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lundi 24 août 2009

GWENAELLE AUBRY : PERSONNE


Rentrée littéraire 2009 - Prix Femina 2009

C'est un portrait original sous forme d'abécédaire, en vingt-six angles, Gwenaëlle Aubry essaye de décrire son père disparu à la personnalité double. Livre a deux voix, car Gwenaëlle Auby a retrouvé un manuscrit, des notes de son père sur sa vie. Ce livre est un témoignage, elle ne juge pas, elle essaye de comprendre son père, atteint d'une mélancolie, il possède une âme chahutée joie accompagnée de souffrance, que les médecins nomment : la psychose maniaco dépressive. "Un spectre dérangeant". C'était sa maladie qu'il nommait ainsi. Elle fait travailler sa mémoire, les souvenirs ensembles, ils viennent petit à petit. Elle évoque ses sensations et ses sentiments qu'elle a vécu en tant que personne. Personne s'est aussi un livre sur l'identité, qui est cette personne qui est plusieurs personnes qui possède plusieurs facettes.
"Il avait été le Malade, il serait le Médecin ; il avait été le Fou, il serait le Sage."" Le 10 décembre 1945, au lendemain de la lettre d'Artaud à Henri Parisot, mon père naissait.""Tu le sais, je suis né d'un père et d'une mère humains."Il ressemblait, était proche d'Antonin Artaud (la lettre A) mais aussi de Jean Pierre Léaud (la lettre L). Il pouvait être James Bond (la lettre B), pirate (la lettre P) mais à l'opposé complètement, il était SDF (la lettre S)
"Devenir James Bond, c'était aller au trou, comme cette nuit-là au commissariat, mais aussi devenir souris, changer d'échelle, de mesure, telle l'Alice de Lewis Carroll tombée au fond du puits, redevenir tout petit, retrouver une impunité enfantine, se balader avec un chapeau de cow-boy, un pistolet en plastique sans que personne y trouve à redire, avoir le droit de faire n'importe quoi, des bêtises, des conneries, (de tous les James Bond, c'était Sean Connery son préféré ; avant de dicter ses lettres, il l'avait croisé dans sa rue, " avec sa très belle tête toujours, mais un peu impotent" et "l'histoire ancienne "lui était "revenue").
Il portait un double prénom François-Xavier, donc identité déjà dès à la naissance double.
Mais tout le monde l'appelait Xavier, il y a qu'un mystérieux colocataire pour l'appeler François.
Livre fort émouvant, qu'offre Gwenaëlle Aubry a ses lectures. L'écriture est sobre, chaque mot est pesé et pensé. Ce livre m'a énormément touché, m'a accompagné durant ma lecture. C'est un livre qui s'est comme gravé en moi, il en reste une sensation étrange voir douloureuse après ma lecture. C'est un portrait magnifique d'une très grande richesse.

Deux films cités dans ce livre, ces deux films tiennent leur rôle dans le livre de Gwenaëlle Aubry.

"plus tard je le retrouve dans un autre film dont le titre quand j'étais enfant, m'intriguait, Kramer contre Kramer, il est toujours aussi maigre, les cheveux plus longs, les traits plus marqués, et la femme à ses côtés a la blondeur aiguë et inquiète de Meryl Streep," " Mais c'est dans Domicile conjugal que je le retrouve ou que je le cherche, avec le plus de constance. "

C'est un livre qui se lit très lentement, un livre qui fait réfléchir fortement car en ce qui me concerne j'ai essayé de comprendre cette jeune femme Gwenaëlle Aubry et sa sœur comment elles ont pu grandir avec un père éternellement malade, mélancolique. C'est un roman sur les questions fondamentales : qu'est ce qu'un homme, qu'est un père ? C'est un témoignage brûlant accompagné d'une écriture juste, calme, sincère.

Voir le très beau billet que Jérôme Garcin en a fait ici. Je suis entièrement d'accord avec lui, car j'ai été aussi bouleversé par la lecture de ce livre.

Voici une vidéo faite par Auteur TV ,l'année dernière. Mais, c'est un très bon portrait de Gwenaëlle Aubry car elle est détendue. Elle est évoque bien son travail d'écrivain entre autre les fameuses phrases longues (combien nombreuses dans Personne mais fortement réussi, rythmés avec une grande justesse), je la trouve plus intéressant, voir mieux réalisée que la vidéo promotionnelle réalisée par le Mercure de France.


6 commentaires:

Leiloona a dit…

Ton billet m'interpelle : je le note ! :)
Bonne pioche pour cette rentrée littéraire. ;)

Malice a dit…

@Leiloona : Bonne pioche, oh ! oui c'est le moins que l'on puisse dire pour le moment !

lily a dit…

Il me le FAUT, je le confirme :))

orchidee a dit…

ah... j'ai entendu du bien de ce livre sur inter il y a quinze jours.
ton billet confirme : merci !

Lapinoursinette a dit…

J'ai eu le même ressenti que toi : un livre que l'on garde longtemps en soi, qui bouleverse et interroge. Pour le moment, c'est mon livre préféré de cette rentrée littéraire!

Antoine a dit…

Comme vous l'avez dit, bonne pioche ! C'est l'une des jolies découvertes de cette dernière rentrée littéraire.

Je partage ton avis, c'est un très beau livre.