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ELIZABETH L.BANKS : Dans la peau d'une domestique anglaise

et autre immersions d'une journaliste américaine
dans le Londres victorien

Mario Pasa (Préfacier)

Hélène Hinfray (Traducteur)
Hélène Colombeau-Amblard (Traducteur)

"Jeune femme éduquée et distinguée, obligée de gagner sa vie et ne trouvant pas d'autre emploi, cherche une des situations ci-dessus. Ne prétend pas être traité autrement qu'une servante. Accepte de porter bonnet et tablier, mais préférait ne pas partager son lit. Entièrement fiable et compétente. Références. Ville ou campagne. Salaire 14 livres. Adresse : ..."
En 1892, une jeune Américaine du nom d'Elizabeth L. Banks débarque à Londres avec l'espoir de percer dans le journalisme. Convaincue que les Anglaises doivent prendre modèle sur ses compatriotes pour obtenir plus de liberté, elle décide de dénoncer les conditions de travail des femmes les plus modestes, mais aussi de briser les préjugés de tous bords. Elle qui ne sait pas coudre un bouton se fait alors passer pour domestique, balayeuse de rue, bouquetière puis blanchisseuse.

Un ouvrage passionnant concernant les petits métiers dans cette Angleterre victorienne.





VALERIE MARTIN : MARY REILLY


Ce roman a été adapté par Stephen Frears il y a quelques années. J'en garde un souvenir excellent avec Julia Roberts dans le rôle de Mary Reilly  et John Malkovich.
« Mary Reilly » est, en plus d’une réinterprétation, un beau portrait de femme. Il n’y a pas de personnage féminin important dans le roman de Stevenson. La science, la médecine sont une affaire d’hommes. Ici, c’est la voix d’une femme du peuple, fragile, maltraitée par la vie que l’on entend. Une femme qui, grâce à l’attention que lui porte le docteur, réussit à s’épanouir, à écrire un journal, a créer un jardin. « Je me disais que la vie me deviendrait insupportable si je perdais ce sentiment de sécurité que j’avais toujours éprouvé dans cette maison, avec ce Maître, qui s’était occupé de moi et m’avait parlé, qui m’accordait une valeur que personne d’autre ne me reconnaissait. » 
La jeune Mary Reilly  dans son enfance a été maltraité par son père alcoolique.  Elle a réussit à se faire embaucher  Dr Jekyll.
 Mary se plie à ses demandes malgré sa peur. Intriguée et fascinée par le docteur, elle espionne ses moindres faits et gestes et s’inquiète en raison des longues expériences qu’il pratique dans son laboratoire. Jekyll y passe de plus en plus de temps s’épuisant à la tâche. Et c’est pour cela qu’il engage un nouvel assistant : Mr Hyde. Ce dernier effraie Mary lorsqu’elle le croise. Il est répugnant et provocateur, il est tout l’opposé du Dr Jekyll et il semble totalement dominer ce dernier. Mary écrit  dans son journal son quotidien de femme de chambre. Le roman décrit bien également les relations entre domestiques ainsi que le quotidien de ceux-ci. "Et comme nous étions à table elle déclara que nous avions bien de la chance d'être ainsi au chaud et à l'abri par un si mauvais temps dans cette belle maison avec ce bon maître, et Mr Poole fut d'accord, rapportant des histoires  malheureuses, qu'il avait lues dans les journaux, de serviteurs maltraités, mal payés, mal logé et qui travaillaient jusqu'à leur complet épuisement, et il y en avait partout dans Londres, semblait-il, et il se demandait comment ils supportaient çà."
Un excellent roman victorien très agréable à lire, voir passionnant. Un grand plaisir de lecture même si le rythme en début de roman est un peu lent. 

OCTAVE MIRBEAU : Le journal d'une femme de chambre

En ce début d'année, je découvre l'écriture d'Octave Mirbeau. 
Je ne connaissais que de nom, et bien c'est une très belle surprise !
"J'adore servir à table. C'est là qu'on surprend ses maitres dans toute la saleté, dans toute la bassesse de leur nature intime. Prudents, d'abords, et se surveillant l'un l'autre, ils en arrivent, peu à peu, à se révéler, à s'étaler tels qu'ils sont, sans fard et sans voiles, oubliant qu'il y a autour d'eux quelqu'un qui rôde et qui écoute et qui note leurs tares, leurs bosses morales, les plaies secrètes de leur existence, tout ce qui peut contenir d'infamies et de rêves ignobles le cerveau respectable des honnêtes gens."
Le roman relate l'histoire d'une jeune femme de chambre, Célestine . Elle est  engagée depuis peu dans une belle demeure  normande. Elle  découvre alors les habitudes d'un petit village et de ses habitants, nous délivrant également ses pensées sur ses nouveaux « maîtres » et les autres employés, une cuisinière, Marianne et un jardinier-cocher, Joseph, un antisémite très étrange qui fascine Célestine et le dégoute à la fois. Est ce que c'est lui qui a tué la petite Claire ? Le doute s'installe chez Célestine.  
Elle évoque aussi ses autres place comme celle de M.Georges, un jeune homme atteint d'une maladie incurable dont Célestine s'occupera avec ferveur, jusqu'à en devenir passionnément amoureuse. C'est une place qu'elle a beaucoup apprécié.  Enfin, Célestine n'épargne passes maîtres, et plus généralement les bourgeois, et autres familles riches. 

Octave Mirbeau publie "Le journal d'une femme de chambre" en 1900 à l'aube du XXième siècle,  avec une première version en feuilleton dans l'Echo de Paris dix ans plus tôt.

Ce journal est une magnifique étude social sur la condition  des domestiques qui m'a fait penser aussi au rapport entre maître et valet chez Marivaux.  
Cette lecture permet de se  replonger  dans une littérature qui est pour ma part séduisante celle de  Maupassant, Flaubert, Zola, et d'autres écrivains de cette époque. 


J'ai eu l'occasion de voir les deux adaptations pour le cinéma celle de Luis Bunuel et celle de Benoit Jacquot. Deux versions très différentes l'une de l'autre. J'ai aimé la version de Bunuel pour son esthétisme, et celle de Benoît Jacquot pour sa fidélité à l'œuvre d'Octave Mirbeau. 



MARGARET POWELL : Les tribulations d'une cuisinière anglaise

Traduit par Hélène Hinfray

 Ce témoignage date de  1968, quarante plus tard, il a inspiré le scénariste de Downton Abbey.
Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice, mais elle est issue d'un milieu modeste. De fille de cuisine, elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l'aube à la nuit, elle n'en est pas moins au service de ceux qu'on appelle "Eux", des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d'argent.

Un livre qui se lit très facilement mais un témoignage fort de toute une époque. Un récit sympathique 

DOWNTOWN ABBEY : Saison 3 et 4

Saison 3




Pendant les fêtes de fin d'année, j'ai pu voir la saison 1 et la saison 2. J'ai trouvé la saison un agréable et charme alors que la saison 2 m'a déçu trop mélodramatique. Alors je me suis dis et bien c'est sa la fameuse série populaire tant appréciée aussi bien par les français que par les anglais... et les américain. Et, puis tout de même par curiosité, je me suis dis voyant la saison 3. Je ne fus pas déçu car elle est à mes yeux plus relevée, plus piquante aussi. Dans les premiers épisodes pour le mariage de Marie et Matthew, arrive de New York la sœur de Cora interprétée par la pétulante et très enlevée Shirley Maclaine. L'humour très british et très fin est au rendez vous Maggie Smith en Grand maman est prodigieuse.
Le mariage de Marie est un très beau moment et heureux, contrairement à celui de sa sœur Edith, pour qui c'est un coup dur.
Edith est un personnage dans la série que j'aime beaucoup, elle représente la femme moderne qui sait prendre sa vie en main, elle désir devenir journaliste et elle doit se rendre souvent à Londres. Et elle ne se laisse pas abattre. Durant cette série Sybil se marie avec son chauffeur Tom. Donc des moments heureux avec des naissances mais aussi avec des décès.
Sybil accouche difficilement d'une petite fille, son enfant va connaître la vie et pas sa mère. Marie donne naissance à petit garçon, le père fou de joie en rentrant à Downtown Abbey, il décède dans un accident de voiture, pas de chance.
Du côté des domestique, Bates est  libéré de prison  enfin et il retrouve son poste. Il retrouve sa tendre Anna, et  tout rendre dans l'ordre entre eux , c'est attendrissant. Dans les dernier épisode de la série  arrive la jeune pétulante  Rose, la nièce de Violet, là aussi la venue de la jeune fille apporte un coup de jeune, de fraîcheur à la série la scène de cabaret à Londres est assez cocasse, tout comme le séjour en Ecosse. 
Au final j'ai vraiment pris beaucoup de plaisir à regarder cette saison, j'ai étéenthousiaste, il y a plein de jolis moment agréable à regarder la partie de match de cricket ou la fête foraine. Nombreux sont les personnages attachants, j'aime la générosité d' Isobel envers la jeune servante Ethel. Mrs Huggues est un beau personnage, l'amitié et l'entraide est au rendez vous, de nobles sentiments que l'on retrouve dans la saison suivante. 



La Saison 4




Mary est en deuil elle doit faire face à la situation en ce qui concerne la gestion de Downtown Abbey. Elle doit s'intéresser aux affaire du domaine à tout pris. Grâce au succès de Downton Abbey , une loi se met en place  concernant le droit de succession des filles aînées d'hériter du titre de noblesse familial. Cette Loi passionne les médias outre-Manche(source dans le Elle du 10 janvier). Et Une très belle amitié se noue entre Mary et Tom. Ce dernier est un personnage touchant car il ne renie pas ses origines et désir de s'élever dans la société même si il a dû mal et doute par moment, c'est tout de même un personnage intéressant. 


Mary et Tom et leurs enfants respectifs Georges et Sybill
Edith est de plus en plus une femme libérée et séduisante

Côté des employés de maison : une nounou a été engagé pour s'occuper des jeunes enfants. Cora la surprend entrain d'être désagréable avec la petite Sybill. Alors, elle la renvoie immédiatement. La dame de chambre de Cora, O'Brien est partie, il a fallu la remplacer. Le choix a été porté (curieusement) sur Edna. Cette dernière a été engagé à Downtown Abbey durant la Première Guerre Mondiale comme servante, où elle flirtait plus ou moins avec Lord Grantham curieusement.  Là donc, la voici à nouveau engagée comme femme de chambre. Voici, qu'elle noue une relation avec Tom avec qui elle a flirté avant de revenir. C'est une femme manipulatrice, elle part d'elle même. 
Les  Crawley décide d'inviter de vielles connaissances à Downton pour un week-end de fête et de détente. Lord Grantham a même engagé une célèbre cantatrice australienne, la célèbre Nelly Melbapour pour l'occasion.
épisode 3 Tom est mal-à-l'aise en compagnie  d'aristocrate.
 Violet tente alors de l'aider un peu, mais le jeune homme réalise que, malgré ses efforts, il n'appartiendra jamais à ce monde.
MrGreen, domestique de Gillingham, s'intéresse dès son arrivée à Anna, qui accepte volontiers son amitié, ce qui énerve MrBates,. La fin de l'épisode 3 prend une tournure dramatique, voir choquante selon moi, assez scandaleuse. Anna est alors une femme brisée et meurtrie.  La violence de la scène qui reste suggérée contraste avec la tranquillité et l’amusement du concert qui se joue à l’étage pendant lequel Bates apparaît détendu et serein.  C'est d'autant plus scandaleux que les Bates sont des personnages profondément humains, exemplaires et attachants, "Plus de 9 millions d'anglais d’entre eux ont suivi cet épisode et selon BBC news, la chaîne ITV aurait reçu 60 plaintes de spectateurs choqués  et mal à l'aise par cette scène. Sur Twitter de nombreux fans de la série se sont dit « choqués » et mal à l’aise. " 
C'est assez étonnant, à chaque fois ou presque que Lord Grantham reçoit il y a un scandale.  ces anglais aristocrates anglais invités qui ne savent pas se tenir.  C'était déjà le cas durant le premier saison avec la venue du riche Evelyn Napier (que l'on retrouve dans le quatrième saison accompagné d'un diplomate turc, Kemal Pamuk. Ce dernier tombe sous le charme de Mary  soudain victime d'une crise cardiaque dans le lit. 

Note jazzy dans la saison 4, Rose a été sous le charme d'un chanteur noir lors d'une sortie dans un cabaret à Londres. Ils vont se revoir à Downtown Abbey pour une surprise. Rose rêve d'une grande aventure avec son chanteur noir. Mais comment cela peut-être perçu par sa famille ? Quand à Edith, elle  s’est vue demander en mariage par son rédacteur en chef qui pourrait possiblement divorcer s’il s’expatriait en Allemagne. Mais, la pauvre, depuis son départ plus de nouvelle de lui. En plus il se trouve qu'elle attend un enfant. Et la question qui la trotte dans la tête est ce qu'elle doit le garder ou non ? Est ce qu'elle doit en parler à ses parents, à sa famille ? Est ce que Michael reviendra ? Nombreuses sont les questions qui lui trottent dans sa tête. 
Cette quatrième saison est à mon goût plutôt réussit (sauf la fin du fameux épisode 3), je dirais qu'elle est tout de même pimpante. La séquence de la Kermesse est un joli moment très anglais !

Personnellement, je trouve cette série agréable pour ce qu'elle est, d'une grande qualité, non  je ne tirai pas cela, attachante, plaisante oui ! Certains passages sont amusant, d'autres moins voir ennuyeux.  Il est très agréable de voir comment les personnages évolues.





DOWNTOWN ABBEY : Saison 1 et 2

Durant les fêtes de fin d'année j'ai découvert cette série. Voilà, tout le monde en parle et moi je n'avais encore rien vu, enfin plutôt pas eux l'occasion de la voir pour me faire une idée. Donc, j'ai pu voir les 2 saisons d'une traite.   

La première saison commence en 1912, l'année du naufrage du Titanic et se termine sur la déclaration de la guerre de 14 contre  l'Allemagne.  Lord Grantham, il est le maître du domaine de Downtown Abbey, se voit obligé de chercher le nouvel héritier direct du domaine. Il pense à  Matthew Crawley,  un lointain cousin. Il est le père de trois filles Mary, Edith et Sybil  Elle ne peuvent prétendre ni au titre ni à l'héritage.  Mary est l'aînée, elle est une ravissante brune,  distante, mais passionnée et sensuelle. Elle doit absolument se marier pour sauver le domaine de Downton. Elle est courtisée par de nombreux hommes, elle est fantasque avec ses soupirants et souvent cruelle avec sa jeune sœur, Edith, moins séduisante. Edith est la fille du milieu entre Mary et Sybil. Elle n'a pas une place facile au sein de la famille, elle est  intelligente, mais un peu gauche . 
Sybil Crawley est la plus jeune des sœurs.  Elle est enthousiaste,  désir de liberté et son militantisme pour le droit de vote des femmes. Elle  encourage notamment Gwen Dawson, sa jeune et ambitieuse femme de chambre, à changer de situation et à monter dans l'échelle sociale. La mère de Lord Grantham, Violet incarne l'aristocratie victorienne, avec ses idées préconçues, soutient son fils Robert, le comte de Grantham, et ses petites-filles. Elle a des relations  conflictuelles avec sa belle-fille, Cora, roturière américaine dont la fortune a pourtant sauvé Downton. 


 Lord Grantham,  s'intéresse au bien-être de ses domestiques.Carson est le majordome général de Downton Abbey, pétri des traditions de la vieille Angleterre, malgré un passé secret d'acteur de music-hall, petite anecdote amusante.
John Bates est le  nouveau valet de Lord Grantham, il a participé avec lui à la Guerre des Boers et 'est un homme affable, réservé, dont le passé est mystérieux. Affligé d'une blessure de guerre, il boîte, sa canne et ses douleurs laissent planer de sérieux doutes quant à sa capacité à assumer ce poste convoité de valet de chambre personnel du maître de Downton. Sa fonction lui attire la jalousie de certains domestiques, mais Anna et Mrs Hughes le soutiennent.  C'est j'ai trouvé un personnage très attachant et j'ai été sensible au couple qu'il forme avec la douce Anna la première femme de chambre, attachée au service de Mary, qui l'apprécie beaucoup et a grande confiance en elle, c'est une jeune femme romantique, courageuse et droite, qui partage sa chambre avec Gwen. 

Cette série est  inspirée de Gosford Park de Robert Atman.  Elle met en scène la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton Abbey, une demeure anglaise



J'ai été séduite par cette première saison, je me suis glissée avec beaucoup intérêt dans cette demeure. Les acteurs sont excellents. En voyant cette série j'ai pensé évidement à James Ivory et l'univers des romans de Forster. Mais c'est aussi une série sur un monde qui s'en va et l'ouverture vers la modernité. Cette première saison (7 épisodes) possède beaucoup de charmes ce regarde avec plaisir. 

La deuxième saison, la guerre est bien là, elle commence en novembre 1916. La vie des Crawley à Downton va être chamboulée, le rapport entre maîtres et domestiques va changé aussi. Le domaine se mobilise en organisant un gala de charité au profit de l’hôpital.
Matthew décide de revenir à Downton Abbey le temps d’une permission, il présente sa nouvelle fiancée Miss Lavinia Swire, la jeune femme très différente de Mary,  elle est très impressionnée à l’idée de devenir un jour maîtresse de Downton. Branson, chauffeur d’origine irlandaise, révèle ses sentiments à  Sybil. Celle ci  cherche à devenir infirmière, et elle veut se rendre utile en période de guerre. Downton Abbey durant la  guerre va se transformer en maison de convalescence pour les officiers. 
Cora, secondée non sans heurts par Isobel. Cette dernière veut en prendre la direction mais cela lui sera refusée. 
 Edith  apprend à conduire, donne un coup de main à la ferme puis elle s'investit pleinement auprès des soldats convalescents résidant à Downton, elle est comme sa sœur elle se rendre utile.  Dans cette saison, c'est Mary qui a le mauvais rôle. Elle n'est plus promise à Matthew, même si ils restent en très bon terme, Mary pense qu'elle va se marier à Sir Richard Carlisle, un magnat de la presse londonienne. 

Anna et Bates sont très amoureux l'un de l'autre et ils envisagent de vivre ensemble. Mais John Bates fut marié avec une odieuse femme nommée Vera. Leur histoire d'amour tourne hélas au mélodrame. Mais il faut bien le reconnaître, à mon sens que cette saison est très mélo et envoyé les violons !!! Madame Patmore la cuisinière oblige à Daisy d' accepter de se fiancer avec William, le valet de chambre,  qui s’est engagé comme soldat. Daisy est une jeune fille naïve et fraîche.
Cette saison deux est addictive (tout comme la première) elle se regarde assez agréablement mais tout de même quelques passages mon terriblement agacés et aussi certains personnages. 
Tout d'abord, Mary que je trouve odieuse concernant son mariage, elle a un côté tête à claque. Ses éternelles hésitations concernant ses sentiments pour Matthew, je trouve cela assez rasoir. Les deux sœurs Edith et Sybil sont deux jeunes femmes très intéressantes elles désirent prendre leur destin en main. La grande maman, Violet est une femme délicieuse avec beaucoup d'humour. Dans les invraisemblances ridicules, il y a celle  d'une nouvelle servante, elle va faire un bref passage, mai elle va s'entretenir à plusieurs reprise avec Lord Grantham. Ce dernier va perdre le contrôle de sa personne et il va l'embrasser sur la bouche. Puis lors de la guerre complètement défiguré l'ancien héritier en titre, Patrick, qui était censé avoir péri dans le naufrage du Titanic, revient complètement défiguré. C'est assez grotesque pour être crédible. 
Autant j'ai beaucoup apprécié la 1er saison, même si il y a un côté déjà vu, elle se regarde avec beaucoup de plaisir et de charme. Par contre, j'ai trouvé la suite, la deuxième saison assez décevante, voir par certain côté "nunuche" et ridicule. Oui, car l'on voit les grosses ficelles pour tenir en haleine le spectateur, il faut des rebondissements à tout prix. 
Cela est que mon point de vue et ces deux saisons m'ont permis de me faire une opinion sur cette série très populaire , je comprends que cette série plaise et soit appréciée,  puisqu'il existe à ce jour 4 saisons !
Complément voir chez Lou  : les saisons 1 et 2

KAREN BLIXEN : Festin de Babette


Nouvelle tiré du recueil intitulé Anecdotes du destin (1958)
nouvelle lu dans l'édition Quarto Karen Blixen : Les Contes
Traduit par Alain Gnaedig

Le Festin de Babette démarre comme un conte "Il y a en Norvège un long fjord étroit... Deux sœurs vivaient dans une de ces petites maisons jaunes, il y a soixante cinq ans". Martine et Philippa, les deux sœurs ont été élevées par un père pasteur luthérien. Après sa mort, elles  mènent une vie austère. Le temps passe, le temps s'écoule à un rythme lent. 
Par "une nuit pluvieuse de juin 1871""Les maîtresses de maison ouvrirent la porte à une femme forte, aux cheveux noirs et au visage livide, qui tenait à la mais un sac de voyage en toile." Babette fuyant la commune de Paris, elle est recommandé par Achille Papin, un chanteur d'opéra parisien.  Babette va devenir leur domestique pendant quatorze ans. Autrefois, ce célèbre chanteur d'opéra est venu à Berlevaag. Il fut sous le charme de la voix de Philippa. " C'est ainsi que le grand chanteur français et la jeune inconnue de Berlevaag se mirent à travailler de concert."Il fit travailler à Philippa le rôle de Zerline dans le Don Juan de Mozart. Dans le film de Gabriel Axel, le passage d'Achille Papin est assez savoureux quand il débarque à Berlevaag. Le réalisateur a su montré l'opposition entre le monde de l'opéra (luxe et paraître) et celui de l'austérité protestante luthérienne. 

 " Les talents et la fermeté de Babette furent également reconnu en dehors de la maison jaune" Babette se plie avec douceur à leurs règles jusqu'au jour où gagnant à la loterie une petite fortune celle décide d'offrir, un dîner français à l'occasion du centenaire de l'anniversaire de leur père pasteur.  Babette a été cuisinière au Café anglais à Paris. Amusant surtout dans le film de voir les regards des sœurs comme effrayées (de voir la tortue et les cailles), voir terrorisées (cauchemar) par la préparation des plats par Babette.

Karen Blixen nous conduit avec sensualité vers un repas que chacun des membres de la communauté s'interdit de commenter mais ce dîner possède un charme et si "d'habitude, à Berlevaag, on ne parlait guère pendant les repas. ce soir là les langues se délièrent "
Oui car pour eux c'est tout nouveaux ce repas, la communauté austère de Berlevaag n'a pas l'habitude de goûter à la bonne chair et de boire de grand vin. Ils ne connaissent pas le plaisir de la table. 
Pour cette occasion les sœurs ont invité le général Löwenhielm, ancien prétendant de Martine. "Trente ans plus tôt, le général Löwenhielm avait vu le visage de Martine sous une lueur identique, lorsqu'ils s'étaient séparés." Mais au cour du repas, le vin aidant les langues se délient, ce moment de convivialité réunis tout le monde, c'est le repas de la réconciliation grâce au talent et à la générosité de Babette. J'aime le ton féerique du conte qui plane tout au long de cette nouvelle plein de générosité touchante.


Le film de Gabriel Axel est fidéle à la nouvelle de Karen Blixen.  J'avais vu ce film à sa sortie en 1987 et j'avais été sous le charme mais je n'avait pas eu l'occasion de lire cette nouvelle magique ! Le film est véritablement charmant et le conte de Karen Blixen est tout simplement merveilleux. 


Voir en complément le billet de Mango

KAZUO ISHIGURO : Les vestiges du jour


Traduit par Sophie Mayoux

" Tout cette question présente une nette analogie avec un problème qui pendant des années, a fait l'objet d'un important débat au sien de notre profession : qu'est-ce qu'un "grand" majordome ?"

Lors d'un voyage dans la campagne anglaise, Stevens, majordome anglais, au service de Lord Darlington, va se souvenir de sa vie à Darlington Hall, somptueuse propriété . Stevens décide d'aller la retrouver Miss Kenton, il va effectuer un cheminement intérieur sur son passé. Il la connu lors d'un printemps de 1922, à Darlington Hall, et elle est là pour le seconder comme intendante, elle arrive en même temps que son père, majordome-adjoint. Tous les opposes, Miss Kenton est une femme enjouée, vive, impulsive qui respire la vie, Stevens est réservé, froid alors qu'elle est chaleureuse, pour lui rien ne compte que le travail, le travail et rien d'autre.
Dans cette somptueuse propriété toutes une bataille de domestiques que le majordome Stevens doit orchestrer et diriger.
Lord Darlington est une prestigieuse figure de l'aristocratie anglaise durant les années trente, sympathisant avec des pro-nazis. La grande Histoire joue sont rôle dans cette propriété prestigieuse, en 1922, une conférence internationale à lieu à Darlington , l'Allemagne est présente ainsi que Amérique et la France. L'américain Lewis est fermement contre la menace nazie. Stevens gère la logistique de cette manifestation avec une telle implication que le décès de son père, qui survient au même moment, passe au second plan.
"Miss Kenton paraissait assez troublée. "Votre père va très mal, Mr Stevens , dit-elle. J'ai fait prévenir le docteur Merdith, mais je crains qu'il n'ait un certain retard. " Sans doute eus-je l'air un peu ahuri, car Miss Kenton poursuit : " Mr Stevens, son état s'est réellement aggravé. Vous feriez mieux de venir le voir. - Je n'ai qu'un petit moment . Ces messieurs vont passer au fumoir d'une minute à l'autre. "
C'est un passage fort émouvant et que James Ivory a très bien su rendre dans son film, et là, la froideur de Stevens est bien palpable. J'ai trouvé que Stevens (plus dans le film que dans le livre, l'image étant plus forte que l'écrit) est un robot dans ses gestes, dans sa fonction il ne fait paraitre aucun sentiments aucunes émotions ou alors il fait tout pour la cacher. Je trouve cela fascinant, déroutant, le sentiment de prendre sur soi sans craquer.Miss Kitton a au cour de son existence à Darlington Hall, rencontrée un homme Mr Benn avec qui elle souhaite faire sa vie. Elle décide de partir de prendre de l'élan de voir autre chose, et là elle se lâche complètement, elle craque vraiment ses larmes sont un déchirement. Stevens entend les pleurs va la voir et il ne va pas la consoler au non mais seulement lui dire qu'elle devrait faire la poussière a tel endroit. C'est assez effroyable !

L'auteur à travers ce roman démontre bien tous les mécanismes dans la retenue des sentiments qui m'a fois est assez asiatique, le fameux paraitre, la face dire ne pas dire, faire ne pas faire etc ... Un très bon roman psychologique il n'y a aucune doute.


Je trouve ce roman tout simplement somptueux tout comme le film d'ailleurs mais James Ivory c'est la grande classe sorti en 1993 (film vu à sorti) ! Puis la musique souligne une ambiance mystérieuse et grandiose !

Emma Thompson et Anthony Hopkins forment un couple magistral dans ce film. Ah ! la scène avec le grand Michael Lonsdal et vraiment génial dans le rôle : Giscard Dupont d'Ivry, le représentant français à la conférence ! Hugh Grant, M Cardinal, filleul de Lord Darlington est excellent dans ce film et il n'en fait pas trop non plus.

GUSTAVE FLAUBERT : Un cœur simple

Après avoir lu le Perroquet de Flaubert !
Voici mon billet sur un cœur simple, il me semble que j'avais lu ce livre il y a très longtemps mais je m'en souvenais plus trop de l'histoire.
Gustave Flaubert a écrit "Un cœur simple" pour Georges Sand avec qui il a eut une correspondance passionnée.
J'aime beaucoup le style qui est très fluide qui glisse, en un mot une écriture très agréable et plaisante.
L'histoire se passe en Normandie, à Pont l'Évêque au XIXe siècle. Une femme Félicité, une fille simple de la campagne, a été déçu par son premier amour, avec Théodore, un fiancé brutal. Elle rentre à dix-huit ans au service de madame Aubain et elle sera une servante fidèle.
"Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse, - qui n'était pas une personne agréable"
Elle est très dévouée envers les autres jusqu'à leur mort même à son Perroquet Loulou. Elle s'occupe des enfants de sa maîtresse Paul et Virginie. Mais, la fille a de nombreux problèmes de santé.
" Virginie, dès les premiers jours, se sentit moins faible, résultat du changement d'air et de l'action des bains. Elle les prenait en chemise à défaut d'un costume ; et sa bonne la rhabillait dans une cabine de douanier qui servait aux baigneurs."
Paul partira au collège à Caen. Félicité s'occupera de l'éducation religieuse de Virginie. Puis, elle partira chez les Ursulines à Honfleur pour poursuivre son éducation. Elle meurt très jeune, Félicité en sera très affectée ainsi que sa mère madame Aubain. Félicité sera dévouée à son neveu Victor marin qui partira à la Havanne.
" À cause des cigares, elle imaginait la Havane un pays où l'on ne fait pas autre chose que fumer, et Victor circulait parmi les nègres dans un nuage de tabac."
Ce fait amènera une note exotique au récit une ouverture sur une destination lointaine. Cela fait écho aux nombreux voyages que faisait Flaubert avec son ami photographe Maxime Du Camp. Malheureusement, il reviendra pas, il a été atteint par la fièvre jaune.
Mme de Larsonnière offre à madame Aubain un perroquet, il fera le bonheur de Félicité. " Il occupait depuis longtemps l'imagination de Félicité, car il venait d'Amérique, et ce mot lui rappelait Victor, si bien qu'elle s'en informait auprès du nègre."
Loulou le perroquet sera sa consolation son compagnon qui parle, qui la distrait et égaye ses journée, bien qu'il soit mal mené par les uns et les autres. Félicité devient sourde. Puis un matin de grand froid, Loulou décéda , Félicité sera d'une grande tristesse qu'elle elle le fera empailler à sa mort.
" Un matin du terrible hiver de 1837, qu'elle l'avait mis devant la cheminée, à cause du froid, elle le trouva mort, au milieu de sa cage, la tête en bas, et les ongles dans les fils de fer. Une congestion l'avait tué, sans doute ? Elle crut à un empoisonnement par le persil; et , malgré l'absence de toutes preuves, ses soupçons portèrent sur Fabu. Elle pleura tellement que sa maîtresse lui dit : - "Et bien ! faites-le empailler!".
A la mort de sa maîtresse, Félicité resta dans la maison invendue, elle attrape une pneumnie. Elle devient très croyante. Pendant, que Félicité agonise dans une ultime vision le Saint-Esprit lui apparaît sous l'aspect d'un gigantesque perroquet.
La fin du conte est magnifique, une ouverture sur la vie, l'au-delà, c'est très beau. Félicité est un personnage très attachant. L'ambiance du livre fait penser à l'univers des tableaux d'Eugène Bourdin . Les plages normandes du XIX e siècle.