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DERMOT BOLGER : Une seconde vie

Traduction par Marie-Hélène Dumas

L'histoire de Dermot Bolger se déroule en Irlande. Sean Blake échappe de justesse à un accident de voiture à la suite duquel il a été, pendant quelques secondes, déclaré cliniquement mort. À son réveil, bouleversé, Sean perçoit le monde tout à fait différemment, comme s'il débutait une nouvelle existence.
 Il part à la recherche de son enfance dans un premier temps et ensuite celle de sa mère biologique Sa mère   a intégré un couvent des Magdalenes. Car elle a mis au monde un enfant hors mariage. " Tu as deux mères et je ne peux pas te qui elle est ni où elle es, simplement qu'elle avait dix-neuf ans quand elle t'a eu, qu'elle venait du comté de Laois et que je ne devais même pas savoir cela. Mais je pris pour elle tous les soirs car elle t'a mis au monde pour nous."
" Tu es notre enfant. Elle a sa propre vie, maintenant, peut-être même une famille. Elle n'oserait jamais dire à son mari que tu existes."
Devenu adulte, il a tout fait pour l'oublier, il n'en a jamais parlé à Géraldine, sa femme. Au même moment, à Coventry, Elisabeth (Lizzy)  est mariée à Jack, elle est  mère de trois filles, elle vit depuis plus de trente ans avec un secret. A l'âge de dix-neuf ans, elle a eu un petit garçon. Il lui a été retiré à six semaines. Elisabeth souhaite  de le revoir .
"-Francis "Il prononça lentement, comme un mot inconnu d'une langue étrangère. " Je m'appelle Sean, maintenant. C'est le nom que mes parents ...les seuls que j'aie connus... m'ont donné. Je me suis demandé tout au long de ce voyage comment vous appeler ... Elisabeth, Lizzy, Mère ?"  Sean s’interroge sur le trouble qui l’envahi et qui l’empêche de vivre heureux avec sa femme et ses deux enfants. Il revient sur les souvenirs de son enfance et sur les images qu’il a vu durant son expérience de mort éminente. Sean  a été initié à la photographie par son père adoptif. "Mes photos sont des instants arrachés au hasard chaotique de la vie. "


Ce roman est une réflexion sur d'où venons nous ? sur nos origines, sur l'adoption. Ce roman évoque la quête de l'identité. Cela faisait un moment que j'avais envie de lire ce roman. 
Tout comme j'avais envie de connaître le destin de ces jeunes femmes. Elles sont obligées d'intégrer un couvent car ce sont des jeunes filles, considérées comme perdues par leurs familles, expier et racheter leurs péchés. Elles comptaient parmi elles des femmes violées, des jeunes filles mères, des orphelines et d'autres qui étaient un peu trop jolies, un peu trop coquettes.
"Mais des filles enceintes qui frottaient le sol agenouillées ou que l'on faisait travailler comme blanchisseuses "
J'ai trouvé le sujet de ce roman irlandais passionnant. Il explore toute la complexité d'un pays très fortement imprégné par la religion catholique.
" Les institutions religieuses gardaient sous clé tous les renseignements concernant les adoptions, et aucun parti politique n'avait eu le cran de les obliger à ouvrir leurs archives."

  J'ai vu aussi Philomena de Stefan Fears sur le même thème. 




Une histoire vraie : Philomena, une Irlandaise ayant accouché adolescente dans un couvent, n'a aucune nouvelle de son fils qu'elle a eu hors mariage. Il a été adopté malgré elle. En 2002, elle en parle pour la première fois à sa fille . Philomena souhaite retrouver la trace de son fils et le revoir, donc elle part en compagnie d'un journaliste, Martin Sixsmith, à la recherche de son fils.Le 18 décembre 1955, de force, les religieuses lui enlèvent son enfant et le confient à un couple de riches Américains de Saint Louis, dans le Missouri. Venus adopter une petite Mary, ils repartent en emmenant également Anthony, le fils de Philomena.


Le sujet de ce film est passionnant, j'avais adoré The Magdalene Sister, là j'ai été déçu par ce film que j'ai trouvé un peu mélo ! Un peu déçu.


DIDEROT : La Religieuse


La dernière fois que j'ai rencontré Diderot, c'était au Lycée, donc cela ne date pas hier. 2013 a été l'année du tricentenaire de la naissance de Diderot, la  nouvelle adaptation de La Religieuse donne envie de mieux connaître cet unique roman de Diderot. Ce roman a été publié à titre posthume, Diderot était un incroyant et il a voulu faire  une critique du milieu ecclésiastique. Sa sœur Angélique a été  bonne sœur chez les Ursulines elle  y mourut folle dans un couvent à l'âge de vingt huit ans. 
Au XVIIIème siècle, nombreux sont les aristocrates ou les bourgeois qui enferment leurs filles au couvent jusqu'au mariage. Diderot pour écrire : La Religieuse, il s'est inspiré de personnages réels de Louise Adélaïde d'Orléan  pour le personnage de la mère supérieure du couvent de Saint-Eutrope,  et pour le personnage Suzanne Simonin il s'inspire de Marguerite Delamare. 

Suzanne Simon écrit ses mémoires adressées au marquis de Croismare. Elle  est la cadette de trois filles issues d'une famille sans histoires. C'est à seize ans et demi qu'elle rentre au couvent contre son grès.  Elle se voir contrainte à entrer dans les ordres, elle s'emploie dans un premier temps à une résistance ouverte en s'opposant à l'idée de prendre le voile. " - Est-ce de votre plein gré et de votre libre volonté que vous êtes ici ? - Je répondis, non, mais celle qui m'accompagnaient répondirent pour moi oui. -Marie Suzanne Simonin, promettez-vous à Dieu Chasteté, pauvreté et obéissance ? -Je lui répondis d'une voix plus ferme : Non, Monsieur, non. -Il s'arrêta et me dit : Mon enfant, remettez-vous et écoutez-moi. - Il s'arrêta et me dit : Mon enfant, remettez vous et écoutez moi. - Monsieur, lui dis je, vous me demandez si je promets à Dieu chasteté, pauvreté et obéissance, je vous ai bien entendu, et je vous réponds que non ..."Elle va apprendre de la bouche de sa mère qu'elle est une fille illégitime contrainte par sa famille à s'engager en religion. "Ma fille, vous n'avez rien, vous n'aurez jamais rien ; me peu que je puis faire pour vous, je le dérobe à vos sœur ; voilà les suites d'une faiblesse." Suzanne va donc découvrir les micro-sociétés que sont les couvents de femmes au XVIIIème siècle et considérer, dans ses passages successifs d'une mère supérieure à une autre,  tour à tour bienveillante ( Madame de Moni : " nous étions tous ses enfants."), cruelle et perverse (sœur Sainte-Christine qui oblige les religieuses à porter une cilice) ou un peu trop aimantes comme la supérieur d'Arpajon Madame ***... La passion et la force qui l'animent lui permettent de résister à la barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par tous les moyens pour retrouver sa liberté. Mais, une fois libre se sentira t-elle heureuse et apaisé ? Est ce que la liberté pour Suzanne est-elle une délivrance réelle ?

C'est un roman passionnant, durant ma lecture je me suis plusieurs trouvée terrifié par tout ce qui arrive d'odieux à cette pauvre Suzanne.  Elle est très attachante et touchante. L' effroi est au rendez vous de la œuvre romanesque de Diderot. Un roman qui fait réfléchir sur le thème de l'enferment qui conduit à la folie, à l'enfermement. La Religieuse se veut être un ode à la liberté. Mais l'on peut se poser la question qu'est ce que la liberté ? Suzanne est une jeune femme fragile elle fait penser aux personnages féminin que l'on retrouve dans les roman gothique
 Ce roman a été adapté au cinéma par Jacques Rivette et son adaptation avait fait scandale à sa sortie. Il y a peu est sortie au cinéma une adaptation de Guillaume Nicloux qui m'a beaucoup touché et que je trouve assez fidèle à l'œuvre de Diderot. 

BEATRIX BECK : Léon Morin, prêtre


Prix Goncourt en 1952

Voici le roman le plus connu de Béatrix Beck, il a reçu le prix Goncourt en 1952. Ce roman a été adapté au cinéma par Jean Pierre Melville interprété par Emmanuelle Riva et Jean Paul Belmondo. Léon Morin, prêtre est  son troisième roman, il est profondément inspiré de sa vie, 
Dans Léon Morin, prêtre nous retrouvons Barny. Elle était présente aussi dans Une mort irrégulière.  Barny a perdu son mari. Il est mort à la guerre. Elle vit avec sa petite fille dans une ville de province durant  l'occupation par les allemands.  Un jour, Barny entre dans une église et va au confessionnal. Au lieu de se confesser, elle dit quelques incongruités au prêtre.

  Questionnement sur la foi,  comment donner un sens à sa vie durant la seconde guerre mondiale. Léon Morin, prêtre est un roman qui évoque le quotidien sous l'occupation.  
"Comment voulez-vous que je croie sans preuve ? 
- Il ne faut pas qu'il y ait de preuves. La croyance en Dieu, c'est un accord de notre être tout entier. Quand vous aimez quelqu'un, vous aimez sans preuves. La foi, c'est pareil."

 Beatrix Beck montre très bien la difficulté de vivre de cette femme veuve  avec son enfant, la pauvreté. Un livre poignant, Beatrix Beck une romancière à découvrir, une écriture touchante, particulière, à lire !

CAROLE MARTINEZ : du domaine des Murmures

Prix Goncourt des lycéens 2011

" J'étais belle, tu n'imagines pas aussi belle qu'une fille peut l'être à quinze ans, si belle et si fine que mon père, ne se lassant pas de me contempler, ne parvenait pas à se décider à me céder à un autre. J'avais hérité de ma mère une lumière sur la peau qui n'était  pas commune."
En 1187, Esclarmonde refuse de se marier à l'âge de quinze ans à Lothaire de Montfaucon.Contre l'avis de son père, elle veut s'offrir à Dieu. Elle est  emmurée dans une petite chapelle, bâtie dans l'enceinte du domaine des Murmures. Elle vit une expérience mystique douloureuse. Comme par miracle ou presque elle accouche d'un enfant qu'elle nomme Elzéar. "L'enfantement n'était pas seulement une torture physique, mais une peur attachée comme une pierre à une joie intense. Les mères savaient la mort à l'œuvre dès le premier souffle de leur enfant, comme accrochée à leur chair délicate. Souviens-toi que tu es poussière !" Esclarmonde devient le témoin de la violence de son siècle, tandis que pèlerins, famille et amis défilent devant les barreaux de sa fenestrelle, pour lui conter leurs malheurs et lui demander conseil. 
Esclarmonde, la pucelle emmurée avait enfanté un petit ange en ce vendredi, s'extasiait-on, et cet enfant merveilleux portait les stigmates du Christ, cet enfant parlait le latin, récitait les Evangiles et avait déjà guéri deux lépreux et trois paralytiques." Elle est une jeune fille courageuse, orgueilleuse et une héroïne de roman attachante. J'ai été touché par la relation  maternelle entre la très jeune Esclarmonde et son fils Elzéar. 
J'ai été sous le charme de cette très belle écriture, séduisante.  Puis j'ai été très séduite par les références aux contes aux fables, aux croyances  populaires. Il est certain avant d'avoir eu une opportunité de lire ce roman, j'avais des doutes sur le contenu et le sujet d'un tel roman. Je me méfie beaucoup des livres à succès et aux critiques dithyrambique. Il faut en connaître le moins possible pour véritablement apprécié cette lecture selon moi et je n'ai pas lu son premier roman le cœur cousu qui a remporté beaucoup de succès.

C'est vraiment une belle lecture comme le dit si bien Anne-Sophie : La lettrine dans son joli billet du 7 novembre 2011.



ANDRÉ GIDE : La Symphonie Pastorale


Après la mort de sa nourrice, le pasteur va s'occuper d'une jeune orpheline sauvage. Il va la recueillir en lui donnant tout d'abord un prénom Gertrude mais aussi en l'éduquant et faisant d'elle une personne autonome à part entière,une très belle personne. Il va s'inspirer des travaux d'un docteur anglais. " Pour enseigner à Gertrude j'avais dû apprendre moi-même l'alphabet des aveugles ; mais bientôt elle devint beaucoup plus habile que moi à lire cette écriture où j'avais assez de peine à me reconnaître, et qu'au surplus, je suivais plus volontiers avec les yeux qu'avec les mains."
Elle va au concert avec le pasteur écouter " la symphonie pastorale" . Elle apprend à jouer du piano et de l'orgue.(Gide était très bon pianiste et il aimait beaucoup Chopin.)
Le Pasteur agit envers Gertrude comme si il était son pygmalion ou un metteur en scène. Il la dirige comme bon lui semble il en est de même avec son fils Jacques ou sa femme Amélia. Sa femme Amélia est jalouse de cette relation particulière entre Gertrude et son mari elle ne comprend pas son attitude. Elle est courtisée par Jacques le fils aîné du pasteur. Elle sait que l'"on n'épouse pas une aveugle", une infirme. Le Pasteur aime Gertrude par bonté ,elle est une jeune fille, elle est encore qu'une enfant innocente. " - Gertrude est trop jeune, dis-je enfin. Songe qu'elle n'a pas encore communié. Tu sais que ce n'est pas une enfant comme les autres, hélas ! et que son développement a été beaucoup retardé. Elle ne serait sans doute que trop sensible, confiante comme elle est, aux premières paroles d'amour qu'elle entendrait ; c'est précisément pourquoi il importe de ne pas les lui dire. S'emparer de ce qui se défendre c'est une lâcheté ; je ne sais que tu n'es pas un lâche. "Il peut faire vivre son amour car il la comprend. En faite, c'est un homme tout simplement détestable, froid, odieux, il a fait de Gertrude une créature qu'il a désiré. Contrairement à Jacques, il est amoureux de Gertrude dès le premier regard, c'est son cœur qui parle. Il souhaite qu'une chose c'est de pouvoir se marier avec elle, et la rendre heureuse et qu'elle puisse goûter au bonheur. Il est jaloux de l'amour que son père porte à Gertrude un sentiment de jalousie naisse entre eux. C'est l'histoire d'un amour impossible où tout est mensonge car l'on ne dit pas la vérité à Gertrude. " Oh ! je l'ai senti tout de suite à votre voix, que vous ne me disiez pas la vérité ; je n'ai pas eu besoin de toucher vos joues, pour savoir que aviez pleuré. " Car le Pasteur homme d'église cache son véritable amour pour Gertrude en utilisant la parole de la Bible, pour se justifier. Le pauvre Jacques comme il ne peut pas envisager de se marier avec Gertrude, il rentre dans les ordres et se convertit au catholicisme. Le pasteur pense que Gertrude peut voir, l'opération est une réussite. Une fois qu'elle est soignée quand elle voit Jacques elle croit que c'est le Pasteur, là l'on peut dire que l'amour rend aveugle cette expression prend tout son sens.


C'est un texte d'une immense cruauté,  assez froid et distant, il est à l'image de la religion protestante de mon point de vue, où les relations sont uniquement dans le détachement et le dépouillement qui mène à la liberté. André Gide (Prix Nobel 1947), était de confession protestante, en écrivant ce texte c'est une façon pour lui de se détacher de son éducation religieuse et puritaine. C'est un texte superbe concernant la psychologie tout à fait remarquable concernant la palette des sentiments.

Adolescente je n'ai jamais lu cet ouvrage ni même vu le film me semble t-il. Mais, j'avais beaucoup aimé les Faux-Monnayeur et peut-être un autre texte de lui mais je ne m'en souviens pas.

Voir le merveilleux billet d'Anne Sophie qui m'a donné très envie de découvrir cet ouvrage. Voir le billet de Maggie aussi.
Le film est une adaptation libre du livre d'André Gide

Dans le livre c'est les mémoires du pasteur qui sont mit en avant alors que dans le film c'est Gertrude. Le film est une merveille et Michèle Morgan est une remarquable Gertrude très attachante et belle. Elle ressemble à une fée. D'ailleurs il règne une ambiance féerique dans ce film avec la neige.

PIERRE JEAN JOUVE : Paulina 1880


" Depuis mon enfance j'ai peur de moi parce que je suis double"
Paulina la femme croyante la pureté et Paulina la femme qui a tué l'impure. Elle a en elle depuis l'enfance le bien et le mal.
Paulina Pandolfini vit à Milan. C'est une jeune fille belle et sensuelle:
" La petite fille chagrine et sournoise devint une adolescente dont la vie captait pour ainsi dire les rayon du soleil afin de briller en mots joyeux en rires étincelants, en mille petites manières légères et nues qui assuraient qu'elle serait heureuse uniquement heureuse ; elle donnait aussi des témoignages d'une intelligence à la fois très instantanée et pleine de reculs, de mystères volontairement entretenus, de réticences acceptées."
Son père Mario Guiseppe Pandolfini, homme fortuné, il a trois fils Bruno, Attilio et Cirillo, et Paulina éprouve aucun sentiment pour eux. Paulina est très croyante. Paulina est une jeune fille au cœur pure. " Paulina jeune fille aimait surtout dans les églises les supplices des saints." Le père Bubbo un vieux dominicain, Paulina a de l'admiration pour lui. À quinze ans, sa mère décède , Paulina devient de plus en plus croyante, elle se jette dans la religion, elle aime la poésie de Dante. Elle rencontre le comte Michele Cantarini, un homme marié mal avec une comtesse toujours malade. La passion dévorante entre Paulina et Michele est là. " Paulina avait déjà connaissance du sujet de l'Ombra, elle en était émerveillée, elle naissait au sentiment de la poésie. Or c'était elle qui enfantait la poésie. "" Mais ton âme, Paulina, ton âme est une enfant, elle reste une enfant sauvage et j'en ai peur. "Paulina va se trouver dans le péché, elle rentre au couvent. " Vous ne serez plus appelée Paulina Pandolfini, lui dit le célébrant mais sœur Blandine de la Visitation."Elle ne trouve pas sa place, elle commet un crime, donc elle connaîtra la prison et la pauvreté .
Un livre très étrange à la lecture, très mystique je ne sais si j'ai bien tout saisie. La lecture de ce roman a été pour moi brûlante, plus j'avançais dans ma lecture plus je sentais les flammes jusqu'à avoir beaucoup de mal à lire les dernières pages, curieux cette sensation. J'ai bien aimé le rythme de ce roman, chapitre court concernant la vie de Paulina. L'écriture a la fois limpide, lumineuse et éblouissante de toute beauté ! Mélange entre l'amour divin et l'amour charnel. Le texte de Pierre Jean Jouve par son côté austère ma fait penser au film de Bresson "Les Anges du péché". Pierre Jean Jouve a été l'ami de Balthus entre autre. Mais en lisant ce roman j'ai trouvé cela comme une évidence, le texte mystique de Jouve se retrouve dans celui de Balthus.

FLANNERY O'CONNOR : Portrait & Nouvelles

J'ai une grande affection pour cette grande dame de la littérature américaine, très exactement beaucoup de compassion pour son courage (sa maladie), mais surtout pour son écriture. Cela n'est pas pour rien que de nombreux écrivains l'admire : Elle est une référence et vénérée par quelques auteurs français dont Philippe Djian (il la cite lors des entretiens qu'il a donné sur son dernier livre), Genevièvre Brisac , Jean Marie Gustave Leclézio.


Loin du Paradis de Flannery O'Connor
L'essai de Geneviève Brisac édition de l'Olivier


Flannery O'Connor (1925/1964) est méconnue en France. Même si elle est saluée par les plus grands.Écrivain sudiste comme Faulkner. Elle est née en 1925, à Savannah, elle est issue d'une grande famille bourgeoise catholique.
"Flannery O'Connor a d'immenses yeux très pâles, de tout petits pieds lisses, une peau ravissante d'un rose très clair, et de très jolies jambes que sa maladie et la cortisone vont disloquer. Se caricaturer cruellement, se peindre en monstre, est un rares plaisirs qu'elle s'accorde."

Elle s'appelle encore Mary Flannery, son père est malade et il a très peu de temps à vivre. En 1945, elle a vingt ans, elle décide de partir pour l'université d'Iowa, elle ne veut plus être sociologue, elle s'inscrit au département d'École de journalisme. Elle n'est pas sûr de se consacrer à la Elle participe à un atelier d'écriture au Writer's workshop. Elle lit, elle découvre les grands romanciers tel qu' Hawthorne, James, Joyce, Conrad. Elle commence à faire ses armes en tant qu' écrivain via la nouvelle. En 1959, elle s'installe dans le Connecticut. Durant la fin des années 50, elle écrit un roman "La sagesse dans le sang", elle met cinq ans à l'écrire. Et, elle a vingt-cinq ans, elle est très malade, elle est touché de la même maladie que son père dix ans auparavant. Elle rentre chez elle auprès de sa mère dans la ferme d'Andalusia.

"Je n'ai jamais été nulle part que dans la maladie. Mon royaume, c'est la maladie. La maladie est une chose sale : L'art romanesque pas excellence l'ar de l'incarnation, écrit-elle , nous sommes pétris de limon, si vous avez peur de vous salir, ne vous mêler pas de roman."
La religion d'un grand rôle dans sa vie, elle est très croyante et dans ses livres elle tient une grande place. Pour la bonne raison que la famille de sa mère, Regina Clive sont des catholiques fervent bien connue à Milledgeville, enclave catholique intégriste. Elle voyagera seulement deux fois dans sa vie en 1958 à Lourdes et à Rome.
J'admire l'humilité qu'elle porte à son travail d'écrivain. En ce qui concerne son écriture elle se sent proche de d'Henry James. "il faut savoir se salir les mains, que la littérature, on ne sait pas trop comment ça se passe, mais il y faut du concret, du concret toujours du concret"
Cet essai biographique est remarquable, un ode à cette femme exemplaire, forte, courageuse. Beaucoup d'émotion, de générosité de la part de Geneviève Brisac, pour Flannery O'Connor. Un merveilleux livre pour découvrir cette voix forte.


Les braves gens ne courent pas les rues

Traduit par Henri Morisset

Photo Dorothea Lange : Ce choix parce que selon moi cette photographe ses photos collent à l'univers deFlannery O'Connor.
Ces nouvelles sont d'une grande force pas croyables ! Poignantes, brûlantes voir même hallucinantes aussi.

C'est l'histoire d'une famille banale, normale, départ en vacances, toute la nouvelle se passe dans la voiture. La grand-mère est un boulet, une catastrophe ambulante. Mais c'est une brave femme active et attachante.
abasourdi. Mon cri à la fin de ma lecture a été "Un désaxé, il est complètement inhumain. J'ai été comme sonné par la chute complètement "whaou". Et là j'ai saisi me semble t-il la force poignante de l'écriture Flannery O'Connor.

Le Fleuve : L'importance du prénom, "Il s'appelait Harry Ashfield et c'était bien la première fois qu'il eut l'idée de changer de prénom. "Bevel", dit-il. "de l'identité, le fleuve symbole le baptême renaissance. Réf. à Lourde, "il y a une séance de guérison". Nouvelle au climat étrange !

Les temples du Saint Esprit
Deux jeunes filles : Temple I et Temple II " ça vient des bonnes sœurs" c'est à dire Joanne et Suzie. En un mots deux adolescentes dans l'âge ingrat de quatorze ans, surtout devant un garçon. Ce sont les cousines de la petite, elles vont dans une école de bonne sœur, habillées de façon vulgaire pour le week-end "rouge à lèvres, leurs rires idiots. La petite,douze ans, s'est Flannery qui observe ses cousines. Ne pas grandir, pour elle douze ans c'était fini, c'est vrais qu'en suite on bascule dans l'adolescence, le dégoût l'âge ingrats comme je la comprends pas de très bon souvenir de cette période. " Elle serait une sainte, parce que c'était la seule préoccupation qui embrassât tout ce qu'on peut savoir ; et pourtant elle était sûre de n'y jamais parvenir: certes, elle n'était ni une voleuse ni une criminelle , mais elle était une menteuse née et paresseuse, elle agaçait sa mère et faisait exprès d'être désagréable avec tout le monde".

Ces braves gens sont des gens simples, de petites gens du sud des États Unis dans les années 50, d'une grande humanité, de lâcheté aussi. L'attention aux autres est présente, elle est là, elle est palpable. La religion en particulier la religion catholique tient une place importante dans ses nouvelles. La notion du Mal est présente. Elle porte un regard tendre sur les gens, de petites conditions sur leurs misères. Elle est une fine observatrice impitoyable et met toute son énergie dans l'écriture.
Des nouvelles étranges, mystérieuse, une écriture minutieuse à coupé le souffle qui estomac le lecteur. Les sujets de ses nouvelle prennent les tripes du lecteur. Voilà mes impressions face à cette grande dame des lettres américaines Flannery O'Connor
Ces nouvelles sont tirés du recueil : Les braves gens ne courent pas les rues