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lundi 14 janvier 2013

KAREN BLIXEN : Festin de Babette


Nouvelle tiré du recueil intitulé Anecdotes du destin (1958)
nouvelle lu dans l'édition Quarto Karen Blixen : Les Contes
Traduit par Alain Gnaedig

Le Festin de Babette démarre comme un conte "Il y a en Norvège un long fjord étroit... Deux sœurs vivaient dans une de ces petites maisons jaunes, il y a soixante cinq ans". Martine et Philippa, les deux sœurs ont été élevées par un père pasteur luthérien. Après sa mort, elles  mènent une vie austère. Le temps passe, le temps s'écoule à un rythme lent. 
Par "une nuit pluvieuse de juin 1871""Les maîtresses de maison ouvrirent la porte à une femme forte, aux cheveux noirs et au visage livide, qui tenait à la mais un sac de voyage en toile." Babette fuyant la commune de Paris, elle est recommandé par Achille Papin, un chanteur d'opéra parisien.  Babette va devenir leur domestique pendant quatorze ans. Autrefois, ce célèbre chanteur d'opéra est venu à Berlevaag. Il fut sous le charme de la voix de Philippa. " C'est ainsi que le grand chanteur français et la jeune inconnue de Berlevaag se mirent à travailler de concert."Il fit travailler à Philippa le rôle de Zerline dans le Don Juan de Mozart. Dans le film de Gabriel Axel, le passage d'Achille Papin est assez savoureux quand il débarque à Berlevaag. Le réalisateur a su montré l'opposition entre le monde de l'opéra (luxe et paraître) et celui de l'austérité protestante luthérienne. 

 " Les talents et la fermeté de Babette furent également reconnu en dehors de la maison jaune" Babette se plie avec douceur à leurs règles jusqu'au jour où gagnant à la loterie une petite fortune celle décide d'offrir, un dîner français à l'occasion du centenaire de l'anniversaire de leur père pasteur.  Babette a été cuisinière au Café anglais à Paris. Amusant surtout dans le film de voir les regards des sœurs comme effrayées (de voir la tortue et les cailles), voir terrorisées (cauchemar) par la préparation des plats par Babette.

Karen Blixen nous conduit avec sensualité vers un repas que chacun des membres de la communauté s'interdit de commenter mais ce dîner possède un charme et si "d'habitude, à Berlevaag, on ne parlait guère pendant les repas. ce soir là les langues se délièrent "
Oui car pour eux c'est tout nouveaux ce repas, la communauté austère de Berlevaag n'a pas l'habitude de goûter à la bonne chair et de boire de grand vin. Ils ne connaissent pas le plaisir de la table. 
Pour cette occasion les sœurs ont invité le général Löwenhielm, ancien prétendant de Martine. "Trente ans plus tôt, le général Löwenhielm avait vu le visage de Martine sous une lueur identique, lorsqu'ils s'étaient séparés." Mais au cour du repas, le vin aidant les langues se délient, ce moment de convivialité réunis tout le monde, c'est le repas de la réconciliation grâce au talent et à la générosité de Babette. J'aime le ton féerique du conte qui plane tout au long de cette nouvelle plein de générosité touchante.


Le film de Gabriel Axel est fidéle à la nouvelle de Karen Blixen.  J'avais vu ce film à sa sortie en 1987 et j'avais été sous le charme mais je n'avait pas eu l'occasion de lire cette nouvelle magique ! Le film est véritablement charmant et le conte de Karen Blixen est tout simplement merveilleux. 


Voir en complément le billet de Mango
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