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mardi 26 mai 2009

SAM SAVAGE : Firmin


Autobiographie d'un grignoteur de livres
Traduction Céline Leroy et pour voir les illustrations c'est ici

J'avoue je ne le trouve pas désagréable ce petit Firmin. Ok , il est question d'un rat, mais pas n'importe quel rat un rat de bibliothèque finement lettré. Il est d'une grande laideur, il le reconnaît " Même à cette époque où ma conception de la beauté se bornait aux dessins d'Alice au pays des merveilles par Tenniel , je savais que ce que j'avais devant moi était laid." C'est un rat qui vit à Boston dans les sous sols de la librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Il se nourrit évidement de livre qu'il grignote le papier c'est comme même mieux que la poussière, cela à meilleur goût. " Dans le sous-sol de la librairie où nous vivions, il n'y avait ni charbon ni terre. Il y avait une quantité de poussière, mais la poussière, ça ne se mange pas.""En revanche, le papier, comme je l'ai découvert très tôt, possède une texture merveilleuse qui peut même, dans certains cas, avoir bon goût. On peut en mastiquer un simple morceau pendant des heures comme un chewing-gum."" J'ai remarqué que chaque livre avait un goût propre - sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide."" Bon à manger, bon à lire" est devenu ma devise.

Un rat de fin cinéphile, il aime voir les films avec Fred Astaire et Ginger Rogers au Rialto.
C'est un rat mélomane , il a un goût excellent je trouve, il aime la musique, en particulier le jazz (Cole Porter ou Gershwin), il joue du piano. Dans ce roman qui n'en est pas un car pas d'intrigue, pas d'histoire à proprement parlée. C'est le quotidien de Firmin qui est évoqué en compagnie d'humains solitaires. Je trouve ce petit livre sympathique,mais sans plus aussi, mais assez intéressant une lecture loin d'être désagréable.
J'aime bien quand il évoque Tess d'Uberville de Thomas Hardy (car c'est un livre qui m'est cher) :"Après ça, j'ai de nouveau filé vers - l'Angleterre - enjambant océans, continents et siècle aussi facilement que je descendais du trottoir - où j'ai construit un petit feu le long d'un chemin de terre pour que cette pauvre Tess, condamnée depuis le début, arrachant des navets dans un champ balayé par le vent, puisse chauffer un peu ses mains abîmées. J'avais déjà lu l'histoire de sa vie deux fois - je connaissais sa Destinée - et pourtant j'ai dû détourner les yeux pour dissimuler mes larmes." p55/56 Firmin se ballade à travers les livres c'est touchant





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