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TANIA DE MONTAIGNE : NOIRE

La vie méconnue de Claudette Colvin

" Être noir, contrairement à ce que l'on imagine, ça n'est pas une question de peau, c'est une question de regard, de ressenti."
Noire est l'histoire de cette héroïne de quinze ans, toujours vivante, et presque méconnue. Noire est le portrait d'une ville légendaire, où se croisent Martin Luther King, pasteur de vingt-six ans et Rosa Parks, couturière de quarante ans, pas encore Mère du mouvement des droits civiques. Noire est le récit d'un combat qui dure encore contre la violence raciste et l'arbitraire."Claudette Colvin a été éjectée du mouvement des droits civiques parce qu'elle était enceinte d'un homme marié et blanc. "
Seulement, le 2 mars 1955, dans le bus de 14h30, Claudette Colvin refuse de céder son siège à un passager blanc. Malgré les menaces, elle reste assise. Jetée en prison, elle décide de plaider non coupable et d'attaquer la ville. Avant elle, personne n'avait osé et ce jour marque le début d'un itinéraire qui mènera Claudette Colvin de la lutte à l’oubli.

"Jim Crow n'est pas un homme, c'est une invention, le héros d'une chanson du début du XIX°siècle, une chanson d'avant la radio, d'avant le cinéma quand on allait au théâtre pour se divertir, quand  les spectacles ambulants traversaient les villes. "Jump Jim Crow", une chanson écrite et popularisée par Thomas Darmouth Rice, comédien blanc qui eut l'idée lumineuse de faire d'un noir du Sud le personnage central de son spectacle." 

"Daddy Jim Crow est un noir qui saute, chante et danse car il est joyeux, comme tous les noirs, non ? Il faut aussi savoir manier l'humour, avoir des talents d'imitation, car Jim Crow est un noir à l'accent traînant, paresseux et stupide, comme tous les noirs, non ?"



"Joan Ann Gibson Robinson  femme invisible dont la photographie la plus célèbre est prise dans le commissariat de Montgonery, une photo où elle porte le matricule 7042. Elle le tient d'une seule main, du bout des doigts, le visage légèrement tourné sur le côté, comme si tout ça n'avait pas grande chose à voir avec elle. Peau claire, cheveux au carré, sourire à la Mona Lisa, elle est élégante et, il n'y aurait cette mise en scène policière, tout prêterait à croire que Jo Ann Gibson Robinson est simplement de passage avant de partir jouer au bridge." 


BULLE OGIER : J'ai oublié

avec Anne Diatkine
Prix médicis  - Essai 2019

Écrit avec l'aide de la journaliste et amie Anne Diatkine, J'ai oublié  est à l'image de la comédienne, doux et mélancolique. "J'ai oublié pourquoi je suis devenue actrice" . Sur scène, elle a joué sous la direction de Luc Bondy, Claude Régy, Jean-Louis Barrault, Patrice Chéreau... 

Actrice de cinéma et de théâtre, Bulle Ogier, qui a fêté ses 80 ans le 9 août, a choisi un titre presque énigmatique, J'ai oublié, pour relater ses souvenirs et les drames de sa vie. Peut-être un clin d'œil au livre Je me souviens, fameux exercice sur la mémoire des petits riens d'une vie, publié en 1978 par Georges Perec.

Bulle Ogier est née Marie-France Thielland le 9 août 1939 à Boulogne-Billancourt. Ce père absent a refusé "par courrier recommandé avec accusé de réception" que la jeune femme utilise son nom en tant qu'actrice. "J'ai repris le nom de ma mère avec beaucoup de plaisir. Je n'oublierai jamais que l'unique fois où mon père a été salvateur à mon égard, c'est lorsqu'il m'a retiré le droit de porter son nom", assène la comédienne. Quant au prénom Bulle, l'actrice raconte que c'est une idée de son oncle, le frère de sa mère. Quand elle était enceinte, il lui demandait : "Comment va ta bulle ?"... "Si bien que ma mère et à sa suite tous mes amis m'ont toujours appelée ainsi."

Ses films dans lesquels Bulle Ogier a joué un rôle important dans sa carrière : 

Elle a fait ses début dans : Les idoles de Marc' O (1967)



"Je n'ai pas oublié, car les débuts dans la vie sont seuls moments qui restent nets , que c'est à l'America Center que Marc'O avait créé son école que fréquentaient aussi Pierre Clémenti et Jean Pierre Kalfon, Elisabeth Wiener et tant d'autres, et qu'il disposait d'une salle de 11 heures à 17 heures, pour travailler ses propres textes et mises en scène avec sa trentaine d'élèves, mais on n'utilisait pas se terme"

Elle est  devenue célèbre au cinéma avec La Salamandre d'Alain Tanner (1971). Un film qui lui a collé à la peau. 





 L'Amour fou de Jacques Rivette (1969) avec qui elle a tourné dans de plusieurs films. 

Elle a tourné avec Luis Buñuel, Barbet Schroeder (son mari et "homme de sa vie" à qui le livre est dédié) ou encore Marguerite Duras dont elle était très proche et qu'elle a plusieurs fois servie, au théâtre.

Bulle Ogier est une actrice de Cinémathèque. Elle a joué dans des films undergrounds et confidentiels. 


 

. "J'ai oublié que j'ai eu une vie très amusante et joyeuse jusqu'à la disparition de Pascale", dit avec pudeur la comédienne, terrassée par un chagrin impossible à oublier.
" Barbet me disait tout le temps : " Tu ne penses qu'à t'amuser". J'ai d'abord été une adulte très joyeuse après avoir été une enfant mélancolique. Dès que je suis devenue une grande personne, je me suis mise à jouer. C'est à la Coupole que j'ai rencontré Barbet en d1970. A notre table, il y avait Jean-Jacque Schuhl, Jean-Noëm Pïcq et Jean Eustache, qui espionnait Sartre et surveillait sa consommation de vin. " ""Voilà Schroeder qui vient nous piquer les filles", a dit Jean d'une voix traînante."

La vie de Bulle Ogier est digne d'un roman de souvenir, fragment. Dans la rédaction de cet essai c'est le temps présent qui a compté, pas de mélancolie, ni de nostalgie, elle évoque même les Gillets Jaunes. 

Films vus avec Bulle Ogier :

1968 : Les Idoles de Marc'O avec Pierre Clémenti, Valérie Lagrange, Jean-Pierre Kalfon…
1988 : La Bande des quatre de Jacques Rivette : Constance
1994 : Regarde les hommes tomber de Jacques Audiard
1995 : Circuit Carole d'Emmanuelle Cuau : Jeanne
1996 : Irma Vep d'Olivier Assayas : Mireille
1999 : Vénus Beauté (Institut) de Tonie Marshall : Madame Nadine, la patronne


Théâtre :

1992 : Le Temps et la chambre de Patrice Chéreau : l'impatiente
2014 : Les Fausses Confidences de Marivaux, mise en scène Luc Bondy, Théâtre de l'Odéon

MIGUEL DE UNAMUNO : Comment se fait un roman

Traduit par Bénédicte Vauthier et Michel Garcia

C'est grâce à Enrique Vilas Matas " Paris ne finit jamais " que j'ai eu envie de lire ce texte d'Unamuno. 

" Mais ceci n'est qu'une folie ... L'auteur de ce roman se moque de moi ... Ou est-ce moi qui me moque de moi-même ? Pourquoi devrai-je mourir quand je finirai de lire ce livre et que le personnage autobiographique mourra ? Pourquoi ne pas me survivre à moi même ? Me survivre et examiner mon cadavre . "
Philosophe, poète et romancier, Miguel de Unamuno, né en 1864 et mort en 1936, est une figure de l’Espagne intellectuelle et littéraire. 
Comment se fait un roman fut écrit par Unamuno en exil à Paris durant l’hiver 1925. Ce texte est une mise en abyme de la littérature. Il relate l'élaboration d'un roman mettant en scène un personnage imaginaire, Jugo de la Reza, qui déambule le long de la Seine et des étals de bouquinistes. 
Il y trouve un roman qui ne le quitte plus.


Ce texte est sublime, de toute beauté, un ouvrage étonnant qui nous interroge sur le temps qui passe, sur la vie  lié à comment se fait un roman. Un livre jouissif, excellent, un véritable régal !



ARNAUD CATHRINE : Nos vies romancées




Est un exercice d'admiration qu'Arnaud Catherine a pour certains auteur. Il dresse la vie des auteurs qui lui sont chers. Il avait envie d'entrer dans les livres, et puis très envie aussi de dire sur les livres qu'il aime. A cet exercice d'admiration il évoque aussi la parole autobiographique. En un mot il a voulu évoquer ses livres de chevet. 

Carson McCullers
Frankie Addams

 Il a découvert ce roman quand il a emménagé à Paris en 1992. Il s'est d'abord plongé dans " La Ballade du café triste" grâce à un devoir d'anglais. Ensuite il a lu "Le cœur est un chasseur solitaire" et " Frankie Addams" roman en parti autobiographique. Carson avait très envie de quitter Columbus. Elle est comme Mick dans "le cœur d'un chasseur solitaire" une passionnée de musique et du piano en particulier que lui offre son père. Elle a une adoration pour les auteurs russes. Elle a quinze ans et son père lui offre une machine à écrire. L'univers et l'ambiance des romans de Carson McCullers font écho aux romans d'Arnaud Cathrine plus particulièrement ses quatre premier romans. Frankie Addams roman qu'il relit très souvent. Le grand thème récurent que l'on retrouve chez Carson c'est grandir, la difficulté de vivre. "Mais sachons que, loin de nous faire porter les habits de Peter Pan, Frankie nous envoie plus simplement et sainement à la sève, c'est juste le désir qui persiste et signe en nous, c'est le meilleur, c'est la vie qui ne lâche pas non une roulage en arrière infantile."


Françoise Sagan


Arnaud Cathrine a des origines normande mais comme Frankie Addams il a voulu quitter sa Normandie. C'est grâce à son père qu'il découvre "Bonjour Tristesse". Il la découvre aussi dans diverses émissions à la télévision, à la radio.

Roland Barthes
Les Fragments d'un discours amoureux



"Ils sont donc là, bien alignés sur l'un des rayonnages de ma bibliothèque, ces Fragments ... Ils séjournent en x exemplaires : la couverture du premier est déchirée et les pages maltraitées (signe d'une fureur particulière  ? ); j'en vois un deuxième à l'allure quasi neuve, à peine ouvert (sans doute une passion qui a vite périclité) ; et puis quelques autres, raisonnablement annotés plus ou moins jaunis selon la date à laquelle j'ai couru les acheter."

Fritz Zorn : Mars

C'est un livre que l'on lui a vivement conseillé, ce dont il se méfie. Il a commencé à s'intéresser à ce roman à partir du moment où on lui a lu les premières phrases, à l'âge de trente ans. Il a commencé à véritablement s'intéressé à ce grand roman quant il est tombé sur un passage concernant son éducation qu'elle est responsable de son cancer. Arnaud Cathrine fait le constat exact concernant " Mars" est le suivant les parents de Frizt Zorn ont  reproduit le schéma de l'éducation qu'ils ont hérité. 

Sarah Kane 
d'Anéantis à 4.38 Psychose

" Qui est elle ? Une jeune Anglaise qui entre à l'université pour devenir comédienne, qui se sent rapidement corsetée, qui décide de devenir metteur en scène mais découvre que le répertoire la frustre, qui se met donc à écrire les textes qu'elle a envie de voir et d'entendre sur le plateau."






Jean Rhys 
Bonjour minuit

Son vrais non est EllaGwendolen Rees Williams, née à la Dominique en 1890.Ces romans sont la plus part une longue autobiographie. Le roman préféré d'Arnaud Cathrine est " Bonjour Minuit" " L'histoire d'une femme qui n'est en règle. Une femme qui n'est pas conforme. Parce qu'elle est célibataire et libre." Une romancière féministe aussi confidentiel de son vivant qu'aujourd'hui. " Jean Rhys était à l'image de son œuvre  : profonde, irrespectueuse et libre, avec toute la douleur qu'engendre pareille indépendance : " Jamais je ne ferai partie de quoi ce soit, où que je sois, je le sais, et toute ma vie se passera ainsi, à essayer d'appartiendrai à quoi que ce soit, où que je sois, je le sais, et toute ma vie se passera ainsi, à essayer d'appartenir, à essayer en vain ." En Angleterre, elle a été une chorus girl dans des comédies musicales et parcourt les ville du nord de l'Angleterre. Arnaud Catherine rapproche Carson McCullers et Jean Rhys concernant leurs sensibilités et leurs parcours. 
J'apprécie cet ouvrage et l'idée d'avoir des livres de chevet. Je partage tout à fait avec Anaud Cathrine le goût pour la relecture et s'approprié la lecture de nos romans fétiches. Ce livre a attiré mon attention car j'aime beaucoup Carson McCullers, Fritz Zorn (car je lis Mars) et j'éprouve une tendresse particulière pour Jean Rhys dont j'ai très envie de lire son roman Bonjour minuit. Par contre je suis moins sensible à l'écriture de Françoise Sagan, Roland Barthe a part un vague souvenir de lycée avec son essai "Sur Racine", je ne connais pour ainsi dire pas son univers, et concernant Sarah Kane son univers ne me séduit pas tout, je le trouve pour ainsi dire repoussant. 

J.-B PONTALIS : Frère du précédent

" Quand le second est né, le premier s'est écrié : "Comme il est moche !" Le premier faisait rire la mère, le second jamais. Du premier, on disait qu'il était nerveux, du second qu'il était quasiment muet. Quand le second eut quinze ans, le premier lui fit découvrir la littérature.Quand, à la même époque, ils vont se promener ensemble dans la ville, il n'y a plus de premier et de second. Ils diffèrent l'un de l'autre mais portent tous les deux la même canadienne. C'est l'hiver, l'air est vif, ils marchent d'un bon pas. Le cadet vient de retrouver quelques lettres qu'il a reçues de l'aîné. Certaines débordent d'affection, d'autres sont pleines de fiel. "
J'ai découvert cet auteur avec bonheur cet été avec son livre intitulé "le dormeur éveillé". Là avec " Frère du précédent"il est question d'un essai qui a eu le Prix Médicis, autour de la figure du frère. Pour commencer, il évoque la figure de son frère JF son aîné de quatre ans. Alors que le cadet est effacé, l’aîné est brillant, très doué, charmeur. On attend tout de lui. Il ne donnera rien.  JB Pontalis n’a pas de réponse toute faite et c’est pourquoi il écrit ce livre et parle d’enquête. JF eut une vie pathétique, enfermé bien vite dans son amertume, pratiquant l’autodestruction autant que la destruction de l’autre, son frère dont il fait un objet de haine, le niant en tant que sujet.  « J’espère que, si ton nom apparaît un jour dans un dictionnaire, j’y sois mentionné aussi comme « frère du précédent ».  JB Pontalis a voulu aller au-delà de ces relations ambivalentes et a cherché dans la mythologie, l’histoire ou la littérature des exemples de couples de frères.
Tout commence avec Abel et Caïn (la Bible) "Caïn tuant Abel par dépit". JB en grand lecteur de  Jean-Jacques Rousseau des Confessions découvre grâce à Stéphane Audeguy que Rousseau avait un frère aîné qu'il a fait disparaître dans ses écrits.  JB Pontalis constate que parmi ses amis l'on peut se faire un vrai frère. " Dans l'image du vrai frère menaçait alors de surgir celle du faux frère - ce qu'était le mien à mes yeux."
Ces frères sont souvent ennemis, haine et aigreur sont au cœur  des relations entre les frères Goncourt. Ils sont plus rarement unis   les frères Van Gogh l'étaient  La relation peut enfin être plus subtile, entre amour déclaré et jalousie cachée comme celle de Marcel et Robert Proust. Comme l'a fait remarqué Jean-Yves Tadié à JB Pontalis nombreux sont les couple de frères médecin/écrivain : William et Henry James, mais aussi les frères Giraudoux, Mauriac, Flaubert et bien autres ...
JB Pontalis trouve mensongère l’expression « Je l’aime comme un frère ». Il voit dans l’autre expression « frères de sang » plus la genèse d’une histoire sanglante qu’une appartenance identique et revendiquée comme telle. Il fait sienne la formule de Flaubert « La fraternité est une des plus belles inventions de l’hypocrisie sociale ». La fraternité est une utopie et Pontalis trouve beaucoup plus de cas de « frérocité », telle celui des enfants du « Maître de Ballantrae », le chef d’œuvre de Stevenson. Il croit en revanche à la fraternisation entre les êtres, l’espace d’un instant et il en donne deux beaux exemples, l’un dans le chapitre « Zig et Puce », l’autre en évoquant ces soldats qui fraternisent après s’être battus et avant de se battre à nouveau.
J'aime beaucoup l'écriture bienveillante de JB Pontalis. Puis, ce roman donne très envie de lire d'autres romans.  En complément lire l'entretien ici

KLAUS MANN : Aujourd'hui et demain


L' Esprit européen 1925-1949
Traduit par Corinna Gepner et Dominique Laure Miermont
Préface Dominique Laure Miermont

Qui était Klaus Mann le fils de Thomas ? Personnellement je ne connaissais jusqu'à ce jour que vague le nom ou plus tôt le prénom. Ces rapports avec son père étaient conflictuelles. Les éditions Phébus mettent à l'honneur ce grand écrivain pour que l'on ne l'oublie pas et c'est tant mieux ! Homosexuel, toxicomane, citoyen allemand déchu, exilé puis engagé contre l’idéologie nazie, écrivain prolifique et visionnaire, résolument contemporain, il est l’un des plus éminents représentants de la littérature allemande…

Aujourd'hui et demain est un essai, il rassemble trente-sept textes qu'a écrits Klaus Mann entre 1925 (il n'a que dix-neuf ans) et 1949. Il voue une admiration sans borne à la culture française, de la première moitié du siècle passé que sont André Gide, Raymond Radiguet, René Crevel, Jean Cocteau, Julien Green, Alain-Fournier, Jean Giono et Saint-Exupéry. C'est un homme amoureux des belles lettres, curieux des nouvelles idées, il dresse de très beaux portraits fouillés d'auteurs français connu et d'autres méconnu. C'est bien un Esprit européen que nous donne Klaus Mann avec se rapprochement entre la France et l'Allemagne, l'entente entre les deux pays. Il était contre le nazisme . Il est très avant-gardiste sa pensée est toujours d'actualité de nos jours ! " J'aime la France. J'aime les Français , et les paysages français. J'aime les villes de France et j'aime la terre de France."Klaus Mann fit la connaissance en 1926 de Raymond Radiguet (1903/1923)" Le Diable au corps est le compte rendu, l'objectif presque jusqu'à la cruauté, d'un égarement qui s'explique historiquement par l'égarement encore plus grand que constitue la guerre mondiale " " Le bal du comte d'Orgel est le roman de l'amour noble, timide, le livre passionné de la chasteté "roman d'amour chaste". "Chef-d'œuvre de promesses", voilà en quels que termes Jean Cocteau qualifie la première œuvre de Radiguet, et la seconde : "les promesses tenues". Ce qui, dans Le Diable au corps, relève encore de l'ébauche confuse, de l'intuition à demi consciente, devient déjà, dans Le Bal, forme passionnée l'intention concertée, accomplissement raffiné."



la Mort difficile. Il fut son grand ami.
" Son charme foudroyant - il était peut-être, en effet , l'homme le plus doté de charme que j'aie jamais connu - comportait un élément tragique et sauvage, une sorte d'emportement désespéré, qui venait du cœur même de son être et se communiquait à tous ses gestes, ses paroles et ses regards."
Klaus Mann fait un lien entre cet auteur et Raymond Radiguet concernant la froideur. Les français ont trouvé un style dans l'écriture c'est "le surréalisme". " Les surréalistes non plus ne sont pas particulièrement moraux, ce qui fait qu'ils sont devenus du jour au lendemains la "terreur des bourgeois." Il a une admiration, fascination pour la mort, il est hanté par le suicide, l'on comprend qu'il se retrouve dans l'univers de René Crevel.
Jean Desbordes (1906/1944) est un écrivain ami de Jean Cocteau avec qui il entretint une relation amoureuse. Il obtient un rôle au cinéma dans son film Le Sang d'un poète, réalisé en 1930. Pour Klaus Mann : " Jean Desbordes représente ma troisième rencontre fondamentale avec la jeunesse française : la première fut Raymond Radiguet, la seconde René Crevel."
Il évoque le nom d'un couple d'intellectuel Yvan et Claire Goll que je ne connais absolument pas. Henri Barbusse auteur que je connais que de nom. Voilà comment le décrit Klaus Mann : "Son visage rayonnant est à la fois doux et sévère, aimable et ascétique. La réunion de ces qualités est très française ; la tête travaillée avec la moustache sombre, son regard amical et pensif, forme une sorte de contraste avec les doctrines anti-intellectualistes qu'il professe." "Il fait partie d'une noble et grande famille de l'esprit : la famille de ces intellectuels français qui sont davantage moralistes qu'esthètes. "Auteur de roman contre la guerre et il a écrit Feu.
Plus connu Gide, l'image de l'intellectuel engagé, est l'auteur des Faux-Monnayeurs, son désir pour les enfants arabes dans Paludes. C'est son écrivain préféré car à ses yeux c'est le plus européen. Il est un grand admirateur de Jean Cocteau, il trouve que son œuvre est très poétique à l'image de sa vie. Cocteau, Radiguet, Gide et Crevel sont des écrivain familier pour Klaus Mann, il a même l'opportunité de les rencontrer à Paris. Admiration pour Julien Green, auteur américain qui a décidé d'écrire en français et il est l'auteur de "Adrienne Mesurat" et " Lévithan", le thème de ses romans est la souffrance. "Il faudrait évoquer le monde mystérieux de l'enfance ; le jardin où l'on a joué, le conte , la poupée que l'on a aimés ; la peur que l'on a éprouvée la nuit."


C'est un essai très attachant qui donne terriblement envie de lire Klaus Mann tellement c'est pertinent. Essai séduisant mais pas évident à tout bien comprendre puis donne une ouverture vers d'autres livres, c'est le côté très jouissif et agréable de cet essai passionnant, mais je ne sais s'il est vraiment conseillé pour découvrir qui est Klaus Mann ? Lire son autobiographie, passionnante : "Le Tournant histoire d'une vie " chez Actes Sud.
" Comme il était le fils d'un écrivain connu, il disposait naturellement de certaines relation, dont toutefois, par fierté et par entêtement, il ne voulais pas, pour le moment, se servir."
" Le plus bel encouragement me vint de Stefan Zweig, que je connaissais alors à peine personnellement."

JANUSZ KORCZAK : Les Règles de la vie


Pédagogie pour les jeunes et les adultes
Traduit par Marie-Françoise Iwaniukowicz

Voilà la devise de sa vie est :

" Non pas pour les enfants,
mais avec eux"


Toute sa vie, il la dédié aux enfants, il est mort pour ses idées en refuser d'abonner les enfants juifs du ghetto de Varsovie. Il s'adressait aux enfants avec des mots simples.
D'abord, les proches, Maman est le premier mot de l'enfant, puis Papa. Les parents sont les proches qui sécurisent l'enfant, le rassure. Il a une maison, des amis, des frères et des sœurs, il est pour un univers serein et souriant, apaisant. Mais dans la vie, cela n'est pas si simple. Il y a des enfants heureux d'autres malheureux.
Les conflits, il y en a aussi bien à l'école qu'à la maison.
La maison s'est ce nid douillet en apparence où des catastrophes et des premières fois se mettent en place. Janusz Korczak explique bien que les parents ne prennent plus le temps de communiquer avec leurs enfants, d'expliquer à l'enfant pourquoi l'enfant fait une bêtise. C'est un fait, mais je pense que moins aujourd'hui, les adultes savent communiquer avec l'enfant. Mais il est certain que dans certaine famille, les deux parents travaillent, ils manquent cruellement de temps pour entamer une discussion avec leurs enfants.
L'enfant apprécie quand un adulte à de l'attention pour lui. L'enfant se sent valorisé et mis en confiance. Il évoque le respect de l'adulte en vers l'enfant. Aussi, que les enfants sont différents, les dangers de la rue. L'école est un lieu où l'enfant passe une grande partie de sa vie. L'école fait partie du quotidien de l'enfant. Les loisirs, les moments de détente. Mais que ce soit à l'école ou dans les loisirs il y a toujours des règles présentent. Pour Korczak :
les enfant sont des poètes et des philosophes

Il est né en 1878, de son vrais nom Henryk Goldszmit, en Pologne. Il est issu d'une famille juive aisée. En 1896, il devient un journaliste, il publie son premier livre " Les enfants de la rue".
En 1904 jusqu'à 1908, jeune homme il est éducateur dans les colonies de vacances. C'est grâce à cette expérience qu 'il a constater la difficulté et la complexité d'être éducateur
Il a été médecin, éducateur et écrivain célèbre. Il est connu pour son engagement total à la cause des enfants. Il a participé à la guerre russo-japonaise de 1905.
En 1912 La Maison des Orphelins à Varsovie pour les enfants juifs. Il en prend la direction avec Stefania Wilczynska. Création d'une école pour les enfants handicapés mentaux. Il a traité la question de la prise en charge des enfants atteints de déficiences ou de troubles du développement.
Il écrit un ouvrage " Comment aimer les enfants".
1919 Inauguration de Notre Maison créé par Maryna Falska pour les orphelins de guerre de culture catholique, avec l'aide de Korczak comme directeur pédagogique. En 1920, il a travaillé dans des hôpitaux réquisitionnés par l'armée à Lodz et à Varsovie.
1921 Les deux Républiques des enfants
1922 Le Roi Mathias Premier,ouvrage qui met en scène les droits de l'enfant
Il est mort pour ses idées en refusant d'abandonner à leur sort les enfants juifs du ghetto de Varsovie. Ses deux orphelinats pilotes, sa démarche éducative exemplaire, ses rêves de précurseur, on ouvert la voie à la reconnaissance universelle des Droits de l'enfant.
Sur le plan pédagogique, son œuvre se situe dans le mouvement de la pédagogie active et de " École nouvelle" aux côté de Pestalozzi, Montessori, Dewey, Decroly ...


" L'enfant ne devient pas un Homme, il en est déjà un "

ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE : LES SYMBOLISTES


(suite) Mouvement Symboliste
Mouvement littéraire artistique apparu en France et en Belgique en 1870, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. C'est autour de Mallarmé que le Symbolisme naissant va se cristalliser. On se précipite chez lui rue de Rome, chaque mardi. Jacques Rivière disait : le symbolisme est l'art de gens qui savent terriblement ce qu'ils pensent, ce qu'ils veulent, ce qu'ils font. Grand acteur du mouvement symboliste c'est Rémy de Gourmont.

Extrait de Sixitine dans le livre (Écrivains fin-de -siècle) : L'écrivain Entrague est malheureux, Sixitine sa femme est proche de l'imaginaire, elle l'inspire pour son roman L'Adorant.




Écrivain symboliste, à dix-sept ans il découvre l'œuvre Stevenson, elle a marqué sa jeunesse. Il a effectué des études de lettres. Il a de nombreux amis dans le milieux littéraires : Mallarmé, Jarry, Valéry, Colette, Catulle Mendès, Léautaud, Paul et Camille Claudel, Jules Renard ... Il s'intéresse à l'argot français qui est pour lui une langue spontanée et populaire. Il s'est brouillé avec Gide, car selon lui il a été plagié avec Les Nourritures terrestres.










Extrait : Les Vies imaginaires, Paolo Uccello, peintre, Paul les Oiseau.
" À chaque nouvelle combinaison de lignes il espérait avoir découvert le mode de créer."
Très joli et touchant portrait de ce grand peintre florentin. Il était contemporain de Donatello, Filippo Brunelleschi (le dôme de la cathédrale de Florence est signé par lui) et de Ghiberti .



Auteur belge à la fois connu et méconnu.
Connu surtout pour Pelléas et Méllisande, à la rigueur pour l' Oiseau bleu, et c'est tout ! L'on être fort surpris qu'il fut Prix Nobel de littérature en 1911.

Intèrieur (1894) pièce en un acte où l'étranger et le vieillard regardent du dehors une paisible scène familiale, sachant , comme le spectateur, que la fille de la maison s'est noyée, et se préparant à l'annonce de cette nouvelle sur laquelle s'achèvera la pièce (extrait de cette pièce dans Écrivains fin-de-siècle )
Le climat est lourd intense, le lecteur retient son souffle face à cette douleur ! Magnifique et triste.
Ce tableau de Sir John Everett Millais : Ophélia résume parfaitement l'ambiance de la pièce "Intérieur"de Maeterlink.
"Je m'approche et j'aperçois sa chevelure qui s'était élevée presque en cercle, au-dessus de sa tête, et qui tournoyait ainsi, selon le courant ... "


ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE & LES DÉCADENTS FRANÇAIS


de Marie-Claire Bancquart

Ce livre propose des extraits de romans ou de « proses » qui ont eu du succès et de l'influence durant la période qui va des années 1880 au début du XXe siècle. Les écrivains réunis ici partagent tous le besoin d'un « ailleurs ». Il est difficile de distinguer les "décadents" des "symbolistes". 

Verlaine dit : " Le symbolisme ? ... Comprends pas ... Ça doit-être un mot allemand ... "" Aujourd'hui c'est des assauts de pieds plats qui ont chacun leur bannière où il y a écrit réclame ! Décadent, au fond, ne voulait rien dire du tout. C'était plutôt un cri et un drapeau sans rien autour."
* Le mouvement décadent traversent le XIXème siècle où tout est noir.
* Symbolisme est apparue en France et en Belgique vers 1870 en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Il est très difficile distinguer ces deux mouvements aux contours mal définis. Le mysticisme du temps en est la manifestation la plus évidente. Mais les « ailleurs » ne sont pas nécessairement à chercher dans l'interprétation ésotérique du monde : ne sont-ils pas aussi bien en nous, dans les innombrables possibilités de notre organisme nerveux et de notre imagination ? Sur des chemins parfois déviants, où la névrose et l'art coexistent souvent, se crée une étonnante littérature du fantastique intérieur. C'est la grande époque des revues : La Revue Chat noir est une revue qui a été créée par Raymond Salis le 14 janvier 1882. C'est une revue dirigée par Goudeau le cousin Léon Bloy, c'est une des revue les plus importante de l'époque. Maupassant fait ses débuts dans cette revue. Son existence va jusqu'en 1895. 

Léon Bloy fut marqué par sa rencontre avec Barbey d'Aurevilly et très lu par Claudel et Bernanos. Cette littérature fin-de-siècle joue un rôle de précurseur, lance des recherches et des interrogations, innove dans les techniques romanesques, de la mise en abyme au monologue intérieur. Elle n'est nullement la littérature expirante et passée de mode que l'on imagine parfois, mais au contraire une littérature de sursaut : elle inaugure le siècle nouveau. Ces écrivains auront un impact sur Proust, Gide entre autre pour leur début. 
Cet ouvrage s'est l'opportunité de découvrir des auteurs complètement oubliés comme :

ÉLÉMIR BOURGES : Il Passion pour Wagner et Shakespeare, apprécié par Gide, ami de Mallarmé, Marcel Schwob et du peintre Armand Point. Écrivain exigeant, Sous la hache son premier roman en 1883. Ce livre fut bien accueilli ainsi que Le Crépuscule des dieux. Les oiseaux s'envolent et les fleurs tombent est un ouvrage orienté vers le mysticisme. Le Crépuscule des dieux en 1884, emprunte à Wagner. Roman de passion noire et de grand pessimisme qui retrace l'extinction d'une famille princière.

Octave Mirbeau : Journaliste, grand avocat des écrivains et des artistes méconnus. il a été "nègre" d'hommes politiques et de patrons de presse. Il remporte avec son premier roman Le calvaire un succès scandaleux. Son roman L'Abbé Jules, écrit sous l' influence des romanciers russes. Il collabore à l'Aurore et à L'Humanité. Ses œuvres les plus connus de nos jours sont "Le journal d'une femme", sa pièce "Les affaires sont les affaires".

Mécislas Goblerg : Né en 1869 en Pologne dans une famille juive bourgeoise, il se rend à Paris en 1891. Il est anarchiste, il est expulsé de France se réfugie à Londres, revient à Paris fait de la prison.Il meurt de la tuberculose à Fontainebleau en 1907.

J.H.ROSNY AÎNÉ : son vrais nom Joseph Henri Boex (1856/1940) né en Belgique et établi en France avec son frère Séraphin-Justin qui prit le pseudonyme Rosny. Tous les deux ils écrivent Les Xipéhuz. Joseph Henri va persévérer dans l'écriture et il reprend le pseudonyme de son frère Rosny et en rajoutant aîné car il est le frère aîné de Séraphin-Justin. Il est l'auteur de la Guerre du feu roman préhistorique qui fut célèbre grâce au cinéma avec le film de Jean Jacques Annaud. Il est considéré comme le père de la science-fiction, non seulement française, mais dans son ensemble.

JOSÉPHIN PÉLADAN : En 1884, son premier roman est Le Vice suprême, en 1888 il se donne le titre de "Sâr" (mage). Il s'habille d'une cape noire et sur une robe de velours bleu. Il fait revivre l'ordre occultiste des Rose-Croix, il fonde l'"Ordre de la Rose+Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal".

RACHILDE la seule femme de cet essai mais qu'elle femme ! Elle a joué un grand rôle dans cette époque édacadente.
Marie Maguerite Eymery de son vrais nom, elle est née en Dordogne en 1860. Son père un militaire aurait voulu que sa femme soit un homme. Sa mère est schizophrène. À quinze ans, elle lit Sade. À vingt ans elle monte à Paris, elle fréquente le monde littéraire Mendès, Bloy, Villiers, Verlaine. Elle s'habille en garçon, elle joue avec un grand plaisir sur l'ambiguïté sexuel. En 1889, elle se marie avec Alfred Vallette, fondateur du Mercure de France. De cette union elle aura une fille. Elle est l'amie de Jean Lorrain.
Elle écrit des roman qui sont excessifs, avide d'étrangeté sexuelle. Elle a tenu un salon fréquenté par Gourmont, Jules Renard, Gide, Mallarmé, Apollinaire. Elle fut responsable de la critique littéraire au Mercure de 1897 à 1925. Elle est décédé en 1953, et Vallette en 1931 Voir aussi ici concernant son portrait !
Monsieur Vénus publiée en 1884, (extrait dans le Folio Écrivains fin-de-siècle édition de Marie Claire Bancquart) Livre audacieux, il fera d'elle une femme décadente. Ce livre fut saisi et condamné par le parquet belge pour atteinte aux mœurs et pornographie. Raoule de Vénérande, femme virile habite avec une tante chanoinesse. Elle est sous le charme féminin, androgyne de Jacques Silver qui est fleuriste. Ils se marient, ils aiment jouer sur l'ambiguïté des sexes. Raoule s'habille en homme et Jacques en femme.


Henry Céard : Il connu Zola par l'intermédiaire de Huysmans. C'est un amoureux de Wagner. En 1898, il se retire à Quiberon, il a comme projet écrire un grand roman accompagné d'une structure wagnérienne

Catulle Mendès : Il lance la Revue fantaisiste qui accueille les Parnassiens. Il a vécu avec la musicienne Augusta Holmès dont il a deux fils et trois filles . Il est lui aussi fou de Wagner. Il collabore à la Revue wagnérienne. En 1881 il publie le roman Le Roi vierge du vivant de Wagner et de Louis II.

Villiers de l'Isle-Adam : Un des grands auteurs de cette période, fin de siècle, d'origine bretonne. Il commence par écrire des poèmes, des articles, s'essaie au théâtre, fait connaissance de Baudelaire et de Catulle Mendès. Il est très ami avec ce dernier. Ils rendent visite à Wagner ensemble.

Georges Eekhoud : Orphelin, il est élevé par sa grand-mère et par son oncle riche. Il est originaire d'Anvers, il fait ses études en Suisse. Il démarre dans la vie comme correcteur et journaliste en Belgique. Il prend la défense des homosexuels. Escal Vigor qui est à la fois une anagramme d'"Oscar Wilde". Ce roman lui valut un procès pour pornographie devant la cour d'assises de Bruge qui fit grand bruit.

Pierre Louÿs : Lui aussi il est d'origine Belge né à Gand, comme Georges Eekhoud orphelin à neuf ans. Il fréquente les mardis de Mallarmé. Il passe rapidement du milieu parnassien au milieu "décadent" et symboliste. En1891, il fonde lui aussi une revue La Conque, très à la mode en cette fin de siècle, Valéry, Gide, Léon Blum, Camille Mauclair signent des articles dans cette revue. Lui aussi est un admirateur de Wagner, il se rend à Bayreuth. Il doit sa renommé à ses écrits érotiques et le plus connus est " La Femme et le Pantin.

FLANNERY O'CONNOR : Portrait & Nouvelles

J'ai une grande affection pour cette grande dame de la littérature américaine, très exactement beaucoup de compassion pour son courage (sa maladie), mais surtout pour son écriture. Cela n'est pas pour rien que de nombreux écrivains l'admire : Elle est une référence et vénérée par quelques auteurs français dont Philippe Djian (il la cite lors des entretiens qu'il a donné sur son dernier livre), Genevièvre Brisac , Jean Marie Gustave Leclézio.


Loin du Paradis de Flannery O'Connor
L'essai de Geneviève Brisac édition de l'Olivier


Flannery O'Connor (1925/1964) est méconnue en France. Même si elle est saluée par les plus grands.Écrivain sudiste comme Faulkner. Elle est née en 1925, à Savannah, elle est issue d'une grande famille bourgeoise catholique.
"Flannery O'Connor a d'immenses yeux très pâles, de tout petits pieds lisses, une peau ravissante d'un rose très clair, et de très jolies jambes que sa maladie et la cortisone vont disloquer. Se caricaturer cruellement, se peindre en monstre, est un rares plaisirs qu'elle s'accorde."

Elle s'appelle encore Mary Flannery, son père est malade et il a très peu de temps à vivre. En 1945, elle a vingt ans, elle décide de partir pour l'université d'Iowa, elle ne veut plus être sociologue, elle s'inscrit au département d'École de journalisme. Elle n'est pas sûr de se consacrer à la Elle participe à un atelier d'écriture au Writer's workshop. Elle lit, elle découvre les grands romanciers tel qu' Hawthorne, James, Joyce, Conrad. Elle commence à faire ses armes en tant qu' écrivain via la nouvelle. En 1959, elle s'installe dans le Connecticut. Durant la fin des années 50, elle écrit un roman "La sagesse dans le sang", elle met cinq ans à l'écrire. Et, elle a vingt-cinq ans, elle est très malade, elle est touché de la même maladie que son père dix ans auparavant. Elle rentre chez elle auprès de sa mère dans la ferme d'Andalusia.

"Je n'ai jamais été nulle part que dans la maladie. Mon royaume, c'est la maladie. La maladie est une chose sale : L'art romanesque pas excellence l'ar de l'incarnation, écrit-elle , nous sommes pétris de limon, si vous avez peur de vous salir, ne vous mêler pas de roman."
La religion d'un grand rôle dans sa vie, elle est très croyante et dans ses livres elle tient une grande place. Pour la bonne raison que la famille de sa mère, Regina Clive sont des catholiques fervent bien connue à Milledgeville, enclave catholique intégriste. Elle voyagera seulement deux fois dans sa vie en 1958 à Lourdes et à Rome.
J'admire l'humilité qu'elle porte à son travail d'écrivain. En ce qui concerne son écriture elle se sent proche de d'Henry James. "il faut savoir se salir les mains, que la littérature, on ne sait pas trop comment ça se passe, mais il y faut du concret, du concret toujours du concret"
Cet essai biographique est remarquable, un ode à cette femme exemplaire, forte, courageuse. Beaucoup d'émotion, de générosité de la part de Geneviève Brisac, pour Flannery O'Connor. Un merveilleux livre pour découvrir cette voix forte.


Les braves gens ne courent pas les rues

Traduit par Henri Morisset

Photo Dorothea Lange : Ce choix parce que selon moi cette photographe ses photos collent à l'univers deFlannery O'Connor.
Ces nouvelles sont d'une grande force pas croyables ! Poignantes, brûlantes voir même hallucinantes aussi.

C'est l'histoire d'une famille banale, normale, départ en vacances, toute la nouvelle se passe dans la voiture. La grand-mère est un boulet, une catastrophe ambulante. Mais c'est une brave femme active et attachante.
abasourdi. Mon cri à la fin de ma lecture a été "Un désaxé, il est complètement inhumain. J'ai été comme sonné par la chute complètement "whaou". Et là j'ai saisi me semble t-il la force poignante de l'écriture Flannery O'Connor.

Le Fleuve : L'importance du prénom, "Il s'appelait Harry Ashfield et c'était bien la première fois qu'il eut l'idée de changer de prénom. "Bevel", dit-il. "de l'identité, le fleuve symbole le baptême renaissance. Réf. à Lourde, "il y a une séance de guérison". Nouvelle au climat étrange !

Les temples du Saint Esprit
Deux jeunes filles : Temple I et Temple II " ça vient des bonnes sœurs" c'est à dire Joanne et Suzie. En un mots deux adolescentes dans l'âge ingrat de quatorze ans, surtout devant un garçon. Ce sont les cousines de la petite, elles vont dans une école de bonne sœur, habillées de façon vulgaire pour le week-end "rouge à lèvres, leurs rires idiots. La petite,douze ans, s'est Flannery qui observe ses cousines. Ne pas grandir, pour elle douze ans c'était fini, c'est vrais qu'en suite on bascule dans l'adolescence, le dégoût l'âge ingrats comme je la comprends pas de très bon souvenir de cette période. " Elle serait une sainte, parce que c'était la seule préoccupation qui embrassât tout ce qu'on peut savoir ; et pourtant elle était sûre de n'y jamais parvenir: certes, elle n'était ni une voleuse ni une criminelle , mais elle était une menteuse née et paresseuse, elle agaçait sa mère et faisait exprès d'être désagréable avec tout le monde".

Ces braves gens sont des gens simples, de petites gens du sud des États Unis dans les années 50, d'une grande humanité, de lâcheté aussi. L'attention aux autres est présente, elle est là, elle est palpable. La religion en particulier la religion catholique tient une place importante dans ses nouvelles. La notion du Mal est présente. Elle porte un regard tendre sur les gens, de petites conditions sur leurs misères. Elle est une fine observatrice impitoyable et met toute son énergie dans l'écriture.
Des nouvelles étranges, mystérieuse, une écriture minutieuse à coupé le souffle qui estomac le lecteur. Les sujets de ses nouvelle prennent les tripes du lecteur. Voilà mes impressions face à cette grande dame des lettres américaines Flannery O'Connor
Ces nouvelles sont tirés du recueil : Les braves gens ne courent pas les rues

ALBERTO MANGUEL - La bibliothèque la nuit


traduit de l'anglais par Christine Le Bœuf
Alberto Manguel est un auteur magnifique que je découvre. Ce livre est illustré de très belles photos de bibliothèques. C'est un livre très complet bien documenté c'est dense comme dit Flo. Ce n'est pas un livre qui se lit d'une traite. C'est un livre qui nous parle aux lecteurs passionnés des livres.

C'est un livre a avoir dans sa bibliothèque c'est livre qui se lit par petits morceaux.
Pour évoquer ce livre, j'ai relevé certain passage qui on éveillé ma curiosité, qui m'ont parlé. Donc pas facile de faire un billet sur ce livre.
La bibliothèque est constituée de quelques livres ou de volumes , elle obéit à une classification rigoureuse ou aléatoire, qu'elle soit "de Montaigne " ou d'Alexandrie.
La bibliothèque est l'éternelle compagne du lecteur.
Alberto Manguel évoque avec drôlerie la problématique du classement, ah ! oui c'est pas toujours évident, je ne peux pas dire que dans ma bibliothèque cela soit bien rangée.
"Une bibliothèque n'est pas seulement un endroit où règnent l'ordre et le chaos ; c'est aussi le royaume du hasard. "
Voici ma bibliothèque Avec raison Alberto Manguel dit : "nos livres reflètent ce que nous sommes et ce que nous avons été"" une bibliothèque un reflet de son propriétaire," Amusant il évoque les liens entre les livres (Jacques Poulin dit la même chose qu'un livre forme un tout associé à un autre livre), il cite le bref roman Pedro Paramo et il est question de ce livre dans Magnus de Sylvie Germain. Il évoque nos bibliothèque personnel mais aussi les lieux de consultation des livres du savoir, les bibliothèques municipales de différents pays. Valery Larbaud faisait relier ses livres avec une couleur différente selon la langue.
Exemple les romans anglais étaient en bleu, l'espagnol en rouge. Cela m'a interpelé car je m'occupe d'une bibliothèque (une BCD) pour les enfants en milieu scolaire (CP/CM2), un système de repérage a été mis en place, des rubans adhésifs de couleur suivant la catégorie pour les documentaire : vert par exemple pour les sciences, rouge pour l'art, noir pour la philosophie etc ... Ce repérage a été mis en place pour que les enfants repèrent facilement un livre pour le ranger surtout. Dans ce livre il évoque un fait-divers dont je me souviens très bien, cela avait fait du bruit. C'est en 1996, le maire de la ville d'Orange (Le Penniste) avait exigé que l'on retire des rayons certains livres et magazines par exemple les contes populaires d'Afrique du Nord. Selon lui, ces livres sont considérés comme ne faisant pas partie de l'authentique héritage culturel français !!!!
Quand on y pense c'est fou, c'est incroyable en France en plus mais c'est véridique.
Heureusement que cette affaire a été vite réglé par le ministre de la culture de l'époque Philippe Douste-Blazy.
Alberto Manguel nous parle d'une auteure que je connaissais vaguement de nom Margaret Laurence qui est canadienne et originaire du Manitoba comme la grande Gabrielle Roy. Passage particulièrement intéressant quand il évoque la question de la censure sous l'occupation nazi, suppression des bibliothèques juive.

GENEVIEVE BRISAC : La marche du cavalier


Pas facile de parler d'un livre qui parle de livres. 
Livre intéressant car il nous permet de découvrir de nouveaux auteurs femmes, passionnantes, elles écrivent surtout des nouvelles.
Dernièrement, j'ai lu Alice Munro, grâce à ce livre .
J'aime les nouvelles de Grace Paley, leur style fluide sur la vie quotidienne.
Admiration de Genevievre Brisac pour :
- Flannery O'Connor : elle a écrit un livre sur elle d'ailleurs sur son univers
- Virgina Woof : idem avec Agnès Desarthe
La russe Ludmila Oulitskaïa :
L'italienne Rosetta Loy : La porte de l'eau
J'ai mis en illustration ce tableau de Chardin que j'aime beaucoup, mais aussi parce que Genevieve Brisac en parle avec beaucoup d'élégance.
Mais il n'y a pas que les auteures féminines dans le panthéon de Genevievre Brisac.
Les écrivains masculins : Fitzgerald, Issac Babel Singer, Raymond Carver, Truman Capote.
Phrases fortes relevées :
"Le travail de l'écrivain est de trouver le mot juste" Jean Rhys
Clarabel la lu ce livre (je suis d'accord 100% avec elle par la passion contagieuse) et à cause de Genevievre Brisac notre LAL s'allonge s'allonge s'allonge mais pour notre plus grand plaisir.... Voir son site
Tiré de ce livre des passages qui font écho à mes goûts de lectrice :
"J'écris ce livre pour défendre ce que j'aime : les histoires dont nous avons besoin, comme nous avons besoin d'eau, la littérature qui n'est ni véhicule idéologique, ni forme pure, mais autre chose, la beauté mystérieuse des scènes , des phrases, des personnages qui nous laissent silencieux et nourris. Les émotions de pensée. La littérature qui ne sert à rien que cela."Je trouve que c'est admirablement bien dit avec ces mots, si j'aime la lecture s'est pour les mêmes raisons. Dans cet essais sur ses auteurs favoris Geneviève Brisac parle aussi de ses livres : " Si Paris est si présent dans mes livres, c'est parce que je crois que ce sont les sensations de l'enfance qui sont en nous les plus vivantes, les plus fraîches , et qui restent les plus fortes." Ce livre s'est la cuisine de ses femmes qui écrivent, pour écrire elles se servent des sons, des odeurs de tout leur univers. J'aime son univers à Genevieve Brisac le choix des mots qu'elle emploie, la tournure de ses phrases, de ses idées.
"ne pas faire le deuil de son enfance, de ne l'oublier jamais, et de ne pas regarder de haut nos enfants." J'aime bien quand elle évoque les lectures de garçons (livre d'aventure, de feux de camps, des indiens),
moquerie, dans sa voix. Petite pique en direction du Festival de l'Étonnant Voyageur à St Malo et à Bamako.
En un mot ce livre c'est le livre qu'il faut avoir dans sa bibliothèque ... et ce livre est pour moi un compagnon je lui trouve aucun défaut, il éclaire admirablement bien la littérature féminine appréciée de Genevièvre Brisac.