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JULIET NICOLSON : mère, filles, sept générations

Juliet Nicolson sur les genoux de sa mère Philippa et son père Nigel Nicolson

Traduction Eric Chédaille

« Si je ne faisais pas la chasse aux fantômes, je passais en revanche beaucoup de temps en compagnie des fées. Elles habitaient une clairière dans le petit bois qui bordait le ruisseau en bas de notre jardin du Hampshire. Dès toute petite, j’ai passé des heures à converser dans le plus grand secret avec cette petite famille de rechange, assise sur la terre humide, face au ruban d’eau miroitante, au milieu de poudroiements de soleil. »
J'ai choisi cet ouvrage dans le cadre de la dernière opération masse critique. La raison est la suivante j'apprécie les histoire de famille sur plusieurs génération et en plus Juliet Nicolson est la descendante de la célèbre femme excentrique Vita Sackville- West (romancière et elle fut l'amie de Virginia Woolf). Elle nous offre un livre de mémoire et de transmission. Elle dresse les portraits de sept femmes aux privilèges parfois lourd à porter.
La première étant Pépita Duran, une danseuse espagnole (1830-1871) sa fille Victoria et Vita la petite fille de Pépita sont des femmes a fort tempérament et elle termine son ouvrage en 2013 avec sa petit fille Imogen. Elle évoque aussi son père Nigel Nicolson, l'auteur de " Portrait d'un mariage". Juliet a été très complice et proche de son père, alors qu'elle a été plus distante avec sa mère Philippa.
 J'ai été moyennement conquise par cet ouvrage au vu de mes attentes voir plus haut. J'y ai trouvé aucune émotion, il ne me reste pas grand chose de cette histoire familiale quelques jours après avoir lu cet ouvrage. Peut-être que je ne l'ai pas lu au bon moment ? Peut-être que je suis passée à côté d'un livre fort intéressant ? Peut -être à relire un jour ?
Il ne me reste plus qu'à lire Orlando de Virginia Woolf, roman dédié à la poétesse Vita Sackville-West

JULIE OTSUKA : certaines n'avaient jamais vu la mer

Rentrée littéraire 2012 
Prix Femina étranger


Coup de cœur !!!!!

Traduit par Carine Chichereau

" Sur le bateau nous étions presque toutes vierges. Nous avions de long cheveux noirs, de larges pieds plats et nous n'étions pas très grande." Un bateau quitte l’Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis. C’est après une éprouvante traversée de l’Océan pacifique qu’elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. À la façon d’un chœur antique (ce "nous" collectif), leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d’exilées… leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l’humiliation des Blancs…  J'ai trouvé poignant  le passage concernant la solidarité entre femme "Ce sont les femmes qui nous ont enseigné les choses dont nous avions le plus besoin." Car ces femmes japonaises se sentent complètement démunies loin de leurs familles. Le style de Julie Otsuka est poétique, puissant et très bouleversant. C'est une histoire vrais hélas malheureusement peu connu que nous révèle Julie Otsuka au début de la seconde guerre mondiale.
Ma première lecture pour l'année 2013, une lecture poignante et déchirante. Un excellent roman aussi bien du côté du contenu que du style. 

Je vous invite à  écouter cette émission sur FIP.

THEODOR FONTANE : EFFI BRIEST



Traduit par André Cœuroy


Effi est une jeune fille de dix-sept ans, issue d'une famille bourgeoise allemande, de la fin du XIXe siècle Elle est originaire des environs de Berlin. Le Baron von Innstetten plus âgé qu'elle de vingt ans la demande en mariage. Effi n'a pas le choix, elle doit obéir à ses parents. Effi vit dans un univers strict, éducation rigide dans une société d'homme.
Après un voyage de noce en Italie. Ils s'installe dans une petite ville de Kessin. Effi est une fée, un elfe, tout droit sorti d'un conte de Grimm, elle fait penser à ses poupées de porcelaines très fragile. Elle a peur, elle est angoissée elle vie dans une maison hantée de fantômes. Puis, il est question d'une histoire avec un chinois qui la trouble. Elle est rongé par l'angoisse, l'ennui. Elle fait penser par certain côté à Emma Bovary de Flaubert.
Effi est une enfant, elle est jeune, elle a du mal à trouver sa place dans la société de Kessin, un fossé glacial se creuse entre elle et Geert.
Elle sera maman d'une petite Annie. Mais, elle va avoir un amant le très beau , Major Von Campras, pour éteindre sa mélancolie, seulement de la séduction rien de plus, pas d'amour aucun, seulement le plaisir de séduire . " quand au début d'avril nous apprîmes que le major von Crampas - c'est son nom - était là, nous tombâmes dans les bras l'un de l'autre comme si jamais aucun désagrément ne pouvait plus nous arriver à Kressin."
Ils se rencontrent en cachette dans les dunes. Effi est mélancolique, elle se sent délaissé par son mari qui ne pense qu'à son statut social. Geert est un homme strict, il soigne son rang social et son paraître, il est un peu distant avec sa femme mais il n'est pas violent et désagréable.
Ils vont devoir quitté Kessin pour aller s'installer dans un immeuble de Berlin. Et à Berlin elle oubliera son amant mais pas son mari qui tombera sur sa correspondance avec Campras. Et là, le scandale éclate au grand jour.




Un roman très attachant à l'image de la très belle Effi. Mais je n'ai pas été complètement sous le charme de ce roman, même si j'ai ressenti de la froideur assez rigide de la distance entre moi et l'histoire de Théodor Fontane. Cela dit , c'est un très beau livre, tout en finesse concernant l'écriture.


La sublime Hannah Schygulla dans le film de Fassbinder est Effi. Le film est magnifique dans son noir et blanc, plus blanc que noir. La mise en scène de Fassbinder est très soignée, j'aime beaucoup ses jeux avec les miroirs, les voiles aussi, les voilettes d'Effi pour adoucir les visages.
Les voilettes des femmes, en particulier celle des magnifiques tenues d'Effi, font écran, la protège du monde extérieur. Le film très fidèle au roman est superbe, la musique du film se marie très bien pour donner la tonalité l'ambiance de ce film assez intimiste et feutré, et les nombreux morceaux au piano sont loin de me déplaire.