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ALYSIA ABBOTT : FAIRYLAND

Traduction Nicolas Richard

J'ai adoré ce récit de cette enfant, adolescente puis adulte qui est Alysia ! L'ambiance est très cinématographique. C'est un livre terriblement attachant et émouvant, une poignante.
"Il n’était pas facile d’être un père célibataire homosexuel dans les années 1970 […], parce qu’il ne s’était pas senti libre d’être véritablement lui-même durant son enfance et son adolescence à Lincoln, dans notre Fairyland, notre féerie, il m’a élevée au moyen de frontières mouvantes. entre un père et sa fille. "
Le père d'Alysia était un poète homosexuel, sa femme est décédée quand sa fille avait deux ans. En 1974, il déménage à San Francisco où il élève seul sa fille dans le quartier de Haight-Asbury, le centre névralgique de la culture hippie. Là où les représentants officiels de la Beat Generation – William Burroughs, Jack Kerouac, Allen Ginsberg, Lawrence Ferlinghetti, Neal Cassidy . San Francisco, c’est la ville à l’esprit indépendant et rebelle.  Dans son récit Alysia évoque l’assassinat d’Harvey Milk en 1978.  Abbott découvre une ville en pleine effervescence dans laquelle la communauté gay se bat pour ses droits, il rejoint la scène littéraire de l’époque et fréquente cette génération de jeunes gens bien décidés à tout vivre, tout expérimenter. Commence pour le duo père-fille une vie de bohème, ponctuée de déménagements, de fêtes et de lectures de poésie à l’arrière des librairies. 
Il est question de  l’apparition du SIDA. Le désarroi face à la maladie dont ne sait presque rien à l’époque. En parallèle au portrait qu'Alysia fait de son père, elle évoque son enfance, son adolescence et ses crises et sa vie de jeune femme et ses choix de vie. 
Elle, découvre la musique New Wave, trouve de nombreuses amies, part étudier à New York puis à Paris.
J'ai adoré de me plongé dans ce livre car je me suis retrouvée en ce qui concerne l'époque les années 80/90. C'est un récit dense et passionnant .

DAPHNÉ DU MAURIER : L' AUBERGE DE LA JAMAÏQUE

Traduction Léo Lack

Ce roman a été publié en 1936, il a été son premier succès populaire à trente ans  à peine. 

Le vent, lui aussi, était tombé. Les hautes tiges d'herbe sur les talus qui bordaient le chemin étaient immobiles et le silence enveloppait la côte. Il y avait dans l'air une odeur de terre mouillée et de navets, mêlée à l'odeur du brouillard de la nuit. Les nuages ne firent plus qu'un avec le ciel gris. Une fois de plus, la bruine tomba sur le visage de Mary et sur ses mains ouvertes."  Mary Yellan, une jeune fille de vingt-trois ans,  orpheline et pauvre va aller vivre auprès de sa tante marié à un aubergiste sur une côte désolée de l'Atlantique. Dès son arrivée à l'Auberge de la Jamaïque, Mary soupçonne de terrifiants mystères.  Elle est désolée de voir sa tante Patience triste et malheureuse, car elle l'avait  connue jeune et gaie. Son oncle  Joss est un ivrogne menaçant. 
"Il y a des choses qui se passent à la Jamaïque, Mary, que je n'ai jamais osé dire. Des choses affreuses. Des choses sinistres. Je ne pourrai jamais te les raconter. Je ne peux même pas les admettre à mes propres yeux. Tu en viendras à en apprendre quelques-unes. Ce sera inévitable, puisque tu demeures ici. Ton oncle Joss a des relations avec des hommes étranges qui se livrent à un étrange commerce. Ils viennent parfois la nuit et, de ta fenêtre, au-dessus du porche, tu entendras des bruits de voix et de pas, tu entendras frapper à la porte. Ton oncle fait entrer ces gens, puis les emmène le long de ce couloir jusqu'à la chambre condamnée."   Mary découvre que son oncle a des activités illégales. Elle se sent prisonnière et ne sait de quoi sera fait son avenir, elle se fait du soucie pour sa tante Patience. Elle va faire la connaissance de Jem Merlyn, le jeune frère de Joss qui ne la laisse pas totalement indifférente.
Mary est une femme courageuse et qui en veut. " Si Mary était un homme, on la traiterait avec rudesse, tout au moins avec indifférence ; on l'obligerait peut-être à se rendre tout de suite à Bodim ou à Launceston pour servir de témoin ; elle devrait s'occuper elle-même son logement et disparaître au bout du monde si elle le voulait après avoir répondu à l'interrogatoire." 
L'atmosphère du roman est celui  des sœurs Brontë, Daphné du Maurier nous entraîne avec un sens prodigieux de l'ambiance et de l'intrigue au cœur d'un pays de landes et de marais battu par les tempêtes, où subsiste la sauvagerie ancestrale des pirates et des naufrageurs.
L'auberge de la Jamaïque est essentiellement un roman d'ambiance qui décoiffe, mais aussi un roman sur la psychologie des personnages qui est loin d'être sans intérêt.  Daphné du Maurier dresse le portrait d'une jeune femme qui essaye de s'en sortir. Roman pour lequel j'ai ressenti de la tendresse. Mary est une jeune femme qui de comprend pas dans quel monde elle vit, la folie des hommes.



Film d'Alfred Hithcock (Jamaica Inn, Grande-Bretagne, 1939). Scénario : Sidney Gilliat et Joan Harrison, d'après Daphné Du Maurier. Image : H. Stradling et B. Knowles. Musique : Eric Fenby. 100 mn. NB. VO. Avec Charles Laughton : sir Humphrey Pengallan. Maureen O'Hara : Mary.
Genre : Piraterie.


L'auberge de la Jamaïque est est un film de transition. Hithcock a réalisé ce film après Jeune et innocent et Une femme disparaît, deux film de sa période anglaise.  Après, ce film Hithcock s'envolera pour Hollywood. Ce  film est une adaptation  très libre d’un roman de Daphné du Maurier. 

Contrairement au roman, où l'héroïne découvre peu à peu les raisons de l'état fébrile de sa tante, Patience.  Puis Charles Laughton ne sera pas un pasteur mais un juge de paix. 

Hitchcock, dévoile dès la première séquence le rôle de chef de bande de Joss, son mari. De la même manière, le rôle du commanditaire, Sir Humprey Pengallan, interprété par Charles Laughton comédien-producteur du film. Il a  le rôle du commanditaire des naufrages.  Charles Laughton fait un numéro de cabotinage et des mimiques appuyées excessif. C'est un habile manipulateur complexe il dérange et joue de la dérision aussi parfois. 
Ce film est intéressant pour son esthétique, le maître fait référence au cinéma allemand en particulier à Murnau.
Hitchcook a adapté d'autres films de Daphné du Maurier : Rebecca et les Oiseaux.  

" Le film adapté de l'Auberge de la Jamaïque par Hichcock est une déception. Le scénario n'a presque plus rien à voir avec le livre, la noirceur originale tire vers une comédie sans finesse, et ce qu'elle redoutait est arrivé, elle ne reconnaît ni son intrigue ni  ses personnages"(Tatiana de Rosnay : Manderley for ever)

HENRY JAMES : Les Bostoniennes

Traduction de Jeanne Collin-Lemercier

"Quand je jette un regard sur le monde et que je vois ce que les hommes en ont fait, je ne peux m'empêcher de me dire : "Si c'était les femmes qui avaient mis le monde dans cet état, je me demande ce que les hommes penseraient."Quand je vois la misère affreuse de l'humanité, quand je pense à la souffrance qui à toute heure, à tout instant étreint le monde, je me dis : "Si c'est là tout ce qu'ils sont capables de faire par eux-même, ils feraient mieux de nous laisser leur montrer ce que nous femmes savons faire."Nous ne réussirions jamais à faire plus mal qu'eux, qu'en pensez-vous ?"
 Ce roman féminisme se déroule entre Boston et New York à la fin du XIX ième siècle. Olive Chancellor est une féministe convaincue.  Olive est sous le charme de la jeune Verena Tarrant, fille d'un guérisseur. Vérena est douée elle pour parler en publique avec beaucoup de charme.  " Je ne suis qu'une simple jeune fille, une petite Américaine de rien du tout, je n'ai pas beaucoup d'expérience, naturellement, et je ne connais pas grand chose de la vie."
Olive va  s'approprie ce talent brut et éduque, forme et instruit Verena pour la mission à laquelle elle la destine: être la porte-parole des féministes. Olive va invité  un lointain cousin , Basil Ransom, sudiste et conservateur à une réunion de suffragette où la jeune Verena est présente .  Pour la première fois, elle se trouve dans l'obligation de faire un discours très éloquent. Son auditoire est émerveillé par cette jeune fille pure et innocente. 
Il est immédiatement  sous le charme de Verena aussi. Il est un jeune et intelligent avocat du Mississippi, il est venu s'établir à New York pour exercer son métier d'avocat. 

C'est un roman sur le combat féministe face au masculin oppressant. C'est une lutte entre Olive, la bostonienne et son cousin le conservateur du sud. Verena est tiraillée entre les sentiments naturels, ceux de l'amour et les sentiments imposés ceux des idées sur le féminisme. Ce gros roman de James est d'une incroyable modernité !




James Ivory a réalisé une adaptation de ce roman d'Henry James, très réussit et fidèle au roman. 
Interprétation : 
Christopher Reeve : Basil Ransome
Vanessa Redgrave : Olive Chancellor
Madeleine Potter : Verena Tarrant




GUY DE MAUPASSANT : UNE VIE

" Et Jeanne se sentait devenir folle de bonheur. Une joie délirante, un attendrissement infini devant la splendeur des chose noya son cœur qui défaillait. C'était son soleil ; son aurore ; le commencement de sa vie ! le lever de ses espérances ! Elle tendit les bras vers l'espace rayonnant avec une envie d'embrasser le soleil ; elle voulait parler, crier quelque chose de divin comme cette éclosion du jour ; mais elle demeurait paralysée dans un enthousiasme impuissant."Jeanne est une jeune aristocrate de  dix-sept ans. Elle a quitté le couvent pour commencer une vraie « vie ». Elle fait connaissance de celui qui va être son mari  Julien de Lamare.
Il trompe Jeanne avec sa domestique Rosalie qui tombe enceinte, puis avec une voisine du nom de Gilberte de Fourville qui se disait amie de Jeanne. Elle accouche prématurément de son premier enfant, Paul, qui connaît quelques problèmes de santé. " Elle voulait connaître son enfant ! Il n'avait pas de cheveux, pas d'ongles, étant venu trop tôt , mais lorsqu'elle vit remuer cette larve, qu'elle la vit ouvrir la bouche, pousser ses vagissements, qu'elle toucha cet avorton, fripé, grimaçant, vivant, elle fut inondée d'une joie irrésistible, elle comprit qu'elle était sauvée garantie contre tout désespoir, qu'elle tenait là de quoi aimer à ne savoir plus faire autre chose."
M. de Fourville tue Julien, après avoir découvert qu'il était l'amant de sa femme. Paul part en pension à quinze ans au collège du Havre, où il suit des études.
Jeanne se retrouve ainsi seule après la mort du baron, de la baronne et de sa tante Lison. Alors qu'elle est rongée par le chagrin et qu'elle tombe dans une dépression . Par chance, Jeanne retrouve  Rosalie, son ancienne domestique. À cause des dépenses abusives de son fils Paul qui ne cesse de s'endetter, Jeanne se trouve en difficultés financières. Elle vend alors le château qui pourtant lui tient énormément à cœur, et emménage ailleurs avec Rosalie.  Un beau jour, Paul demande à Jeanne de s'occuper de son enfant. Grâce à l'arrivée de ce bébé, Jeanne retrouve le goût de la vie.
La vie de Jeanne est dure, violente son mari est un homme ignoble. Elle s'est trouvé de nombreuses fois dans un état de dépression.  Il la trompe à de nombreuse reprises. Il a épousé Jeanne pour son argent. L'intérêt de ce roman se trouve surtout dans les nombreuses thématiques abordées : l'argent, l'adultère, l'enfance, la religion, la famille
Une vie est le premier roman de Maupassant, mais auparavant il avait écrit ses célèbres nouvelles comme Boule de Suif et la Maison Tellier. C'est un livre assez triste pour ma part, pas facile à lire à mon goût, j'ai préféré Bel ami (découvert cette année) ou Pierre et Jean. Guy de Maupassant était un grand admirateur de Flaubert, auteur normand aussi. Jeanne et proche d'Emma (Madame Bovary).

ANNIE MILLER : Une femme à la redresse et L' effrontée de CLAUDE MILLER

Ce récit c’est d’abord le destin d’une femme, elle  a traversé le vingtième siècle. Elle est née dans le Nord dans un coron, son père était un verrier. Elle a connu la pauvreté.  À onze ans, elle chante dans les cafés pour rapporter du pain à la maison, à quatorze ans, elle devient la maîtresse d’un soldat allemand. Après la guerre, en 1920, elle se met en ménage avec un trompettiste de jazz noir américain. Elle aura deux enfants de lui, une fille et un garçon Lucille et Louis. Sa fille Lucille Perkins a un destin étonnant aussi. Elle sera première d’atelier chez Chanel, où elle dirigera cinquante ouvrières. Pas facile pour elle d'être métisse dans les années 50, heureusement qu'elle est soutenue par Chanel qui l'apprécie beaucoup. 

Durant, les dernières années de sa vie. Elle deviendra actrice. Annie sa petite fille se marie avec Claude Miller. Il a habitél’immeuble mitoyen de son pavillon, à Montreuil-sous-Bois.  Grâce à lui elle va jouer dans ses films et il la présentera à François Truffaut et à Robert Bresson. 


Quatre générations sont présentes dans  ce récit familial. Le livre d’Annie Miller est  illustré par des photographies. Il nous fait revivre époque où l'on savait vivre ensemble. Ce portrait d’une femme courageuse  attachante et hors norme.  Je l'ai trouvé très réussit, j'ai passé un agréable moment en compagnie de Jeanne. 

l'effrontée 

de Claude Miller 

une comédie dramatique française réalisée en 1985
Ce film remplit de fraîcheur, marque les débuts au cinéma de Charlotte Gainsbourg ( Charlotte Castang)
Bernadette Lafont : Léone
Jean-Claude Brialy : Sam, l'impresario de Clara
Julie Glenn : Lulu


L'été est là, Charlotte, adolescente ne se réjouit guère de passer ces longs mois entre sa petite voisine malade, Lulu, et ses jeux enfantins, et Léone, l'amie de la famille. Le hasard fait qu'elle rencontre Clara Bauman, la célèbre pianiste prodige  à son hôtel . Là, Charlotte  est immédiatement séduite et fascinée par l'univers de Clara. 

Claude Miller a su à la perfection saisir cette époque de l'ennuie et de mal être qu'est l'adolescence. 

Annie Miller a participé au scénario qui est une libre interprétation de Frankie Addams de Carson McCullers. Le personnage de l’artisan  (le père de Charlotte)tient beaucoup du Père Paul, le troisième mari de ma grand-mère. Julie Glenn est la fille Pierre-William, la nièce d'Annie Miller. 



TOLSTOÏ : Anna Karénine


Traduit par Henri Mongault

"Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon. "
Voici,la première phrase du roman, et elle est magistral car elle annonce en quelque sorte la suite. 

Anna Karénine  se rend à Moscou chez son frère Stiva Oblonski. En descendant du train, elle croise le comte Vronski. Anna tombe amoureuse de Vronski, cet officier brillant, mais frivole. 
Elle lutte contre cette passion et finit pourtant par s'abandonner avec un bonheur coupable au courant qui la porte vers ce jeune officier. Puis Anna tombe enceinte. Se sentant coupable et profondément déprimée par sa faute, elle décide d'avouer son infidélité à son mari.
"J'entends tout bonnement vivre ...vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même, ce qui m'est bien permis"
Les grands thèmes de ce roman de Tolstoï sont l'amour et le couple. Il y a tout d'abord celui entre Anna et Vronsky. Un couple tumultueux et sulfureux et en parallèle à leur aventure, Tolstoï brosse le portrait de deux autres couples : Kitty et Lévine, et Daria et Oblonski. Couple pour ma part j'ai une tendresse pour le couple Kitty et Lévine car il correspond plus à l'idée que j'ai du couple. Car leur amour est tendre, plus calme, moins fougueux, en un mot c'est un couple exemplaire. Et celui de Daria (Dolly) et Oblonski est l'infidélité, l'hypocrisie. Daria est une femme soumise, à l'opposé d'Anna qui se veut une femme libre et plein de modernité, mais hélas elle en paye le prix. 

Mais aussi ce roman aborde bien d'autres réflexions sur le sens de la  vie, l'émancipation des femmes, les bienfaits du travail de la terre. L'écriture est magistral, c'est un roman dense et très touffu. qui tourne autour de l'amour fou, les ravages de la passion, autour des mœurs de l'époque. Tout comme "La Sonate de Kreutzer" c'est une réflexion sur le mariage, deux romans flamboyants. 

JANE AUSTEN : EMMA


Traduit par Josette Salesse-Lavergne


"Belle, intelligente et riche, doté  d'un heureux caractère et pourvue d'une très confortable demeure, semblait jour des dons les plus précieux de l'existence. avantages de l'existence. Elle avait passé près de vingt et un ans sur cette terre et n'avait encore connu que bien peu de peines ou de contrariétés. Fille cadette d'un père le plus affectionné et le plus indulgent du monde, elle s'était vu très tôt, du fait du mariage de sa sœur le rôle de maîtresse de maison." Elle habite à Highbury dans le Surrey,elle est belle, riche et indépendante.  Son père est un vieil homme fragile et tatillon, ne met aucun frein à sa conduite, et ne modère en rien la très bonne opinion qu'elle a d'elle-même. Sa sœur Isabelle est mariée et vit à Londres avec ses trois enfants. "Les Woodhouse étaient les personnages les plus important des environs." Miss Taylor la gouvernante et amie d'Emma va se marier avec Mr Weston, un veuf, de sa première femme il eut un garçon Franck avec Miss Churchill (une demoiselle appartenant à une grande famille du Yorkshire).Mr Frank Churchill était l'une des gloires locales et l'on témoignait envers lui d'une ardente curiosité, bien qu'il ne parût guère s'intéresser beaucoup lui-même à un village où il n'avait jamais daigné mettre les pieds." Emma est une formidable entremetteuse.  Elle veut que son amie Harriet Smith (une enfant naturelle dont on ne connaissaient pas les parents) refuse la demande en mariage d'un fermier voisin Robert Martin" Harriet n'avait certes pas beaucoup d'esprit mais c'était une nature douce, docile et reconnaissante. Totalement dénuée de vanité, elle désirait seulement se laisser guider par un être qu'elle admirât." 
 Harriet est une jeune fille naïve. Et selon Emma, Robert Martin n'est pas un assez bon parti pour Harriet. Emma désire fiancer Harriet au pasteur de Highbury Mr Elton. " Mr Eton était la personne même qu'Emma avait élue pour faire oublier à Harriet son jeune fermier." Dans Emma, la question de classe sociale tient son importance. Emma a des préjugés concernant Robert Martin que Mr Knightley ne comprend pas du tout.
Mr Eton n'éprouve aucun sentiment pour Harriet et il croit que c'est plutôt Emma qui s'intéresse à lui, il comprend rien  au complot d'Emma. Cette dernière n'a aucune envie  de  se marier mais elle est très intriguée par le fils de Mr Weston : Franck Churchill. Ce dernier a été élevé loin de son père à Enscombe, dans le Yorkshire, par son oncle et sa tante, très fortunés.  Janet Fairfax, est orpheline et une personne de talent mais très réservée. Elle fut élevée par le colonel Campbell qui avait bien connu son père. Elle joue remarquablement bien du piano-forte et du chant. Elle est obligée de travailler pour vivre, Mrs Elton est décidée à lui trouver une place de gouvernante chez l'une ou l'autre de ses connaissances de Bath. 
Emma "notre héroïne" n'apprécie pas vraiment la venue de Jane Fairfax. Elle la voit comme une rivale et elles ont toutes deux le même âge.  Et elle ne la voit certainement pas avec Mr Knighley car il est sûr selon elle qu'il ne désir pas se marier. 



Les saisons jouent un rôle dans Emma, plus particulièrement en harmonie avec les sentiments des personnages romanesques . "Le temps ajouta ce qu'il put de tristesse. Une pluie froide se mit à tomber en tempête et ne resta plus de juillet que ce qui apparaissait dans les arbres et les buissons, que le vent arrachait, et dans la longueur du jour, qui n'avait pour effet que de rendre plus longtemps visibles ces spectacles cruels." Jane Austen s'est à merveille décrire la vie de ce petit village à Highburry , les cancans, les intrigues, les mariages, l'arrivée de nouveaux venues ou le retour de certaines personnes. Il est amusant de constater que la vie d'un village
 est universelle ce n'est pas typiquement anglais. 
Le personnage principal du roman (selon moi) 
n'est pas Emma Woodhouse, mais plus tôt la société, le petit monde provincial d' Highburry décrit  avec beaucoup d'humour et d'ironie. La moquerie que porte Jane Austen porte sur ses personnages  est incroyable de précision, de mordant, cela en  est époustouflant ! Elle sait admirablement  décrire comme toujours dans ses romans la palette des sentiments humains. Elle est douée pour l'étude de la nature humaine. Par exemple le couple de Mr Eton et sa femme sont assez gratiné (surtout voir dans le film). "Emma" est un roman qui se rapproche beaucoup d'une pièce de théâtre. C'est un roman très Shakespearien, il y a aussi du Molière dans Emma. Emma m'a pas paru particulièrement antipathique contrairement à ce que l'on peut penser, bon il se peut que j'ai été influencé par la Emma de l'adaptation de la BBC.   
Emma est à ce jour mon roman préféré de Jane Austen. Le bémol que je mettrais à ce roman est le nombre de personnages secondaires et quelques longueur aussi concernant certain passage, mais cela ne gâche en rien un grand plaisir de lecture.  Emma de Jane Austen est un très grand roman ! Magnifique , il y a beaucoup à dire sur ce roman, je vous invite à  voir la page wikipédiaLe billet de Lou est très intéressant, car elle en parle magnifiquement bien, voir aussi dans les commentaire. Puis aussi je trouve que c'est un roman universel et actuel , car il parle de la société (il est certain il est question d'une société "idéale" vu par Jane Austen), des préjugés ... et du mariage !
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J'ai adoré l'adaptation de la BBC réalisée par Jim O'Hanion extra un régal.  Le générique est merveilleux une belle invitation pour entrer dans l'univers du film personnages et décors en papier découpé. J'ai beaucoup aimé la scène de bal merveilleuse. 
Les costumes sont à tombés et donne très envie d'être portés.
Romla Garai est une magnifique Emma très touchante et convaincante surtout ! 
Alice une grande fan de l'œuvre de Jane Austen a été conquise.
Tout comme la charmante Wic voir son billet concernant cette adaptation.



HENRY JAMES : Daisy Miller

Traduit par Michel Pétris

"C'était une très belle matinée d'été et, quelle que soit la façon dont le jeune Américain regardait les choses elles avaient dû lui paraître charmante." 

C'est un portrait de femme que nous fait Henry James. Elle est jeune, riche et c'est une belle américaine, elle est indépendante. "- Elle s'appelle Daisy Miller ! s'écria l'enfant. Mais ce n'est pas son vrai nom, ce n'est pas son nom sur ses cartes." C'est une femme entourée d'une cour d'adorateurs et elle est aussi bien mystérieuse, elle parait très seul et perdue. "- La fille se promène seule avec ses étrangers . Quant à ce passe ensuite, il faut que tu te renseigne ailleurs."Elle choque la vieille société européenne qui lui ferme les portes. Elle retrouve Winterbourne (un jeune américain) en Italie à Rome, elle l'avait rencontré à Vevey en Suisse. Elle est accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain. C'est une femme désinvolte. Winterbournene croit plus à son innocence. C'est son point de vue que nous donne Henry James et non celui de la femme. "Elle n'a pas le droit de se promener ici avec deux hommes." C'est une femme qui choc "- Tout ce qui ne se fait pas ici. Flirter avec le premier homme qu'elle ramasse ; s'installer dans les coins avec de mystérieux italiens ; danser toute une soirée avec le même cavaliers ; recevoir des visites à onze heures du soir." Bien sûr la fin est tragique. Daisy Miller est une œuvre de jeunesse d'Henry James où les sentiments sont brûlants.  À la lecture j'ai  penser à Portrait de femme

ELIZABETH VON ARNIM : VÉRA

Traducteur Bernard Delvaille

D'elle j'avais lu avec délice son Avril enchanté il y a quelques temps. Après avoir lu  "Un homme de tempérament" de David Lodge. J'ai eu envie de me plonger à nouveau dans l'univers d'Elizabeth von Arnim. 
 Lucy vient de perdre son père. " - La vie n'est-elle que ... la mort ? soupira t-elle, en le regardant, frappé d'horreur." Everard Wemys tombe amoureux de Lucy. Quelques mois après la mort mystérieuse de Vera, il décide de se remarier avec Lucy, de vingt ans sa cadette." Ni elle ni lui ne pouvaient plus se passer l'un de l'autre. Il n'avait jamais connu une telle qualité de bonheur, de tendresse, de bonté."Mais le souvenir omniprésent de Vera, les doutes relatifs à sa mort (accident, suicide, voire crime ?) font planer sur le couple, qui s'est installé à la campagne, dans la grande maison où eut lieu le drame, une ombre noire que ni l'un ni l'autre ne parviendront à chasser.
L'ambiance de ce roman très anglais est très proche du célèbre roman  de Daphné du Maurier : Rebecca. Un roman qui fait froid dans le dos et à chaque fois que je tournais les pages au cours de ma lecture je tremblais pour cette pauvre Lucy, heureusement que sa tante de Londres est là pour la réconforter. Everar Wemys me fait penser à un ogre extrêmement maniaque. 
En complément voir ce billet .

THOMAS HARDY : Les yeux bleus

Traduit par Georges Goldfayn

 " Elfride Swancourt était une jeune fille aux émotions à fleur de peau." C'est une jeune femme de vingt-ans aux yeux bleus lumineux. Stephen Smith, un jeune architecte, se rend à Endelstow, une paroisse du Wessex, afin de restaurer l'église du village.
" Stephen Smith, que l'obscurité nous avait caché jusqu'ici, n'était à ce moment de sa vie qu'un adolescent par le physique et pas encore un homme quant à l'âge." Il tombe amoureux d'Elfride, la fille du vicaire. Mais elle n'apprécie guère les origines modestes du jeune homme, et s'oppose au mariage. " Oh, papa, papa, pardonnez-moi et pardonnez-lui ! Nous sommes tellement épris l'un de l'autre ... Oh oui, tellement ! Et ce qu'il allait vous demandes, c'est de nouv permettre de nous fiancer, en attendant qu'il devienne un gentleman comme vous." Les jeunes gens s'aiment tout de même, ils sont secrètement fiancé et ils décident de s'enfuir à Londres, sans rien dire. Mais la jeune fille, au dernier moment, y renonce. Elle manque certainement confiance en elle , elle passe à côté de sa vie. "Oh, Stephen ! s'écria-t-elle. Je me sens tellement misérable ! Il faut que je rentre à la maison ! Il le faut absolument ! Pardonnez ma lamentable hésitation. Rien ne me plaît ici ... ni moi-même ... ni vous !". Le père d'Elfride vient de se marier avec une femme plus âgée que lui. Plus tard, Elfride tombe amoureuse d'un écrivain Henry Knigt, la trentaine, il se trouve être un ami de sa belle mère .
" Le pasteur s'était immédiatement souvenu que se nom était celui du précepteur et ami de Stephen Smith ; mais, comme il avait cessé de s'occuper de cette affaire, il se garda bien en toute logique, de faire la moindre remarque qui pût restaurer le souvenir désagréable de son erreur quant à la généalogie de Stephen et à sa position sociale"
Stéphen est parti en Inde à Bombay et il revient au pays. Elfride n'a rien dit à Knigt de ses fiançailles avec Stéphen Smith malgré le temps qui passe et les nombreuses possibilités qu'elle a de révéler son passé.




Avec " Les yeux bleus", nous sommes très loin de ces grands romans comme Tess d'Urberville et Jude L'Obscur. En même temps il y a de très beaux passages lyriques, voir magnifique dans leur construction. Un avec du suspense, Elfried emporte une longue-vue au sommet d'une falaise surplombant la mer pour observer le bateau qui ramène des Indes Stephen auquel elle est secrètement fiancée. Elle est accompagnée de Henry Knigt. Ils sont assis au sommet de la falaise, le vent emporte le chapeau d'Henry et le pousse au bord du précipice : au moment où il essaie de le récupérer, il se trouve incapable de remonter la forte pente glissante qui se termine par un à-pic de plus de cent mètres. " J'ai du mal à remonter", dit Knight. Le cœur d'Elfride s mit à lui peser comme du plomb. " Mais vous allez revenir ? " s'enquit-elle affolée. Knight y consacra tous ses efforts, pendant deux ou trois minutes, au point que son front se couvrit de sueur. "Non, j'en suis incapable", répondit-il"L'autre passage aussi haletant c'est quand Elfride se trouve face à Stephen. " Pourquoi ne m'avez-vous pas écrit, mon ami ?" demanda Knight, sans aucunement signaler la présence d'Elfride à Stephen. Pour lui, Smith restait toujours le petit paysan qu'il avait protégé et dont il s'était occupé ; lui présenter la dame à qui il était fiancé eût été incongru et absurde."La fin est saisissante notre héroïne fera scandale comme Tess d'Urberville. C'est le troisième roman de Thomas Hardy, il est dans une veine psychologique , il a des notes autobiographiques puisque c'est en Cornouialles dans ce décor romantique qu'il décrit si bien.

EDITH WHARTON : Chez les heureux du monde



Traduit par Charles Du Bos - Préface de Frédéric Vitoux

À New-York, au début du XXième siècle, Lily Bart est une orpheline ruinée. Elle fréquente la haute société new-yorkaise. Comme le dit très justement Lawrence Selden :"- Parce que vous êtes un merveilleux spectacle : j'aime toujours à voir ce que vous faites." c'est une femme qui rayonne elle a de l'éclat. Elle a vingt-neuf ans, elle n'est pas mariée elle a tout le potentiel pour réussir et faire un beau mariage justement. Nombreux sont les prétendants riches qui tournent autour d'elle, mais aucun ne lui convient car ils leurs manquent la passion, l'amour tout simplement. Bon il y a bien le jeune avocat Lawrence Selden, mais il ne fait pas partie de l'aristocratie. Même, si il cherche à évoluer dans ce milieu social. Malheureusement, il n'est pas assez riche. Elle vit chez sa tante Julia, Mrs Peniston, qui va la déshérite. Elle aime jouer au bridge, elle est criblée de dettes. Lily évolue dans une société où l'argent tient sa place au premier rang, jouer au bridge cela est capital. " La société était composée de gens que Mrs Trenor appelait des "somnifères" : elle donnait ce nom générique à toutes les personnes qui ne jouaient pas au bridge - et, comme c'était son habitude de grouper tous ces gêneurs dans une même catégorie, elle les invitait d'ordinaire ensemble sans tenir compte de leurs autres caractéristiques." La société new-yorkaise aristocratique que nous décrit Wharton considère que c'est indécent de travailler pour gagner sa vie. Si on n'a pas d'argent l'on est rien, c'est le cas de Lily, elle se trouve déshonorée. Elle demande à Gus Trenor si il peut s'occuper de son maigre revenue qu'elle possède. Ce dernier, va tout faire pour séduire la superbe Lily mais aussi pour la ridiculiser. Tout comme Bertha Dorset une femme odieuse et méchante, horrible et manipulatrice à tout point de vue. Elle humilie la pauvre Lily en public en la chassant du yatch. Lily se trouve être une femme piégée par une société qui la condamne, elle est sans cesse observée, tout le roman tourne autour du paraître au sein de la haute société, ce qui faut faire, dire et ne pas dire, ne pas faire. L'aristocratie que Lily a connu est une société où l'hypocrisie est au premier plan qui l'entraîne dans une spirale infernale où la seul issu est la mort.
Ce roman m'a bien captivé, la construction de ce roman est brillant et époustouflant. C'est un roman très cruel servit d'une plume brillante et très noir sur la condition féminine. La fin est terrible, durant ma lecture je me suis beaucoup attachée à Lily durant ma lecture. J'ai trouvé beaucoup de point commun avec Portrait de femme de son ami Henry James.En complément voir le billet de Papillon.


 Film de Terence Davis avec Gillian Anderson et Eric Stoltz

Passage superbe Lily ravisante et flamboyante dans sa robe rouge pour la réouverture de l'Opéra. Elle se trouve dans la loge de Trenor. " Pour Lily, toujours excité par l'idée de montrer sa beauté en public, et certaine, ce soir-là, d'une toilette qui rehaussait encore singulièrement, le regard de Trenor, si insistant qu'il fût, se perdait dans le courant général de ceux que l'admiration de la salle faisait converger vers elle. "
L'arrivée est majestueuse, beaucoup d'élégance dans la mise en scène soulignée par une musique raffinée. Tout le monde s'épie à travers des jumelles de théâtre. Le spectacle est dans la salle avant le levé du rideau. J'aime beaucoup comment Terence Davies film la sensualité entre Lily et Lawrence Selden que se soit dans la première scène ou au pied d'un arbre à Belmont. Le film de Terence Davies est sublime mais par rapport au livre il y a un passages qui arrivent comme un cheveux sur la soupe. C'est le passage des tableaux vivants et un magnifique passage dans le roman et dans le film il est réduit à une scène. Et, je me suis demandée qu'est ce que cela vient faire là ? Étrange.
À par ce là il a su à merveille rester fidèle à l'essence même du roman.

SOFIA TOLSTOÏ : À qui la faute ?


Traduit par Eveline Amoursky
À qui la faute ?

Elle éclaire La Sonate à Kreutzer qui est une des romans les plus surprenants et les plus controversés de Léon Tolstoï. Sofia Tolstoï copie le manuscrit, éprouve, en le lisant, autant de fascination que d’horreur.
À qui la faute ? c'est l'histoire d'Anna une jeune fille intelligente , cultivée et sensible. Elle a vision du mariage une conception idéaliste et pure. Son mari est un vieil ami de la famille. Le Prince Prozorski est une caricature du Tolstoï, il est de quinze ans plus âgé qu'elle . Elle est amoureuse, elle idéalise, elle va vite déchanter.
Elle dit de lui à Natacha : " J'aime parler avec lui, mais quand le soir je lui tends la main et qu'il la serre de manière un peu particulière et que la sienne est moite, alors je ressens un si profond dégoût ! Mais lui comprend tout je pense, il est cultivé et intelligent, il a ses idéaux." Le Prince ne s’intéresse à elle que pour l’acte sexuel. Il admire sa beauté et il la considère comme un objet de plaisir mais refuse tout partage intellectuel ou spirituel. Il méprise son travail de peintre dans lequel elle met toute son âme. Il a peu de sentiments envers elle.
" Est-ce vraiment là notre unique vocation de femme, pensait Anna, que de passer de l'assistance au nourrisson par le corps à l'assistance au mari par le corps ? Et cela, en alternance - toujours ! Mais où est ma vie ? Où suis-je moi ? La vraie moi, qui aspirait autrefois à quelque chose d'élevé, au service de Dieu et à des idéaux ? Épuisée, tourmentée, je meurs à petit feu. Je n'ai de vie ni terrestre ni spirituelle. Alors que Dieu m'avait dotée de tout : santé, forces, capacités ... Et même bonheur. Pourquoi suis-je si malheureuse ? ..."
Puis, elle rencontre un homme Bekhmetev qui la regarde autrement. " La sollicitude et l'attention de Bekhmetev pour la vie d'Anna se manifestaient en toute chose. Elle aimait les fleurs - il remplissait sa maison des plus belles. Elle aimait la lecture à haute voix - il recherchait les articles et les livres les plus intéressants et lui faisait la lecture durant des soirées entières. Anna aimait son école - sous prétexte de faire plaisir à la charmante et naïve institutrice, il y envoyait des livres, des dessins et du matériel scolaire. " Il est peintre lui aussi, avec qui elle peut avoir un échange intellectuel et tendre. Il lui prouve que tous les hommes ne sont pas comme son mari. Cependant, elle met tout son honneur à rester fidèle à son mariage. " Il y avait quelque chose d'effroyable dans le désespoir du prince. C'était le désarroi d'un enfant perdu dans la forêt. Il donnait des coups dans le mur, criait, gémissait, se jetait sur les sofas et les fauteuils, demandant à tous qu'on le tuât, qu'ont le mît en prison , qu'on le fusillât. Il ne mangeait plus, ne buvait plus, ne dormait plus."
C'est un texte remplit de raffinement, l'amour pour l'art plus particulièrement la peinture la littérature et en particulier de la littérature française : Lamartine. J'ai beaucoup apprécié l'écriture de Sofia Tolstoï, elle est remarquable concernant l’analyse des sentiments féminins. Sofia Tolstoï était une femme cultivée, active, aux dons multiples (pianiste, appréciant la peinture et la photographie).


HENRY JAMES : PORTRAIT DE FEMME


Traduit par Claude Bonnafont

Isabel Archer est l'héroïne de ce roman d'Henry James. Elle est originaire d'Albany, New York, elle est orpheline sans le sou et elle est aussi très naïve et c'est une ingénue, mais cela n'empêche pas qu'elle est très intelligente et orgueilleuse. En 1872, Mrs Touchett l'a invité dans sa propriété près de Londres, à Gardencourt. Là, elle fait la connaissance de son cousin Ralph Touchett, et de leur voisin Lord Warburton. Ce dernier est sous le charme d' Isabel, il demande sa main en mariage. Isabel refuse car elle désir prendre son destin en main et envie aussi de connaître l'Europe avant de se marier. Son cousin Ralph Touchett qui est sérieusement malade, apprécie la compagnie de la jeune fille et l'observe avec intérêt ainsi que son amie Henrietta. Caspar Godwood, un jeune bostonien, un américain, la suivit jusqu'en Angleterre, il est épris, fou amoureux aussi d'Isabel. Mais, elle ne désire pas faire sa vie avec lui. Isabel fait la connaissance de Mme Merle, la jeune fille est pleine d'admiration pour elle. En compagnie de sa tante elle se rend à Florence où Mme Merle présente Isabel à un autre Américain Mr Osmond. "Ce Gilbert Osmond vit en Italie; c'est tout ce que l'on peut en dire ou en faire. Excessivement intelligent, il était fait pour se distinguer mais, comme je l'ai dit, on a épuisé le sujet quand on a dit : c'est Mr Osmond qui vit tout bêtement en Italie. Pas de carrière, pas de situation pas de fortune, pas de passé, pas d'avenir. "" Mais il a une fille, une délicieuse petite fille, et il parle d'elle. Il l'adore, et si la paternité pouvait être une carrière, il y figurerait au nombre des meilleurs. " C'est un original et excentrique et un grand amateur d'art. Lui et Mme Merle forme un couple manipulateur envers Isabel. Madame Merle fait penser à une sorcière. Une fois qu'Isabel a beaucoup voyagé, elle a observé le monde et accepte d'épouser Osmond. En acceptant de faire sa vie avec Osmond, elle plonge dans un univers trouble mélange du bien et du mal. Son mariage semble être un échec total.

Je trouve très touchant, et même troublant cette jeune fille Pansy qui a reçu une éducation dans un couvent à Rome , qui est orpheline de mère. Non, bien sûr elle est présenté comme cela au début du roman. En faite, elle est l'union d'Osmond et de Madame Merle. Sa mère la maîtresse d'Osmond se mêle du mariage de sa fille pour assurer le destin de son enfant illégitime. Pansy a quinze ans, elle a quitté le couvent à Rome, elle vit seule à Florence avec son père. Elle est d'une grande douceur, innocente et puérile. Elle est en pleine admiration pour Isabel qui sera sa futur belle-mère. "Papa a laissé ses instructions pour tout. Je me couche très tôt. Quand le soleil s'en va de ce côté, je vais au jardin. Papa a donné des ordres très sévères pour que je ne sois pas brûlée par le soleil. " En grandissant, elle se transforme en une élégante fée, elle est amoureuse d'un jeune homme M. Rosier, mais son père ne l'accepte pas refuse. "à dix-neuf ans Pansy est devenu une jeune fille mais elle n'en remplit pas réellement le rôle ; elle est à présent très jolie mais manque de façon déplorable de style, qualité si vivement appréciée chez les femmes ;" Il veut la voir marier avec un aristocrate, Edward Rosier malheureusement n'a pas assez d'argent et il n'en ait pas un ! Madame Merle aura son mot à dire, son père la voit très bien avec Lord Warburton, il est aussi manipulateur avec sa femme qu'avec sa fille, en un mot c'est un odieux personnage qui fait froid dans le dos. J'aime aussi une certaine tendresse pour Raph, le pauvre homme, il est très malade est fou d'amour en secret pour sa cousine Isabel, elle ne le voit pas, il en est même très malheureux. "Ralph souhaitait qu'elle ne se mariât jamais - voilà ce que cela voulait dire - parce que le spectacle de ses aventures de célibataire le distrayait." Osmond n'aime guère Raph. C'est pourtant, Raph qui a tout fait au chevet de son père mourant pour qu' Isabel puisse avoir un bel héritage et réaliser son destin. Elle se trouve à la tête de 70 000 livres.Le grand thème de ce roman est la question du mariage, la tante d'Isabel, voit d'un très mauvais œil l'union entre Isabel et Mr Osmond, surtout que cette union est manipulé par Madame Merle. Elle fut la maîtresse d'Osmond. Il ne possède rien c'est au crochet d'Isabel qu'il va vivre et en profiter. Ce qui est très mal vu ! " - Pourquoi vous mariez-vous ? Dieu seul le sait ! Généralement, les gens se marient pour la même raison qu'ils associent : pour fonder une maison. Mais, dans votre association, c'est vous qui apporterez tout."

Henry James applique dans ce roman sa technique du point de vue. Tout le roman est écrit via le regard d'Isabel, une femme libre qui n'en fait qu'à sa tête, malheureusement elle se trompe par orgueil tout simplement. J'ai pris un grand plaisir à lire ce roman très romanesque bien construit, accompagné de son humour léger. J'ai trouvé ce roman très dense, une écriture sublime, je ne sais si j'ai tout compris, c'est un roman remplit de retenu riche et dense. J'ai trouvé ce roman par un certain côté très moderne en ce qui concerne la place de la femme et le rapport au mariage, nuancé bien sûr.

Le film m'a fois est assez fidèle au livre ! Ce n'est pas je trouve, enfin je pense le plus réussis de Jane Campion. Mais cela reste un très beau film avec une très belle esthétique très agréable à regarder. Bien que je trouve vers la fin, un peu bizarre, un peu larmoyant. Un film avec une star Nicole Kidman sentiment un peu hollywoodien. Mais cela n'empêche pas quelques jolies scène dont celle que j'affectionne en Italie, à Rome c'est celle du jeux avec l'ombrelle entre Isabel et Osmond. Comment ne pas penser aux Liaisons dangereuse de Laclos en voyant ce film.



JANE AUSTEN : Lady Susan


Traduit par Pierre Goubert

Cela faisait un petit moment que ce court roman épistolaire était dans ma Pal. Je dois ce livre grâce à Choupynette dans le cadre d'un swap
Li-thé-rature.
Lady Susan, est une veuve de trente-cinq ans, elle est encore séduisante et c'est une grande coquette. Description par sa belle sœur Catherine Vernon : " Elle est vraiment extrêmement jolie. Vous êtes libre de mettre en doute les attraits d'une femme qui n'est plus toute jeune mais, pour ma part, je dois dire que j'ai rarement vu une personne aussi charmante que Lady Susan. Son teint est d'une blancheur délicate. Elle a de beaux yeux gris et des cils noirs. À la voir, on ne lui donnerait pas davantage que vingt-cinq ans, alors qu'en réalité elle doit en avoir dix de plus."
Elle se confie souvent à sa meilleur amie Alicia, qui vit à Londres. Elle désire renouer avec sa belle famille Charles et Catherine Vernon. De ce faite elle séjournera dans leur propriété à Churchill. Elle a une fille Frederica, qu'elle désire marier à Sir James Martin."Sir James est un jeune homme d'un caractère charmant et donc on dit le plus grand bien. ""Il représente par ailleurs un parti tellement souhaitable pour Frederica que j'ai toujours observé son attachement pour elle avec le plus grand plaisir et suis persuadée que mon frère et vous donnerez à cette alliance une approbation sans réserve. "
Mais Frederica ne veut absolument pas se marier avec cet homme. Voici la description de sa fille par Lady Susan : " Fréderica est trop timide, à mon sens, et elle ne craint trop pour aller me trahir."
Lady Susan est une femme redoutable dans son rôle de séductrice. Voilà comment Reginald (le frère de Catherine Vernon) voit Lady Susan : " Quelle femme ce doit être ! J'ai hâte de la voir, et j'accepterai sans nul doute votre aimable invitation afin de me faire quelque idée de pouvoirs ensorceleurs d'une telle efficacité. " Elle est perçut comme un objet de curiosité. Elle souhaitera se remarier tant qu'à faire avec un homme qui a de l'argent. Elle est très intéressée par Reginald le frère de sa belle sœur mais il y a une différence d'âge entre eux, cela pose problème.
Je trouve ce roman très fin en ce qui concerne la psychologie féminine. Et que dire de la cruauté fine, méchanceté envers sa fille qui monte en crescendo je trouve plus on va faire la fin plus c'est terrible !
" Mon insupportable fille a voulu s'enfuir. Je n'avais pas idée auparavant qu'elle pût se montrer pareil petit démon."" Il me faut punir Frederica , et assez sévèrement, pour s'être adressée à Reginald."Justement sa belle famille lui reproche son comportement envers sa fille, et Catherine Vernon la belle sœur un personnage à l'opposé de Lady Susan plus affectueux.
"je suis amenée à penser, comme je l'ai toujours fait jusqu'à présent, que la mère n'a pas véritablement de sentiment maternel envers la fille, ne lui a jamais rendu justice et ne l'a jamais traité avec affection."
Il est certain que c'est un livre différent des autres livres de Jane Austen (lu Orgueil et Préjugé, Raison et sentiments, l'Abbaye de Northanger). Mais c'est du à la forme je pense qui donne cette impression , me semble t-il ! Mais, autre impression, je ne sais pas où ce livre se situe dans l'œuvre de Jane Austen mais j'ai l'impression que Lady Susan est un court roman de maturité.

Les romans épistolaires (écrits sous forme de lettre) étaient très en vogue au XVIIIème siècle, et bien sûr avec Lady Susan l'on pense à Laclos " Les Liaisons dangereuses". David Lodge dit dans son essai "L'art de la fiction"que " Dans sa première ébauche Raison et sentiments de Jane Austen était un roman épistolaire, mais réflexion faite et pressentant le déclin que cette forme allait connaître au XIX ème siècle, l'auteur a changé d'avis."

ELIZABETH VON ARNIM : Avril enchanté



© Alice Théaudière

Traduit par François Dupuigrenet Desroussilles

Nous sommes dans les années 20, deux jeunes femmes Mrs. Wilkins et Mrs. Arbuthnot, décident de répondre à une petite annonce du Times proposant un château à louer pour le mois d'avril en Italie bord de mer. En cachette de leurs maris, elles cassent leurs tirelires et trouvent deux autres partenaires pour partager les frais du séjour : l'aristocratique et très belle Lady Caroline Dester, qui veut fuir ses trop nombreux soupirants, et la vieille Mrs. Fisher, à la recherche d'un lieu paisible.
" Malheureusement elle était bien pauvre, ne possédant au monde que quatre-vingt dix livres mises de côté année après année en économisant sur l'argent de ses vêtements. C'est à la suggestion de son mari qu'elle avait rassemblé cette somme qui devait lui servir de "poire pour la soif". ( j'aime beaucoup cette expression je la trouve très amusante, originale, rigolote comme tout).
Ah ! Mrs Fisher, c'est la plus âgée des quatre, un sacré numéro celle là , la scène avec les macaronis un passage hilarant d'anthologie : " Malheureusement Mrs Fisher n'avait jamais aimé les pâtes, surtout pas ces longs macaronis en forme de vers de terre qui étaient beaucoup trop difficiles à manger."
Elizabeth Von Arnim insiste bien sur la beauté de l'Italie et sa nature luxuriante s'harmonise avec la passion amoureuse. J'ai aimé le côté vaudeville qui se dégage de cette lecture qui se termine par un charmant happy end ! Ce livre est un enchantement de fraîcheur, surtout et avant tout d'humour ! "Dieu, son Mari, sa Maison et ses Devoirs étaient les quatre points cardinaux de l'univers de Mrs Arbuthnot."
Livre rafraîchissant accompagné d'une écriture très agréable toute en finesse humoristique très british.


Elle est née le 31 août 1866 à Sydney, Australie - 9 février 1941 à Charleston, États-Unis. Bien qu'elle soit née en Australie, elle est avant tout d'origine anglo-saxone. À l'âge de trois ans, elle vit avec ses parents à Londres. C' est une romancière anglaise, elle est la cousine de Katherine Mansfield. En 1889, alors qu'elle et son père sont en Italie, elle rencontre le Comte Henning August von Arnim-Schlagenthin, un aristocrate prussien. Elle l'épouse à Londres un an plus tard et ils s'installent à Berlin. Elle est mère de cinq enfants quatre filles et un garçon, et leurs précepteur son E.M Forster ou Hugh Walpole. 
L'œuvre d'Elizabeth von Arnim est très largement autobiographique. 






ELIZABETH TAYLOR : ANGEL

Traduction Tina Jolas

Angel Deverell, jeune écrivaine anglaise d'origine modeste, connaît une ascension fulgurante et réalise ainsi le rêve de toute jeune fille : succès, gloire et amour. Elle devient célèbre dans l’Angleterre du début du XXème siècle, ses romans populaires, romantique à l'eau de rose, sont des énormes succès à ses début.
Angel est une personne prétentieuse, orgueilleuse insupportable mais elle est toujours passionnée. C'est un personnage ambigu pas aimable du tout. Elle est toujours une boule d’énergie en marche qui use de son pouvoir à tout régenter, qu’il s’agisse de la décoration dans sa propriété ou des moindres gestes de son mari. Elle a soif de reconnaissance et d'indépendance.
Paradie House est une maison de conte de fée et plus particulièrement celui de la Belle au Bois dormant (voir mon billet sur la Belle au Bois dormant justement). Une demeure de conte encore plus quand elle est sous la neige. C'est la maison de ses rêves qu'elle a pu s'offrir grâce à sa célébrité.
Elle rencontre l'amour passion avec Esmé peintre, le frère de Nora, la propre secrétaire privée et véritable bras droit d'Angel. Esmé incarne surtout l'artiste maudit.
Mais à force de folie, de grandeur et de décadence, habitué au succès, Angel connaîtra le déclin surtout après la guerre de 14. Esmé reviendra brisé, et les livres d'Angel ne se vendent plus c'est le déclin. Elle sombre de plus en plus...
Un roman intéressant sur la création sur l'écriture, surtout comme Angel donne sa vie à l'écriture. "Angel est né de la rencontre mentale entre Elizabeth Taylor et Marie Corelli, oubliée de nos jours, mais la plus célèbre Anglaise de son époque après son admiratrice, la reine Victoria ; auteur des plus grands best-sellers mondiaux pendant trente ans," dit Diane de Margerie dans la préface
Mais j'ai trouvé ce roman un peu long vers la fin. Le film vu très kitsh mais dans son ensemble assez fidèle au livre.