée des valeurs que leurs ont transmis leur s parents.  Les sœurs Mitford ont  aussi un frère Tom dont les idées sont celle du parti nazi. "Tom a tous les privilèges, et notamment celui d'aller à l'école. Les filles n'y ont pas droit, car cela ne se fait pas. Pour Nancy, il s'agit d'une injustice. Elle réclame à cor et à cri d'aller en classe. Devant ses colères, sa mère reste calme, et inflexible. Car elle comprend que Nancy cherche avant tout à échapper à sa famille. A sortir de l'étroit cercle familial, à connaître d'autres visages. "
Une biographie excellente, voir passionnante car cet ouvrage traverse tout le vingtième siècle !

LOUISE MICHEL et le téléfilm de Sólveig Anspach



Sylvie Testud : Louise Michel
Nathalie Boutefeu : Nathalie Lemel
Alexandre Steiger : Charles Malato
Bernard Blancan : Henri Rochefort
Augustin Watreng : Daoumi
Eric Caruso : Grippart
Jean-Paul Smadja : Gauthier de la Richerie
Pierre Deladonchamps : Henri Bauer
Coralie André : Adèle Desfossés
Magali Vuillemot : Marie Schmidt
Anne Marquis : Lucie Leblanc
Jean-Luc Gaget : père Bénart
Victor Schlegel : Philippe Leblanc

Après avoir lu le petit roman jeunesse le Temps des cerises, j'ai voulu en savoir plus sur Louise Michel. Et le hasard, ma permis de voir ce film, qui est la suite de mon roman. 

Le téléfilm retrace les sept années de déportation de Louise Michel en Nouvelle-Calédonie après sa participation à la Commune de Paris. Un très beau film sobre et attachant, il permet de connaître un moment important dans la vie de Louis Michel. 


 Après avoir vu ce film, j'ai eu envie de ressortir ce petit livre que mon amie Véronique m'avait offert quand elle vivait à Nouméa en Nouvelle Calédonie. 

Ce petit livre est une trace, un témoignage concernant la vie des canaques. Louise Michel était du côté des opprimés. "Une vie pour l'égalité" est en quelque sorte sa devise. 
Elle est née le 29 mai 1830, elle est l'unique enfant de Marianne Michel. Elle décide de devenir institutrice. Elle enseignera. Elle commence à s'engager activement  pour la démocratie et l'égalité d'instruction et de salaire, à partir De 1857. 
1870 la guerre franco-prussienne éclate . Louise Michel rencontre Victor Hugo. L'année après c'est la Commune de Paris, elle se bat et s'engage dans l'union des femmes pour la défense de Paris et des soins aux blessés. Elle est arrêté et condamnée pour la Nouvelle Calédonie avec Rochefort, Pain, Gosset etc .. Elle se consacre à l'observation de la faune et la flore calédoniennes. Elle s'attache à comprendre les Canaques  et à apprendre leurs langues . 
1878, elle apporte son soutien moral  à la révolte canaque.  Elle rentre en France le 4 septembre 1880. Et à son retour en Europe, elle  va colporter le message de l'égalité , elle donne des conférence socialiste et communiste. Elle séjourne fréquemment à Londres en 1897- 1898, elle soutient aussi les espagnol et les russes anarchistes. Elle décède en 1905 à Marseille. 

    CHARLES DICKENS par Jean-Pierre OHL




    C’est un écrivain qui sait faire rire et pleurer

    "À douze ans, il colle des étiquettes sur des boîtes de cirage dans un entrepôt sordide au bord de la Tamise. À vingt-quatre, il publie Pickwick et devient le romancier le plus célèbre de son temps. Malgré cette ascension extraordinaire, Charles Dickens (1812-1870) n'oublia jamais "les temps difficiles" 
    Il est né le 7 février 1812 sous l'époque de la Régence, la révolution industrielle pointe son nez. Il a une santé fragile, il souffre de violente quinte de toux, il est un enfant chétif et solitaire. Charles à de la sympathie envers son père mais il est très dure avec sa mère. John Dickens est emprisonné pour dettes à la prison de la Marchalsea (tout comme William Doritt). Charles a douze ans, il va travailler à la fabrique de cirage chez Warren's Blacking. Adulte Charles Dickens prend une revanche sur son enfance et il se consacre à son travail d'écrivain de manière acharnée pour s’élever socialement et sortir de la misère qu'il a connu enfant.
    © Catherine Hogarth la femme de ses 10 enfant
     Daniel Maclise (peintre) est l'ami
     de Charles Dickens:
     un dandy romantique

    Il réussit malgré tout à devenir clerc puis journaliste. Il écrit des chroniques publiées en volume en 1835, ce sont « Les esquisses de Boz ». Mais le succès arrive en 1836 avec la publication en feuilleton « Des papiers posthumes du Pickwick Club ». C’est un triomphe absolu et chaque publication est attendue par des millions de spectateurs. La même année Charles Dickens épouse Catherine Hogarth qui lui donnera dix enfants. Sa première femme est Catherine Hogarth, mais Mary la sœur de Catherine est sous le charme de Charles Dickens, et c'est réciproque pour lui elle est "la créature la plus douce et la plus pure qui ait jamais répandu sa lumière sur la terre." Elle est décédée d'une crise cardiaque dans les bras de Charles. Toute sa vie, elle va le hanter, le poursuivre tel un fantôme. 
     Dickens va connaître le succès. Mais il connaîtra  des hauts et des bas. La séparation avec sa femme Catherine fait  scandale, il entreprend une liaison avec une jeune actrice Ellen Ternan. Quant il la rencontre, il vient de terminer la Petite Dorrit.  Il va faire sa connaissance  en tournée quand il décide de monter avec son ami Wilkie Collins " Glacial Abîme". Sa liaison avec cette actrice sera très secrète. 

    Charles Dickens est l'auteur des chefs-d’œuvre des classique de  la littérature anglaise : « Oliver Twist », « David Copperfield », « Le conte de Noël », « De grandes espérances », « L’ami commun ». Et surtout, Dickens est l’homme d’une seule ville : Londres, dont il connait bien chaque rue aussi bien de jour que de nuit. Il  est à la fois écrivain, journaliste, imitateur, acteur de théâtre et même hypnotiseur.
      Je n'ai pas été véritablement séduite  par cette biographie de Jean -Pierre Ohl, elle n'a pas su me captiver. J'ai lu aussi la biographie de Marie-Aude Murail très enlevée. 



    The invisible Woman


    Le célèbre écrivain Charles Dickens a eu à l'âge de 45 ans une histoire d'amour méconnue avec Nelly (Ellen)Ternan, une jeune actrice de 18 ans. Cette liaison adultère durera treize années, jusqu'à la mort de Dickens.

    Réalisation : Ralph Fiennes
    Scénario : d'après le roman de Claire Tomalin : The invisible woman : the story of Nelly Ternan and Charles Dickens
    Ralph Fiennes : Charles Dickens
    Felicity Jones : Nelly Ternan
    Michelle Fairley : Caroline Graves
    Kristin Scott Thomas : Frances Ternan
    Tom Hollander : Wilkie Collins
    Perdita Weeks : Maria Ternan
    Tom Burke : Mr. George Wharton Robinson
    Joanna Scanlan : Catherine Dickens



    Après la mort de Charles Dickens, elle se marie, sans rien révéler de son passé et après s'être rajeunie d'au moins dix ans, avec un diplômé de l'université de Cambridge,  avec le révérend George Wharton Robinson. En collaboration avec son époux, elle est   maîtresse d'école à Margate.  Elle a eu deux enfants. 
    La famille Ternan est liée au théâtre : la grand-mère maternelle a été actrice et les parents sont eux-mêmes des acteurs relativement bien cotés ; la mère d'Ellen, Frances Jarman, se retrouve assez souvent à l'affiche. Son père est  comédien aussi, après sa mort. Les quatre femmes la mère et les trois filles ne peuvent compter que sur leur talent pour survivre, ce qu'elles réussissent tant bien que mal, à une époque où, à moins qu'on n'accède à une grande renommée, les cachets restent modestes et surtout, la société juge les actrices à peine mieux qu'elle ne le fait des prostituées. Ellen et sa sœur Maria en font d'ailleurs l'expérience en octobre 1858, trois après leur rencontre avec Dickens,un policier les arrête près de leur théâtre et entend les poursuivre pour prostitution.

    C'est un   film bouleversant. sur une histoire d'amour interdit aussi pudique que les moeurs et les convenances de l'Angleterre victorienne. Ralph Fiennes interprète un Dickens très convaincant. C'est un film a la fois sombre et pétillant. 

    OSCAR WILDE : deux biographies

    Durant l'été, j'ai lu deux biographies passionnante d'Oscar Wilde, tout d'abord celle de Daniel Salvatore Schiffer et ensuite celle de Danielle Guérin-Rose. Il va faire de sa vie une œuvre d'art. "Un soir que ses amis lui demandent ce qu'il veut faire de sa vie, Wilde répond : " Je ne serai certes pas un professeur desséché d'Oxford. Je serai poète, écrivain, dramaturge. D'une façon ou d'une autre, je serai célèbre, et si je ne suis pas célèbre, j'aurai une notoriété"


    Oscar Wilde par Daniel Salvatore Schiffer

     " Je suis celte et non pas anglais". 

    Esthète flamboyant, orateur brillant, Oscar Wilde (1854-1900)  .Il est né un 16 octobre 1854  à Dublin. Il est issue de la vieille bourgeoisie irlandaise et protestante.
    Il participe de son vivant et avec ardeur à l'édification de son mythe. Dandy sulfureux, l'auteur du Portrait de Dorian Gray fait partie de ces êtres d'exception qui, par la densité de leur existence et la modernité de leur oeuvre, restent longtemps après leur mort nos contemporains. Dramaturge à succès mais poète maudit, condamné à deux ans de prison pour délit d'homosexualité lors d'un procès à scandale, il mourut dans la misère. Cette biographie de  Daniel Salvatore Schiffer retrace le destin tragique et brillant d'Oscar Wilde. En tant que

     spécialiste d'esthétique, Daniel Salvatore Schiffer est bien placé pour évoquer la vie d'Oscar Wilde, parfaite icône du dandysme. Une biographie excellente qui donne furieusement envie de lire tout Oscar Wilde. 


    "Les gens ont trouvé que ce n'était pas bien de ma part d'avoir invité à dîner les mauvais éléments de ma vie et d'avoir pris plaisir à leur compagnie. Mais ces êtres, sous l'angle où l'artiste en moi les approchait, étaient riches de suggestions et de stimulations délicieuses. C'était festoyer avec des panthères. "



    Wilde Qui suis-je  ? de Danielle Guérin-Rose

    Danielle Guérin-Rose  est  co-présidente de la Société Oscar Wilde . 

    Elle connait très bien ce cher Oscar. 
    Elle signe là une très belle biographie sensible et magnifiquement illustrée. Certains passages sont très bien racontés entre autre la rencontre entre Oscar Wilde et Bosie poignant. Puis la construction de la biographie est aussi originale par thématique. 


    Ces deux biographies sont deux ouvrages incontournables si l'on s'intéresse à Oscar Wilde homme fascinant et complexe !


    JEAN-CHRISTIAN PETITFILS : Le frémissement de la grâce

    Le roman du grand Meaulnes
    Après avoir lu la très belle biographie d'Ariane Charton. J'ai eu envie de m'embarqué dans cette biographie plutôt romancé. Jean-Christian Petitfils s'appuie surtout sur la très belle rencontre avec Yvonne de Quièvrecourt, à l'âge de dix-huit ans. Cette rencontre a un côté mystique et religieux . "Le 1er juin 1905, sortant du Grand-Palais, il aperçut une beauté blonde sous une ombrelle blanche. Il la suivit le long de la Seine, monta derrière elle sur un bateau-mouche, la vit accoster à l'embarcadère du pont de Tournelle et entrer sous le porche d'un immeuble du boulevard Saint-Germain. L'éblouissement dura moins d'une heure, mais cela suffit pour qu'Henri Fournier, alias Alain-Fournier, décrète qu'elle était, qu'elle serait la femme de sa vie.Le lendemain, il fit le pied de grue devant sa fenêtre, elle descendit, Henri la pria d'excuser son assiduité, elle lui sourit, ils ne se touchèrent même pas et, avant de se quitter, elle lui dit: «Nous sommes deux enfants, nous avons fait une folie.» " Yvonne de Quiévrecourt disparut à jamais. Ils ont passé moins d’une heure ensemble sur les bords de la Seine, dans l’éblouissement d’un dimanche de Pentecôte ensoleillé. 
    Une anecdote qui m'a amusé, il faut dire que j'habite Issy les Moulineaux. " A la fin de juin, Henri et Jacques, passionnés d'aviation et qui ont déjà assisté sur le terrain d'Issy-les-Moulineaux aux envols d'Henri Farman et de Louis Beriot, se rendent au Crotoy, près d'Abbeville, afin d'y recevoir le baptême de l'air. Le pilote René Caudron et aux commandes de son biplan entoile. Quel vertige ! Quelle ivresse ! Henri pense à Peter Pan qui avait dit que voler était une terriblement extraordinaire aventure." Une biographie sympathique qui se lit sans déplaisir. Mais je trouve que la biographie d'Ariane Charton  est plus complète, plus rigoureuse à mes yeux. 
    En complément le billet de Dominique

    ARIANE CHARTON : ALAIN-FOURNIER

    " Alain-Fournier doute de lui. Il se sent prêt à renoncer à son grand projet littéraire qu'il n'est pas inspiré. Ecrire ou ne pas écrire son roman prend la forme d'une question métahysique sur le but de l'existence. Pourquoi écrire ? Pour quoi ? Pour qui ? L'image d'Yvonne de Quiévrecourt entrain de le lire le hante." Le nom d’Alain-Fournier, pseudonyme d’Henri-Alban Fournier (1886-1914), reste attaché au Grand Meaulnes, roman publié en 1913. Alain-Fournier est né à La Chapelle-d'Angillon le 3 octobre 1886 et mort le 22 septembre 1914, à la lisière du bois de Saint-Remy. Il a été le grand ami de Jacques Rivière avec qui il a entretenu une très grande correspondance.  il y a quelques temps j'avais lu avec délice "Une amitié d'autrefois".(lettres choisies et non toute la correspondance). La véritable correspondance rassemble plus de trois cent quatre-vingt-neuf lettres " Il n'est pas exagéré de dire qu'il s'agit de l'une des plus belles correspondances de la littérature française."
    Les poèmes symbolistes les réunissaient ainsi que Pélléas et Mélisande l'opéra de Debussy. "Leur enthousiasme pour Pelléas ne faiblira jamais. L'œuvre fut en quelque sorte la petite musique de Vinteuil de leur amitié et ils ne perdaient jamais une occasion d'aller l'écouter." Opéra qui a influencé Fournier" Il sera influencé par l'intrigue et surtout le personnage de Mélisande dans sa vie" " - Vous êtes belle "-, prononcés par Pélléas lorsqu'il rencontre Mélisande, et qui ne pouvaient ans doute rien rappeler à la jeune femme. Fournier joue un drame symboliste." 
    Henri Fournier a été marqué par le pays de son enfance. Le Grand Meaulne est un roman qui touche les adolescents car il est question du difficile passage de l'enfance à l'adolescence. Henri Fournier a été imprégné par le pays du bonheur de l'enfance, des parfums d'enfance. Dans l'œuvre d'Alain Fournier l'on retrouve  des références à Marcel Proust comme le souligne Ariane Charton, concernant l'enfance. Mais aussi dans la quête amoureuse, l'amour fou que Fournier porte à Yvonne de Quiévrecourt ( Yvonne de Galais dans le Grand Meaulnes). Cet amour fut douloureux pour lui et sans espoir. 
    André Lhote


    Paul Claudel a joué un rôle dans la courte vie d'Henri Fournier ainsi que dans la vie de Jacques Rivière. Tous les deux ils admiraient son œuvre littéraire ainsi que l'homme. C'est grâce à lui, qu'ils (Jacques et Henri) vont revenir au catholicisme et à s'interroger sur leur foi :" Fournier a une surprise quelques jours après son retour à Paris, le 1er octobre. A trois heures de l'après-midi, alors qu'il pleut, "un homme, fort et droit (...vêtu d') un manteau en caoutchouc , tout ruisselant, de fortes bottines américaines, une casquette droite visière cirée" sonne chez les Fournier-Rivière, rue Dauphine. C'est Paul Claudel avec son allure de "gentilhomme chasseur". 
    Lors d'un travail de critique littéraire, Henri Fournier va faire la connaissance de Charles Péguy et de Marguerite Audoux. Elle est aussi originaire du Berry. Elle est couturière, elle écrit un roman " Marie Claire", avec ce roman elle obtint le prix Femina. Henri Fournier va tomber amoureux de Jeanne Bruneau modiste, originaire de Bourge. Il va s'inspirer d'elle pour le personnage de Valentine. Les peintres appréciés d'Henri sont Maurice Denis, André Lhote. Ce dernier fait partie des premier lecteurs d'Alain-Fournier. "Lors de l'une de ses permissions, début décembre 1908, Henri Fournier rencontre le peintre André Lhote, après avoir eu l'occasion de voir plusieurs de ses tableaux."
    Charles Péguy
    La rencontre avec Charles Péguy compte beaucoup pour Henri Fournier. Entre d'eux va naître une belle amitié. " Vous irez loin, Fournier. Vous vous rappellerez que c'est moi qui vous l'ai dit."
    Charles Peguy connait bien l'actrice Madame Simone, et cette dernière a été bouleversé d'apprendre sa mort. 
    La vie sentimental d'Henri Fournier est tumultueuse. Il va vivre une passion amoureuse avec l'actrice Madame Simone marié à un homme volage Claude Casimir-Perier, Henri est le secrétaire. 
    Madame Simone
    "Connu à la scène sous le nom de Madame Simone, Pauline Casimir- Perrier avait fait ses débuts au théâtres en 19à2, grâce à son premier mari, le comédien Charles Le Bargy, et avait réussi à conquérir le public en jouant Henry Bernstein, Henry Bataille ainsi qu'Edmond Rostand. Elle reprit le rôle de Sarah Bernhard dans l'Aiglon et créa le rôle de la Faisane, bel oiseau au plumage de feu et d'or dont le Coq tombe amoureux dans Chanteclerc. Elle fréquente aussi la haute société, habitué notamment des salons d'Anna de Noailles et de la princesse Bibesco." Henri Fournier a été invité à Cambo les bains, où les Perier louaient chaque été la Villa Souberbielle, une belle maison de maître entourée d'un grand parc et toute proche de la Villa Arnaga, où vivait Edmond Rostand et sa famille. Il y fit deux séjours : du 25 août au 11 septembre 1913 et 20 juillet au 2 août 1914. Une Vidéo très intéressante, à voir,  où l'actrice Simone évoque les rencontres importantes de sa vie avant la Guerre de 14 surtout, et avec beaucoup d'émotions elle évoque  son amour pour Alain Fournier. Elle a joué un rôle important dans sa vie, mais elle l'a beaucoup aidé pour la sortie de son roman. Elle est présente dans son deuxième roman inachevé Colombe Blanchet. 

    Alain-fournier par Ariane Charton  est une biographie passionnante et magnifiquement documentée. J'ai beaucoup apprécié de savoir comment a été écrit et publié le Grand Meaulne, j'ai une grande tendresse pour  l'unique roman d'Alain Fournier, la raison pour moi  est la suivante j'ai découvert ce roman très jeune : le Grand Meaulne.  Je possède plusieurs exemplaires de ce roman dans ma bibliothèque (plusieurs billets autour de ce roman d'ailleurs sur mon blog ici et ).  Je me suis régalée avec la chapitre la publication du Grand Meaulnes, passage émouvant surtout si l'on s'intéresse à l'histoire de l'édition française. Cette biographie est un véritable régal, un grand plaisir de lecture,  bien sûr la vie d'Henri-Alban Fournier (Alain Fournier) fait écho dans son unique roman. 

    En complément voir le très beau site.

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    Dans " La Difficulté d'être", Jean Cocteau évoque cette période avant heureuse et légère avant la guerre de 14. " Je me rappelle un été à Trie-Château, chez Mme Casimir-Perier (Mme Simone) avec Péguy, Casimir-Perier et Alain-Fournier qui écrivait le Grand Meaulnes.  Le rire nous empoignait jusqu'à la crampe, et lorsque nous allions nous coucher un mot le rallumait, nous jetait sur les marches de l'escalier qui montait à nos chambres. Il nous y clouait le ventre, jusqu'au petit matin."

    PATRICE DELBOURG : Max Jacob un drôle de paroissien

    Ce livre sort à l'occasion du 70 ième anniversaire de la mort de Max Jacob, mort à Drancy en 1944. En ce début d'année, j'ai déjà rencontré Max Jacob avec cette très belle BD.
    Ses origines sont bretonnes né à Quimper en 1876. C'est à l'âge de vingt ans qu'il débarque à Paris, il va mener une vie de bohème à Montmartre, il va être à la fois peintre, critique d'art, ami de Cocteau, Apollinaire, Picasso etc ... Ce dernier a joué un rôle important dans sa vie.  Il est d'origine juive " Et ce n'est que le 18 février 1915, au couvent de Sion, qu'il se convertira. Picasso sera son parrain."
    1921, il quitte Paris, pour aller vivre en province à Saint Benoit sur Loire, là il mène une vie monastique. 

    En 1927, il revient sur Paris, et il aime la fête, au Lapin Agile. En 1936, à soixante ans il quitte Paris pour retourner à Saint Benoît sur Loire,  mais cette fois ci il est rejeté du monastère à cause de ses frasques parisiennes. Peu lui importe il vivra simplement dans deux belles chambres que lui loue Madame Persillard.  A la déclaration de guerre, il est obligé de porter l'étoile jaune, le 24 février 1944 il est arrêté par les Allemands. Il meurt d'une congestion pulmonaire à Drancy au camp de la Muette.
    Max Jacob était un véritable dandy de l'entre deux guerre. Il était un personnage burlesque et grave. Il est poète, il adore joué avec les mots comme un jongleur, un acrobate.
    " La jonglerie a cédé devant la prière, et le diable a fui devant le divin. Pour lui égrener un chapelet s'apparente à une projection de volonté, une opération magique dotée d'une force d'obus." Il aime dérangé, il a gardé son âme d'enfant. Il aimait écrire à ses amis jusqu'à son arrestation.
    " Maurice Sachs, le sulfureux auteur du Sabbat, futur  collaborateur des nazis, longtemps très proche de son premier cercle amoureux tenta de le faire chanter en le menaçant de publier  certains textes embarrassant et peu flatteurs. Max refusa tout net, ces diverses escroqueries et indélicatesses scellèrent la rupture d'une amitié ombrageuse."

    Patrice Delbourg rend un hommage-portrait vivant de ce poète méconnu. Un hommage qui est très agréable à lire, qui donne envie de mieux connaître ce grand poète Max Jacob.

    COLM TOIBIN : LE MAÎTRE

    Traduit par Anna Gibson

    Il y a quelque temps j'ai lu "Auteur ! Auteur !" de David Lodge. Et, autour de moi on m'a vivement conseillé la version de Colm Toibin."A un moment, je me suis aperçu qu'un certain Henry James me trottait dans la tête et j'ai eu envie d'ajouter un peu de fiction à la vie de ce grand homme. "
    En 1895, à Londres, Henry James présente sa pièce Guy Domville. C'est un échec retentissant (le paradoxe tout de même c'est que Henry James est ou plus tôt à été souvent adapté au théâtre par exemple je pense aux " papiers d'Aspern" et "la Bête dans la Jungle"). Hué par le public, blessé, il se réfugie en Irlande. Henry James vient après son frère William, entre Henry et Alice il y a Bob et Wilky. La famille James voyage énormément entre l'Amérique et l'Europe. Ils ont reçu une éducation libérale, leur père était un ami d'Emerson et de Carlyle et de Thackeray.
    Colm Toibin en tant qu'écrivain homosexuel mais en avant l'homosexualité d'Henry James. D'ailleurs, Colm Toibin décrit une scène intime entre Henry James et Olivier Wendell Homes Jr (juriste). " Il ne fut donc pas surpris quand Holmes se retourna et vint se lover son corps contre le sien, une main contre son dos et l'autre sur son épaule." Il n'empêche qu'Henry James était très ami avec de nombreuses femmes . En premier sa sœur Alice, sa cousine Minny, puis complice avec Constance Fenimore, aussi intime avec Lady Louisa Wosley. Le procès d'Oscar Wilde l'affecte beaucoup tout comme la mort de sa sœur décédé en 1892 d'un cancer . Il est très complice avec sa cousine Minny Temple décédé en 1870 emporté par la tuberculose. Il est très touché par, le suicide de son amie, la romancière Constance Fenimore quelques années après la mort de sa sœur Alice en 1894. Ils étaient tous les deux extrêmement complices. La mort rode autour d'Henry James. "En sortant de la gare, il mesura soudain combien sa vie était redevenu calme après le désastre de sa pièce."Biographie littéraire audacieuse, bouleversant hommage au grand écrivain. Colm Toibin a inventé certain passage pour rendre souligner l'aspect romanesque de la vie d'Henry James.


    Personnellement, j'ai préféré le Henry James de David Lodge que j'ai trouvé très attachant, beaucoup plus proche de l'image que j'ai d'Henry James, contrairement à celui de Colm Toibin. Il est certain que "Le maître" est un roman très documenté et fouillé, mais remplit de longueur. C'est un roman autobiographique qui manque à mes yeux une âme ! C'est tout de même un sacré paradoxe pour un auteur comme Henry James qui explore l'âme humaine dans ses romans et nouvelles.


    Dans l'excellent essais de David Lodge "Dans les coulisses du roman" (il faut dire que j'ai une grande tendresse pour cet écrivain que je trouve remarquable à mes yeux ! J'aime aussi bien ses romans que ses essais) Le premier chapitre est intitulé "L'année Henry James ou l'importance décisive du calendrier : l'histoire d'un roman". Son roman autobiographique "Auteur ! Auteur !" a sa sortie était en compétition avec le roman de Colm Toibin : "Le maître".

    ILIJA TROJANOW : Le collectionneur de mondes


    Traduit par Dominique Venard

    C'est grâce à une table ronde vu sur le site de l'Étonnant voyageur
    (édition 2009) que j'ai eu très envie de lire ce roman.
    Avec ce roman c'est l'ouverture vers l'évasion et c'est aussi l'occasion de découvrir un personnage et quel personnage celui de Richard Francis Burton. Ce roman vient de sortir en édition poche chez Phébus : Libretto.

    " - Il était grand, presque aussi grand que moi. Plus massif, à la manière de ces buffles noirs capable de trimer aux champs toute la journée. Comme eux il était infatigable. Il avait les yeux très sombre, cela se remarquait tout de suite. Ce qui était plus inhabituel, c'est qu'ils paraissaient nus. Pour vous dire, je n'ai jamais vu d'yeux aussi froids que ceux de Burton Sahib. Son regard vous saisissait. J'ai vu des gens qui semblaient pétrifiés, à croire que ses yeux avaient ensorcelés."
    Le roman s'ouvre sur l'Inde colonisé par les anglais, le lecteur se trouve embarqué dans la magie de l'Inde. Pratiquement en un clin d'œil Burton, jeune officier britannique rencontre son futur fidèle serviteur Naukaram à Bombay. Et ce dernier dès le premier chapitre ira voir un scribe pour lui évoquer son expérience extraordinaire auprès de Richard Francis Burton. Une ouverture digne d'une pièce de théâtre shakespearienne. Richard Francis Burton était un espion pour le commandant général Charles James Napier. Il maîtrise l'hindi, le gujarâtî et le marâthî, il a passé des examens concernant ces langues et il les a réussis. Il aime se déguisé en indigène personnage hors norme excentrique, fascinant. Le déguisement est pour lui une façon d'essayer de comprendre l'autre, l'étranger. "Le général était obsédé par l'idée de changer d'améliorer l'Autre. Burton, lui, voulait le laisser comme il était, parce que toute amélioration aurait signifié son anéantissement. " " Il était capable comme personne de rentrer dans un autre univers." Ces rapports avec son serviteur Naukaram étranges voir ambigus tout comme ses rapports avec les femmes. Il aimait la compagnie des singes qu'il traite comme des êtres humains à part entière. Un passage fascinant et complètement époustouflant "Il se tenait debout en tête de table et salua les singes avec effusion comme de vieux amis." Autre passage humoristique, que j'aime beaucoup c'est quand Richard Burton retourne en Europe il a un cuisinier italien qui ne s'entend pas du tout avec son serviteur indien.

    Il a été le premier voyageur occidental à accomplir le hadj (le pèlerinage à la la Mecque et dans ce cas à Médine). Il a publié aux éditions Longmann Green le récit de voyage à la Mecque. Il a fait ce voyage sous le nom de Mirza Abdullah. Il se fait passer pour un derviche persan et un médecin dès son arrivée au Caire. Ce roman pose la question sur l'identité qui on est ? Comprendre l'étranger, l'autre s'était très important pour lui.
    La religion a tenu une place importante dans sa vie, puisqu'il sait converti à l'Islam pour se rendre à la Mecque, au moment de sa mort sur la demande de sa femme un prêtre lui a administré l'extrême onction. Est ce qu'il était catholique ?
    J'ai été vraiment fasciné par ce personnage fascinant qu'est Richard Francis Burton, c'était un immense savant, un grand érudit, il maîtrisait vingt-neuf langues, il avait un mépris pour la société victorienne. La reine Victoria l'a fait chevalier. Il a traduit le Kama-sutra et il a traduit les Mille et Une nuit.

    Tout de même j'ai trouvé ce livre pas facile à lire, l'on découvre la personnalité de Richard Francis Burton via d'autres personnes qu'il a rencontré. Il est un personnage mystérieux dans l'ombre de l'autre, et très friand de connaître l'inconnu. La première partie "ultime métamorphose" est réussie de mon point de vue elle nous plonge dans une atmosphère fascinante, ensuite j'ai été dérouté, j'ai eu du mal à m'embarquer dans les périples de Richard Francis Burton.