Affichage des articles dont le libellé est MARIAGE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est MARIAGE. Afficher tous les articles

ELENA FERRANTE : L'AMIE PRODIGIEUSE


Traduit par Elisa Damien

 La saga comporte quatre volumes :
L’Amie prodigieuse, I (Prologue ; enfance et adolescence) ;
Le Nouveau Nom, II (Jeunesse) ;
Celle qui fuit et celle qui reste, III (Âge adulte) ;
L'Enfant perdue, IV (Maturité ; épilogue).

Une saga passionnante (lue en quinze jours)  et une histoire foisonnante, intense des années 50 à 2005. Une amitié intense dès la l'enfance dans un quartier populaire de Naples,  jusqu'à l'âge adulte sur plusieurs années. Lena, Elena  Grco est la narratrice et Lila est l'amie prodigieuse.
« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Lena et Lila sont toutes  les deux douées pour les études.  Mais seule Elena continue ses études jusqu'à l'université, elle est une élève brillante.  Malheureusement, Lila n'aura pas cette chance et son destin sera tout autre.  Lena, la blonde  est une personne douce, lente, lunaire. Lila est brune, solaire, elle possède une énergie destructrice, c'est un personnage complexe et d'un grand mystère. Lila, travaille avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Avec la complicité de son frère Nino, ils créent des chaussures.



Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l'aube de l'âge adulte.
Les liens que Lena entretien avec sa mère depuis son enfance son passionnel et violente voir même terrifiant de cruauté. Un très beau passage quand Lena va connaître un moment de complicité avec son père en allant découvrir son collège, il va l'emmené dans un Naple lumineux où l'on voit la mer, c'est un contraste avec la banlieue grise où elle réside .
Elena Ferrante décrit bien aussi les différences de classe sociale : la bourgeoisie, le prolétariat mais aussi de la politique.


Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano Carracci l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Lila Cerullo est née pauvre et elle est devenue riche en épousant Stefano, elle déteste son époux. Leur rapport est d'une grande violence. Elle travaille désormais dans la nouvelle épicerie de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.
Lila et Lena font un séjour à Ischia avec la belle soeur et la mère de Lila. L’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino. Lena va retrouver Nino Sarratore qu'elle connait depuis l'enfance et qui fait aussi de brillante études universitaires.
Lila va prendre Nino à Lena. Scandale car Lila est mariée mais elle s'est mariée trop jeune et avec son mari, les rapports sont tendus . Elle quitte son mari pour Nino, grâce à son amour pour Nino elle connaîtra une période enchantée mais qui sera de courte durée car elle va connaître une descente aux enfers. Après avoir connue l' opulence avec son mari Stefano voilà qu'elle connait la misère en travaillant dans une usine. Elle aura un enfant, elle pense qu'il est de Nino. Elle va pouvoir remonter la pente grâce à un ami d'enfance Enzo.


Parallèlement Elena suit ses études à Pise, elle est une élève brillante, douée. Elle publiera un roman qui aura du succès. "Nous vivons une époque décisive, tout est en train d'exploser. Participe, impose ta présence ! "
Nous sommes à la fin des années soixante,  les événements de 1968 s’annoncent ainsi que les mouvements féministes.  Même si les choix de  vie de Lila et Elena sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine. Elle se met en couple avec Pietro qui sera le père de ses filles Dede et Elsa. Elle va vivre à Florence, elle est toujours en contact avec Lila et elle l'aidera a s'en sortir.
Le mariage entre Pietro et Lena bat de l'aile et Lena voudra à tout pris faire sa vie avec Nino. Il est père de nombreux enfants de femmes différente, c'est un homme superficiel mais Lena est très attachée à lui et elle aura un enfant de leur union Tina.

Lila monte son entreprise d’informatique avec Enzo, amie d'enfance.  Elena  se sépare de son mari quitte  à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Pour vivre une histoire passionnelle avec Nino qui devient son amant.
Elena , devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec Nino entre Milan, Florence et Naples. Elle revient au quartier populaire  de son enfance et elle retrouve Lila puisqu'elles sont voisine. Elles se retrouvent enceinte toutes les deux.

Cette saga est intense, brûlante, violente, époustouflante au s'accent shakespearin. Il se dégage une force hallucinante. J'ai été comme happé par cette histoire que l'on ne lâche pas. Il se dégage beaucoup de sensualité à la lecture de cette saga. Elle nous fait réfléchir sur les choix de vie.
De l'auteur l'on ne sait rien est ce homme, une femme, les deux : un couple, deux femmes c'est le mystère total.
En tout cas, c'est troublant car Lena est un écrivain renommé et dans le Tome 4 elle écrit un roman intitulé : L'amitié et ce roman n'est qu'autre que : l'amie prodigieuse le tome 1.




Pendant ma lecture, je me suis sentie très proche des deux jeunes filles tellement elles sont attachantes. Mais aussi j'ai été effrayé par la violence furieuse qui se dégage de ce quartier pauvre de Naple. Cette violence est due à la misère, la mafia est présente. Les frères Solara représente le pouvoir.
Pour grandir, pour s'échapper de la violence du quartier, Lenu aura recours à l'éducation, la lecture et pour Lila c'est le mariage. Dans le tome 4, Naple s'est Lila, elle s'occupe de tout le monde. Elle représente l'image d'une fée. La fée bleue, l'histoire qu'elle a écrit enfant pour son institutrice Mme Oliviero. Lila n'a pas connu la chance de Lena d'étudier mais elle a appris par elle même le latin, le grec, elle a beaucoup lu de livres grâce à la bibliothèque près de chez elle. Mais contrairement à Lena, elle sortira pratiquement jamais de son quartier de Naple. Un très beau passage dans le tome 4 concernant le tremblement de terre de Naple.


J'ai vu les deux saisons de la série : L'amie prodigieuse que je trouve assez fidèle de la saga d'Elena Ferrante, c'est un régal.


JOYCE CAROL OATES : LES CHUTES


Traduit par Claude Seban

Veuve au matin d'une nuit de noces hallucinante, lorsque son époux, un jeune pasteur, se suicide en se jetant dans les Chutes du Niagara, Ariah Littrell se considère désormais comme vouée au malheur.

Pourtant, au cours de sa semaine de veille au bord de l'abîme, en attendant qu'on retrouve le corps de son mari d'un jour, La Veuve blanche des Chutes (ainsi que la presse l'a surnommée avant d'en faire une légende) attire l'attention de Dirk Burnaby, un brillant avocat au cœur tendre, fasciné par cette jeune femme étrange.

Une passion improbable et néanmoins absolue lie très vite ce couple qui va connaître dix ans d'un bonheur total avant que la malédiction des Chutes s'abatte de nouveau sur la famille.

Une quête qui les obligera à affronter non seulement leur histoire personnelle mais aussi un sombre épisode du passé de l'Amérique: les ravages infligés à toute une région par l'expansion industrielle gigantesque des années 50 et 60, expansion nourrie par la cupidité et la corruption des pouvoirs en place.
 Ce roman je l'ai lu au début de l'été, j'ai aimé cette lecture vertigineuse et incroyable de noirceur. C'est le premier roman de Joyce Carol Oates que je lis et me permet de découvrir son univers.


Fabienne Léonian-Liadzé : Un 24 avril à Paris

" C'est un rituel. Chaque année, le 24 avril est un jour sacré."
Gayané, jeune Française d’origine arménienne, adore son métier de  kinésithérapeute. Elle est  célibataire à la recherche d'un futur mari. Et, elle aimerais faire plaisir à ses parents pour qu'il soit d'origine arménienne comme elle. 
Ce 24 Avril 2015,  marque le centenaire du génocide des Arméniens, elle se rend, comme chaque année, aux manifestations du souvenir à Paris. Elle connaît très mal son histoire familiale, ses origine. Alors que  Séta, sa meilleure amie,  connaît très bien l'histoire de ses origines arméniennes :  les massacres, les déportations puis l’arrivée et l'intégration progressive de ces réfugiés en France, plus particulièrement à Marseille et à Issy-les-Moulineaux" Issy-les-Moulineaux, ville multi-industrielle, avait accueilli depuis le début du 19è siècle des ouvriers de nationalités différentes pour faire fonctionner ses usines par manque de main d'œuvre locale".
 L'histoire des origines de Séta est tout simplement passionnante car elle permet de découvrir l'histoire d'un peuple. Et, elle permet à Gayané de s'interroger pour   savoir d'où elle vient et  de donner un sens à sa vie.
C'est un roman qui fait écho avec l'actualité de nos jours. Il est question d'Alep, comment ne pas penser à cette ville meurtrie il y a peu !"Alep était à cette époque sous protectorat français, et au bout d'un an, Iknadios voulut s'enfuir en France. " 
 Il est question de terre accueil, de reconnaissance envers ce pays qui a su les accueillir avec générosité  : "Il termina de raconter son histoire, en disant qu'il avait été content de vivre une vie tranquille en France, ce pays qui l'avait accueilli après avoir vécu des choses terribles." Fabienne Léonian-Liadzé via la voix de Gayané est reconnaissante à la ville d'Issy les Moulineaux à  l'accueil qui a été fait au peuple arménien. Un premier roman attachant, écrit avec beaucoup de générosité  et de cœur. C'est un roman à découvrir ! 

TOLSTOÏ : Anna Karénine


Traduit par Henri Mongault

"Les familles heureuses se ressemblent toutes ; les familles malheureuses sont malheureuses chacune à sa façon. "
Voici,la première phrase du roman, et elle est magistral car elle annonce en quelque sorte la suite. 

Anna Karénine  se rend à Moscou chez son frère Stiva Oblonski. En descendant du train, elle croise le comte Vronski. Anna tombe amoureuse de Vronski, cet officier brillant, mais frivole. 
Elle lutte contre cette passion et finit pourtant par s'abandonner avec un bonheur coupable au courant qui la porte vers ce jeune officier. Puis Anna tombe enceinte. Se sentant coupable et profondément déprimée par sa faute, elle décide d'avouer son infidélité à son mari.
"J'entends tout bonnement vivre ...vivre sans faire de mal à personne qu'à moi-même, ce qui m'est bien permis"
Les grands thèmes de ce roman de Tolstoï sont l'amour et le couple. Il y a tout d'abord celui entre Anna et Vronsky. Un couple tumultueux et sulfureux et en parallèle à leur aventure, Tolstoï brosse le portrait de deux autres couples : Kitty et Lévine, et Daria et Oblonski. Couple pour ma part j'ai une tendresse pour le couple Kitty et Lévine car il correspond plus à l'idée que j'ai du couple. Car leur amour est tendre, plus calme, moins fougueux, en un mot c'est un couple exemplaire. Et celui de Daria (Dolly) et Oblonski est l'infidélité, l'hypocrisie. Daria est une femme soumise, à l'opposé d'Anna qui se veut une femme libre et plein de modernité, mais hélas elle en paye le prix. 

Mais aussi ce roman aborde bien d'autres réflexions sur le sens de la  vie, l'émancipation des femmes, les bienfaits du travail de la terre. L'écriture est magistral, c'est un roman dense et très touffu. qui tourne autour de l'amour fou, les ravages de la passion, autour des mœurs de l'époque. Tout comme "La Sonate de Kreutzer" c'est une réflexion sur le mariage, deux romans flamboyants. 

SOMERSET MAUGHAM : Il suffit d'une nuit




Traduit par A. Renaud de Sain-Georges

"Le mois de juin était venu et, quand elle restait chez elle, elle passait toutes ses journées sur la terrasse, d'où elle pouvait voir les dômes et les tours de Florence, ou dans le jardin."
En 1938 à Florence, Mary, une jeune anglaise trentenaire, veuve depuis peu, dispose d'un week-end pour réfléchir à la demande en mariage d'Edgar, un ami de sa famille, âgé de 24 ans de plus qu'elle. "Sir Edgar Swift, commandeur de l'Etoile des Indes, était entré dans les Services administratifs du Dominion, comme le père de Mary, et il avait eu une brillante carrière. "
 C'est lors d'un dîner aux côtés d'un autre homme, Rowley, véritable coureur de jupons que tout bascule. 
Lors d'un terrible évènement en fin de soirée, la vie de Mary s'en voit bouleversée. 

C'est un roman palpitant avec suspense. L'écriture de W. Somerset Maugham est magnifique.  Les dialogues sont ciselés et percutants. Une lecture délicieuse, un régal ! 


ELIZABETH GASKELL : Les confessions de Mr Harrison

Traduit par Béatrice Vierne

" Tout le monde s'esclaffa. Les gens de Duncombe raffolent des plaisanteries touchant au mariage, qui sont si aisées à comprendre."
Mr Harrison est un jeune médecin. Il s'installe à Duncombe, un  lieu sympathique dans la campagne anglaise.

"Ducombe revendique le nom de bourg, mais pour ma part, je dirais que c'est un village."
 il est convié à travailler auprès d'un vieil ami médecin proche de la retraite. Mr Harrison un jeune homme célibataire, le soir de son arrivée Mrs. Munton, Miss Tomkinson, Mrs. Bullock veulent rencontré ce charmant jeune médecin. Dans ce village, les commérages vont de bon train. 
" Sans doute y verrez-vous une curieuse statistique, mais sachez qu'à Duncombe sur six propriétaires d'un certain rang, quels qu'il soient, cinq sont des femmes. Nous avons ici abondance de veuves et de vieilles demoiselles."
Dès son arrivée il est bien accueillit, puis petit à petit  il va être l’objet de toutes les convoitises. Alors qu’il s’éprend de la fille du Pasteur, de nombreuses femmes de Duncombe vont s’autoproclamer « sa fiancée », le plongeant dans une situation extrêmement délicate.
" Voilà le charme des petits bourgs ; tout le monde y compatit aux mêmes événements."

Le Happy End est digne d'un conte de fée !!!!
Ce roman est un petit bijou d'humour, délicieux. Une lecture  anglaise très agréable !

BARBARA PYM : Une demoiselle comme il faut

Traduit par Martine Béquié

Ianthe, bientôt trente ans, séduisante, intelligente et élégante, n'a toujours pas trouvé de mari. Quand un jeune homme s'intéresse enfin à elle, les demandes en mariages s'enchaînent subitement. De son côté, Pénélope, jeune beatnik au visage préraphaélite, attend désespérément l'âme sœur. Quant aux voisins, ils papotent et traficotent, entre ventes de charité et voyage à Rome. C'est dans la banlieue nord de Londres que l'auteur situe sa cohorte de personnages aussi curieux qu'attachant : pasteurs, vicaires, vieilles filles, fonctionnaires, tous dépeints avec tendresse et ironie. 
" Barbara Pym n'ignore pas que les hommes ne cherchent qu'une chose et les femmes une autre. Mais après tout, le thé aussi est divisé : thé de Chine ou thé des Indes, avec ou sans lait, avec ou sans sucre. Et tout cela a exactement la même importance. "
Il y a quelques temps j'avais lu un roman de Barbara Pym  "Quatuor" et je n'avais pas été très enthousiaste par ma lecture. Donc, avec ce titre là " Une demoiselle comme il faut", j'ai apprécié  tout de même cette lecture désuète.  A ma lecture j'ai pensé à d'autres lectures sur le même thème le contraste entre l'Italie et l'Angleterre . Je pense à "Avril enchanté" d'Elisabeth Von Armin et  " Vue sur l'Arno" d'E.M Forster. L'univers de Barbara Pym est riche et tout en finesse. Le mariage est le thème qui prédomine dans ce roman. Il ne se passe pas grand chose, Barbara Pym nous décrit le quotidien de ses personnages. De ce faite l'anthropologue est un fin observateur de cette société anglaise. " Et comment Ruppet savait-il toutes ces choses sur Sophia ? se demanda -t-elle. Etait-ce parce qu'il était anthropologue et avait l'habitude d'observer les gens ?"

Complément un très bon billet ici

JEFFREY EUGENIDES : Le roman du mariage

Traduit Olivier Deparis

Dans les années 80, à l'Université de Brown, Madeleine Hanna fait une thèse sur « la question du mariage dans le roman anglais» et elle a une passion en particulier pour Jane Austen et le roman victorien. Une femme, deux hommes, nous (lecteur) retrouvons en plein trio amoureux.   Leonard est un homme séduisant, étudiant en biologie mais  maniaco-dépressifs. Mitchel, lui, est un étudiant, d'origine grecque  Mitchell est attiré par les études théologiques et va partir en Inde et en Europe avec un ami, Larry. Il ira même en Grèce pays de ses origine.  Madeleine tombe sous le charme de Leonard, Mitchell tombe sous le charme de Madeleine aussi. Madeleine est un personnage romantique,  une fille de bonne famille. Elle découvre  avec exaltation " Fragment d'un discours amoureux" de Roland Barthes. "Se baissant, il plongea la main dans le sac de Madeleine et, de la poche où il était toujours rangé, sortit Fragment d'un discours amoureux." La lecture de ce livre aura une influence sur sa vie
Madeleine va former un couple très soudé avec Leonard, même si le couple est un peu chaotique à cause de sa maladie, sa psychose. 

Le bonheur n'est pas présent dans ce roman, il n'existe pas en littérature. Le roman a besoin de tragédie, les beaux romans doivent être complexes et cruels. "Le roman du mariage" est un roman initiatique. Mon avis est mitigé j'ai été sous le charme du roman au début puis par la suite je me suis ennuyée. Ennui dû a des longueurs surtout la partie concernant la maladie mental de Leonard bien trop longue. Je dois dire que Leonard est un personnage qui n'a pas su me séduire, par contre j'ai bien aimé Mitchell, personnage attachant et profond. Madeleine pour ma part est une jeune fille qui m'a paru assez fade, c'est un personnage pour moi sans relief. Au final cela reste un livre sur la jeunesse américaine d'une époque celle des années 8O. C'est le premier roman de Jeffrey Eugenides que je lis. 




LÉON TOLSTOÏ : La sonate à Kreutzer

Traduit par Jacques Darras - Poème de Ted Hughes en Hommage à Tolstoï :

" Repose en paix Tolstoï ! Il a dû te falloir une avidité surnaturelle Pour vouloir acculer toute la viande du monde Jusqu'au détriment de tes propres appétits."

La Sonate à Kreutzer

Traduit par Michel Aucouturier

Le roman s'ouvre sur une discussion dans un train, lors d'un long voyage à propos du mariage et de son dégout . Le narrateur en est le témoin concernant ce grand débat concernant le mariage. Il est contre l'amour, le sexe et le mariage. Le mariage est pour lui de la prostitution, les hommes sont des dépravés, la seul solution possible l'abstinence sexuelle totale. " Tantôt vous dites que le mariage est fondé sur l'amour, et lorsque j'émets un doute sur l'existence de l'amour par l'existence des mariages. Mais le mariage, de notre temps, c'est une pure tromperie !"" Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire comme tous ceux de notre milieu. Je suis propriétaire rural et diplômé de l'université et j'ai été maréchal de la noblesse. Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire en débauché et comme tous les gens de notre milieu, tout en vivant en débauché, j'étais convaincu de vivre comme il le fallait. " Un homme, Pozdnychev avoue avoir tué sa femme car elle était éprise d'un musicien, un violoniste Troukhashevsky.Le portrait, la présence de sa femme est floue , on sait peu de chose sur elle. Pozdnychev est un demi fou, c'est lui qui a la parole et non Tolstoï. Il est présent des les premières pages via ses tics. Le point de départ est le suivant, la femme de Pozdnychev se met à étudier le piano, avec passion puis elle rencontre le violoniste. Pozdnychev devient jaloux et il soupçonne sa femme de le tromper. Ils décident de jouer ensemble la Sonate à Kreutzer de Beethoven pour piano et violon.

Tableau de René-Xavier Prinet : La sonate à Kreutzer
" Il jouaient la Sonate à Kreutzer de Beethoven. Vous connaissez le premier presto ? Vous le connaissez ? ! s'écria -t-il. Ouh ! ... C'est une chose terrible que cette sonate. Ce mouvement-là justement. Et, en général, la musique est une chose terrible. Qu'est -ce- que c'est ? Je ne comprends pas. Qu'est-ce que la musique ? Que fait-elle ? Et pourquoi fait-elle ce qu'elle fait ? On dit que la musique agit en élevant l'âme, mais en l'irritant. Comment vous le dire ?"p79
C'est le 3 juillet 1887 que Tolstoï découvre cette pièce de Beethoven et elle le bouleverse. Elle lui inspire ce roman, et de son dégoût pour le mariage. La référence religieuse encadre ce roman de Tolstoï avec l'a présence en ouverture de l'épigraphe de St Matthieu et dans la postface de Tolstoï.

Cette sonate est étrange, je ne m'attendais pas du tout à un tel texte. C'est un portrait psychologique qui débouche sur une critique sociale et sur la réflexion de la conduite humaine.
La forme est étrange aussi l'histoire est à l'intérieur d'un long monologue. C'est un texte violent concernant le rapport entre les hommes et les femmes, l'on comprend que ce texte est pu choqué, il y a de quoi. La lecture de La sonate à Kreutzer n'a pas été aisé, j'ai eu du mal, j'ai du lire avec un crayon à la main pour bien comprendre les propos de Pozdnychev surtout dans la première partie.
C'est un court roman qui démarre lentement puis va crescendo comme un morceau de musique. Donc après un démarrage laborieux une fois que nous sommes pris par cette histoire d'un adultère musical. La sonate de Beethoven joue son rôle, là à cet instant j'ai été conquise et j'ai apprécié pleinement ma lecture et l'écriture divine ! Mais il est très difficile de parler d'un tel texte si complexe et d'une richesse incroyable.

JULIA STRACHEY : Drôle de temps pour un mariage


Traduit par Anouk Neuhoff

"Une si belle journée pour le mariage de Dolly ! Tout est si joyeux et si joli, le jardin, si pimpant. "

C'est le grand jour ce 5 mars, pour Dolly Thatcham qui va se marier avec Owen Bigham. Elle a vingt-trois ans son futur mari est plus âgé qu'elle de huit ans. Il est diplomate, après le mariage ils iront en Amérique du Sud. Le mariage se déroule dans la campagne anglaise, toute la maison est en ébullition. La mariée met un temps fou à se préparer, elle a du mal à envisager son avenir, elle est plein d'interrogations ... et elle se saoule au rhum, pas mal ! L'ambiance est très agitée dans la maison, cela grouille de partout. Joseph Patton est un personnage en porte à faux dans ce roman, c'est l'intrus, il est seulement l'ami de Dolly, rien de plus, il observe ce petit monde d'un œil critique de regret. Il a rencontré Dolly l’été précédent et n’a jamais osé lui déclarer ses sentiments envers elle, hélas, il en ait malheureux, il se sent maladroit, gauche. J'ai adoré l'histoire de l'abat j'ai trouvé comique, anodin et qui en dit long sur le milieu social dont est issu Dolly : Mrs Thacham qui parle " Apporte moi cet abat-jour qui est là, sur la banquette de fenêtre ! Je voudrais le montrer à tout le monde ! C'est le cadeau de mariage de Dodo Potts-Griffiths : son chauffeur vient de l'apporter . Elle l'a entièrement fabriqué elle-même , elle l'a peint, assemblé, et tout , et tout, et c'est si charmant, si joli !" p32 /p33 "Dites, vous trouvez pas cet abat- jour absolument merveilleux ! s'écria Mrs Thatcham ". p34 Et Joseph bien évidement, l'intru " Joseph, penché sur son assiette, tremblait violemment de la tête aux pieds et, de temps à autre éternuait comme un chat. La compagnie ne tarda pas à comprendre que le jeune homme était en proie à une crise de fou rire, et tout le monde parut étonné ; excepté Evelyne (amie de Dolly, la confidente en quelques sortes) , pour qui les gloussements et les fous rires étaient aussi naturels que l'eau pour un poisson." Je trouve que c'est vraiment un grand moment que cette histoire d'abat-jour et qui en dit long concernant le mariage et se convention. Les domestiques jouent un rôle dans cette folle journée, en coulisse avec beaucoup de gravité, j'ai trouvé en opposition à la légèreté de cette journée hors du commun.
p81 Une petite domestique donne un coup de mains : " Oui ! Ils sont venus me demander si je voulais bien aider à servir le thé et les gâteaux pour le mariages et tout le bataclan. " Elle parle à Joseph" je pense qu'on se fait une fausse idée du mariage." elle dit cela avec un ton d'une grande gravité et la scène est lugubre
Le ton est enlevé voir rythmé dans les premiers chapitre. C'est une satyre à l'anglaise, mais aussi âpre, grinçante, acide accompagné d'un climat sourd.
Ce cour roman est une critique du mariage d'une époque où se marier était une obligation en ce qui concerne les conventions durant l'entre-deux guerre .

J'ai trouvé beaucoup de plaisir à lire ce très court roman, lu lors d'une journée grise. Car, il y a quelque chose, je ne sais quoi de déjà vu. Il est certain que ce petit roman ressemble assez aux nouvelles de Katherine Mansfield, j'ai trouvé.

Ce court roman a été publié par Virginia Woolf et son mari en 1932 par leur maison d’édition Hogarth Press. Julia Strachey née en 1901 et décédée en 1979 est l’auteur de deux romans et d’une biographie inachevée.

ELISABETH BOWEN : EMMELINE


Traduit par Georges Globa

L'histoire se situe à Londres dans les années trente, deux jeunes femmes Cécilia et Emmeline vivent ensemble. Emmeline est une femme active de vingt-cinq ans, elle dirige une agence de voyage avec son associé Peter Lewis "Grande, mince de corps et de mains, elle avait le geste nonchalant et inconséquent. Pour vingt-cinq ans elle paraissait très jeune, ou plutôt sans âge" Cécilia est sa belle sœur, elle a perdu son mari Henry, donc à vingt neuf ans elle se retrouve veuve. " Cecilia, veuve de vingt-neuf ans, s'étonnait de se laisser entraîner par les frêles fils du sentiment et de la prédilection vers l'île où dans les bois de Saint John, les jonquilles n'avaient peut-être pas fleuri encore." L'odieuse Lady Waters, parente des deux filles, elle n'a pas d'enfants, ne tolère absolument pas que ces deux jeunes filles soient sans mari. Cécilia et Emmeline n'ont pas besoin de Lady Waters pour être courtisée. Lors d'une soirée Emmeline rencontre Julian Towers, trente neuf ans, avec qui elle sympathise et elle s'en fait un ami. Mais en faite, il va devenir le fiancé de Cécilia. Mark Linkwater, est un jeune avocat que Cécilia a rencontré dans le train, en rentrant d'Italie. Il est avocat et séduit par Emmeline. Il est bien entendu question de mariage. Cécilia n'a pas très envie de s'engager surtout après la mort de son premier mari et Emmeline a peur de s'engager, elle préfère s'investir dans son agence de voyage plus tôt que de fonder un foyer. Cécilia et Emmeline sont très proche et elles se comprennent à merveille et pas besoin de long discours entre elles.

Une écriture très agréable et plaisante ! La cruauté des sentiments se mélange très bien avec la nature. Je trouve que ce roman à une note très moderne, il est question du tunnel sous la Manche au cour d'une conversation, par exemple . Emmeline et Cécilia sont des femmes novatrices pour leur époque.

Roman lumineux, frais car il est souvent question de fleurs de jardin, cela donne à ce roman une note printanière. Je trouve que dans le ton il y a un peu de Nancy Mitford mais cela n'engage que moi, surtout dans les dialogues qui font mouches. Par exemple l'odieuse Lady Waters (n'aime pas les livres) m'a fait penser à Lady Montdore (l'amour dans un climat froid). "L'esprit humain, c'est plus que la littérature. Je me dis souvent : "À quoi bon lire des livres ?" En tout cas c'est un roman avec une touche très british il n'y a aucun doute la dessus et avec beaucoup de psychologie !

Au détour d'une page (209) il est question de Peter Pan d" Elle espérait, l'hiver prochain , jouer l'un des petits garçons perdues de Peter Pan."


NANCY MITFORD : La poursuite de l'amour

La poursuite de l'amour

Traduit par Daria Olivier

L'histoire est vue à travers les yeux de Fanny.
Elle retrouve Linda sa cousine, la fille de tante Sadie et oncle Matthew à Alconleigh en Angleterre. Ces deux jeune filles rêve d'amour, de mariage. Fanny est raisonnable dans ses rêves d'amour autant ce n'est pas le cas pour Linda, très volage, elle est une jeune aristocrate rebelle et sentimentale. Fanny est à l'opposé de Linda, elle est mariée à des enfants mène une existence tout à fait honorable et de son rang. Tandis que Linda est une trotteuse comme la mère de Fanny exactement. Elle est mariée par deux fois, de son premier mariage, elle a une fille Moïra dont elle ne s'occupera guère.
De son deuxième mariage elle aura après la guerre un fils qui sera élevé par Fanny. L'aspect historique, le début du roman est l'entre deux guerre, puis la guerre d'Espagne le sud de la France les pyrénéens , et pour finir la Seconde Guerre Mondiale elle rencontre à un riche parisien Fabrice.
J'adore d'ailleurs le passage de sa rencontre avec se dernier, c'est à ce moment là que je me suis bien accrochée au roman et que je l'ai trouvé fort intéressant et remplis d'humour. Je trouve le style assez piquant et pétillant.

Dans ce livre je ne voit absolument pas le rapport avec Jane Austen pour ma part comme le souligne la quatrième de couverture. Rien avoir je pense que Nancy Mitford se rapprocherait plutôt du côté de KatherineMansfield le côté la légèreté l'insouciance et la cruauté, me semble t-il ! Car dans ce roman la cruauté est là, surtout en ce qui concerne Linda, qui connaîtra une fin tragique.

Roman largement autobiographique, en 1943, Gaston Palewski (proche de De Gaulle) devient le mari de Nancy. Mais, il n'est pas amoureux d'elle, et elle entame " La poursuite de l'amour" et ce livre s'inspire de leur liaison. Et c'est un livre qui connaît un immense succès en 1945. Ce roman m'a fait penser aux comédies américaines de l'entre-deux-guerres, mais je ne pourrais pas dire lesquels.



NANCY MITFORD : L'amour dans un climat froid




Traduit par François Villié

Dans ce roman nous retrouvons Fanny et Linda. Mais Linda se trouve plutôt au second plan. Il est fortement question d'amour et de mariage aussi comme dans La Poursuite de l'amour. Fanny est très amie avec Polly Hampton , la fille de Lady Montdore.
Ceux sont deux jeunes filles très chic de l'aristocratie britannique de l'entre-deux-guerre. Nancy Mitford s'inspira de son amie Violet Trefusis (1894/1972) pour le personnage de Lady Montdore. Lady Montdore est la mère de Polly et les rapports entre la mère et la fille sont conflictuels. Il faut dire que c'est une femme odieuse et insupportable. L'on retrouve la famille Radlet, l'oncle Matthew, personnage que l'on oublie pas, tellement il est étonnant et tante Sadie à Alconleigh.

Fanny fera un mariage simple avec Alfred Wincham, et Polly, une femme sublime, fait un mariage compliqué avec son oncle écrivain, Boy Dougdale ( en première noce il fut marié à Lady Véronica la sœur de Lady Montdore) et l'amant de sa mère. Donc l'affaire se corse, là c'est la première partie. Dans la deuxième partie, Fanny est une femme mariée et installée, elle est chez elle à Oxford. Son personnage est plus confirmé et moins effacé que dans la première partie ou bien dans "La poursuite de l'amour". Entre en scène Cédric et sa venue à Hampton apportera du piment et de l'intérêt au roman.

Dans ce roman j’ai bien aimé le passage de discussion littéraire entre Fanny et Lady Mandore à propos de Viriginia Woolf : Mrs Dalloway (242/243), passage assez cocasse. Car les points de vue sont complètement différents pour Fanny c'est bien sûr un livre important, pour Lady Mondore se livre n'a aucun intérêt, elle préfère les livres historiques.

Beaucoup d'humours avec brio c'est une lecture fort plaisante, un grand plaisir de lecture, agréable, une belle découverte. L'amour dans un climat de froid n'est pas une suite de la 
Poursuite de l'amour, mais tout simplement un autre point de vu concernant la famille de Fanny et de son entourage. Un livre très cup of tea !!!!!