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samedi 11 mai 2013

CAROLE MARTINEZ : du domaine des Murmures

Prix Goncourt des lycéens 2011

" J'étais belle, tu n'imagines pas aussi belle qu'une fille peut l'être à quinze ans, si belle et si fine que mon père, ne se lassant pas de me contempler, ne parvenait pas à se décider à me céder à un autre. J'avais hérité de ma mère une lumière sur la peau qui n'était  pas commune."
En 1187, Esclarmonde refuse de se marier à l'âge de quinze ans à Lothaire de Montfaucon.Contre l'avis de son père, elle veut s'offrir à Dieu. Elle est  emmurée dans une petite chapelle, bâtie dans l'enceinte du domaine des Murmures. Elle vit une expérience mystique douloureuse. Comme par miracle ou presque elle accouche d'un enfant qu'elle nomme Elzéar. "L'enfantement n'était pas seulement une torture physique, mais une peur attachée comme une pierre à une joie intense. Les mères savaient la mort à l'œuvre dès le premier souffle de leur enfant, comme accrochée à leur chair délicate. Souviens-toi que tu es poussière !" Esclarmonde devient le témoin de la violence de son siècle, tandis que pèlerins, famille et amis défilent devant les barreaux de sa fenestrelle, pour lui conter leurs malheurs et lui demander conseil. 
Esclarmonde, la pucelle emmurée avait enfanté un petit ange en ce vendredi, s'extasiait-on, et cet enfant merveilleux portait les stigmates du Christ, cet enfant parlait le latin, récitait les Evangiles et avait déjà guéri deux lépreux et trois paralytiques." Elle est une jeune fille courageuse, orgueilleuse et une héroïne de roman attachante. J'ai été touché par la relation  maternelle entre la très jeune Esclarmonde et son fils Elzéar. 
J'ai été sous le charme de cette très belle écriture, séduisante.  Puis j'ai été très séduite par les références aux contes aux fables, aux croyances  populaires. Il est certain avant d'avoir eu une opportunité de lire ce roman, j'avais des doutes sur le contenu et le sujet d'un tel roman. Je me méfie beaucoup des livres à succès et aux critiques dithyrambique. Il faut en connaître le moins possible pour véritablement apprécié cette lecture selon moi et je n'ai pas lu son premier roman le cœur cousu qui a remporté beaucoup de succès.

C'est vraiment une belle lecture comme le dit si bien Anne-Sophie : La lettrine dans son joli billet du 7 novembre 2011.



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