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Olivier Frébourg : Gaston et Gustave


"Un livre c'est l'orgueil ; un enfant, l'innocence. Ou vice versa . Je ne suis plus dans le déchirement  entre l'art et la paternité. Avoir des enfant est la seule façon de se réconcilier avec le monde de souhaiter l'apaisement. "


Olivier et Camille sont déjà parent  ; et voilà qu’elle attend des jumeaux.  Le premier, Gaston, est immédiatement transféré à l’hôpital de Rouen, c'est un très grand prématuré. Le second, Arthur, ne survit pas. 

"Gaston, c'est mon fils. Gustave est le "patron" des écrivains. Il refusa d'être père pour écrire Madame Bovary ou L'Education sentimentale. "

" Comme Gustave Flaubert, j'ai un frère médecin. J'ai quarante et un ans. Qu'avait-il écrit le "patron", en 1862 ? Où était-il ?"
 Pour Flaubert ses enfants, c'est ses livres, à quarante et un ans il vient d'achever Salammbô. Il s'occupe beaucoup de sa nièce adoré Caroline. 
"Quais de Seine, rive droite. Le pont Flaubert est en construction. Parking du CHU Charles-Nicolle au pied de la colline Sainte-Catherine, à l'extrémité de la ville. Je passe devant la statue de Flaubert. " La figure imposante," gardien du temple de la littérature" de Flaubert veille sur la vie et la mort de Gaston. 


La littérature a permis de donné à un sens à la vie du narrateur qui a été bouleversé par la mort de son enfant, Arthur. Un roman passionnant, touchant, terriblement attachant, l'écriture est poignante. Mais, j'ai été un peu déçu par la fin, cela n'a absolument pas gâché mon plaisir de lecture.  Un très beau roman écrit par un un grand amoureux de Flaubert, tout comme Julian Barnes et son " Perroquet de Flaubert"
En complément une très belle interview de l'auteur

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"Quand ses amis viennent le voir Jumièges est une des excursions favorites de Gustave."

PHILIPPE FOREST : L'enfant éternel

"J'ai fait de ma fille un être de papier. J'ai tous les soirs transformé mon bureau en théâtre d'encre où se jouaient encore ses aventures inventées. Le point final est posé. J'ai rangé le livre avec les autres. Les mots ne sont plus d'aucun secours. Je fais ce rêve. Au matin, elle m'appelle de sa voix gaie au réveil. Je monte jusqu'à sa chambre. Elle est faible et souriante. Nous disons quelques mots ordinaires. Elle ne peut plus descendre seule l'escalier. Je la prends dans mes bras. Je soulève son corps infiniment léger. Sa main gauche s'accroche à mon épaule, elle glisse autour de moi son bras droit et dans le creux de mon cou je sens la présence tendre de sa tête nue. Me tenant à la rampe, la portant, je l'emmène avec moi. Et une fois encore, vers la vie, nous descendons les marches raides de l'escalier de bois rouge"



Philippe Forest raconte l'histoire de sa petite fille Pauline quatre ans, elle est atteinte d’un cancer des os. Malgré les soins qui lui sont administrés, la maladie ne cesse de gagner du terrain. L'auteur évoque les épreuves qu'il a rencontré durant sa maladie. Le livre est divisé en neuf parties ; en épigraphe de chacune d’elles se trouve un extrait de Peter Pan de James Matthew Barrie :Pauline va rejoindre le Pays du Jamais Jamais. Philippe Forest rend un hommage tout à fait justifié à James Matthew Barrie puisqu'il a légué sa fortune au  GOSH (hôpital pour les  enfants malades). "Peter Pan appartient aux enfants malades. C'est à eux que Barrie a abandonné les droits de son œuvre et le parlement anglais, par une législation exceptionnelle, renouvelle perpétuellement ce copyright exceptionnel."  C'est ce rapprochement qui m'a vraiment intéressé, plus que la maladie et la perte de l'enfant. Le roman  évoque  aussi des écrivains qui ont aussi vécu la mort d’un de leur enfant. D'une façon général, je n'ai pas été sensible à ce roman;  je ne me suis pas senti concernée  par les derniers moments de vie qu'à connue Pauline. De Philippe Forest j'ai préféré Sarinagara un roman qui a su me séduire par son écriture. Là je n'ai pas été conquise malgré tout il y a de très beau passage, de réflexion sur l'écriture en particulier d'un roman . " Le roman n'est pas la vérité. Mais il n'est pas sans elle. Il s'écrit d'elle et non contre elle. " ... "Le roman est révélation du Temps, dans le Temps." "Dans le temps, naître, vivre, mourir ... "

Puis aussi il évoque  Hugo et Mallarmé. Ces deux écrivains ont connu la perte d'un enfant. 
En complément je vous invite à lire le beau billet ici

MARIE LABERGE : La cérémonie des anges


Ce roman me  vient directement de Québec, c'est mon oncle qui habite là bas qui me la apporté lors de son séjour en France au mois d'avril.

Avec ce livre là, Marie Laberge aborde un thème douloureux pour un couple la perte d'un enfant. Thème beaucoup traité dans la littérature française contemporaine, dernièrement et qui a fait couler beaucoup d'encre, il y a eu le livre de Camille Laurens, Marie Darrieussecq, Laurence Tardieu etc... J'en ai lu aucun de ces romans qui parlent de la perte d'un enfant, car je trouve que c'est un sujet où , l'émotion facile est malsaine, larmoyante, voir mélo bien souvent.

Dans ce livre québécois la force du livre est dans sa structure à deux voix celle de Nathalie et de Laurent. Ce sont les parents de la petite Erica, morte subite du nourrisson à neuf semaines. Nathalie et Laurent vont tenir un journal chacun de leur côté, pour essayé de reprendre goût à la vie. Donc c'est un roman à deux voix très différentes l'une de l'autre surtout dans un premier temps, Nathalie comédienne essaye d'extérioriser sa tristesse par le travail, et la colère. Car elle exerce un métier de représentation, elle doit paraître et ne laisser voir son malheur, donc retenir ses émotions.

"Extrêmement délicats qu'ils sont, ici : il y a l'aile-naissance, l'aile-récupération et l'aile-des-mourants ou des morts. Ils appellent ça le palliatif. C'est nouveau, ça fait moins peur aux proches, y paraît. Pour les mourants, pas de différence. Anyway, y ont beau essayer de tout mettre en ordre, ça arrive qu'il y ait des croisements indésirables entre les ailes."
Alors que Laurent, intériorise ses sentiments, essaye de comprendre pourquoi ?
" Pourquoi un bébé meurt-il dans son sommeil sans appeler, sans faire un son ? Pourquoi la nuit et le silence deviennent-ils des ennemis ? Pourquoi l'aube prend-elle des allures de fausse promesse chaque fois qu'elle se présente sans qu'il y ait une couche à changer, un bébé à porter à sa mère ? Pourquoi les petites heures que vole au cauchemar du réel sont-elles remplies de hurlements qui m'éveillent en sueur ?"Dans un deuxième partie, Rémi l'ami de Nathalie et Laurent est atteint du sida. Sa maladie rapproche le couple qui s'est séparée. Nathalie s'occupe de Rémi, très fragile comme si il était un enfant. Nathalie change de ton , elle pense plus à son enfant disparu, son ange. Elle est plus fragile. La typographie, petit caractère, Nathalie évoque son enfant en chuchotant, voix intérieur, elle intériorise, ses sentiments.
" C'est ma fille
pour la deuxième fois en deux jours, j'ai hurlé"
P194 , passage admirable de Nathalie toute une page en petit caractère dédié à sa fille, c'est d'une grande beauté, une preuve d'amour envers son enfant, la douleur d'une mère exprimée, magnifique. Mais elle se souvient de moment tout simple comme le bain avec elle. Rémi dans cette deuxième partie vit sa vie affective avec plus de légèreté.


Cela donne un livre magnifique d'émotion qui nous serre la gorge. Un très beau récit sur un sujet délicat, voir très délicat et traité avec une grande élégance et intelligence.
Un livre poignant, bouleversant, prenant, d'une grande puissance émotionnelle. Un livre qui nous colle, qui nous ensorcelle, présent dans notre mémoire. J'aime le motif de l'ange pour évoquer la mort du nourrisson. J'admire l'écriture vivante de Marie Laberge, la force de son écriture du au joual certainement. Ce couple de papier d'invention de l'auteure, j'ai le sentiment qu'il existe de chair et de sang, de les connaître.