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mercredi 30 décembre 2009

MARCELLE SAUVAGEOT : LAISSEZ-MOI

Voilà, qui s'endormait dans ma bibliothèque depuis un petit moment. Puis pour les fêtes, ce livre à été rééditer avec une préface signé Elsa Zylberstein. Vu chez Leiloona, et cela m'a donné l'opportunité de le ressortir.
C'est un livre qui se lit facilement d'une traite surtout quand on est en vacances. C'est un court texte, proche du récit, l'auteur va mourir et elle met ses tripes sur table en s'adressant à son dernier amour. Elle lui écrit une lettre en fait qu'il ne recevra jamais. " Vous n'usez plus du mot amour : c'est amitié que vous dites ; mais ce nouveau mot recouvre les mêmes choses ; c'est bien de l'amour que vous demandez mais de l'amour qui se satisfasse de sa seule existence, qui ne soit plus que bonté et renoncement."
Il est question d'amitié, d'amour, il la trahie pour une autre et c'est tragique, voir très cruel. Marcelle Sauvageot écrit d'un sanatorium à Hauteville dans l'Ain, elle a la tuberculose. Elle a attrapé cette maladie, l'hiver 1929, elle écrit ce texte à la fin de l'année 1930. Elle est décédé en 1934, le 3 janvier de cette maladie.
" Savez-vous ce que c'est que l'amitié ? Croyez-vous que ce soit un sentiment plus tiède que l'on peut éviter de se rendre ? L'amitié, je crois que c'est de l'amour plus fort et plus exclusif ... mais moins "tapageur. ""
Elle a été l'ami de René Crevel (lié au surréaliste) et de Jean Mouton, elle les a connu tous les deux à la Sorbonne. J'aime beaucoup ce passage concernant la légende japonaise, il a attiré mon attention.
" Une légende japonaise, je crois, prétend qu'à la naissance la lune attache par un ruban rouge le pied d'une future femme. Pendant la vie le ruban est invisible, mais les deux êtres se cherchent et, s'ils se trouvent, le bonheur pour eux est sur terre. Il en est qui ne se trouve pas ; alors leur est inquiète et ils meurent tristes : pour eux le bonheur commencera seulement dans l'autre monde : ils verront à qui le ruban rouge les attache. Je ne sais si je trouverai en ce monde le ruban rouge qui m'attache ; je crois que cette légende est comme toutes les légendes, une consolation poétique." Un livre poignant tout simplement ! À découvrir à lire.

9 commentaires:

Leiloona a dit…

Je suis contente de voir que ce récit t'a plu à toi aussi !
Oui, il faut le découvrir ! Il vaut vraiment le coup. Et d'ailleurs on ne ressort pas triste de cette lecture. Du moins, ce fut le cas pour moi. :)

Je danse sur un fil a dit…

Merci pour ce joli billet. Cela me fait plaisir que Marcelle Sauvageot puisse ainsi voyager de blog en blog et être appréciée à la hauteur de son talent.

Nanne a dit…

Leiloona et toi êtes deux tentatrices concernant ce tout petit roman, très beau par son texte et par sa présentation ! Je l'ai vu dernièrement dans ma librairie, mais je n'ai pas osé l'acheter ... En lisant vos deux billets élogieux, je regrette mon hésitation ! Je finirai bien par y remédier.

P.S. : Encore et tout merci pour ta superbe carte de vœux, Alice !

Antigone a dit…

Je l'ai noté chez Leiloona, tu en remets une couche ! A lire, donc, vraiment.

DViolante a dit…

Je l'avais lu il y a quelques années et offert à une amie. J'en garde un excellent souvenir...

Karine:) a dit…

Je l'ai noté aussi chez Leiloona et voilà que tu en rajoutes! Reste à le trouver ici!!

Stephie a dit…

Ton avis ajouté à celui de Leiloona : ok je note :)
Bonne fin d'année !

Nanou a dit…

Beaucoup d'émotions dans ce court récit !

Malice a dit…

@ Leiloona. : Bien sûr que non, ce n'est pas un texte triste du tout. C'est un grand texte sans misérabilisme ! pas d'apitoiement, non plus.
@ Je danse sur un fil : Oui, c'est un texte à lire et même relire ! J'ai l'impression de l'avoir lu trop vite ;-)
@ Nanne : Merci tout plein :)
@ Antigone : Oui, j'en remets une couche tu as tout compris :)
@ DViolante : Très bien ;-)
@ Karine :) : Exact ;-)
@ Stephie : Oui, j'aime bien en rajouté une couche tu as tout compris ;-)
@ Nanou : De l'émotion, Ah ! oui ;)