Affichage des articles dont le libellé est Bloomsbury Group. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Bloomsbury Group. Afficher tous les articles

VITA SACKVILLE WEST : PEPITA

Traduit par Emmanuel Lossowsky

"Sa beauté, sa générosité , et de façon plus générale, sa réputation faisait le sujet de toutes les conversations."
Lionel Sackville-West
Pepita, est la grand-mère de l'auteur: danseuse espagnole d'origine modeste. Vita a toujours eut beaucoup d'admiration pour cette grand-mère hors norme.  Elle est née en 1830 à Malaga. "Dés qu'elle sut marcher Pepita apprit la danse à l'école de flamenco proche de chez elle." Elle rencontre un danseur expérimenté Juan Antonio Gabriel de la Oliva avec qui elle va se marier. Mais trois mois après son mari est infidèle, il vont se séparer.  " On ne pouvait attendre de quelqu'un comme Pepita qu'elle fût la femme d'une seule passion , j'aurais préféré la dépeindre de façon plus romantique, du début à la fin de sa vie, mais une telle image n'aurait été qu'à moitié vraie. " Elle rencontre à Paris, en 1852, un jeune diplomate anglais, Lionel Sackville-West.   Il reconnut la paternité des cinq enfants illégitimes de Pépita :  trois filles et deux garçons. Victoria (la mère de Vita  ) fut baptisée Victoria Josefa Dolores Catalina.  
Pepita meurt en 1871. Victoria fut envoyée dans un couvent parisien avec ses soeurs, Flora et Amalia. Victoria est mise en pension à l'âge de onze ans et n'en sorti qu'à l'âge de dix-huit ans. Victoria s'en va rejoindre son père à Washington, où il est ministre d'Angleterre, où elle tient sa maison, organise les réceptions.
Wictoria Sackville -West

Victoria épouse son cousin germain, qui s'appelle aussi Lionel Sackville-West et se trouve être l'héritier de Knole (une des plus grande demeure historique d'Angleterre) en 1890. Un homme compta beaucoup dans la vie de Victoria est Sir John Murray Scott alias Seery, il fut son confident jusqu'à sa mort en 1912. Tous les deux parlaient à la fois en français et en anglais. Il avait hérité de Bagatelle.  
Sir John Murray Scott alias Seery
Pepita ayant été mariée une première fois mais pas divorcé officiellement, elle ne pouvait pas avoir épousé le père de ses enfants. 
Nigel Nicolson,  fils de Vita, a raconté ce secret de famille dans Portrait d'un mariage . "Une famille appartenant à la plus haute société édouardienne se querellait publiquement au sujet d'un héritage - celui de l'une des maison et d'une somme d'argent importante - et tout cela parce qu'un jeune diplomate , tombé amoureux d'une danseuse espagnole, soixante ans plus tôt, et en avait fait sa maîtresse. Et pour couronner le tout, la nouvelle Lady Sackville se voyait obligée de réfuter la déposition de son frère et de se déclarer ouvertement, et même avec emphase, une bâtarde , tout comme les autres enfants de son père. "
Knole
Mais Pepita est une reconstitution, et toute la première partie s'appuie sur les témoignages espagnols: on y voit Catalina, la gitane, la mère de Pepita, profiter inconsidérément des succès de sa fille sur les scènes européennes.

Pepita est une véritable saga familiale dans laquelle se mêlent le mode des gitans et celui de l'aristocratie britanique, le besoin de reconnaissance de paternité. L'histoire de Pépita est très ancré dans son époque Victorienne. 

RICHARD KENNEDY : J'avais peur de Virginia Woolf


 http://www.mantex.co.uk/wp-content/uploads/2009/09/hogarth_1.jpg


Traduction de Beatrice Veerne et joliment illustré par l'auteur

C'est grâce à Lou de (My Lou Book) que j'ai connu le titre de cet ouvrage. Immédiatement j'ai eu envie de faire connaissance avec ce jeune homme.  Puis le temps est passé, il a fallut que je mette la main dessus, et voilà c'est une chose faite !
"La maison d'édition Hogarth Press, pour laquelle je travaille, se situe au cœur même de ce monde et les auteurs ne cessent de défiler chez nous. Mrs Woolf, la femme du directeur, est un écrivain très célèbre et, à sa façon, elle a plus d'importance que Galsworthy."
Nous sommes en 1926, à Londres, et Richard Kennedy, naïf adolescent de seize ans fait  un stage dans la célèbre maison d'édition la Hogarth Press dirigé par Leonard et Virginia Woolf, grâce à son oncle Georges.
Il se trouve aussi que ce jeune Richard est très  doué pour le dessin. Il sait à merveille faire revivre  l'univers de Bloomsbury.  Les souvenirs de Richard Kennedy sont tout simplement délicieux !
Un récit très agréable à lire, il se dégage plein de fraîcheur à la lecture

 "L'existence de la Hogarth Press et sa politique éditoriale sont, en effet indissociables de sa vocation première : publier les œuvres des Woolf, et surtout celle de Virginia. Dans une lettre à David Garnett datée de Juillet 1927, Virginia Woolf écrit qu'elle trouve par le biais de la Press l'occasion d'inventer "Une forme complètement neuve. Quelle bénédiction de pouvoir faire ce qu'on aime, pas de rédacteur en chef, pas d'éditeur."
Geneviève Brisac et Agnès Desarthe : " La double vie de Virginia Woolf"

En complément voir ici

DAVID GARNETT : La Femme changée en renard

Voir ici d'autres linogravure
Traduit par Jane-Simone Bussy et André Maurois

Ce livre est dédié à  Duncan Grant, il épousera plus tard la fille de ce dernier, Angelica Garnett.
La Femme changée en renard est un texte extrêmement surprenant avec une pointe de fantastique.
"Une femme faite est changée d'un seul coups en renard"
L'histoire se déroule dans la campagne anglaise, dans l'Oxfordshire, Mrs Tebrick (Silvia Fox)  se transforme en un renard d'un rouge très vif, lors d'une promenade dans les bois en compagnie de son époux.
" Il est certain que le nom de jeune fille de Mrs Tebrick était Fox, et il est fort possible que la famille ait reçu ce nom en sobriquet parce qu'un miracle du m^me ordre s'y était produit auparavant."



Mr Tebrick, amoureux  est désemparé mais veut la garder à tout prix à ses côtés, il est éperdument amoureux de sa femme. Il renvoie les domestiques, il tue ses deux chiens .
Il  va tout faire pour rester avec elle malgré cette métamorphose.

 J'apprécie l'écriture de David Garnett fluide et très agréable à lire. Ce roman est à mi chemin entre une fable et un conte. Pour ma part ce roman est une très belle lecture assez étonnante


.  






E.M FORSTER : MONTERIANO

Traduit par Charles Mauron de 1954, il était ami avec Forster
 Le  premier roman de Forster a été  publié en 1905.

 " Aimez les Italiens, comprenez-les  : car les gens, là-bas, sont plus merveilleux que leur terre."
Le roman s'ouvre sur un départ en train  à la gare à Charing Cross de Lilia, une jeune veuve mère d'une petite fille Irma. Elle  est heureuse de partie et de découvrir un pays nouveau. Elle désire reprendre goût à la vie. Elle part en compagnie  de Miss Caroline Abbot pour conquérir l'Italie.  Puis, un jour, arrive une lettre de Monteriano disant que Lilia  avait l'intention de se marier avec un italien Gino, fils d'un dentiste. Philippe son beau-frère part pour Monteriano ramener à la raison Lilia, jeune femme de trente trois ans insouciante. Elle se trouve bien mariée à ce bel italien. les événements font que la vie à Monteriano avec Gino n'est pas simple. Et le ton devient plus sombre. Lilia va donner un fils à Gino, mais hélas la mort viendra la chercher. La belle famille de Lilia les Herriton voudront récupérer le bébé pour lui donner une éducation anglaise. Là, nous avons droit à une scène très cocasse et enlevée à l'opéra où l'on joue Lucia di Lammermoor de Donizetti. En tant que lectrice, j'ai pensé que Lilia était l'héroïne du roman et bien non. Caroline Abbot et Philippe sont très attachés à la beauté de Monteriano. Dans ce roman, deux cultures s'affrontent, la société anglaise étriquée face à la société italienne plus bruyante, plus ensoleillée. Mais c'est roman où tout tourne autour des enfants d'abord, il y a Irma, la pauvre orpheline et puis il y a ce bébé mi-anglais et mi-italien dont le destin ne s'annonce pas glorieux, voir dramatique.  J'ai été sensible à cette écriture romanesque et par le climat tragique qui se dégage de ce roman.
Endymion tableau de Girodet
 Cette lecture m'a enthousiasmée, ce roman de Forster est poignant, en un mot superbe. Ce premier roman de Forster annonce la suite.

Complément voir sur Babelio.


VITA SACKVILLE-WEST : Au temps du Roi Édouard


Traduit par Alice Turpin

En 1905, sous le règne d’Édouard VII, Sébastien a dix-neuf ans, il est le cinquième duc de Chevron, l’héritier d’un domaine à Chevron.  " Toute la population féminine de Chevron songeait perpétuellement au mariage de Sébastien et de ses conséquences." Il fait la connaissance de Leonard Anquetil,  un aventurier.  Il y vient avec un regard critique, il observe cette société qui lui est méconnu. 
Sébastien  va devenir l'amant de Sylvia, Lady Roehampton, une amie de sa mère. 
Sargent
" Il aimait beaucoup lady Roehampton, et sa présence lui causait toujours un étrange malaise. Avec son grand chapeau de paille d'Italie orné de rose et de rubans de velours bleu, son fichu en mousseline Marie-Antoinette, elle ressemblait tout à fait au portrait que Sargent avait fait d'elle (le clou du Salon, cette année-là), et on comprenait sans mal qu'elle ait acquis la réputation de "beauté professionnelle". 
 Cette liaison sera  interrompue par le mari de Lady Roehampton. Il la ramène à la raison de son rang. 
Vita Sackville-West décrit un monde entre deux, celui d'une aristocratie anglaise qui ne voit pas l'évolution de la société et des mœurs. J'ai découvert ce roman grâce à Lou, j'a bien aimé cette lecture mais sans plus. Une lecture en demi teinte pour moi puis aucun personnage  est attachant. Je trouve cette famille d'aristocrate assez désagréable, voir antipathique. 
Entre autre au moment de Noël : " - Mais les enfants de Chevron ! Chaque année à Noël, nous leur faisons un arbre. C'est pourquoi nous ne pouvons jamais dîner dans le hall la veille de Noël, et j'ai toujours eu tellement peur que Sébastien et Viola n'attrapent quelque maladie ! A vrai dire, je trouve que nous ne devrions pas gâter ainsi ces malheureux enfants ; cela ne fait que leur donner le goût des choses qu'ils ne peuvent pas avoir ; mais c'est bien difficile de supprimer une coutume qui dure depuis toujours." 

Mais il est certain comme le souligne entre autre Titine un rapprochement avec la série si populaire " Downton Abbey". 

VIRGINIA WOOLF : Elles

Traduction et présentation de Maxime Rovere

Ces portraits de femmes sont tirés des lectures que faisait Virginia Woolf. Elle était une très grande lectrice. Après chaque lecture, elle prenait des notes et elle composait un texte qui était publié dans des journaux.
Dorothy Wordsworth et Geraldine et Jane sont tiré de son recueil The Common Reader  : Second Series. 
Elles sont grandes dames ou simples bourgeoises, débutantes ou femmes du monde.

Elles vivent à la Renaissance, en pleine Révolution française, au début ou à la fin du XIXe siècle. Elles fréquentent qui les rois, qui les anarchistes, qui les philosophes. Le plus souvent, elles sont éclipsées par leur père, par leur frère, par leur mari, voire par leur créature. Mais leur point commun n'est pas leur sexe ; c'est le courage avec lequel elles s'élancent dans le vide - celui de la page blanche - pour découvrir en vol des espaces inconnus.  


Le premier portrait est celui de Dorothy Osborne, femme de la Renaissance, femme de lettre. 


Mary Wollstonecraft
Mary Wollstonecraft est une femme de combat et elle est l'égale des hommes comme Barlow, Holcroft ou Godwin, nous dit Virginia Woolf. C'était une grande féministe bien évidement.  Mary Wollstonecraft, pendant la Révolution, elle va s'installer à Paris. " Elle avait été en révolte toute sa vie - contre la tyrannie, contre la loi, contre la convention. L'amour de l'humanité propre aux réformateurs, qui comporte autant de haine que d'amour, avait fermenté en son sein." Son premier mari était le peintre (du célèbre cauchemar) Henry Fuseli. Puis ensuite elle a eut une liaison avec Gilbert Imlay avec qui elle a eut une fille Fanny. Pour finir elle épouse William Godwin un philosophe, ils ont eut une filles nommée Mary Wollstonecraft Godwin, plus connue sous le nom de Mary Shelley, l'auteur de Frankenstein.  Mary Wollstonecraft décède à l'âge de trente-huit ans dix jours après la naissance de son enfant. 

Dorothy Wordsworth
Dorothy Wordsworth est une femme de lettre poétesse. Son frère est le poète William Wordsworth.  Dorothy était une femme d'une grande timidité. Elle fut très proche de son frère. " C'était un amour étrange, profond, presque muet, comme si le frère et la sœur avaient grandi ensemble sans échanger de mots, mais seulement des états  d'âme, de sorte  que c'est à peine s'ils s'avait lequel des deux percevait, lequel parlait, lequel voyait les jonquilles ou la ville endormie ; seule Dorothy accumulait ses états d'âme en prose, et c'est plus tard que William, qui avait baigné dedans, en fit de la poésie."

Géraldine Jewsbury

Voici comme elle décrit " Elle était très petite et très garçonne, très laide et pourtant attirante. Elle s'habillait très bien, portait ses cheveux roux dans un filet, et des boucles d'oreilles en forme de perroquets miniatures se balançaient à ses oreilles tandis qu'elle parlait." Elle est originaire de Manchester et elle est née en 1812. Femme de lettre, elle était aussi une grande lectrice nous dit Virginia Woolf, lectrice de Carlyle. En 1841, elle rencontre sa femme Jane  à Cheyne Row, avec qui elle devient amie, cette amitié devient envahissante et houleuse. En 1845, elle publie un roman intitulé Zoé. Il fait scandale.
© Sara Coleridge
Sara Coleridge est la fille de William Coleridge, le grand poète. 
" Elle fut une belle enfant, délicate, aux grands yeux, rêveuse mais active, très calme mais toujours en mouvement, comme l'un des poèmes de son père"
 Sara Coleridge a été mariée à son cousin, Henry Coleridge. " Des enfants naquirent et des enfants moururent. Sa santé s'effondra ; elle avait hérité de son père des nerfs à fleur de peau, et, comme son père, avait besoin d'opium". 

 Le dernier portrait est celui de la Marquise de Sévigné. La célèbre épistolière française, Virginia Woolf croque son portrait. 


Cet ouvrage est assez semblable à  La Maison de Carlyle, où il est question aussi de  portrait de femmes aussi. Ces portraits sont croqués à la manière d'un peintre.  Virginia les décrit suivant sa sensibilité, ses portraits sont le miroir intime de la personnalité de Virginia Woolf, me semble t-il ! . Cet essai est une curiosité, il est certain à part la marquise de Sévigné ces femmes sont méconnus des français, elles font surtout partie du paysage de la littérature anglaise. Cela dit le portrait de Mary Wollstonecraft est celui qui m'a le plus touché. Il est certain aussi que c'est un essai qui ne se lit pas en une fois, encore moins comme un roman. C'est un essai qui se lit par petites touches et qui demande une certaine concentration de mon point de vue. 


Lecture dans le cadre du mois anglais organisé par Titine et Lou et le challenge Virginia Woolf. Complément voir le billet de Lou

VIRGINIA WOOLF : La Maison de Carlyle

Voir ici plusieurs photos de la maison  Carlyle
Traduit par Agnès Desarthe
Préface de Geneviève Brisac
Introduction et les nombreux commentaires sont de David Bradshaw



Virginia Woolf évoque la maison "Musée" de Thomas  (1795- 1881) et Jane Carlyle 
( 1801- 1866) à Cheyne Row. Maison qu'elle connait très bien elle est allée deux fois une première fois avec son père et la deuxième avec sa sœur et Hester Ritchie. La troisième visite se situe après la demande en mariage de Lytton Strachey. " Elle déclara qu'elle n'était pas amoureuse de moi et je répondis que finalement je ne l'épouserais pas. Les choses sont donc  simplement revenues à la normale", confia Strachey à son vieil ami Leonard Woolf."  Le père de Virginia Woolf, Leslie Stephen  avait été le président du comité des fonds destinés à l'achat de la maison entre 1894 et 1895. Carlyle était proche de la famille Stephen plus particulièrement avec Sir James fitzjames Stephen (1829-1894).
 Jane Carlyle
 Voilà comment elle décrit la maison : " La maison est claire et aérée ; mais c'est un endroit silencieux et qui exige un effort d'imagination pour être ramené à la vie  - on doit se concentrer sur toutes ses brillantes petites "ingéniosités " et se représenter, d'une manière ou d'une autre, la haute silhouette efflanquée de monsieur penché ou s'adossant, pipe en main ; il faut entendre des éclats de voix, tous timbrés d'accent écossais , et le gros rire de gorge". Jane et Thomas Carlyle sont comme ses fantômes, elle est habité par eux. 

Autres esquisses  dans ce recueil édité au Mercure de France

Amber Reeves
Miss Reeves
C'est Amber Reeves, elle fut la maitresse de H.G Wells avec qui elle eut un enfant. Comment son amant elle faisait partie de la société du parti socialiste fabien, elle était une grande militante. Voilà comment Virginia Woolf la décrit : 
" Je l'ai rencontrée hier soir au dîner. Elle a des cheveux foncés, un visage ovale, pourvu d'une bouche
extraordinairement petit : un trait de crayon orne sa lèvre supérieure."
Elle était né en Nouvel-Zélande à ChristChurch. Ses parents eux aussi faisaient partie de la société fabienne. Elle fit ses études à Cambridge en 1905. La dirigeante fabienne Beatrice Webb dit d'elle : " La remarquable Amber Reeves, major d'une double licence, une personne étonnamment vive et, je suppose, très intelligente, mais une épouvantable petite païenne - vaniteuse, égoïste, et peu soucieuse du bonheur des autres ... un genre d'amitié dangereuse est en train de naître entre elle et H.G Wells .. si Amber était ma fille, je serais inquiète."  Cité dans Ruth Fry Maud and Amber. 
Voir le livre de David Lodge : Un homme de tempérament. 
George Darwin
Cambridge 
Elle évoque là une autre maison celle des Darwin,  plus particulièrement celle de Sir George Darwin (deuxième fils de Charles Darwin) professeur d'astronomie et de philosophie. Ce dernier était un ami de son père Sir Leslie Stephen. Elle leur rendait visite quand elle allait voir son frère Thoby. " La première chose que je vis en entrant, les pieds couverts de neige, fut une vaste salle où brûlait un feu de bois. La maison est très confortable et accueillante."
Sir George Darwin épousa Maud Dupuy, ils eurent deux fils Charles et William et deux filles Gwen (peintre, graveuse et écrivain) Margaret. 



 Hampstead

est un quartier de Londres assez chic. C'est à Hampstead que vivait les demoiselles Case. Là aussi Virginia Woolf décrit leur maison, l'intérieur. Jane Case fut son professeur de grec. Et Miss Margaret Davis était souvent invité chez les demoiselle Case à Hampstead, des vieilles filles célibataires. 
Elle fait une description de Margaret : "Miss Davies est taillée dans un bois plus dur. Ses traits sont plus acérés, ses yeux brillent davantage ; elle a dû autrefois posséder quelque chose de la beauté d'un délicat buste grec."
Margaret Llewelyn Davies était la sœur d'Arthur.


Lady Ottoline Morrell
 Un salon moderne
Virginia Woolf évoque le salon de son amie Lady Ottoline Morel. Les écrivains, les peintres tous les artistes se pressaient le jeudi soir pour se rendre chez Lady Ottoline au 44 Bedford Square
" Ses réceptions ont toujours un genre de charme romantique et une certaine distinction liée à la incongruité. Mais une fois que l'on fait état de son amour pour l'art et les artistes, on est en peine de définir ses talents plus avant. "

Les Juifs
Elle fait un portrait de Mrs Loeb une femme juive. 
Le tribunal des divorces
Un texte basé sur une célèbre affaire de "séparation judiciaire". L'importance du mariage à cet époque, il faisait parti de ses préoccupations. 

Voilà ce que Virginia Woolf dit à son amie  Madge Vaughan, voici sa définition de l'esquisse " J'écris les choses comme je les voix. Ne crois pas un instant que ma façon de voir  couvre une totalité, il me semble préférable  d'écrire ce que je sens."  Elle sait à merveille disséquer  l'âme d'une personne comme le ferait un chirurgien. Les sept textes de Virginia Woolf qui composent ce petit livre datent de 1909 et étaient restés inédits. Quand elle rédige ses " esquisses ", Virginia Woolf n'a encore rien publié - à part des articles -, elle n'est pas mariée, et ce qu'elle appelle " les démons noirs et velus " de la dépression l'assaillent déjà. Mais elle est déterminée, comme elle le dit dans son journal, " à écrire non seulement avec l'œil, mais avec l'esprit, à découvrir la vérité sous le voile des apparences ". Et on retrouvera dans ces croquis de la vie londonienne d'alors, comme le dit si bien Geneviève Brisac dans son éclairante préface, " tout son art magistral et subtil. Ce sont des pages magnifiques, où se lisent, cachés comme dans le dessin du tapis, ses angoisses, ses deuils, son amour de l'humanité, son sens de la dérision et du mystère. Ses phrases intenses et musicales. Son génie ". (quatrième de couverture). 
virginia woolf.jpg
C'est un ouvrage magnifique, très agréable à lire surtout si l'on a une passion pour Virginia Woolf et l'époque édouardienne. 

Lu dans le cadre du challenge Virginia Woolf de Lou 



VIRGINIA WOOLF : FLUSH

Traduit par Charles Mauron 

Flush est la biographie imaginaire du chien d'Elizabeth Barrett la futur femme de Robert Browning. C'est une biographie vue à travers les yeux du chien. Flush est un hommage plein d'humour à son ami Lytonn Strachey. 


" Sa robe était de cette nuance particulière de brun sombre qui au soleil éclate " et se transmue en or". Ses yeux étaient "ornées de glands"; ses "pattes minces", "bordées de franges" ; sa queue était fournie." Flush est épagneul cocker. Comme dans toute bonne biographie, Virginia Woolf commence par faire une généalogie de Flush. Il vit le jour chez une famille modeste les Milford à la campagne avant de se retrouver auprès de la célèbre poétesse Elizabeth Barrett à Londres. Et là Flush va vivre auprès de  la jeune fille souffrante,elle vit avec son père tyrannique en recluse.  " Oui ; Flush était digne de Miss Barrett ;  Miss Barrett était digne de Flush.""Et Flush n'étais pas n'importe quel chien. ""Flush n'était plus un petit chien, mais un animal de quatre ou cinq ans ; un animal dans la force de l'âge." Miss Barrett va rencontrer  Mr Browning, et Flush va être très jaloux !!!! mais très jaloux envers l'homme aux gants jaunes. "Ses crocs, à la fin , se croisèrent dans la toile immaculée des pantalons de l'ennemi." À travers les yeux de Flush nous (lecteurs) sommes les témoins de sa vie de ce qu'il voit et ce qu'il sent des émotions qui l'entourent. À travers cette biographie, Virginia Woolf fait un portrait de la société victorienne et par la même occasion celle d'Elizabeth Barrett. Cette dernière eut beaucoup de mal à faire accepter par son père sa liaison avec Robert Browning." Elle retira ses gants, et pendant un instant il vit un anneau d'or briller à l'un des doigts de sa main gauche." Elle dut se marier en cachette et partir en Italie où elle retrouve la joie de vivre et elle donne naissance à un enfant Pen. D'ailleurs notre cher Flush a été jaloux de cette naissance, mais c'est tout de même un bon chien très attachant, durant ma lecture j'ai senti sa présence comme palpable.  "À Pise déjà :"il sort chaque jour, remarquait Mr s Browning, et parle italien aux petits chiens qu'il rencontre."

L'écriture de Virginia Woolf est une merveille surtout dans les descriptions très minutieuses. Cette biographie originale est un véritable régal, un petit bijoux voir le billet de Titine (aussi enthousiaste que moi).  Je vous invite à écouter l'excellente émission de Guillaume Galliene : L'œuvre intimiste de Virginia Woolf.
Challenge victorien d'Arieste et compte aussi dans le challenge Lou Virginia Woolf

virginia woolf.jpg







G.Brisac & A. Desarthe : La double vie de Virginia Woolf


Virginia Wolf est issu d'un milieu sociable, très cultivé, très porté à la correspondance, aux visites, à s'exprimer, à la fin du XIXième siècle.
Sa mère  Julia  Prinsep Jackson Stephen est l'incarnation de la femme victorienne.
Geneviève Brisac la rapproche à Mrs Darling dans Peter Pan. " C'était une dame gracieuse, à l'âme romanesque avec, à la bouche, un pli doucement moqueur. Cette âme romanesque ressemblait à ces petites boîtes gigognes qui nous viennent de l'Orient mystérieux - vous avez beau les ouvrir l'une après l'autre, il y en a encore une plus petite à l'intérieur."
Son père  sir Leslie Stephen  est un homme écrasant pour Virginia . 
" Mon père était spartiate, ascète, puritain. Et aussi froid, et sarcastique, redoutable. Il n'avait aucune sensibilité à la peinture, aucun sens de la musique des mots. Il tenait beaucoup du prophète hébreu. "Il est l'auteur du Dictionnaire biographique de l'Angleterre ami d'Henry James. 
Ces  demi- frères et demi sœurs George, Gerald, Stella sont les enfants de Julia  et Laura est la  fille de Leslie. Sa sœur Vanessa et ses frère Thoby (le frère adoré l'aîné de deux ans) et Adrian.
Thoby a fait ses études à Cambridge c'est grâce à lui qu'elle font connaissance de Lytton Strachey, Clive Bell, Leonard Woof, Morgan Forster et Maynard Keynes. C'est lui qui fut à l'origiene du cercle de Bloomsbury. 
Wirginia Woolf se marie avec Leonard en 1912 et leur union dura pendant trente ans. Pour son trente-troisième anniversaire, ils vont se procurer une presse, et la Hogarth Press est né.
Le premier roman que Virgina Woolf publié par la Hogarth Press est " La chambre de Jacob". Car elle veut écrire ce qu'elle a envie et non ce que les éditeurs lui imposent. Sa sœur Vanessa se charge des couverture. Mais le premier roman qu'ils publient est celui de Dora  Carrington. Livres lus qui ont été publié par  la Hogarth Press :

Vita Sackville-West la romancière rencontrée chez Clive Bell devient sont amie et sa maîtresse. Lytton Strachey fait partie de ses fréquentations sa compagne Dora Carrington. Virginia Woolf est très proche de sa sœur Vanessa. En 1910, Roger Fry , un peintre, fait son entrer dans le groupe de Bloomsbury.  Virginia est entourée de peintre, elle va défiguré le roman à la manière d'un peintre. " Arrêter la figuration, faire comme les peintres, utiliser des blocs, des rapports de masse, redéfinir la perspective, tordre les angles."" Écrire comme un peintre. L'art, et le sport. On songe souvent aux toiles de Nicolas de Staël en lisant les romans de Virginia Woolf."
Elle dit aussi : " Se débarrasser des conventions de la littérature victorienne, mais garder ma langue, retrouver sa pureté,"Elle fut les premières à lire Ulysse de James Joyce. Il fut question qu'elle l'édite mais cela ne fut pas possible car la maison d'édition était à ses débuts, mais elle n'est pas tout à fait convaincu mais elle sait que c'est une œuvre importante. Il est question du féministe qui tient une place importante dans son œuvre littéraire et dans la société " Les femmes sont dures envers les femmes. Les femmes... mais n'êtes-vous pas lasses jusqu'à l'écœurement  de ce mot ? Je puis vous le garantir que je le suis, moi." 
C'est un joli essai écrit à quatre mains très originale dans la forme. J'apprécie le ton affectueux de Geneviève Brisac et Agnès Desarthe pour évoquer le travail de Virginia Woolf. De jolis passages sur de réflexions sur l'humain, sur la sincérité de l'amitié. Nombreux sont les passages intéressants concernant la lecture et l'écriture. " Lire Virginia Woolf prend du temps. Son œuvre est longue, variée, touffue, et sa manière d'écrire si peu conventionnelle que l'on doit faire attention, être vigilant, avancer à petits pas pour ne rien perdre pour ne pas s'y perdre."C'est un très bel essai qui s'adresse à tous les amoureux de Virginia Woolf et aussi à ceux qui ont envie de découvrir son univers. Un essai très agréable à lire l'écriture est fluide et délicieusement attachante.



Je me reconnais dans cette citation : " Quelle bénédiction ce serait de ne jamais se marier, de ne jamais vieillir et de passer sa vie dans une indifférente innocence parmi les arbres et les rivières qui seules conservent à l'être sa fraîcheur et sa nature d'enfant au milieu d'un monde troublé!"

VIRGINIA WOOLF : Nuit et Jour

Traduit par Catherine Naveau

  " C'était un dimanche après-midi d'octobre et, tout comme nombre de jeunes filles de sa condition, Katherine Hilbery servait le thé. "Voici la première phrase qui ouvre le roman, elle plante le décor très british. Katherine Hilbery, jeune fille issue de l'aristocratie londonienne. Elle désire écrire une biographie sur son grand-père, le poète Richard Alardyce, enfin surtout elle aide sa mère, sans grand enthousiasme. Elle désire être en rupture avec sa famille plus conservatrice. Elle est plus scientifique que littéraire curieux pour une jeune fille de son milieux, car cela n'est pas très féminin, mais c'est son jardin secret. Elle représente la nuit, dû à sa passion pour l'astronomie. Quand Ralph Denham, se rend chez les Hilbery, à l'heure du thé. C'est un homme d'origine modeste, il est voué à une carrière d'avocat mais il aspire à d'autres activités plus littéraires. Mary Datchet, travaille dans une association militante pour l'obtention du droit de vote pour les femmes, elle rencontre régulièrement d'autres jeunes gens éclairés visant à changer le monde ou à parler art et littérature, c'est un personnage plus solaire, elle représente le jour la modernité. Virginia Woolf s'est inspirée de Margaret Llewelyn Davies pour faire exister son personnage féministe Mary Datchet.
 Elle a une affection pour Ralph, ce dernier est amoureux transi de Katherine. Mais, elle est fiancée à William Rodney, qui souhaite l'épouser. Ce quatuor est entraîné dans une valse des sentiments qui corresponde pas à leur époque. La cousine de Katherine, Cassandra est la troisième femme, elle va semer la panique dans ce quatuor de sentiment. Maggie Hilbery, la mère de Katherine vit dans sa bulle lunaire , elle a été marqué dès l'enfance par Shakespeare . " - Mais, ma chérie, je ne parle pas de ton William à toi, bien que ce soit une raison supplémentaire de l'aimer. Je parle et je rêve de mon William à moi - William Shakespeare."et le souhait de sa mère est simples de faire connaître Shakespeare à des ouvriers car comment peut-on vivre sans connaître son œuvre pour elle cela est impossible. C'est une femme fantasque, exentrique mais tellement attachante ! Le roman s'ouvre sur l'automne, la grisaille et le trouble en ce qui concerne les sentiments, l'arrivée des beaux jours l'espoir est là, tout est permis. " Les premiers signes du printemps, vers la mi-février ne se reconnaissent pas seulement aux petites fleurs blanches et mauves qui poussent dans les coins les plus abrités des bois et des jardins ; ils font naître aussi dans le cœur des hommes et des femmes des désirs comparables à ces pétales dont les parfums et les couleurs sont si subtils." Dans ce roman de Wirginia Woolf il est question de mariage, de l'amour (" L'amour, ce n'est qu'une histoire que l'on se raconte, tout en sachant qu'elle est fausse.") et de l'importance de la classe sociale. C'est son second roman, un roman sur la condition féminine au début du XX ième siècle, un thème très cher à Virginia Woolf. Les femmes ont un beau rôle, ceux sont elles qui mènent les hommes par le bout du nez. J'aime l'atmosphère cosy qui règne dans ce roman anglais de facture classique. C'est une agréable lecture avec une touche d'humour. Ce roman est un hommage à la littérature anglo-saxone plus particulièrement à la poésie. J'ai eu un grand plaisir à lire ce roman,  j'ai trouvé que ce roman par son ambiance et son époque est plus près d'un E.M Forster que de celui de Jane Austen. Ce roman est un véritable délice, une très belle lecture accompagnée de l'incontournable tasse de thé !
virginia woolf.jpg
Pour finir un joli passage c'est Mrs Hilbery qui parle :
" Le soleil s'était couché et la lune montait au firmament. De ravissants reflets argentés jouaient sur les vagues et trois lumières vertes striaient le steamer au milieu de la baie. "

 Voir le joli billet magnifiquement illustré de Dominique, Cléanthe aussi sous le charme ainsi que Lou

E.M FORSTER : MAURICE


Traduit par Nelly Shklar

À sa sortie j'avais vu le film de James Ivory mais je n'avais pas lu le roman de Forster.
Maurice Hall découvre la sexualité au cour d'une promenade avec son professeur, il affirme ne jamais vouloir se marier. «Puis les ténèbres se refermèrent, éphémères ténèbres de l’enfance qui précèdent l’aube douloureuse de l’âge d’homme.»
Il grandit dans un univers essentiellement féminin. Ils est orphelin de il vit près de Londres avec sa mère et ses deux sœurs Ada et Kitty.
À Cambridge, où il rencontre Clive Durham, un autre étudiant comme lui. La lecture de Platon : le Banquet est une lecture importante qui joue son rôle pour ses jeunes garçons. Maurice aime Clive mais ce dernier ne comprend pas son amour pour lui. Clive est un homme cruel qui veut à tout pris faire bonne figure, il est dans le paraître le plus complet. Il cache ses sentiments au lieu de les mettre en avant comme le fait Maurice.
" Maurice bredouilla quelques phrases inutiles au sujet de l'amour. - N'en parlons plus, Hall. Mariez-vous vite et oubliez. - Mais, Durham, je vous aime ! (Il eut un rire amer). C'est la vérité ! Je vous ai toujours ... - Bonne nuit, Hall. -Puisque je vous dis que je vous aime !"
Le mariage est le grand thème de ce roman entre autre. Maurice dès son plus jeune âge ne désire absolument pas se marier. C'est son choix, il ne désire pas trahir ses sentiments. Contrairement à Clive, son choix est de se marier avec Anne. Il se lance dans la politique et il encourage vivement son ami à se marier. Car pour Clive l'amour entre homme doit rester platonique uniquement. Maurice est très lié avec Clive qui l'invite a séjourné à Penge. Là, Maurice va se lier avec un autre homme Alec Scudder, un jeune garde-chasse, de condition modeste. Il ne désire pas se trahir ses sentiments pour un homme le rend vivant et humain. " Il n'aimait et n'avais jamais aimé que les hommes." La religion a cette époque joue un grand rôle dans la société anglaise, la débauche est un péché.
" Il fut toutefois contraint de rejeter le christianisme. Tout ceux qui décident de régler leur conduite sur ce qu'ils sont plutôt que sur ce qu'ils devraient être sont, tôt ou tard , amené à le faire, et de surcroît il y aune hostilité séculaire entre cette religion et les tendances d'un Clive et de ses pareils." Maurice pour des raisons non religieuse mais purement sociales, veut à tout pris se soigner .

Une écriture délicieuse, fluide très agréable à lire. Le film de James Ivory et le livre de Forter se complètent à merveille. E.M. Forter a le talent de décrire à merveille cette société anglaise du début du XXème siècle. Puis la note d'humour british à souhait, excellent ! C'est un récit intimiste, Forster n'a pas voulu que ce roman soit publié de son vivant la raison est simplement car il est question de sentiments intimes qui l'on touché de près dans cette Angleterre puritaine. E. M Forster était un humaniste laïque, les principaux personnages de ses roman tentent de se comprendre et communiquer les uns avec les autres par-delà les barrières sociales.
Lu Howard End (mon préféré) , Chambre avec Vue (pour Florence et les préjugés). Ces deux films ont été admirablement adapté par James Ivory qui a beaucoup fait pour faire connaître au grand public E.M Forster.

OLIVIA par Olivia


Traduit par Roger Martin du Gard et avec l'auteur aussi. Et la préface de mon livre est de Rosamond Lehmann.

Qui est Olivia ? Quand, j'ai regardé la couverture de ce roman j'ai été intrigué et séduite en même temps. Il se trouve qu'Olivia c'est Dorothy Bussy la soeur du romancier Lytton Strachey. Elle fait ses études secondaires en France, au pensionnat des Ruches, près de Fontainebleau, dirigé par Marie Souvestre. Elle s'inspire de cette institution pour écrire son unique roman.  Olivia  est  paru en 1949, à la Hogarth Press, la maison d'édition fondée par Leonard et Virginia Woolf. Dorothy Bussy signe son roman du pseudonyme « Olivia », elle le dédie à Virginia Woolf. A sa sortie ce roman fait scandale. 

Olivia est une jeune fille anglaise ingénue de 16 ans. Pour finir ses études, elle est envoyée dans un pensionnat parisien de jeune fille dirigé par Melle Julie et Melle Cara. "J'avais un peu plus de seize ans lorsque ma mère décide de m'envoyer en France pour y "parfaire mon éducation", comme on disait alors. Le choix de l'établissement scolaire ne faisait pas question : ce ne pouvait être que l'institution dirigée par deux dames françaises que ma mère avait rencontrées, quelques années auparavant, au cours d'un voyage en Italie, et qui étaient demeurées ses amis." Peu après son arrivée, elle comprend qu'elle est en train de tomber sous le charme de son charismatique professeur : Mlle Julie. Et Frau Riesener est sous le charme de Mlle Cara." Donc d'après ce que m'a raconté Signorina , Mlle Julie et Mlle Cara vivaient ensemble depuis une quinzaine d'années ; et , lorsqu'elles avaient fait le projet de s'associer pour fonder une institution de jeunes filles, c'étaient deux jeunes femmes également belles et pleines de dons." C'est aussi l'un des premiers romans sur l'amour lesbien, cela explique bien pourquoi selon moi ce livre est peu connu.


Ce roman a été adapté à l'écran en 1950 et réalisé par Jacqueline Audry
« Olivia », le film oublié qui a bousculé la représentation lesbienne à l'écran

Olivia, c’est donc l’héroïne, cette étudiante anglaise qui intègre un internat chic de Fontainebleau. Elle y découvre progressivement les dynamiques de pouvoir et autres relations unilatérales qui s’y sont formées, bien camouflées sous les corsets et les règles de bonne conduite. À la tête de la pyramide, il y a bien sûr la directrice Mademoiselle Julie (impeccable Edwige Feuillère), dont le charme et le charisme séduisent d’emblée la nouvelle venue. Le temps d’une lecture d’Andromaque de Racine, plus précisément, où l’adolescente est submergée par ces sentiments naissants. Mademoiselle Cara (Simone Simon), la compagne de Mademoiselle Julie, vit mal les tromperies platoniques de cette dernière, et s’enlise dans un auto-apitoiement perpétuel.

Olivia se déploie dans un monde de rubans, et de filles de bonne famille, où les hommes n’ont pas leur place. Un monde où les pulsions à peine dissimulées surgissent à l’écran, au détour d’une déclaration, d’une étreinte, d’un geste spontané. Tout est à la fois dit à demi-mot et parfaitement limpide, que l’on soit dans des stratégies de manipulation ou dans le registre de l’idéalisation.

La mise en scène parfaite de Jacqueline Audry ne cesse de positionner la domination de Mademoiselle Julie sur son assemblée, les surplombant de toute sa splendeur du haut des escaliers. On retrouve la touche Max Ophuls (dont Audry a été l’assistante) dans l’esthétique baroque, mais le cœur du récit réside, au-delà des jalousies, dans la juste représentation de l’éveil amoureux comme indissociable ici d’une initiation intellectuelle. Dans le plus pur esprit du roman de Dorothy Bussy, qui s’ouvrait sur cette citation de La Bruyère : « L'on n'aime bien qu'une seule fois, c'est la première ; les amours qui suivent sont moins involontaires. »

E.M FORSTER : Avec vue sur l'Arno


© Ernst Fries

Traduction Charles Mauron

Ce roman s'ouvre sur la pension des Bertolini à Florence en 1905, Lucy Honeychurch, une jeune fille est en compagnie de Miss Bartlett. Elles sont déçus, il y a eut un mal entendu c'est pas possible, leur chambre ne donne pas sur la vue de l'Arno mais sur une simple court. Il se trouve que lors du dîner, elles font plus ou moins connaissance avec Mr Emerson et son fils George, eux possèdent les chambres avec vus. Mr Emerson (Forster fait là un clin d'œil au philosophe américain) se propose d'échanger tout simplement. Miss Bartlet est choqué par la proposition, elle la trouve arriviste, elle manque de tact. Mais bon, grâce à la rencontre du pasteur Mr Beebe. Au final, elles obtiennent ces jolies chambres avec vue sur l'Arno ! Le premier chapitre plante le décor et voilà sous nos yeux de lecteur deux mondes qui s'affrontent les conservateurs et les avant gardistes aux idées de gauche.
" Bonheur : s'éveiller à Florence, ouvrir les yeux sur une pièce éclatante et pure, sur le carrelage rouge, si propre d'aspect bien que les carreaux ne le soit pas, sur le plafond peint où des griffons roses et bleus amours jouent dans une forêt de violons et de bassons jaunes." Pour visiter Florence, Lucy Honeychurch et Charlotte Bartlet ne se séparent pas de leur Baedeker. Lucy est un personnage attachant, c'est une jeune fille fraiche, innocente qui a reçu une éducation puritaine. Elle a appris les bonnes manières. Elle est attirée par George car il est différent d'elle. Durant son séjour, Lucy a été perturbé par la vision d'un meurtre au point de tomber dans les pommes. Heureusement que le jeune Emerson là prit dans ses bras et au cours d'une promenade, l'ivresse de la nature, la beauté la campagne a été l'occasion idéal pour lui d'échanger un baiser avec la jeune Lucy. Charlotte la surprit, elle a été scandalisé au point que ni une ni deux dès le lendemain elles quittent Florence, pour Rome.
Pourtant ce baiser innocent, montre que Lucy a envie de ce libérer de sortir du carcan rigide de son éducation victorienne. Elle a un désir de revivre ! Elle dit :" Ce monde est assez riche en malheurs, n'est-il pas vrai, sans en inventer de nouveaux. Au revoir et merci infiniment pour vos bontés l'un et l'autre. Tiens, voici en effet ma cousine qui s'avance. Quelle matinée délicieuse ! Santa Croce est vraiment une merveille" Il est question de mariage dans la deuxième partie, Lucy doit se marier avec Cecil. " Cecil était plus que présentable, distingué ; on avait plaisir à voir sa silhouette mince se régler sur le pas, de Lucy, et son beau visage allongé s'incliner vers la jeune fille quand elle lui adressait la parole."

C'est un homme très différent d'elle, un amoureux de la littérature et de l'Italie, snob, pédant sur les bord et de condition supérieure. Tant dit que Lucy est sportive aime jouer au tennis, au piano, en un mot elle aime la vie et ses plaisirs. La scène du baiser est pas mal, très différente de celle avec George à Florence. "Maintenant elle soulevait sa voilette d'un geste trop pratique ! En approchant d'elle il eut encore le temps de formuler un vœu : que ne pouvait-il reculer ? Quand il la toucha, son pince-nez d'or, bousculé, s'aplatit entre les deux visages." Une scène à mourir de rire (très bien rendu par Ivory ) c'est celle de la baignade entre Freddy, le frère de Lucy, George et Mr Beebe. " Nul paroissien n'était visible, hormis les pins, debout de toutes parts et conversant par gestes sur fond d'azur. Quelle magnificence ! Le monde des autos et des sacrés chapitres avait reculé à l'infini. Eau , ciel, vent, arbres toujours verts, comment les hommes feraient -ils intrusion dans ce monde que les saisons mêmes ne pouvaient toucher ?" Cecil fera tout pour que la villa voisine de Mrs Honeychurch, soit louée par Mr Emerson et son fils. Lucy retrouve George avec plus ou moins de bonheur, ainsi que la cousine Charlotte. Et, Lucy est embarrassée va devoir prendre en main son destin. Est ce qu'elle va rompre ses fiançailles ou alors prendre le risque du choix du cœur ! J'ai apprécié l'opposition faite entre l'Italie et l'Angleterre. Miss Lavish a propos des touriste britannique :" - Mais regardez-moi cette allure ! s'exclama Miss Lavish. Ils déambulent à travers mon Italie comme une paire de vaches."


Le style de Forster est très enlevé, sans dénoué d'humour. C'est une écriture agréable et plaisante. Impression, j'avoue que je préfère Howard End, ce roman est plus léger en apparence, car il y a tout de même de la part de Forster une envie de critiquer la société de son époque. L'adaptation de James Ivory est tout simplement une petite merveille !
© Fr Bazille