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VICTORIA OCAMPO : En témoignage



Préface de Silvia Baron Supervielle
Traduit par Anne Picard

C'est grâce au dernier Masse Critique que je découvre cette grande intellectuelle argentine."Ma vie s'est écoulée, pleine de passion, dans ces terres argentines, et elle est si enracinée en elles que, bien que je me sente citoyenne du monde, je ne serais guère étonnée de devenir un jour l'un de ces auteurs posthumes qu'on consulte à propos d'un certain type de phénomènes locaux."
Victoria Ocampo est née dans une illustre famille argentine en 1890. Elle est l'aînée de six filles, et sa sœur Silvina a été poète et nouvelliste. Elle a quarante ans quand elle fonde la revue Sur, en 1931 et, peu après, les éditions du même nom. Pendant un demi-siècle, elle y publie les plus grands écrivains en Amérique du Sud.
De cette incessante activité, elle a porté « témoignage » durant cinquante ans sous la forme de chroniques, essais, études, comptes rendus, conférences et autres « exercices d’admiration». La première est Anna de Noailles, poétesse. Virginia Woolf était son amie, elle lui a consacrée plusieurs essais. Elle affectionne particulièrement la littérature anglaise. C'est à l'âge de six ans qu'elle effectue un voyage à Londres. Elle est fascinée par les soldats de la garde aux portes de Buckingham Palace. Paul Valéry connu surtout pour son livre "Monsieur Teste". Elle évoque sa relation avec Pierre Drieu la Rochelle. Il est question entre eux de la guerre d'Espagne, de la politique de leurs divergences, cela n'empêche nullement leur fidélité.
Gandhi et T. E. Lawrence sont deux grandes figures que Victoria Ocampo admire le plus. À quarante-neuf ans elle fait la connaissance de Roger Caillois chez Jules Supervielle à Paris. " Si j'avais annoncé à mes parents ma décision de me consacrer aux lettre, cela aurait été un motif d'inquiétude et de critiques."

Mais En témoignage rapporte aussi des souvenirs plus personnels des instants de vie sur son enfance, sa famille, sa maison, ou encore la nature qu’elle aimait tant…Comme le sont de nombreux écrivains elle est sensible à l'arbre. "À présent, cet arbre a son nom inscrit sur un petit écriteau, comme dans les jardins botaniques."
Victoria Ocampo fut aussi une femme engagée pour les droits des femmes. Passage émouvant concernant Albert Camus, Victoria Ocampo a traduit son œuvre pour sa maison d'édition Sur et il l'a rencontrée à de nombreuses reprises que cela soit à Paris où en Amérique du Sud et même à New York. C'est aussi à New York qu'elle rencontre Jean Cocteau. Autre passage émouvant, le chapitre intitulé : "Parce qu'ils sont juifs". Elle fut proche et à côtoyé à Paris Benjamin Fondane poète et essayiste roumain, avant que la guerre se déclare il lui remet son manuscrit " Rencontre avec Léon Chestov". 

Elle a habité à Paris, elle aimait la France elle lisait aussi bien en français qu'en anglais et dès son plus jeune âge. Un ouvrage superbe d'une grande érudition, très agréable à lire mais pas facile du tout à chroniquer car dense. La vie de Victoria Ocampo fut passionnante et riche en rencontres. Un très beau témoignage d'une grande intellectuelle argentine sur une époque riche culturellement.

Mon profil sur Babelio.com

KAREN JOY FOWLER : Le club de Jane Austen

Traduit par Sylvie Doizelet

Au début du XXIième siècle, en Californnie, un club composé de Bernadette, Jocelyn, Sylvi , Allegra, Prudie et de Grigg passionné de Jane Austen se rencontrent régulièrement pour parler de leur amour de la plume cette grande romancière anglaise. Bien évidement le club n'est que prétexte à s'évader de leur vie, à analyser leurs propres sentiments à travers ceux des héroïnes des romans de Jane Austen.
C'est une lecture agréable accompagnée d'une touche d'humour sympathique. Grigg m'amuse avec sa passion pour la SF.
Mais, je n'ai guère été intéressée par la vie sentimentales du petit club. Bien évidement, Karen Joy Fowler a cherché à établir un parallèle entre les œuvres d'Austen et la vie de ses propres personnages. Je ne trouve pas que ce parallèle soit bien pertinent cela dit. Qu'est ce qu'il y a en commun entre l'Angleterre de Janes Austen et le monde moderne de l'Amérique d'aujourd'hui ? à part les sentiments et encore c'est assez léger comme rapprochement.

ALAN BENNETT : La Reine des lectrices

Traduit par Pierre Ménard


Il fait parti des livres aussi très lu dans la blogosphère et je dois dire que je n'ai jamais été très tenté. Mais je ne sais si c'est par une envie de me démarquer mais je ne suis pas très friande et souvent déçue par les livres qui font l' unanimités. Voilà j'ai reçu une proposition de la part des éditions Folio alors je me suis dit et bien pourquoi pas voyons ...

Alan Bennett je connais l'auteur de nom et il me semble que c'est un auteur réputé pour son humour british. Ces pièces sont souvent jouées au Théâtre du Rond Point.
De quoi est il question dans ce très court roman ? De la Reine, en personne qui est soudainement se passionne pour la littérature essentiellement anglo-saxonne. L'on trouve dans ce court roman des réflexion intéressante concernant le rapport que l'on a à la lecture. Par exemple, pour la reine les livres sont tout sauf un passe temps contrairement à Norman qui lui lit pour son plaisir non pour accroître ses connaissances . "- Un passe-temps ? dit la reine. Les livres sont tout sauf un passe-temps. Ils sont là pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes. Loin de vouloir passer le temps, sir Kevin, j'aimerai au contraire en avoir davantage à ma disposition. Si j'avais envie de passer le temps, j'irai en Nouvelle-Zélande." Et, c'est exact. Elle dit aussi la chose suivante :
" Je perçois la littérature comme une immense contrée, inscrivit-elle un jour : je me suis mise en route vers ses confins les plus extrêmes, en sachant que je ne les atteindrai jamais."Je n'ai pas été vraiment sous le charme de ce petit roman, je n'ai pas été sensible à cet humour qui est surement plus subtil en VO ? Peut-être ! Dommage, il faut dire que je m'attendais peut-être à mieux ! Ce livre ne m'a vraiment pas enthousiasmé, déception.

EDITH WHARTON : Le Vice de la lecture



Traduit par Shaïne Cassim

Ce texte est paru en 1903 dans une revue littéraire américaine , Edith Wharton dénonce "l'obligation sociale de la lecture, nuisible à la littérature et fatale à l'écrivain." C'est du lecteur mécanique qu'elle critique de façon virulente " C'est ainsi que le lecteur mécanique œuvre systématiquement contre le meilleur de la littérature."
c'est pas complètement faux !
Edith Newbold Jones est issue de la haute bourgeoisie new-yorkaise. Elle est née en 1862, elle reçoit une bonne éducation, elle est une grande lectrice des livres de son père, celui ci possède une très belle bibliothèque. Très jeune elle écrit des poèmes et une nouvelle. En 1885; elle épouse Edward Robbins Wharton, elle divorcera de lui en 1913. Les Chemins parcourus- son autobiographie- parait en 1934, elle raconte ses souvenirs, son goût pour la lecture, ses réflexions sur l'écriture. Elle est décédé en France en 1937.
C'est un texte particulièrement intéressant, réflexion sur la lecture mais aussi sur la littérature. Je trouve cette réflexion est juste et toujours valable à notre époque.

" Lire vraiment est un réflexe ; le lecteur né lit aussi inconsciemment qu'il respire ; et pour pousser l'analogie plus avant, lire n'est plus une vertu que respirer."" Qu'est ce que lire, en dernière instance, si ce n'est un échange de pensée entre écrivain et lecteur ?"
" Il y a des livres qui restent de marbre - incapable de transformer ou d'être transformés -, mais ceux-là ne comptent pas en littérature"
Selon Edith Wharton il y a deux catégories de lecteurs : les lecteurs né et les lecteurs mécaniques. Elle parle du lecteur mécanique qui dit combien d'heures, il lit par jour, pour ma part je suis d'accord avec elle s'est ridicule de comptabilisé le nombre d'heures, moi personnellement je n'ai aucune idée du nombres d'heures je passe à lire un livre par jour, combien de pages j'ai lu, tout comme je ne compte pas le nombre de livres lus et non lus." Le lecteur mécanique, qui lit toujours consciencieusement, sait exactement combien il lit, et vous dira avec l'orgueil d'une ménagère scrupuleuse qui a calculé au demi-gramme près la consommation journalière de nourriture pour son foyer. Tout comme la ménagère a tendance à se rendre au marché chaque jour à telle heure, le lecteur mécanique a souvent un horaire précis pour emmagasiner ses provisions intellectuelles" Elle me fait rire quand elle elle remarque que le lecteur mécanique est l'esclave de son marque page, de se prononcer sur chaque livre qu'il lit, personnellement il m'arrive de ne pas évoquer des livres lus et je n'en fais pas un drame !.




Le lecteur mécanique qui doit lire un livre juste au bout pour avoir un avis sur un livre. Personnellement, un livre qui ne me plaît pas je le remarque tout de suite , j'arrive à capter la musique de l'ouvrage. " Le lecteur mécanique est incapable de discerner intuitivement si un livre mérite d'être lu ou pas. En réalité, tant qu'il n'a pas lu la dernière ligne, il est dans l'impossibilité d'avoir un avis ; pas plus qu'il ne peut donner de motifs à son opinion quand il s'en forme un."
Aussi, elle relève un fait très juste du lecteur mécanique qui doit à tout pris lire le livre dont on parle, lire des livres faciles, d'être au courant de tout ce qui s'écrit. " Le lecteur mécanique, lui, ne doute jamais de sa compétence intellectuelle."
Autant je trouve que l'expression concernant le lecteur mécanique est juste voir exact, bien vue. Dans un premier temps l'expression lecteur né , je ne comprenais pas trop le sens de cette expression. Dans un deuxième temps, je me suis dit qu' elle n'évoque pas les classes sociales, elle critique plutôt les gens de son milieu social et de se faite je rapproche ce texte à Xingu. Pourquoi serions-nous tous des lecteurs ? Nous ne sommes pas censés être tous musiciens, mais lecteur nous devons tous l'être; "" Lire n'est pas une vertu, mais bien lire est un art, et un art que seul le lecteur né peut acquérir ." Cette réflexion me laisse perplexe, car pour moi lire ce n'est pas un art mais c'est un enrichissement. Elle évoque le rapport magique entre un lecteur et la rencontre avec un livre. Pour Edith Wharton les livres sont comme des personnes ou plutôt comme des arbres selon elle qui vivent et non pas mort comme le voit le lecteur mécanique.
Elle apprécie l'intelligence du lecteur qui sait lire entre les lignes, et pour qui la lecture est une réflexion propre à lui. J'adhère tout à fait à ce jugement. Mais, elle le souligne assez justement que tout consommateur de livres est un lecteur mécanique. Je trouve que dans ce texte se dégage un amour pour les livres et la littérature. Je ne trouve pas qu'Edith Wharton emploi un ton hautain, méprisant mais plutôt réaliste selon moi, élitiste non plus exigeant oui . C'est un texte enrichissant qui demande beaucoup de réflexion à lire et à relire pour mieux comprendre certains point.

Ce petit livre a fait couler beaucoup d'encre dans la blogosphère, le lecteur de ce court texte est loin d'être indifférent. Certains on détesté d'autre on apprécié quoiqu'il soit Edith Wharton aurait été horripilé par les blogs de lecture, cela j'en suis certaine !
Voir billet de Cécile's Blog, Lau, Antigone

SAM SAVAGE : Firmin


Autobiographie d'un grignoteur de livres
Traduction Céline Leroy et pour voir les illustrations c'est ici

J'avoue je ne le trouve pas désagréable ce petit Firmin. Ok , il est question d'un rat, mais pas n'importe quel rat un rat de bibliothèque finement lettré. Il est d'une grande laideur, il le reconnaît " Même à cette époque où ma conception de la beauté se bornait aux dessins d'Alice au pays des merveilles par Tenniel , je savais que ce que j'avais devant moi était laid." C'est un rat qui vit à Boston dans les sous sols de la librairie de Scollay Square, vieux quartier en péril du Boston des années 1960. Il se nourrit évidement de livre qu'il grignote le papier c'est comme même mieux que la poussière, cela à meilleur goût. " Dans le sous-sol de la librairie où nous vivions, il n'y avait ni charbon ni terre. Il y avait une quantité de poussière, mais la poussière, ça ne se mange pas.""En revanche, le papier, comme je l'ai découvert très tôt, possède une texture merveilleuse qui peut même, dans certains cas, avoir bon goût. On peut en mastiquer un simple morceau pendant des heures comme un chewing-gum."" J'ai remarqué que chaque livre avait un goût propre - sucré, aigre, amer, aigre-doux, rance, salé, acide."" Bon à manger, bon à lire" est devenu ma devise.

Un rat de fin cinéphile, il aime voir les films avec Fred Astaire et Ginger Rogers au Rialto.
C'est un rat mélomane , il a un goût excellent je trouve, il aime la musique, en particulier le jazz (Cole Porter ou Gershwin), il joue du piano. Dans ce roman qui n'en est pas un car pas d'intrigue, pas d'histoire à proprement parlée. C'est le quotidien de Firmin qui est évoqué en compagnie d'humains solitaires. Je trouve ce petit livre sympathique,mais sans plus aussi, mais assez intéressant une lecture loin d'être désagréable.
J'aime bien quand il évoque Tess d'Uberville de Thomas Hardy (car c'est un livre qui m'est cher) :"Après ça, j'ai de nouveau filé vers - l'Angleterre - enjambant océans, continents et siècle aussi facilement que je descendais du trottoir - où j'ai construit un petit feu le long d'un chemin de terre pour que cette pauvre Tess, condamnée depuis le début, arrachant des navets dans un champ balayé par le vent, puisse chauffer un peu ses mains abîmées. J'avais déjà lu l'histoire de sa vie deux fois - je connaissais sa Destinée - et pourtant j'ai dû détourner les yeux pour dissimuler mes larmes." p55/56 Firmin se ballade à travers les livres c'est touchant





EDITH WHARTON : XINGU


Traduit par Claudine Lesage


Voilà, je découvre l'univers d'Edith Wharton par cette nouvelle remplit d'humour publiée en 1916. Le style et le ton ne bougent pas et cela n'est absolument pas démodé, c'est très bien vu et c'est excellent plein de justesse. Xingu est le livre qu'il faut lire surtout quand on tient un blog. Il est question d'un salon, club mondain très fermé : le Lunch Club, au début du XXe siècle, des femmes bourgeoises réunissent pour parler de littérature, et avant tout de Culture. Et je trouve que tout est dit dès l'entrée de la nouvelle : "Mrs Ballinger était une de ces dames qui traquent la Culture en groupe et considèrent toute rencontre fortuite comme dangereuse. Voilà pourquoi elle avait fondé une association, le Lunch Club, composée d'elle-même et de plusieurs indomptables chasseresses de l'érudition."
Puis, arrive une femme, une écrivaine Osric Dane, qu'elles reçoivent évidement elles toutes lues son livre, elles idolâtrent celle auteure qu'il faut avoir lue. Ce qui en soit est ridicule, mais dans ce cercle de femmes snobs, Mrs Ruby est regardé de haut car elle dit avec sincérité qu'elle n'a rien lu de l'auteure invitée, mais que le dernier ouvrage d'elle " Ailes de la mort". Elle se démarque des autres, elle revient d'un pays exotique au Brésil. Puis, elle lance Xingu, et là tous les regards se retournent vers elle, Osric Dane est intriguée par Mrs Ruby et le Xingu. La chute du deuxième chapitre est excellente. Les autres dames du club très snobs sont épatées car elles ne connaissent pas le Xingu, elles qui soient disant sont si érudites, elles feront des recherchent dans une encyclopédie. Ces femmes sont détestables, orgueilleuses , cruelles en un mot puantes.

Beaucoup d'humour, j'ai eu de la sympathie pour Mrs Ruby, je me sens assez proche d'elle. Je trouve cela stupide quand tout le monde tient le même avis sur un livre ou un film. Une bonne introduction me semble t-il pour découvrir Édith Wharton.

HELENE HANFF : 84, Charing Cross Road

traduction Marie Anne de Kisch



Grâce à Sylire et à Bellesahi je me suis jetée, le mot est juste, sur ce livre. Cette correspondance est un vrais roman, elle débute en octobre 1949, Helen Hanff habitant New York, décide d'écrire à cette librairie Marks&Co à Londres. Je trouve que c'est assez culotté de la part d'Hélène Hanff de prendre la plume et d'écrire à cette librairie anglaise, dans les années 50. Elle vit dans une situation assez précaire mais elle n'hésite pas à dépenser son maigre salaire en livres en occasion mais en bonne état. Non seulement elle aime les livres mais elle est d'une très grande générosité, elle enverra des colis de nourriture à tous les employés de la librairie . l’Angleterre de l’après-guerre est encore soumise au rationnement alimentaire, surtout en ce qui concerne les œufs. Grâce aux livres, une véritable amitié va se nouer malgré la distance.
C'est un peu la même chose aujourd'hui entre bloggueurs : l'amour des livres, du partage, des échanges et des swaps , n'est ce pas !
J'aime chez Helene c'est son attention aux livres en tant qu'objet "Merci pour ce beau livre. Je n'avais encore jamais possédé un livre doré sur tranche sur les trois côtés."J'ai aimé aussi comment ses amis lui décrient la librairie. Quand on connaît un peu le peintre William Hogarth cela donne une petite idée de la librairie de son allure un peu vieillotte.

Mon opinion est la suivante :
Pour moi ce livre restera une curiosité, mais une belle curiosité tout de même.
J'ai aimé les tons différents d' Hélène bordélique et passionnée, le côté anglais dans la retenue très britannique. C'est un peu dommage les lettres sont trop courtes, j' aurai aimé qu'elles soient plus longues, on reste un peu sur sa fin. En plus il est très peu question de romans à part "Orgueil et Préjugé" de Jane Austen qui est un peu l'exception.
"Vous serez stupéfait d'apprendre que moi qui n'aime pas les romans, j'ai fini par me mettre à Jane Austen et me suis prise de passion pour Orgueil et préjugé que je ne pourrai pas arriver à rendre à la bibliothèque avant que vous ne m'en ayez trouvé un exemplaire."
Il est surtout question d'essais qui nous disent rien à nous français.

Quelque part mon ressenti concernant ce livre rejoint celui de Chimère


JACQUES POULIN : Chat Sauvage


coeur_022C'est le premier livre de Jacques Poulin que j'ai lu, il y a quelque temps puis pour mon blog j'ai eu envie de le relire. J'admire énormément cet auteur. Dans le petit monde des bloggeurs français et québécois il n'y a pas que moi. Mais aussi Cathe Dans ce livre mais aussi dans les autres livres de Jacques Poulin l'écriture et la lecture font qu'un. Pour l'écrivain s'est vital.
Jack est un écrivain public mais aussi de temps en temps il effectue des traductions. Il a une santé fragile, il a eu des ennuis cardiaque.
Pour écrire ses lettres pour ces clients il puise dans la littérature dans les lettres de Kafka à Milena, Tchekov à Olga.
Il partage sa vie avec Kim. Elle psychologue elle s'occupe beaucoup des plus démunis.


Puis un jour, il reçoit la visite d'un vieil homme étrange qui lui demande d'écrire une lettre à sa femme. C'est un personnage mystérieux, Jack va enquêter sur lui pour en savoir plus.

Ce livre est un hommage à Hemingway : le Vieil homme est un clin d'œil en direction du grand écrivain américain. Et aussi à travers ce livre, Jacques Poulin nous ballade dans le vieux Québec. Ville que j'ai eu la chance de visiter. "La nuit commençait à peine. Entre les tours illuminées des grands hôtels situés à l'ouest du Parlement, et le diadème vert et jaune qui couronnait la Château Frontenac au bord du fleuve."

Son amour pour cette ville fait écho à Paris est une fête d'Ernest Hemingway (livre qui vient en référence souvent chez J. Poulin). Dans ce livre Jack cherche donner un sens à sa vie
© Alice Théaudière



Un des thème qui revient dans les livres de Jacques Poulin c'est la notion du temps qui passe.
Dans l'œuvre de J.Poulin, se livre vient après Volkswagen Blues. Donc on retrouve le bon vieux Volks, la piste de l'Oregon. Macha la jeune fille abandonnée ressemble un peu pour son côté sauvage à la Grande Sauterelle.

Et d'ailleurs quelques passages cocasses à ce sujet au sujet des traducteurs : référence au livre de John Irving "L'hôtel New Hampshire".

"J'étais atterré. Comme des millions d'amateurs de sport en Amérique, je savais très bien que le nombre de prises au baseball était limité à trois. Je refermai le roman, éteignis la veilleuse et me remis à la fenêtre. Le regard perdu dans la nuit je me mis à penser aux nombreux traducteurs qui vivaient en France, de l'autre côté de l'Atlantique, et qui traduisaient des romans américains. Ils avaient toute ma sympathie, car je savais à quel point leur métier était difficile, et l'envie me vint de leur écrire une lettre. Je voulais leur dire qu'il y avait au Québec, depuis peut-être un siècle, un grand nombre de gens qui pratiquaient le baseball et le football américain et qu'ils le faisaient en français."

De nombreux passages drôles et cocasses, rare chez Jacques Poulin, rend ce livre très agréable à lire.



JACQUES POULIN : Tournée d'automne


nature007
Le thème de l'amour mais surtout de la tendresse et bien sûr comme souvent chez Jacques Poulin la route et les grands espaces sont au rendez-vous. Le duo de la femme et de l’homme dans le bus renvient souvent dans les romans de Jacques Poulin. Je reparle de ce livre car il fait partie du concours Bibliolys. Et j'en profite aussi pour modifier mon commentaire sur livre.
Le Chauffeur, on ne sait pas son nom, il conduit un bibliobus bibliothèque ambulante. C’est un amoureux des livre comme l’auteur référence à Hemingway et à son séjour à Paris "Paris est une fête". Avant sa tournée, il rencontre une troupe qui vient de France, là se développe une amitié toute particulière entre le chauffeur et Marie, la responsable de la troupe.
Roman très intimiste, où les personnages apprennent à se connaître et à se respecter, à travers les belles régions du Québec.
Les tourments de la vieillesse. Un hymne aux livres, à l'amour, à la vie, à son pays aussi.
Quand on lit un livre de Jacques Poulin on a très envie d’aller au Québec et de voir de plus près les paysages qu’ il nous décrit.

L'année dernière je suis allée en Gaspésie. Je suis allée voir les Fous de Bassans comme Jacques Poulin dans le livre, quand après une longue marche l'on débouche sur la colonie et que l'on entend le piaillement des fous de Bassans une grande émotion nous envahis, j'ai été sans voix.
"Plus loin la pente diminua et ils débouchèrent enfin sur la colonie de fous de Bassans. Entre le bord de la falaise et une clôture en bois s'agglutinaient en une masse mouvante et piaillante, plusieurs milliers d'oiseaux à la tête blanche casquée de jaune, ils pointaient le bec en direction de leurs congénères qui tournaient au dessus d'eux, venant de la mer bleu foncé où ils avaient plongé pour aller attraper un poisson."


Puis je suis allée à Miguasha le centre des fossiles. "Vers six heures du soir , ils s'arrêtèrent à Miguasha, dans la baie des chaleurs. Ils étaient très las.""Miguasha était un endroit réputé pour ses fossiles de poissons vieux de trois cent cinquante millions d'années."Donc voilà deux passages qui me font revivre mon merveilleux voyage de l'année dernière et amusant cet écho dans Tournée d'automne. Et le chauffeur dans son bibliobus il possède Ces enfants de ma vie de Gabrielle Roy , entre autre et plein de beaux livres et de chansons. Ce livre est vraiment un beau voyage au plaisir des mots et du paysage.

Photos
© Valérie Muller et © Alice Théaudière