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lundi 22 juin 2009

JANE AUSTEN : Lady Susan


Traduit par Pierre Goubert

Cela faisait un petit moment que ce court roman épistolaire était dans ma Pal. Je dois ce livre grâce à Choupynette dans le cadre d'un swap
Li-thé-rature.
Lady Susan, est une veuve de trente-cinq ans, elle est encore séduisante et c'est une grande coquette. Description par sa belle sœur Catherine Vernon : " Elle est vraiment extrêmement jolie. Vous êtes libre de mettre en doute les attraits d'une femme qui n'est plus toute jeune mais, pour ma part, je dois dire que j'ai rarement vu une personne aussi charmante que Lady Susan. Son teint est d'une blancheur délicate. Elle a de beaux yeux gris et des cils noirs. À la voir, on ne lui donnerait pas davantage que vingt-cinq ans, alors qu'en réalité elle doit en avoir dix de plus."
Elle se confie souvent à sa meilleur amie Alicia, qui vit à Londres. Elle désire renouer avec sa belle famille Charles et Catherine Vernon. De ce faite elle séjournera dans leur propriété à Churchill. Elle a une fille Frederica, qu'elle désire marier à Sir James Martin."Sir James est un jeune homme d'un caractère charmant et donc on dit le plus grand bien. ""Il représente par ailleurs un parti tellement souhaitable pour Frederica que j'ai toujours observé son attachement pour elle avec le plus grand plaisir et suis persuadée que mon frère et vous donnerez à cette alliance une approbation sans réserve. "
Mais Frederica ne veut absolument pas se marier avec cet homme. Voici la description de sa fille par Lady Susan : " Fréderica est trop timide, à mon sens, et elle ne craint trop pour aller me trahir."
Lady Susan est une femme redoutable dans son rôle de séductrice. Voilà comment Reginald (le frère de Catherine Vernon) voit Lady Susan : " Quelle femme ce doit être ! J'ai hâte de la voir, et j'accepterai sans nul doute votre aimable invitation afin de me faire quelque idée de pouvoirs ensorceleurs d'une telle efficacité. " Elle est perçut comme un objet de curiosité. Elle souhaitera se remarier tant qu'à faire avec un homme qui a de l'argent. Elle est très intéressée par Reginald le frère de sa belle sœur mais il y a une différence d'âge entre eux, cela pose problème.
Je trouve ce roman très fin en ce qui concerne la psychologie féminine. Et que dire de la cruauté fine, méchanceté envers sa fille qui monte en crescendo je trouve plus on va faire la fin plus c'est terrible !
" Mon insupportable fille a voulu s'enfuir. Je n'avais pas idée auparavant qu'elle pût se montrer pareil petit démon."" Il me faut punir Frederica , et assez sévèrement, pour s'être adressée à Reginald."Justement sa belle famille lui reproche son comportement envers sa fille, et Catherine Vernon la belle sœur un personnage à l'opposé de Lady Susan plus affectueux.
"je suis amenée à penser, comme je l'ai toujours fait jusqu'à présent, que la mère n'a pas véritablement de sentiment maternel envers la fille, ne lui a jamais rendu justice et ne l'a jamais traité avec affection."
Il est certain que c'est un livre différent des autres livres de Jane Austen (lu Orgueil et Préjugé, Raison et sentiments, l'Abbaye de Northanger). Mais c'est du à la forme je pense qui donne cette impression , me semble t-il ! Mais, autre impression, je ne sais pas où ce livre se situe dans l'œuvre de Jane Austen mais j'ai l'impression que Lady Susan est un court roman de maturité.

Les romans épistolaires (écrits sous forme de lettre) étaient très en vogue au XVIIIème siècle, et bien sûr avec Lady Susan l'on pense à Laclos " Les Liaisons dangereuses". David Lodge dit dans son essai "L'art de la fiction"que " Dans sa première ébauche Raison et sentiments de Jane Austen était un roman épistolaire, mais réflexion faite et pressentant le déclin que cette forme allait connaître au XIX ème siècle, l'auteur a changé d'avis."

8 commentaires:

Isil a dit…

Aussi étrange que cela paraisse, Lady Susan n'est pas une œuvre de la maturité mais au contraire une œuvre de jeunesse (écrite autour de 1794, à l'âge d'environ 20 ans). C'est même écrit avant la première ébauche de Raison et sentiments. Ce qui explique la forme épistolaire puisque c'était le genre dominant à l'époque. En fait, si tu as un jour l'occasion de lire ses juvenilia, tu te rendras compte qu'Austen avait une écriture encore plus satirique (limite humour noir parfois) quand elle avait 15 ans que plus âgée où elle s'est assagie :-)
J'aime beaucoup Lady Susan qui est en effet un portrait psychologique très fin d'une arriviste comme tu le dis.

Emma a dit…

J'ai également un très bon souvenir de ce petit livre...

Lou a dit…

Je suis bien d'accord, moi aussi j'ai pensé à Laclos et si je n'ai pas songé à Marivaux en fait tu as raison, cela emprunte le ton plus léger et les échanges amoureux compliqués ! C'est intéressant je trouve cette comparaison ! D'après ce que j'ai lu ce livre a été écrit à une époque où Austen hésitait encore sur la forme qu'elle souhaitait donner à ses textes. Elle a si je me souviens renoncé à publier ce texte finalement. Mais j'espère lire plus à ce sujet bientôt. Et sinon en dehors du choix au niveau de la narration je trouve tout de même l'ensemble plus cruel et particulièrement satirique. Bref, joli billet, pour un livre qui mériterait plus que le titre d'une simple introduction ou courte lecture agréable.

Malice a dit…

@Isil : Merci pour tes précisions, ton éclairage. Bien sûr d'un point littéraire et placé dans un conteste historique, c'est plus XVIII ème (d'où la réf à Marivaux) que XIX ème.
Mais en même tant qu'elle force dans l'écriture qui m'a fait croire cela.
Je serai très intéressée oui de lire Juvenilia. J'ai été assez stupéfaite car éblouie (oui c'est bien le mot) par l'écriture magistrale).
@Emma : Merci de ton petit passage !
@ Lou : C'est amusant parce qu'une fois bien entrée dans le livre. J'ai trouvé que le ton, les situations me faisaient pensée à du déjà lu. J'ai cherché dans ma mémoire of course Laclos mais bien sûr je me suis dis Marivaux.
Comme je dis à Isil j'ai aimé cette écriture mordante. Et le format court permet de mieux apprécier aussi.

Leiloona a dit…

Je l'ai lu il y a quelques mois : mon premier Austen, même ! :) D'ailleurs j'ai adoré le ton de cette œuvre, plus ironique que P1P.

Leiloona a dit…

P&P ...
Désolée pour cette coquille.

Lael a dit…

Superbe billet, très cultivé et nous en a dit long sur Jane Austen, pour ma part j'ai lu Lady Susan et j'aime le terme que tu emploi un roman de maturité!!

Malice a dit…

@Leiloona : C'est pas grave la coquille cela à son charme ;-)
Moi aussi je préfère le ton de Jane Austen ci de jeunesse.
@ Lael : J'en dit long je ne sais pas j'ai exprimé mon ressenti un point c'est tout. J'ai le sentiment qu'elle avait une sacrée maturité juste et très fine du point de vue psychologique très jeune à 15 ans comme le souligne Isil ;-)