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mardi 26 juin 2012

VICTORIA OCAMPO : En témoignage

Préface de Silvia Baron Supervielle
Traduit par Anne Picard

C'est grâce au dernier Masse Critique que je découvre cette grande intellectuelle argentine."Ma vie s'est écoulée, pleine de passion, dans ces terres argentines, et elle est si enracinée en elles que, bien que je me sente citoyenne du monde, je ne serais guère étonnée de devenir un jour l'un de ces auteurs posthumes qu'on consulte à propos d'un certain type de phénomènes locaux."
Victoria Ocampo est née dans une illustre famille argentine en 1890. Elle est l'aînée de six filles, et sa sœur Silvina a été poète et nouvelliste. Elle a quarante ans quand elle fonde la revue Sur, en 1931 et, peu après, les éditions du même nom. Pendant un demi-siècle, elle y publie les plus grands écrivains en Amérique du Sud.
De cette incessante activité, elle a porté « témoignage » durant cinquante ans sous la forme de chroniques, essais, études, comptes rendus, conférences et autres « exercices d’admiration». La première est Anna de Noailles, poétesse. Virginia Woolf était son amie, elle lui a consacrée plusieurs essais. Elle affectionne particulièrement la littérature anglaise. C'est à l'âge de six ans qu'elle effectue un voyage à Londres. Elle est fascinée par les soldats de la garde aux portes de Buckingham Palace. Paul Valéry connu surtout pour son livre "Monsieur Teste". Elle évoque sa relation avec Pierre Drieu la Rochelle. Il est question entre eux de la guerre d'Espagne, de la politique de leurs divergences, cela n'empêche nullement leur fidélité.
Gandhi et T. E. Lawrence sont deux grandes figures que Victoria Ocampo admire le plus. À quarante-neuf ans elle fait la connaissance de Roger Caillois chez Jules Supervielle à Paris. " Si j'avais annoncé à mes parents ma décision de me consacrer aux lettre, cela aurait été un motif d'inquiétude et de critiques."

Mais En témoignage rapporte aussi des souvenirs plus personnels des instants de vie sur son enfance, sa famille, sa maison, ou encore la nature qu’elle aimait tant…Comme le sont de nombreux écrivains elle est sensible à l'arbre. "À présent, cet arbre a son nom inscrit sur un petit écriteau, comme dans les jardins botaniques."
Victoria Ocampo fut aussi une femme engagée pour les droits des femmes. Passage émouvant concernant Albert Camus, Victoria Ocampo a traduit son œuvre pour sa maison d'édition Sur et il l'a rencontrée à de nombreuses reprises que cela soit à Paris où en Amérique du Sud et même à New York. C'est aussi à New York qu'elle rencontre Jean Cocteau. Autre passage émouvant, le chapitre intitulé : "Parce qu'ils sont juifs". Elle fut proche et à côtoyé à Paris Benjamin Fondane poète et essayiste roumain, avant que la guerre se déclare il lui remet son manuscrit " Rencontre avec Léon Chestov". 

Elle a habité à Paris, elle aimait la France elle lisait aussi bien en français qu'en anglais et dès son plus jeune âge. Un ouvrage superbe d'une grande érudition, très agréable à lire mais pas facile du tout à chroniquer car dense. La vie de Victoria Ocampo fut passionnante et riche en rencontres. Un très beau témoignage d'une grande intellectuelle argentine sur une époque riche culturellement.

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2 commentaires:

Dominique a dit…

Celui là aussi je le note, je l'avais vu il y a quelques jours mais sans avoir le temps de lire ton billet tranquillement
je suis intriguée par cette femme, elle apparait à plusieurs reprises chez des écrivains que j'aime : Yourcenar, Manguel , je serais curieuse de mieux la connaitre

Malice a dit…

Oui, il est certain que c'est une femme qui a compté dans l'histoire des lettres mais qui est très peu connu !