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RICHARD FORD : ENTRE EUX

 Je me souviens de mes parents

Traduction Josée Kamoun

En deux textes qui se répondent, Richard Ford retrace la vie de ses parents : celle de son père, représentant de commerce sur les routes une bonne partie du temps jusqu’à sa mort prématurée ; et celle de sa mère, qui, après une enfance sans histoires en Arkansas, son mariage et la naissance de son enfant, souffre des années de solitude, puis d’un cancer.
L’auteur, qui se trouve « entre eux » décrit ces deux existences dans ce qu’elles ont de plus quotidien et de moins extraordinaire, et pose la question : que reste-t-il d’une vie vécue ?
ce livre sensible est l’hommage bouleversant d’un grand écrivain à ses parents.  Un émouvant portrait de ses parents l'intime rejoint l'universel. 

Un roman familial très agréable à lire. Il questionne le lecteur sur la vie de nos parents avant notre naissance. Un grand livre très touchant.

ARNAUD DESPLECHIN : ROI ET REINE

Film vu à sa sortie, puis j'ai eux envie de le revoir cet été !
Un film que je trouve très romanesque : par sa construction binaire, les dialogue et la musique.

Emmanuelle Devos : Nora
Mathieu Almaric : Ismaël
Maurice Garel : le père de Nora
Noemie Lvosky : Elisabeth la soeur d'Ismaël
Nathalie Boutefeu : Chloé la soeur de Nora

Nora a l'air heureuse tout lui réussit c'est une femme courageuse. Elle  a 35 ans,  elle se rend chez son père, à Grenoble, pour récupérer son fils : Elias. Le père d'Elias, Pierre s'est suicidé avant sa naissance. Nora est une femme courageuse, qui a fait le nécessaire pour que son fils porte le nom de son père.
Lorsqu'elle arrive, Nora trouve son père  écrivain malade. On l'opère dans la nuit, et un cancer généralisé.  Sa mort est proche. Pendant ce temps, Ismaël, un ancien amant de Nora, altiste dans un quatuor, est interné dans un hôpital psychiatrique, à la demande d'un proche dont il ignore l'identité. Ismaël  est proche de la folie, il a du mal a trouvé sa place dans le monde des adultes. Il a un comportement dans la vie la plupart du temps burlesque, proche d'un clown alors qu'à l'inverse Nora est une femme d'affaire qui doit faire face à la vie avec ses joies et ses peines.
Il est en  révolte, mais c'est l'occasion  pour lui de faire le point sur ses problèmes divers et variés. Nora va voir Ismaël à l'hôpital pour lui demander d'adopter Elias.
 Ismaël fait la connaissance d'une jeune suicidaire, Arielle, et couche avec elle. Sorti de l'hôpital, il se fait congédier de son quatuor par le premier violon (qui était à l'origine de la demande d'internement).
Après la mort de son père Nora découvre  une lettre dans laquelle il lui confiait sa colère, et sa haine de ce qu'elle était devenue, c'est un passage bouleversant.
Ismaël explique à Elias pourquoi il refuse de l'adopter, au musée de l'Homme.
J'adore la fin du film, je la trouve apaisante. En un mot, Roi et Reine est un film magnifique.


JOYCE CAROL OATES : LES CHUTES


Traduit par Claude Seban

Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur.

Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.

Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.

Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique: les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.
 Ce roman je l'ai lu au début de l'été, j'ai aimé cette lecture vertigineuse et incroyable de noirceur. C'est le premier roman de Joyce Carol Oates que je lis et me permet de découvrir son univers.


LORENZA FOSCHINI : Le manteau de Proust - DIANE DE MARGERIE : À la recherche de Robert Proust.

 
Histoire d'une obsession littéraire

Traduction de Danièle Valin

"Comme c'est étrange ! Je viens d'acquérir, il y a quelques minutes à peine, des brouillons et des épreuves corrigées, ainsi que des lettres de Marcel Proust."

Un livre passionnant, Lorenza Foschini enquête sur l'histoire de ce manteau usé, mais aussi sur la rencontre avec un grand admirateur de Proust Jacques Guérin. Un jour, lors d'une visite chez le médecin, il aperçoit les manuscrits de Marcel Proust. Il ne comprend absolument pas le peu d'intérêt que semble avoir le frère Robert pour l'œuvre du grand frère Marcel.
Marthe Proust, la belle soeur qui ne souhaite qu'une chose c'est protéger l'honneur de la famille et pour cela n'hésite pas à brûler lettres et papiers qui pourraient rappeler les penchants de Marcel, ceux que la famille a toujours refusé de voir. "Ne m'en parlez pas, cher monsieur ! Nous sommes envahis de papiers en tout genre. Mais mon mari et moi sommes en train de mettre un peu d'ordre dans ce fatras de lettres , de cahiers, de billets ... Nous brûlons ... nous brûlons tout ! "
L'enquête de la journaliste se lit comme un roman policier ou presque. C'est un ouvrage passionnant car tout est malheureusement vrais,   j'ai trouvé ce livre très  émouvant.

Dans le cadre de la rentrée sept 2016 vient de sortir un essai de
Diane de Margerie À la recherche de Robert Proust.  
Samuel Pozzi par Sargent
Robert Proust est le plus jeune frère de Marcel. Il est complètement absent de la recherche. " Si Marcel étudie la solitude et la maladie (Léonie), la fourberie (Odette ), la dissimulation et le mensonge (Albertine), le vice et le sadomasochisme ( Charlus)- Robert lui étudie la sexualité féminine, gynécologie, l'hermaphrodisme e les maux de la prostate. "Il a choisit la même voix que son père.  Il est élève du célèbre Docteur Pozzi.
Tous les deux s'intéressent à la dégradation : du corps chez Robert et la  des sentiments pour Marcel. Pour écrire la Recherche, Marcel s'inspirent du monde et du vocabulaire de la médecine.
 Diane de Margerie comme Lorenza Foschini nous décrit l'ambiance complexe de cette famille. Le père Adrien Proust, grand médecin avait une maîtresse Mme Dubois-Amiot. Il a absolument voulu que son fils Robert se marie avec la fille sa maîtresse Marthe. Par ailleurs, Robert lui aussi avait une maîtresse Mme Fournier. À la mort de Robert, sa veuve Marthe brûle une grande partie des lettres de Marcel. " Le mariage de Robert m'a à la lettre tué" : je reprend cette formule de Marcel qui me paraît un rappel de la primitive douleur : l'existence même de Robert ; l'inévitable rivalité camouflée, mêlée d'amour, puis, peu à peu après l'adolescence, le léger éloignement du petit frère ; puis le choix paternel qu'il fit en devenant médecin et, enfin, le "choix" imposé de son épouse, fille de la maîtresse du père. Marthe est l'élément qui ressuscitera chez Marcel le thème de la trahison : rien d'étonnant si leur relation furent la plus grande ambivalence."

Cet essai est riche passionnant, fouillé intéressant. J'ai une préférence pour "le manteau de Proust". Il faut dire que je ne suis pas une familière de l'œuvre de Marcel Proust. Je n'ai lu que le début de la recherche "Du côté de chez Swann". 

JULIE OTSUKA : Quand l'empereur était un dieu

Traduction Bruno Boudard

C'est le premier roman de Julie Otsuka. Elle s'est fait connaître en France grâce à son roman " Certaines n'avaient jamais vu la mer. "



"Pendant les quatre jours qui avait suivi son arrestation, ils n'avaient pas eu la moindre idée de l'endroit où il pouvait se trouver"
Au printemps 1942, une femme et ses deux enfants se préparent à quitter leur maison. Ils ne savent ni où ils vont, ni ce qui les attend. Ces hommes et ses femmes sont japonais.  Ils découvrent : un camp  dans le désert. Ils retrouvent leurs habitats  transfigurer après tant d’années perdues loin de chez eux.
À travers ce roman , Julie Otsuka rend hommage à ses propres grands-parents, déportés par le F.B.I. au lendemain de l’attaque de Pearl Harbor. C'est un roman à l'écriture épurée, les personnages sont des fantômes l'on ne connait absolument pas leur identité. Un livre qui nous trotte dans la tête une fois fini ! 

TIM GAUTREAUX : Nos Disparus

Rentrée littéraire de 2014 
Traduction Marc Amfreville

Coup de Cœur

Au mois de septembre 2014, j'avais rencontré Tim Gautraux au Festival America de Vincenne. Lors d'une rencontre autour de son livre "Nos disparus", j'en garde un excellent souvenir. 
" En quoi la vengeance aurait-elle pu apporter quelque chose à un bébé si heureux d'avoir été tiré du poêle pour se retrouver entre les bras de son oncle ? Il lui vint à l'esprit cependant que depuis il aurait pu comprendre, à un moment ou à un autre, si la vengeance était importante. Mais à quoi pouvait-elle bien servir ? À régler les comptes du passé ? À rendre la monnaie de sa pièce à un salaud ? On ne lui avait pas appris à penser de cette façon. Son oncle lui avait dit et répété que la vengeance ne menait nulle part et qu'un salaud se punissait tout seul en étant un. "
 En 1918. Sam Simoneaux est un cajun , dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. 
En 1921., il rentre traumatisé à La Nouvelle-Orléans où il est devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, Sam ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, trois ans et demi. 
Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il embarque comme troisième lieutenant à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui organise des excursions sur le Mississippi. 
Le roman longe le fleuve sur fond de musique de jazz – orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté. Au gré des escales et des bagarres, Sam, toujours en quête de Lily, met au jour un fructueux commerce d’enfants animé par quelques spécimens peu reluisants de la pègre des bayous. La disparition de Lily rappel à Sam son enfance.
" La vie d'un petit enfant est une sorte de réduction d'une existence entière, et un mois y dure autant qu'un an pour un adulte. Il tenta de se remémorer un moment sa propre enfance, et le souvenir lui revint d'un jour à huit ans où,  après la saison du broyage des cannes à sucre, l'oncle Claude l'avait emmené pour la première fois chasser le lapin."


Nos disparus est une vaste fresque musicale dans l'Amérique de l'après guerre.
Un roman dense et complexe, qui allie l’enquête au roman à atmosphère. J'ai passé un très bon moment avec Sam , une très belle lecture !




ANTONIO ALTARRIBA/KIM : L'Aile brisée



Gros coup de cœur magnifique roman graphique 
Traduction Alexandra Carrasco

Lorsque sa mère meurt en 1998, Antonio découvre le secret qu'elle a caché toute sa vie : un bras blessé dont elle n'a jamais pu se servir normalement...
Quand Péta est venue au monde, sa mère décède, le père ne s'en remet pas. C'est un père brutal, dépressif, épicier, mauvais barbier, amoureux du théâtre dans une Espagne rurale.
Pétra est avant tout une femme de son époque sous l'Espagne de Franco. Une Espagne machiste où la femme est enfermée, cantonnée aux tâches ménagères. Pétra est gouvernante, chez un général franquiste qui retournera sa veste pour tenter de rétablir la monarchie...

L'Aile brisée est  un hymne aux souffrances, à l'émancipation et au courage des femmes espagnol.

Ce roman graphique est une passionnante une plongé dans la grande Histoire de l'Espagne sous Franco.

Guy de MAUPASSANT : PIERRE ET JEAN

Monet :La jetée du Havre par mauvais temps 1867


Le tableaux de Claude Monet s'accorde visuellement avec l'univers en demi-teinte du roman de Maupassant, émouvant et triste, nostalgique et cruel. 
Romans que j'ai découvert quand j'étais au lycée. J'en avais gardé un bon souvenir. 
Pierre et Jean sont frères, mais tous les deux sont très différents.  Un jour Jean  reçoit en héritage, la fortune d’un vieil ami de leur parent : M. Maréchal ! 
Pourquoi Jean reçoit-il tout l’héritage, pourquoi n’est-il pas partagé entre les deux frères. Pierre, l’aîné, finit par se poser des questions. Est ce qu'ils sont vraiment frère de sang ? Le thème de l'enfant illégitime parcourt tout le roman...
Pierre mène l'enquête, tourmenté de savoir si sa mère est une femme adultère.
Maupassant nous fait entrer dans les pensées de Pierre, comment le doute s’immisce, la colère, la jalousie, et comment finalement la vérité surgit !

""Je suis fou, pensa-t-il, je soupçonne ma mère "Et un flot d'amour et d'attendrissement, de repentir, de prière de désolation noya son cœur. Sa mère ! La connaissant  comme il la connaissait, comme avait-il pu la suspecter ? Est-ce que l'âme, est-ce que la vie de cette femme simple, chasse et loyale, n'étaient pas plus claires que l'eau ? Quand on l'avait vue et connue, comment ne pas la juger insoupçonnable ? Et c'était lui, le fils, qui avait douté d'elle ! Oh ! s'il avait pu la prendre en ses bras à ce moment comme il l'eût embrassée caressée, il se fût agenouillé pour demander grâce !
Elle aurait trompé son père, elle ? "

 C'est un très beau roman axé sur la psychologie des personnages, les rapports entre frères et sa mère. Durant ma lecture j'ai fait souvent un rapprochement avec le Horla. Le souvenir de ce roman était très lointain, je l'ai relu avec un grand plaisir quel roman !

ANNIE MILLER : Une femme à la redresse et L' effrontée de CLAUDE MILLER

Ce récit c’est d’abord le destin d’une femme, elle  a traversé le vingtième siècle. Elle est née dans le Nord dans un coron, son père était un verrier. Elle a connu la pauvreté.  À onze ans, elle chante dans les cafés pour rapporter du pain à la maison, à quatorze ans, elle devient la maîtresse d’un soldat allemand. Après la guerre, en 1920, elle se met en ménage avec un trompettiste de jazz noir américain. Elle aura deux enfants de lui, une fille et un garçon Lucille et Louis. Sa fille Lucille Perkins a un destin étonnant aussi. Elle sera première d’atelier chez Chanel, où elle dirigera cinquante ouvrières. Pas facile pour elle d'être métisse dans les années 50, heureusement qu'elle est soutenue par Chanel qui l'apprécie beaucoup. 

Durant, les dernières années de sa vie. Elle deviendra actrice. Annie sa petite fille se marie avec Claude Miller. Il a habitél’immeuble mitoyen de son pavillon, à Montreuil-sous-Bois.  Grâce à lui elle va jouer dans ses films et il la présentera à François Truffaut et à Robert Bresson. 


Quatre générations sont présentes dans  ce récit familial. Le livre d’Annie Miller est  illustré par des photographies. Il nous fait revivre époque où l'on savait vivre ensemble. Ce portrait d’une femme courageuse  attachante et hors norme.  Je l'ai trouvé très réussit, j'ai passé un agréable moment en compagnie de Jeanne. 

l'effrontée 

de Claude Miller 

une comédie dramatique française réalisée en 1985
Ce film remplit de fraîcheur, marque les débuts au cinéma de Charlotte Gainsbourg ( Charlotte Castang)
Bernadette Lafont : Léone
Jean-Claude Brialy : Sam, l'impresario de Clara
Julie Glenn : Lulu


L'été est là, Charlotte, adolescente ne se réjouit guère de passer ces longs mois entre sa petite voisine malade, Lulu, et ses jeux enfantins, et Léone, l'amie de la famille. Le hasard fait qu'elle rencontre Clara Bauman, la célèbre pianiste prodige  à son hôtel . Là, Charlotte  est immédiatement séduite et fascinée par l'univers de Clara. 

Claude Miller a su à la perfection saisir cette époque de l'ennuie et de mal être qu'est l'adolescence. 

Annie Miller a participé au scénario qui est une libre interprétation de Frankie Addams de Carson McCullers. Le personnage de l’artisan  (le père de Charlotte)tient beaucoup du Père Paul, le troisième mari de ma grand-mère. Julie Glenn est la fille Pierre-William, la nièce d'Annie Miller. 



RENÉ CREVEL : La mort difficile

Il est partagé entre les surréaliste et le communiste. C'est un homme qui possède une sensibilité à fleur de peau.

La mère du jeune héros Pierre Dumont-Dufour et Mme Blok la mère de Diane sont toutes les deux issus d'un milieu bourgeois conservateur, très bavarde. Mme Dumont-Dufour a une haine envers son mari. Elle désire divorcer. Elle pense que son fils deviendra comme son mari le colonel, c'est à dire fou. " Ainsi Pierre, son fils , dont la nourrice était alcoolique (voilà pour la malchance ) a un caractère emporté. D'ailleurs, il a de qui tenir, son père (voilà pour l'hérédité) s'est toujours montré d'une telle violence. "M. Dumont est colonel, il écrit à la Marquise de Pompadour. Et M. Dimitri Block s'est suicidé, non loin de l'armoire à liqueur pendant qu'ils recevaient. Pierre Dumont, vingt ans homosexuel et toxicomane, aime Arthur Bruggle l'Américain, venu en Europe comme laveur de vaisselle, maintenant dandy capricieux et insolent. " À noter que cet Arthur Bruggle est un adolescent aux mains longues qui marche en dansant comme une panthère et a des yeux animal." Pierre est aussi aimé de Diane, « sa sœur d'ombre » tous les deux font de la peinture
Les rapports conflictuels avec sa mère et la décadence bourgeoise des pères est au cœur du roman. Surtout il y met en scène, de façon prémonitoire, sa propre mort "sa liberté", son propre suicide.

L'écriture est très agréable, beaucoup d'ironie surtout dans le premier chapitre j'ai bien aimé par contre par la suite je me suis assez ennuyée. Au final ce roman est une curiosité que j'ai lu grâce à l'essai de Klaus Man (aujourd'hui et demain éd. Phèbus) "Dans la Mort difficile, c'est dans la disposition à l'égard des mères, dont on ne parle qu'avec une sévérité et une méchanceté redoutables, qu'elle est la plus manifeste, la plus marquée et la plus inquiétante" C'est le point que j'ai trouvé le plus intéressant le regard sur les mères bourgeoises d'une certaine époque, c'est très juste.

Pierre est dans le salon."Bonjour, madame Blok, bonjour aimable madame d'un fil dégénéré. - Bonjour, Pierre, bonjour, mon enfant.- Êtes-vous anormal, madame Blok ? -Pierre je t'en prie . -Êtes-vous dégénérée, ma mère ? - Mon enfant, qu'elle mouche t'a donc piqué ? "Ce roman témoigne de l'obsession autobiographique et de la bisexualité de René Crevel et délivre un document essentiel sur une certaine jeunesse des années 1920. Son propre père s'est suicidé quand il était âgé de quatorze ans.

TOLSTOÏ : Anna Karénine


Traduit par Henri Mongault

"Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon. "
Voici,la première phrase du roman, et elle est magistral car elle annonce en quelque sorte la suite. 

Anna Karénine  se rend à Moscou chez son frère Stiva Oblonski. En descendant du train, elle croise le comte Vronski. Anna tombe amoureuse de Vronski, cet officier brillant, mais frivole. 
Elle lutte contre cette passion et finit pourtant par s'abandonner avec un bonheur coupable au courant qui la porte vers ce jeune officier. Puis Anna tombe enceinte. Se sentant coupable et profondément déprimée par sa faute, elle décide d'avouer son infidélité à son mari.
"J'entends tout bonnement vivre ...vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même, ce qui m'est bien permis"
Les grands thèmes de ce roman de Tolstoï sont l'amour et le couple. Il y a tout d'abord celui entre Anna et Vronsky. Un couple tumultueux et sulfureux et en parallèle à leur aventure, Tolstoï brosse le portrait de deux autres couples : Kitty et Lévine, et Daria et Oblonski. Couple pour ma part j'ai une tendresse pour le couple Kitty et Lévine car il correspond plus à l'idée que j'ai du couple. Car leur amour est tendre, plus calme, moins fougueux, en un mot c'est un couple exemplaire. Et celui de Daria (Dolly) et Oblonski est l'infidélité, l'hypocrisie. Daria est une femme soumise, à l'opposé d'Anna qui se veut une femme libre et plein de modernité, mais hélas elle en paye le prix. 

Mais aussi ce roman aborde bien d'autres réflexions sur le sens de la  vie, l'émancipation des femmes, les bienfaits du travail de la terre. L'écriture est magistral, c'est un roman dense et très touffu. qui tourne autour de l'amour fou, les ravages de la passion, autour des mœurs de l'époque. Tout comme "La Sonate de Kreutzer" c'est une réflexion sur le mariage, deux romans flamboyants. 

WILLA MARSH : Meurtres entre sœurs et Meurtres au manoir



Meurtres au manoir 

Traduit par Eric McComber


Après avoir lu "Meurtres entre sœur, j'ai eu envie de lire cet autre roman assez déjanté de Willa Marsh. 

Thomas,est un riche veuf vivant dans un manoir Tudor avec sa fille et ses 2 vieilles tantes. Il rencontre Clarissa, célibataire qui est à la recherche d'un grand amour. Elle est très enthousiaste de  sa demande en mariage. Elle  quitte son emploi et Londres pour s'installer au Pays de Galles.
Elle fait la connaissance Tante Gwyneth et Tante Olwen.

Elles se montrent gentilles et dévouées  avec Clarissa que celle-ci en oublie momentanément l'isolement dans lequel la plonge sa nouvelle situation. Elle désir à tout pris avoir un enfant de Thomas. Sa meilleur amie  d'enfance Georgy va venir habiter avec Clarissa. Les deux vieilles tantes sont très  rusées  et habile au jeu de la manipulation et 
dans un but bien précis.

"il y a aussi Evan le cousin de Thomas qui essaie de sortir son épingle du jeu. C'est surtout l'histoire aussi des deux tantes qui vivent là, qui ont un oeil partout et qui complotent beaucoup. Des mystères, des fantômes, des pratiques de sorcellerie... Tout cela s'entremêle pour former un roman drôle et plein de suspens. "

Comme dans "Meurtres entre deux sœur",  l'humour  est présent et il est grinçant avec  de nombreux rebondissements. Pour ma part, c'est une excellente lecture détente, agréable à lire sans prétention. En tout cas c'est une belle découverte !


Meutre entre sœurs

Traduit par Danielle Wargny

J'ai découvert ce roman chez Lou et je dois dire que je suis enchantée par ma lecture c'est une belle découverte !

L'histoire de ce roman se déroule dans les années 1950 en Angleterre. Olivia et Emily, des demi-sœurs, vivent une enfance heureuse. Jusqu'au jour où Mo et Pa font un troisième enfant : Rosie, la petite princesse, leur préférée. Une vraie peste. Peu à peu, Rosie parvient à empoisonner l'existence de toute la famille. 

Ce roman est  jubilatoire, c'est une agréable lecture mais quelques longueurs tout de même !


Deux romans lus dans le cadre du mois anglais  





NANCY MITFORD : Le Cher Ange

Traduit par Daria Olivier

Nancy Mitford dresse le portrait de l'Angleterre et de la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Grace, une jeune et riche anglaise, rencontre Charles-Edouard de Valhuibert, de passage à Londres pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il est Français, t coureur de jupons insouciant.  Grace accepte d'épouser Charles-Edouard, dont elle est tombée éperdument amoureuse. Charles-Edouard  doit partir  sur le front. 

A son retour, il retrouve son épouse, ainsi qu'un petit garçon, Sigismond. Le couple se rend immédiatement en France, où les habitudes de vie  sont différentes des deux époux.  
Le couple bat de l'aile et ils font être obligés de se séparer. "- Grace, mon enfant, il est de vote devoir de revenir à Paris et d'épouser Charles-Edouard. Représentez-vous cet homme infortuné, solitaire, triste, réduit à poursuivre les femme de tous ses amis, à se mettre au lit à des heures incongrues, avec, chaque fois, le risque d'être incompris."
Nancy Mitford dresse le portrait de l'Angleterre et de la France et surtout des français . Elle  égratigne  l'arrogance  des Américains qui se croient être les " maîtres du monde ".  
Une lecture agréable surtout pour son humour, le ton qui se dégagent.
Mais j'ai tout de même préféré "La poursuite de l'amour" et "L'Amour dans une climat de froid."



DAVID LODGE : La vie en sourdine

Traduit par Maurice et Yvonne Couturier


Desmond Bates est un universitaire à la retraite, il enseignait la linguistique au nord de l’Angleterre. Desmond s’ennuie, son principal problème est de comprendre ce qu’on lui dit, il a des problèmes d'audition qui entraine pas mal de quiproquos, de jeux de mot aussi. Il est obligé de porter un appareil, mais il n'a pas toujours les bonnes piles sous la main. Il se sent obliger d'apprendre à lire sur les lèvres. 
C’est à cause de ce handicap qu’il va se retrouver dans de nombreuses situations délicates.  Lors d’un vernissage d’exposition, Desmond rencontre une jeune et jolie étudiante, Alex Loom. Elle désir que Desmond s'occupe de sa thèse.  Alex devient très envahissante et Desmond va avoir du mal à se dépêtrer de cette relation.
Le père de Desmond   vit seul et se refuse obstinément à entrer en maison de retraite. Cette relation père/fils est l’occasion pour David Lodge de nous parler du temps qui passe. 

"La surdité est une sorte d'avant gout de la mort. Une très longue introduction au long silence dans lequel nous finissons tous par sombrer."
J'aime beaucoup l'univers de David Lodge son humour aussi. La vie en sourdine est un excellent  roman. Il est en partie autobiographique l'auteur ayant des problèmes d'audition, il évoque aussi la mort de son père avec beaucoup de pudeur. 

Où vont les gens quand ils meurent?
Quelque part sous terre ou dans le ciel?
Je n'en sais rien, a dit grand-père, mais il se peut

Qu'ils s'installent tout simplement à demeure dans nos rêves.

David Lodge, à la fois grâve,  sensible et cocasse, j'ai adoré me plongé dans ce roman. 

NELL LEYSHON : La couleur du lait

Traduit par Karine Lalechère
C'est le premier roman traduit en français de l’écrivain anglaise Nell Leyshon. 

«ceci est mon livre et je l’écris de ma propre main. écrire prend du temps, il faut tracer chaque mot lettre par lettre sur la page et quand c’est fini il faut encore vérifier qu’ils sont bien choisis. et pourquoi. souvent une histoire se passe plus vite qu’il ne faut de temps pour l’écrire. pourtant je dois me hâter car il ne me reste pas beaucoup de temps.»
En  1831,  dans la campagne anglaise du Dorset, Mary, une jeune fille de quinze ans. Elle est simple, franche et lucide. Elle grandit entre  un père brutal, une mère insensible et sévère une vie de misère.  Mary est une adolescente touchante de générosité. «on fait une sacrée paire tous les deux. quatre jambes et seulement une qui marche comme il faut. on a ri et je me suis levée.» Elle raconte comment, un été, sa vie a basculé lorsqu'on l'a envoyée travailler chez le pasteur Graham, afin de servir et tenir compagnie à son épouse, femme fragile et pleine de douceur.
Elle apprend avec elle la bienveillance, et découvre avec le pasteur les richesses de la lecture et de l'écriture. Elle va se servir de cet apprentissage qui lui servira a écrire son histoire . 
Nulle majuscule, une ponctuation aléatoire, des phrases courtes et d’une grande humilité, la Couleur du lait est le récit écrit mot à mot par Mary elle-même, avec ses formules à l’emporte-pièce, ses hésitations, mais surtout une obstination admirable. «il y a une chose qu’il ne faut pas oublier. j’écris ces mots de ma main en l’an de grâce mille huit cent trente et un et j’en suis fière. vous comprendrez pourquoi. je m’étais promis de tout vous raconter, mais je ne l’ai pas fait. j’ai menti.»  La Couleur du lait se déroule en quatre temps, celui du rythme de la nature. Ce un roman qui pour son ambiance  me fait penser aux romans de Thomas Hardy, mais aussi à un roman anglais Sarn de Marry Webb.

CHARLES PALLISER : LE QUINCONCE Tome 1


L'héritage de John Huffam


Traduction Gérard Piloquet

"Sur une plaque était gravé un dessin que je reconnus pour l'avoir plus d'une fois vu sur la vaisselle sur les couverts : une rose à quatre pétales. Mais ici, cinq de ces roses étaient rassemblées pour composer un motif où quatre d'entre elles étaient disposées aux coins d'un carré, et la cinquième en son centre. "
Dans l'Angleterre du début du XIXème siècle, le petit John Huffam vit en compagnie de sa mère  dans un village perdu. Chaque fois que l'enfant demande qui est son père, sa mère élude la question.  John souhaite pourtant connaître ses origines, son identité. 
" Orpheline. Encore un mot fort intéressant. J'enviais la petite fille de pouvoir se parer de ce qualificatif-là. Mais l'idée me vint à l'esprit que moi aussi j'étais à mi-chemin d'être orphelin."  A l'occasion d'une rencontre avec une gamine de son âge, Henrietta, fille des châtelains de l'endroit, il croit comprendre que sa mère et lui, pauvres parmi les pauvres mais attachés au maintien d'une improbable dignité, sont mystérieusement apparentés aux propriétaires du vaste domaine voisin: Hougham, lieu de sinistre réputation s'il en est.
 John consacrer sa vie à découvrir un secret de famille. John et sa mère part trouver refuge à Londres. Nous sommes en plein dans les secrets de famille, dans une ambiance très mystérieuse et opaque de l'Angleterre victorienne.Toute cette saga à la Dickens tourne autour du chiffre cinq. Un très beau récit initiatique, pour ma part j'ai très envie de me plonger dans la suite !



DORIS LESSING : Victoria et les Staveney

Traduit par Philippe Giraudon

Une petite fille noire oubliée dans une cour de récréation après une journée d'école. « Avec son pantalon marron foncé et sa veste noire, elle n'était qu'une tache plus sombre dans l'obscurité tourmentée de la cour où le vent se levait. » 
Et, ce soir-là, elle est terrifiée, elle se sent seul et démunie. L'histoire de Victoria se déroule à Londres aujourd'hui. Victoria est orpheline, pauvre, noire, et invisible en plus. La famille Staveney par un concours de circonstances, recueille la petite fille le temps d'une nuit. Victoria n'en croit pas ses yeux qu'un logement ne se limite pas à une seule pièce. Et c'est fascinée par cette maison si claire et si grande qu'elle reprend sa vie d'avant, long cauchemar. Elle doit soigner sa tante, manquer l'école donc, manquer la possibilité qu'elle avait de s'en sortir. Et lorsque, hypnotisée par cette maison si inaccessible située à dix minutes de chez elle. Elle retrouve Thomas, avec qui elle a une brève liaison, ils ont eu ensemble une petite fille, Marie, qui ne connaît pas son père. Victoria travaille, se marie avec Sam, un musicien noir qu'elle aime profondément, ils ont un petit garçon. Le bonheur ne dure pas pour Victoria.  Sam se tue dans un accident de voiture. Alors Victoria songe à retrouver Thomas et à lui présenter sa fille. De fait, les parents de Thomas, comédiens aux idées progressistes et au cœur généreux, accueillent la petite Marie à bras ouverts.

L'écriture de Doris Lessing est simple et limpide, elle coule de source comme son histoire.

J' ai été très sensible à cet histoire de Victoria. Doris Lessing démontre très bien dans ce court roman la différence de classe social celle de Victoria et celle des Staveney.

JONATHAN COE : La pluie, avant qu'elle tombe

Traduit par Jamila et Serge Chauvin

Durant mes vacances d'été j'ai lu ce roman en une après midi. Jonathan Coe est véritablement un écrivain fort intéressant. Encore une fois j'ai été sous le charme de ce roman, c'est surtout sa construction qui m'a séduite.

"Une photo finalement, c'est bien peu de chose. Elle ne peut capturer qu'un seul moment, sur des millions de la vie d'une personne où de la vie d'une maison. Quant aux photos que j'ai sous les yeux, celle que je compte te décrire.. Elle sont la preuve que les choses que je me rappelle se sont vraiment produites, qu'elles ne sont pas que des souvenirs fantômes, où des chimères, des fantasmes. Mais qu'en est-il des souvenirs pour lesquels il n'y a pas de photo, pas de corroboration, pas de preuve ?"


Rosamond vient de mourir, mais sa voix résonne encore, dans une confession enregistrée, adressée à la mystérieuse Imogen. S'appuyant sur vingt photos soigneusement choisies, elle laisse libre cours à ses souvenirs et raconte, des années quarante à aujourd'hui, l'histoire de trois générations de femmes, liées par le désir, l'enfance perdue et quelques lieux magiques. 

"Mais malgré tout, il me paraît important, il me paraît essentiel de ne pas sous estimer ce qu'on doit ressentir quand on se sent mal-aimé par sa mère. Par sa mère celle qui vous a donné le jour ! C'est un sentiment qui ronge tout estime de soi et détruit les fondements mêmes d'un être. Après ça, il est très difficile de devenir une personne à part entière."

 Il  offre au lecteur  un  roman grave et poignant. J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture qui tourne autour des secrets de famille.

IVY COMPTON BURNETT : Parents et enfants

Ivy Compton-Burnett appartient à la génération de  l'avant-garde du roman anglais au XXe siècle.
Traduit  par Karine Laléchère

"- L'amour d'un parent  est parfois si fort et si possessif que cela peut nuire à la compréhension, intervint Luce."


Les Sullivan, Fulbert et Eleanor, grands bourgeois de l’époque edwardienne, mènent une vie entre eux en vase clos. Apparemment, ne pas avoir de cœur aide à croire au bonheur. Le couple a neuf enfants ayant pour le moins du caractère : insolents, cupides, impitoyables et d’une redoutable lucidité. Un voyage d’affaires en Amérique du Sud, une mort annoncée, une résurrection imprévue, un remariage, et Ivy Compton-Burnett nous offre un feu d’artifice de  lourd secret de famille. Le ton est sec voir glacial, mais un certain humour est présent.

 C'est le premier roman que je lis d'Ivy Compton-Burnett. Le style est très particulier car il est constitué principalement que de dialogues, plus particulièrement de conversations. Ma lecture a été passionnante, mais pas forcément aisée c'est un roman qui se lit assez lentement, c'est un roman assez déconcertant  original pour sa forme, si particulière mais propre au style d'Ivy Compton Burnett.  Elle connaissait très bien les rapports si difficile entre enfants et parents. Il est question du  rôle que joue la famille dans l'éducation des enfants et de la place de chacun. 


FÉLICITÉ HERZOG : UN HÉROS

Rentrée littéraire 2012  - Premier Roman 

Son père, Maurice Herzog, vainqueur de l'Annapurna puis ministre de De Gaulle,  était  un héros national dans les années 50. Après la seconde guerre mondiale la France avait besoin d'un héros, d'une légende vivante pour une génération . Mais elle se pose très justement la question : " Qu'est-ce donc qu'un héros ? Un héros agit-il dans l'inconscience ou sa conduite est-elle le produit d'un acte délibéré ?"
En ce qui me concerne Maurice Herzog, c'est un nom qui me dit rien, je ne sais rien concernant cet aventurier.  Quant à sa mère, Marie- Pierre  est issue de deux illustres familles françaises, les Cossé-Brissac (du côté de son père) et les Schneider (du côté de sa mère). Félicité Herzog est née en 1968, elle est le second enfant du couple Maurice Herzog Marie Pierre Brissac, l'aîné  c'est Laurent, né en 1965 Félicité et son frère Laurent grandissent dans la solitude, l'absence du père et ils sont livrés à eux mêmes.  Son héros à Félicité Herzog s'est son  frère, hélas il  perdit la raison et il sombre dans la folie.Elle cherche à savoir pourquoi son frère est devenu fou. Elle évoque très peu son père un véritable Don Juan, occupé à embellir sa légende, tout d'abord elle le voyait très peu, il était avant tout un père de carte postale. Son père est un homme célèbre  au comportement odieux et hautain le passage concernant le dîner chez Le Pen le montre bien. Félicité Herzog est une jeune femme qui doit faire face à son milieu où règne le silence et la solitude. Tout son roman est centré sur les relations entre le père et la fille, la mère et la fille, frère sœur, les grands parents maternelles les Cossé-Brissac et les Schneider.  Le grand-père était duc de Brissac, prestigieuse famille de l’aristocratie française. Sa grand-mère était l’une des héritières de l’empire industriel des Schneider. " Nous devions être fiers de la légende d'acier  des Schneiders mais abhorrions leur paternalisme. Nous  vénérions la duchesse d'Uzès mais méprisions ce que représentait l'aristocratie". La petite fille séjournera souvent pour des vacances dans les châteaux de ses grands-parents. Elle décrit merveilleusement un monde hors du temps, poussiéreux. " Les Parents n'avaient pas complètement quitté les rives du XIX ième siècle. Nés au début du XXième siècle, ils avaient grandi pendant la Belle Époque selon des usages qui érigeaient la naissance et le respect des règles, écrites et non écrites, en principe fondamentaux. Brillants, cultivés et dotés de fortunes toujours considérables, ils évoluaient dans un univers où tout n'était que code, connivences et bienséance." 

 Ce  premier roman est passionnant, excellent et bien écrit, une écriture tour à tour violence fiévreuse et haletante.  J'ai surtout beaucoup apprécié la voix de cette femme, humaine et révolté envers les mensonges de son père qui a détruit son frère. 

Voir la critique de Jérôme Garçin en complément, et aussi ici.