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vendredi 20 mars 2009

JUAN RULFO : Pedro Paramo




La première fois que j'ai entendu parler de ce livre c'est dans Magnus de Sylvie Germain. Et de ce faite j'ai envie de revenir sur ce livre en introduction.
Pedro Paramo comme Magnus/Adam sont des livres sur la mémoire, à la recherche du père et aller vers ses fantômes, les interroger et les rencontrer aussi. Magnus est doué pour les langues, il est attiré par l'espagnol, il part au Mexique pour cinq semaine. Il rentre un couple qui lui fait découvrir Pedro Páramo, ce livre résonne en lui. "Puisque vous avez lu le roman, vous savez que Juan Preciado en fait est déjà mort quand l'histoire commence. Eh bien, moi aussi j'étais mort, à ma manière. Adam Schmalker était un leurre, il est normal qu'il se soit écroulé au bord d'un talus, dissipé par le soleil. Cela n'avait que trop duré."
Traduit de l’espagnol par Gabriel Iaculli

Le roman de Juan Rulfo raconte l'histoire de Pedro Páramo, sous forme fragmentaire et sans suivre l'ordre chronologique surtout au début du roman. Il est question de fragments aussi dans Magnus c'est pour cela qu'il est bien de les rapprocher les deux livres.
Juan Preciado vient de perdre sa mère Doloritas. Il décide d’aller à Comala voir son père Pedro Paramo. Voilà, le point de départ embarque le lecteur vers Comala. “qu’est-ce qui est arrivé à ce village ; il a l’air aussi désert que s’il était abandonné. On dirait que personne n’y habite.”
La première personne qu'il rencontre Abundio, un muletier, lui dit qu'il est aussi le fils de PedroParamo, et cela le déstabilise Juan Preciado. Car lui n'a jamais connu son père. Dans le village natal de sa mère, il va être confronté à un paysage aride et sans vie. Il rencontrera des hommes et des femmes qui sont des fantômes, des morts vivants en quelques sortent, étranges et insolites pour nous européens. Pour les mexicains le culte de la mort est un culte de la vie, les deux sont liés, cela se ressent fortement tout au long de sa lecture. La religion catholique tient une grande place dans ce roman et en particulier dans la culture mexicaine, et un des personnages principaux est un curé le père Rentería. Qui était Pedro Paramo ? Et bien, il était un tyran et il a volontairement laissé mourir le village, c'est pour cela que Juan est étonné sa mère lui avait décrit le village de Comala comme étant un lieu lumineux et chaleureux.
L' ambiance lourde se ressent à la lecture de ce livre. Elle est traduite par le motif de la pluie : tristesse, chagrin. Le sentiment de solitude est très fort aussi le désert, le manque de communication réel. Le mystère plane aussi dans cet univers noir, ce voyage avec les morts le cris des oiseaux en particulier des corbeaux. C'est un ouvrage polyphonique funèbre hanté par des ombres, des voix . Après ma lecture j'ai trouvé que ce livre avait un gout de cendre dans ma bouche à cause du climat,une ambiance surréaliste, floue comme dans un rêve loin du réel, les thèmes de la folie de la peur sont présents, et tiennent une place forte dans ce roman. Durant ma lecture je visualisait ce roman en noir et blanc en pensant aux films de Luis Bunuel.

Ce roman est publié en 1955, c'est un grand classique de la littérature Mexicaine. Ce livre demande un effort au lecteur ce n'est pas un texte facile loin de là, c'est un livre qui se lit entre les lignes, entre le le réel et l'imaginaire, entre la vie et la mort. dans ce roman foisonnant.
Mais cela reste un livre passionnant et étonnant ! Un livre qui marque après la lecture qui envoute le lecteur. Un livre salué par tous les grands écrivains de la littérature de Amérique Latine Carlos Fuentes, Gabriel Garcia Marquez, Jorge Luis Borges .


Il né en 1917, il a été profondément touché par les nombreux assassinats qui ont frappé les membres de sa famille, dont son père (en 1923). Il se retrouve vite orphelin.
un roman remarquable, Pedro Páramo datant de 1955. D'abord négligé, il a, avec le temps, gagné une réputation d'œuvre majeure de la littérature sud-américaine. Ce roman peu commun s'inspire ainsi du surréalisme (Juan Rulfo avait rencontré André Breton au cours de son séjour à Paris ) en mêlant rêve et réalité, vivants et fantômes du passé, présent et passé.

3 commentaires:

kathel a dit…

Une très belle couverture... mais cela ne sera sans doute pas suffisant pour m'attirer ! Je ne suis pas sûre d'accrocher à l'ambiance. ;-)

jumy a dit…

J'hésite....je n'ai pas vraiment accroché avec Magnus, pourtant l'ambiance me donne envie. Je vais essayer de lire d'autres commentaires...

Malice a dit…

@ Kathel : oui, je comprends l'ambiance est étrange et assez hors norme. Mais c'est un livre d'une grande richesse et une belle découverte un livre qui reste (cela est très important aussi !)
@Jumy : Si tu n'a pas accroché à Magnus je ne pense pas que Pedro Paramo soit un livre pour toi. Car, le lien est le même. Même si dans Magnus il y a d'autres références. Sylvie Germain est une grande mystique et cela ne m'étonne pas qu'elle a été séduite par ce livre très étrange que Pedro Paramo !