Pages

samedi 20 octobre 2012

FÉLICITÉ HERZOG : UN HÉROS

Rentrée littéraire 2012  - Premier Roman 

Son père, Maurice Herzog, vainqueur de l'Annapurna puis ministre de De Gaulle,  était  un héros national dans les années 50. Après la seconde guerre mondiale la France avait besoin d'un héros, d'une légende vivante pour une génération . Mais elle se pose très justement la question : " Qu'est-ce donc qu'un héros ? Un héros agit-il dans l'inconscience ou sa conduite est-elle le produit d'un acte délibéré ?"
En ce qui me concerne Maurice Herzog, c'est un nom qui me dit rien, je ne sais rien concernant cet aventurier.  Quant à sa mère, Marie- Pierre  est issue de deux illustres familles françaises, les Cossé-Brissac (du côté de son père) et les Schneider (du côté de sa mère). Félicité Herzog est née en 1968, elle est le second enfant du couple Maurice Herzog Marie Pierre Brissac, l'aîné  c'est Laurent, né en 1965 Félicité et son frère Laurent grandissent dans la solitude, l'absence du père et ils sont livrés à eux mêmes.  Son héros à Félicité Herzog s'est son  frère, hélas il  perdit la raison et il sombre dans la folie.Elle cherche à savoir pourquoi son frère est devenu fou. Elle évoque très peu son père un véritable Don Juan, occupé à embellir sa légende, tout d'abord elle le voyait très peu, il était avant tout un père de carte postale. Son père est un homme célèbre  au comportement odieux et hautain le passage concernant le dîner chez Le Pen le montre bien. Félicité Herzog est une jeune femme qui doit faire face à son milieu où règne le silence et la solitude. Tout son roman est centré sur les relations entre le père et la fille, la mère et la fille, frère sœur, les grands parents maternelles les Cossé-Brissac et les Schneider.  Le grand-père était duc de Brissac, prestigieuse famille de l’aristocratie française. Sa grand-mère était l’une des héritières de l’empire industriel des Schneider. " Nous devions être fiers de la légende d'acier  des Schneiders mais abhorrions leur paternalisme. Nous  vénérions la duchesse d'Uzès mais méprisions ce que représentait l'aristocratie". La petite fille séjournera souvent pour des vacances dans les châteaux de ses grands-parents. Elle décrit merveilleusement un monde hors du temps, poussiéreux. " Les Parents n'avaient pas complètement quitté les rives du XIX ième siècle. Nés au début du XXième siècle, ils avaient grandi pendant la Belle Époque selon des usages qui érigeaient la naissance et le respect des règles, écrites et non écrites, en principe fondamentaux. Brillants, cultivés et dotés de fortunes toujours considérables, ils évoluaient dans un univers où tout n'était que code, connivences et bienséance." 

 Ce  premier roman est passionnant, excellent et bien écrit, une écriture tour à tour violence fiévreuse et haletante.  J'ai surtout beaucoup apprécié la voix de cette femme, humaine et révolté envers les mensonges de son père qui a détruit son frère. 

Voir la critique de Jérôme Garçin en complément, et aussi ici.

4 commentaires:

Wictoria a dit…

ton avis et l'extrait vidéo m'ont convaincu de l'intérêt de cette lecture ! merci

Sous les galets a dit…

Je découvre votre blog via votre billet sur Modiano, j'ai hésité à lire un "héros" à sa sortie, je vais y remédier. Bonne journée

Anis a dit…

Je viens de le lire et moi aussi j'ai beaucoup aimé mais les critiques sont souvent mauvaises.

Malice a dit…

Oui Anis c'est dommage car c'est un roman qui a peut-être quelques défauts mais qui est loin d'être sans intérêt !