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RUDYARD KIPLING : Mes petits chéris
Ce recueil de lettres d'un père à ses enfants et un délice ! Une belle entrée pour découvrir ce papa anglais hors norme !
Libellés :
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CLEMENCE BOULOUQUE : Un instant de grâce
"Cachée en chacun de nous, il existe une personne secrète, souvent inconnue même à nous -même. La force des circonstances peut nous mener à ce point précis où ce tempérament intérieur prend l'ascendant et change le cours de nos vies."En 1964, à Dublin. Mel Ferrer, le mari d'Audrey Hepburn, organise une rencontre entre la jeune femme et celui qu'elle n'a pas vu depuis près de trente ans, Joseph, son père, qui avait abandonné sa famille pour mieux embrasser ses idéologies fascistes et dont la trace s'est perdue dans le fracas de la seconde guerre mondiale.
La jeune Audrey Hepburn; rêvait d'être danseuse étoile, rêve qu'elle n'a pas pu réaliser car elle était trop grande. " C'était un film bluette, " Nous irons à Monte-Carlo, qui l'avait semé sur la route de Colette. En apercevant Audrey dans les couloirs de l'Hôtel de Paris, la romancière avait en elle vu Gigi, l'héroïne de sa nouvelle, adaptée au théâtre, et dont elle désespérait de trouver l'interprète pour Broadway. Une photo dédicacée portait le témoignage de cette rencontre : "Pour Audrey, trésor que j'ai trouvé sur une plage""
Elle a rattrapé le temps perdu en jouant dans de nombreux films qui reste dans la mémoire de nombreux cinéphiles comme Vacances Romaines, Sabrina, Diamants sur Canapé . Ces films ont fait d'Audrey Hepburn l'une des icônes d'Hollywood. Sa vie intime a été marqué par des doutes et des fêlures, une gravité. Dans ce court roman de Clémence Boulouque un passage à retenu mon attention : le rapprochement entre Anne Frank et Audrey Hepburn
. "Anne Frank et moi sommes nés dans la même année, a vécu dans le même pays, ont connu la même guerre, sauf qu'elle a été enfermé et je suis à l'extérieur. Lire son journal était comme la lecture de mes propres expériences de son point de vue. Je suis tout à fait détruit par elle ... Il était dans un coin différent de la Hollande, mais tous les événements que je vécus étaient si incroyablement bien décrit par son, et pas seulement ce qui se passait à l'extérieur, mais ce qui se passait à l'intérieur d'un jeune fille commence à être une femme ... le tout dans une cage. Elle a exprimé la claustrophobie, mais la transcende par son amour de la nature, sa prise de conscience de l'humanité et son amour réel amour de la vie. »- Audrey Hepburn parle Anne Frank.
Pourquoi une mélancolie plane dans le regard d'Audrey Hepburn, une comédienne pleine de grâce et d'espièglerie ? " Un instant de grâce" est un roman à la fois léger et grave, et l'écriture de Clémence Boulouque est semblable à l'élégance d'Audrey Hepburn.
Un très beau complément ici, où Audrey Hepburn parle merveilleusement en français.
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ANNIE ERNAUX : La Place

Prix Renaudot en 1984
J'avais lu d'elle l'année dernière les Années et je n'avais pas trop accroché peut-être tout simplement que c'était pas du tout une bonne idée de commencer par ce livre pour découvrir sa plume.
Car cette voici, j'avoue avoir été fort séduite par ce court roman autobiographique "La place. " Le thème central est celui de la relation entre une fille et son père. Et, la mère est présente mais en retrait. Il est aussi question de la place, le milieu social dont on est issue. Les parents de la petite fille (Annie) sont des gens simples, au langage relâché au goût populaire mi-commerçant, mi ouvrier.
Ce court roman s'ouvre sur une réussite professionnelle de la narratrice qui vient de décrocher le CAPES. Ce diplôme lui permet de gravir les échelons dans la société d'accéder à la bourgeoisie.
Elle vient de perdre son père. Son décès est décrit avec beaucoup de minutie et d'émotion. Cette scène aurait été très bien filmé par Pialat, il savait très bien filmé le deuil avec un regard très respectueux. " Mon père est mort deux mois après, jour pour jour. Il avait soixante-sept ans et tenait avec ma mère un café-alimentation dans un quartier tranquille non loin de la gare, à Y... (Seine-Maritime)."
Annie Ernaux via son écriture si particulière exprime très cette sensation concernant le changement de classe sociale.
L'écriture est concise tout est dit avec beaucoup d'économie de mots, avec pudeur et finesse. Ce texte d'Annie Ernaux et je l'ai trouvé remarquable, même si il ne me touche pas intiment. C'est très fort de partir de sa propre histoire et de savoir toucher les autres . Je trouve son écriture généreuse, superbe !
GWENAELLE AUBRY : PERSONNE

Rentrée littéraire 2009 - Prix Femina 2009
C'est un portrait original sous forme d'abécédaire, en vingt-six angles, Gwenaëlle Aubry essaye de décrire son père disparu à la personnalité double. Livre a deux voix, car Gwenaëlle Auby a retrouvé un manuscrit, des notes de son père sur sa vie. Ce livre est un témoignage, elle ne juge pas, elle essaye de comprendre son père, atteint d'une mélancolie, il possède une âme chahutée joie accompagnée de souffrance, que les médecins nomment : la psychose maniaco dépressive. "Un spectre dérangeant". C'était sa maladie qu'il nommait ainsi. Elle fait travailler sa mémoire, les souvenirs ensembles, ils viennent petit à petit. Elle évoque ses sensations et ses sentiments qu'elle a vécu en tant que personne. Personne s'est aussi un livre sur l'identité, qui est cette personne qui est plusieurs personnes qui possède plusieurs facettes.
"Il avait été le Malade, il serait le Médecin ; il avait été le Fou, il serait le Sage."" Le 10 décembre 1945, au lendemain de la lettre d'Artaud à Henri Parisot, mon père naissait.""Tu le sais, je suis né d'un père et d'une mère humains."Il ressemblait, était proche d'Antonin Artaud (la lettre A) mais aussi de Jean Pierre Léaud (la lettre L). Il pouvait être James Bond (la lettre B), pirate (la lettre P) mais à l'opposé complètement, il était SDF (la lettre S)
"Devenir James Bond, c'était aller au trou, comme cette nuit-là au commissariat, mais aussi devenir souris, changer d'échelle, de mesure, telle l'Alice de Lewis Carroll tombée au fond du puits, redevenir tout petit, retrouver une impunité enfantine, se balader avec un chapeau de cow-boy, un pistolet en plastique sans que personne y trouve à redire, avoir le droit de faire n'importe quoi, des bêtises, des conneries, (de tous les James Bond, c'était Sean Connery son préféré ; avant de dicter ses lettres, il l'avait croisé dans sa rue, " avec sa très belle tête toujours, mais un peu impotent" et "l'histoire ancienne "lui était "revenue").
Il portait un double prénom François-Xavier, donc identité déjà dès à la naissance double.
Mais tout le monde l'appelait Xavier, il y a qu'un mystérieux colocataire pour l'appeler François.
Livre fort émouvant, qu'offre Gwenaëlle Aubry a ses lectures. L'écriture est sobre, chaque mot est pesé et pensé. Ce livre m'a énormément touché, m'a accompagné durant ma lecture. C'est un livre qui s'est comme gravé en moi, il en reste une sensation étrange voir douloureuse après ma lecture. C'est un portrait magnifique d'une très grande richesse.
Deux films cités dans ce livre, ces deux films tiennent leur rôle dans le livre de Gwenaëlle Aubry.
"plus tard je le retrouve dans un autre film dont le titre quand j'étais enfant, m'intriguait, Kramer contre Kramer, il est toujours aussi maigre, les cheveux plus longs, les traits plus marqués, et la femme à ses côtés a la blondeur aiguë et inquiète de Meryl Streep," " Mais c'est dans Domicile conjugal que je le retrouve ou que je le cherche, avec le plus de constance. "
C'est un livre qui se lit très lentement, un livre qui fait réfléchir fortement car en ce qui me concerne j'ai essayé de comprendre cette jeune femme Gwenaëlle Aubry et sa sœur comment elles ont pu grandir avec un père éternellement malade, mélancolique. C'est un roman sur les questions fondamentales : qu'est ce qu'un homme, qu'est un père ? C'est un témoignage brûlant accompagné d'une écriture juste, calme, sincère.
Voir le très beau billet que Jérôme Garcin en a fait ici. Je suis entièrement d'accord avec lui, car j'ai été aussi bouleversé par la lecture de ce livre.
MARIE SIZUN : Le père de la petite
Ce livre est remarquable. J'ai récupéré ce roman lors d'un DLE.C'est CécileQd9 qui l'avait amené, ce fut une excellente idée.
Parce que j'avais très envie de découvrir cette merveilleuse auteure donc Sylire défend bien avec de nombreux éloges justifiées.
L'histoire se passe à Paris en 1944, la guerre n'est pas fini. Une enfant, la petite, nommée France (comme ma grand mère) de quatre ans. " Personne ne lui donne ce prénom, pourtant choisi, guerre oblige. On dit d'elle simplement "la petite", ça suffit". Elle vit seule avec sa mère. Lorsque le père rentre de sa captivité en Allemagne, il est malade. " - Bonjour, Mademoiselle ... Bonjour, France ! dit cet homme qui est son père, tandis que d'une main à l'effroi de la petite, il attire en même temps auprès de lui la mère, l'attire d'un simple geste vers lui, l'assieds sur le bord du lit, tout contre lui, l'entoure de son bras, sans lui parler non plus, et elle y cache son visage, et l'enfant a vu que ses yeux sont pleins de larmes. " Elle découvre son père qu'elle ne connaît pas. Elle se pose des questions, elles sont nombreuses. C'est un huis-clos, très peu d'ouverture vers l'extérieur. Le père est la, sa femme, la mère de la petite qui se faisait une joie de retrouver son mari, cette joie s'estompe, elle devient la femme soumise, la mère au foyer. Le père est maladroit, voir violent avec la petite. "- Tu reviendras quand tu seras calmée, crie son père avant de claquer la porte derrière elle. Au bruit, des portes se sont ouvertes ici et là, vite refermées. Intimidée, honteuse, la petite se tait."Il manque cruellement de communication dans cette famille. "Tout est devenu si étrange depuis son retour, le comportement de ses parents si curieux. La petite n'y comprend rien. Plus amoureux, ses parents." La relation avec son père s'améliore, il a su l'apprivoiser, un lien paternel les unis. La mère a ce moment là devient plus effacée. J'ai aimé ce passage lumineux qui reste présent quelques heures après ma lecture, elle va manger avec son père au restaurant elle fait connaissance de sa nouvelle femme p130131.
Livre très apprécié dans la blogosphère tant mieux car c'est un livre d'une grande qualité. C'est bien de faire connaitre cette voix cette écriture ne pas passer à côté.
Livre lu par Lillibia qui le fait voyager, c'est une excellente idée. Angelica, Gambadou , Sylvie, Anne , Antigone
SABICA SENEZ : Nulle part ailleurs
Elle est née en 1970, c'est son premier roman, c'est très fort et une réussite.
Livre lu il y a un petit moment je n'avais pas aimé à l'époque en 2005, puis je viens de le reprendre et je trouve très émouvant, bouleversant, déchirant. Ce n'est pas un roman, mais un récit intime entre un père et une fille Il est question des relations père-fille. Le problème de l'identité est traité , aller à la recherche de soi, sont des thèmes que l'on retrouve souvent dans la littérature québécoise. Quinze ans après la mort de son père, la narratrice relit les lettres que son père lui a envoyé. Son père n'a jamais pu se résoudre à être un adulte, il est toujours resté un enfant. Et, on a le sentiment que c'est la fille qui est vraiment adulte, les rôles sont inversés. Lui, le père est un grand bourlingueur qui parcourt l'Amérique et l'Europe avec sa moto. Il a besoin, il a une soif de liberté. Il entretient une relation épistolaire pour ne pas perdre l'amour de sa fille qu'il a abandonnée. Beaucoup d'amour et de haine entre le père et la fille. L'insertion des lettres de Calamity Jane, c'est original cela convient bien au rapport entre le père et sa fille.
"Un soir d'automne, bordé par l'écho du fleuve tout près , tu m'apprends à faire des ballounes avec ma gomme. Tu sors de la poche de tes jeans quatre Bazooka et les retires de leur emballage bleu, blanc, rose.Tu en mets deux dans ta bouche et me donnes les deux autres . D'abord attendrir la gomme en la mâchant quelques minutes, puis l'étirer avec ma mangue et en faire une petite galette. En habiller ensuite le bout de ma langue de ma bouche, étirer uniformément la gomme. Gonfler mes joues et , calmement, souffler."
J'aime le style de Sabica pour son côté fluide, pour son amour pour les mots. Les blancs dans la maquette du livre. Ces blancs sont des silences comme en musique et souligne l'absence du père. Ces blancs soulignent l'espace, l'immensité qui sépare deux êtres. Cette séparation qui est une déchirure. C'est un livre qui se lit assez vite d'une traite. Un sentiment douloureux que l'on ressent à la lecture. Ce livre laisse une boule dans la gorge une fois le livre fermé.
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