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JUAN RULFO : Pedro Paramo




La première fois que j'ai entendu parler de ce livre c'est dans Magnus de Sylvie Germain. Et de ce faite j'ai envie de revenir sur ce livre en introduction.
Pedro Paramo comme Magnus/Adam sont des livres sur la mémoire, à la recherche du père et aller vers ses fantômes, les interroger et les rencontrer aussi. Magnus est doué pour les langues, il est attiré par l'espagnol, il part au Mexique pour cinq semaine. Il rentre un couple qui lui fait découvrir Pedro Páramo, ce livre résonne en lui. "Puisque vous avez lu le roman, vous savez que Juan Preciado en fait est déjà mort quand l'histoire commence. Eh bien, moi aussi j'étais mort, à ma manière. Adam Schmalker était un leurre, il est normal qu'il se soit écroulé au bord d'un talus, dissipé par le soleil. Cela n'avait que trop duré."
Traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli

Le roman de Juan Rulfo raconte l'histoire de Pedro Páramo, sous forme fragmentaire et sans suivre l'ordre chronologique surtout au début du roman. Il est question de fragments aussi dans Magnus c'est pour cela qu'il est bien de les rapprocher les deux livres.
Juan Preciado vient de perdre sa mère Doloritas. Il décide d’aller à Comala voir son père Pedro Paramo. Voilà, le point de départ embarque le lecteur vers Comala. “qu’est-ce qui est arrivé à ce village ; il a l’air aussi désert que s’il était abandonné. On dirait que personne n’y habite.”
La première personne qu'il rencontre Abundio, un muletier, lui dit qu'il est aussi le fils de PedroParamo, et cela le déstabilise Juan Preciado. Car lui n'a jamais connu son père. Dans le village natal de sa mère, il va être confronté à un paysage aride et sans vie. Il rencontrera des hommes et des femmes qui sont des fantômes, des morts vivants en quelques sortent, étranges et insolites pour nous européens. Pour les mexicains le culte de la mort est un culte de la vie, les deux sont liés, cela se ressent fortement tout au long de sa lecture. La religion catholique tient une grande place dans ce roman et en particulier dans la culture mexicaine, et un des personnages principaux est un curé le père Rentería. Qui était Pedro Paramo ? Et bien, il était un tyran et il a volontairement laissé mourir le village, c'est pour cela que Juan est étonné sa mère lui avait décrit le village de Comala comme étant un lieu lumineux et chaleureux.
L' ambiance lourde se ressent à la lecture de ce livre. Elle est traduite par le motif de la pluie : tristesse, chagrin. Le sentiment de solitude est très fort aussi le désert, le manque de communication réel. Le mystère plane aussi dans cet univers noir, ce voyage avec les morts le cris des oiseaux en particulier des corbeaux. C'est un ouvrage polyphonique funèbre hanté par des ombres, des voix . Après ma lecture j'ai trouvé que ce livre avait un gout de cendre dans ma bouche à cause du climat,une ambiance surréaliste, floue comme dans un rêve loin du réel, les thèmes de la folie de la peur sont présents, et tiennent une place forte dans ce roman. Durant ma lecture je visualisait ce roman en noir et blanc en pensant aux films de Luis Bunuel.

Ce roman est publié en 1955, c'est un grand classique de la littérature Mexicaine. Ce livre demande un effort au lecteur ce n'est pas un texte facile loin de là, c'est un livre qui se lit entre les lignes, entre le le réel et l'imaginaire, entre la vie et la mort. dans ce roman foisonnant.
Mais cela reste un livre passionnant et étonnant ! Un livre qui marque après la lecture qui envoute le lecteur. Un livre salué par tous les grands écrivains de la littérature de Amérique Latine Carlos Fuentes, Gabriel Garcia Marquez, Jorge Luis Borges .


Il né en 1917, il a été profondément touché par les nombreux assassinats qui ont frappé les membres de sa famille, dont son père (en 1923). Il se retrouve vite orphelin.
un roman remarquable, Pedro Páramo datant de 1955. D'abord négligé, il a, avec le temps, gagné une réputation d'œuvre majeure de la littérature sud-américaine. Ce roman peu commun s'inspire ainsi du surréalisme (Juan Rulfo avait rencontré André Breton au cours de son séjour à Paris ) en mêlant rêve et réalité, vivants et fantômes du passé, présent et passé.

Fitzgerald : L'étrange histoire de Benjamin Button


Traduit par Suzanne Mayoux

Cela fait très longtemps que je n'avais pas lu un livre de cet auteur.
J'ai lu deux fois Gasby le Magnifique et j'ai lu aussi Le dernier nabab.
La sortie du film et ce Folio à 2€ m'a donné envie de lire cette nouvelle tirée de son recueil de nouvelles " Les enfants du jazz".
Il faut souligner que c'est une histoire étrange, la vie d'un homme à l'envers. Il naît vieillard et meurt bébé. " Dès sa naissance, loin d'être un beau poupon joufflu, Benjamin Button ressemble à un vieillard voûté et barbu ! Ses parents découvrent peu à peu qu'il rajeunit chaque jour : de vieillard il devient un homme mûr, un jeune homme, un enfant..." Un choc pour les parents et un handicap pour Benjamin, l'enfant. L'histoire se passe en 1860, en pleine Guerre de Session, dans une Amérique puritaine du Sud. Malgré son handicap il rencontrera l'amour avec Hildegarde "- Vous avez exactement l'âge romantique, continuait-elle. Cinquante ans. À vingt-cinq , on est trop superficiel ; à trente, c'est la pâleur du surmenage ; quarante, c'est l'époque des longs récits qui prennent le temps d'un cigare entier ; soixante , c'est ... Bah soixante, c'est top près de soixante-dix ; mais cinquante, c'est mûr à point cinquante ans, j'adore" Je trouve ce passage charmant, voir naïf. Bien sûr, le décalage posera un grand problème, puisqu'à la fin il joue avec son petit fils !
J'ai aimé lire cette nouvelle, l'écriture est très agréable. L'impression qui se dégage de ma lecture repose sur le paraître par rapport à son âge, être trop jeune trop vieux, ne pas être dans la norme et cela pose problème !
La lie du bonheurL'histoire de couples qui sont heureux, baignent dans le bonheur. Puis sans crier gare un drame surgit et l'un d'entre eux devient paralysé. Dur épreuve de la vie comme brisée. On pense à la lecture au couple tumultueux que pouvait être Zelda et Scott. Deux nouvelles très différentes mais le style, la plume de Fitzgerald est divine !

"Il s'agissait d'un mariage d'amour. L'écrivain était assez gâté pour posséder beaucoup de charme ; l'actrice gardait assez d'ingénuité pour être irrésistible.""Dr Jewett, il n'y a plus d'espoir. Mr Curtain peut vivre très longtemps, mais il ne retrouvera jamais la vue, ni la motricité, ni l'usage de la pensée."