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lundi 18 novembre 2013

PHILIPPE FOREST : L'enfant éternel

"J'ai fait de ma fille un être de papier. J'ai tous les soirs transformé mon bureau en théâtre d'encre où se jouaient encore ses aventures inventées. Le point final est posé. J'ai rangé le livre avec les autres. Les mots ne sont plus d'aucun secours. Je fais ce rêve. Au matin, elle m'appelle de sa voix gaie au réveil. Je monte jusqu'à sa chambre. Elle est faible et souriante. Nous disons quelques mots ordinaires. Elle ne peut plus descendre seule l'escalier. Je la prends dans mes bras. Je soulève son corps infiniment léger. Sa main gauche s'accroche à mon épaule, elle glisse autour de moi son bras droit et dans le creux de mon cou je sens la présence tendre de sa tête nue. Me tenant à la rampe, la portant, je l'emmène avec moi. Et une fois encore, vers la vie, nous descendons les marches raides de l'escalier de bois rouge"



Philippe Forest raconte l'histoire de sa petite fille Pauline quatre ans, elle est atteinte d’un cancer des os. Malgré les soins qui lui sont administrés, la maladie ne cesse de gagner du terrain. L'auteur évoque les épreuves qu'il a rencontré durant sa maladie. Le livre est divisé en neuf parties ; en épigraphe de chacune d’elles se trouve un extrait de Peter Pan de James Matthew Barrie :Pauline va rejoindre le Pays du Jamais Jamais. Philippe Forest rend un hommage tout à fait justifié à James Matthew Barrie puisqu'il a légué sa fortune au  GOSH (hôpital pour les  enfants malades). "Peter Pan appartient aux enfants malades. C'est à eux que Barrie a abandonné les droits de son œuvre et le parlement anglais, par une législation exceptionnelle, renouvelle perpétuellement ce copyright exceptionnel."  C'est ce rapprochement qui m'a vraiment intéressé, plus que la maladie et la perte de l'enfant. Le roman  évoque  aussi des écrivains qui ont aussi vécu la mort d’un de leur enfant. D'une façon général, je n'ai pas été sensible à ce roman;  je ne me suis pas senti concernée  par les derniers moments de vie qu'à connue Pauline. De Philippe Forest j'ai préféré Sarinagara un roman qui a su me séduire par son écriture. Là je n'ai pas été conquise malgré tout il y a de très beau passage, de réflexion sur l'écriture en particulier d'un roman . " Le roman n'est pas la vérité. Mais il n'est pas sans elle. Il s'écrit d'elle et non contre elle. " ... "Le roman est révélation du Temps, dans le Temps." "Dans le temps, naître, vivre, mourir ... "

Puis aussi il évoque  Hugo et Mallarmé. Ces deux écrivains ont connu la perte d'un enfant. 
En complément je vous invite à lire le beau billet ici

3 commentaires:

Dominique a dit…

un livre que j'ai lu mais que je n'ai jamais pu rouvrir tant la douleur transparait !
je suis admirative qu'un père soit capable de cette effort là d'écriture même si comme on le sait c'est parfois salutaire

Malice a dit…

Oui c'est exact Dominique ! D'avoir su écrire un si gros livre plus de 300 pages sur les dernières années de son enfant, cela n'est pas évident. Arrivée à redonner vie à son enfant c'est très fort !

dominique a dit…

Merci pour le lien!
Cet homme désespéré a su transcender cette épreuve, en donnant à Pauline, et à cette tragédie, une place dans la littérature.