Traduit par Roger Martin du Gard et avec l'auteur aussi. Et la préface de mon livre est de Rosamond Lehmann.
Qui est Olivia ? Quand, j'ai regardé la couverture de ce roman j'ai été intrigué et séduite en même temps. Il se trouve qu'Olivia c'est Dorothy Bussy la soeur du romancier Lytton Strachey. Elle fait ses études secondaires en France, au pensionnat des Ruches, près de Fontainebleau, dirigé par Marie Souvestre. Elle s'inspire de cette institution pour écrire son unique roman. Olivia est paru en 1949, à la Hogarth Press, la maison d'édition fondée par Leonard et Virginia Woolf. Dorothy Bussy signe son roman du pseudonyme « Olivia », elle le dédie à Virginia Woolf. A sa sortie ce roman fait scandale.

Olivia est une jeune fille anglaise ingénue de 16 ans. Pour finir ses études, elle est envoyée dans un pensionnat parisien de jeune fille dirigé par Melle Julie et Melle Cara. "J'avais un peu plus de seize ans lorsque ma mère décide de m'envoyer en France pour y "parfaire mon éducation", comme on disait alors. Le choix de l'établissement scolaire ne faisait pas question : ce ne pouvait être que l'institution dirigée par deux dames françaises que ma mère avait rencontrées, quelques années auparavant, au cours d'un voyage en Italie, et qui étaient demeurées ses amis." Peu après son arrivée, elle comprend qu'elle est en train de tomber sous le charme de son charismatique professeur : Mlle Julie. Et Frau Riesener est sous le charme de Mlle Cara." Donc d'après ce que m'a raconté Signorina , Mlle Julie et Mlle Cara vivaient ensemble depuis une quinzaine d'années ; et , lorsqu'elles avaient fait le projet de s'associer pour fonder une institution de jeunes filles, c'étaient deux jeunes femmes également belles et pleines de dons." C'est aussi l'un des premiers romans sur l'amour lesbien, cela explique bien pourquoi selon moi ce livre est peu connu.

Ce roman a été adapté à l'écran en 1950 et réalisé par Jacqueline Audry
« Olivia », le film oublié qui a bousculé la représentation lesbienne à l'écran
Olivia, c’est donc l’héroïne, cette étudiante anglaise qui intègre un internat chic de Fontainebleau. Elle y découvre progressivement les dynamiques de pouvoir et autres relations unilatérales qui s’y sont formées, bien camouflées sous les corsets et les règles de bonne conduite. À la tête de la pyramide, il y a bien sûr la directrice Mademoiselle Julie (impeccable Edwige Feuillère), dont le charme et le charisme séduisent d’emblée la nouvelle venue. Le temps d’une lecture d’Andromaque de Racine, plus précisément, où l’adolescente est submergée par ces sentiments naissants. Mademoiselle Cara (Simone Simon), la compagne de Mademoiselle Julie, vit mal les tromperies platoniques de cette dernière, et s’enlise dans un auto-apitoiement perpétuel.Olivia se déploie dans un monde de rubans, et de filles de bonne famille, où les hommes n’ont pas leur place. Un monde où les pulsions à peine dissimulées surgissent à l’écran, au détour d’une déclaration, d’une étreinte, d’un geste spontané. Tout est à la fois dit à demi-mot et parfaitement limpide, que l’on soit dans des stratégies de manipulation ou dans le registre de l’idéalisation.
La mise en scène parfaite de Jacqueline Audry ne cesse de positionner la domination de Mademoiselle Julie sur son assemblée, les surplombant de toute sa splendeur du haut des escaliers. On retrouve la touche Max Ophuls (dont Audry a été l’assistante) dans l’esthétique baroque, mais le cœur du récit réside, au-delà des jalousies, dans la juste représentation de l’éveil amoureux comme indissociable ici d’une initiation intellectuelle. Dans le plus pur esprit du roman de Dorothy Bussy, qui s’ouvrait sur cette citation de La Bruyère : « L'on n'aime bien qu'une seule fois, c'est la première ; les amours qui suivent sont moins involontaires. »
Comme j'ai aimé ce livre mais je ne connaissais pas les conditions de son écriture!J'ai bien envie de le relire, si je le retrouve!
RépondreSupprimerJe ne connaissais pas du tout, mais je vais le noter. Si j'ai l'occasion de le trouver, je crois que je me laisserai tenter...
RépondreSupprimerJ'ignorais tout de ce livre et tu me donnes grande envie de combler mes lacunes. Les références à Woolf et Strachey sont on ne peut plus tentantes.
RépondreSupprimerJe ne connaissais pas mais en effet les références au célèbre couple d'artiste (qui me fait toujours penser à ce fameux film dont le titre m'échappe ^^') donne envie de se pencher un peu plus dessus.
RépondreSupprimer@ Mango : Très bien ;-)
RépondreSupprimer@ Vilvirt : Oui il me semble que ce n'est pas un livre facile à trouver peut-être en occasion dans une bouquinerie.
@ ICB : Oui : c'est un livre qui m'a drôlement intrigué et je ne le regrette pas, car il me semble que c'est une petite rareté !
@ Sabbio : Je pense que tu veux évoquer le film "Carrington". Autour de Lytton Strachey, je suppose.