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ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE : LES SYMBOLISTES


(suite) Mouvement Symboliste
Mouvement littéraire artistique apparu en France et en Belgique en 1870, en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. C'est autour de Mallarmé que le Symbolisme naissant va se cristalliser. On se précipite chez lui rue de Rome, chaque mardi. Jacques Rivière disait : le symbolisme est l'art de gens qui savent terriblement ce qu'ils pensent, ce qu'ils veulent, ce qu'ils font. Grand acteur du mouvement symboliste c'est Rémy de Gourmont.

Extrait de Sixitine dans le livre (Écrivains fin-de -siècle) : L'écrivain Entrague est malheureux, Sixitine sa femme est proche de l'imaginaire, elle l'inspire pour son roman L'Adorant.




Écrivain symboliste, à dix-sept ans il découvre l'œuvre Stevenson, elle a marqué sa jeunesse. Il a effectué des études de lettres. Il a de nombreux amis dans le milieux littéraires : Mallarmé, Jarry, Valéry, Colette, Catulle Mendès, Léautaud, Paul et Camille Claudel, Jules Renard ... Il s'intéresse à l'argot français qui est pour lui une langue spontanée et populaire. Il s'est brouillé avec Gide, car selon lui il a été plagié avec Les Nourritures terrestres.










Extrait : Les Vies imaginaires, Paolo Uccello, peintre, Paul les Oiseau.
" À chaque nouvelle combinaison de lignes il espérait avoir découvert le mode de créer."
Très joli et touchant portrait de ce grand peintre florentin. Il était contemporain de Donatello, Filippo Brunelleschi (le dôme de la cathédrale de Florence est signé par lui) et de Ghiberti .



Auteur belge à la fois connu et méconnu.
Connu surtout pour Pelléas et Méllisande, à la rigueur pour l' Oiseau bleu, et c'est tout ! L'on être fort surpris qu'il fut Prix Nobel de littérature en 1911.

Intèrieur (1894) pièce en un acte où l'étranger et le vieillard regardent du dehors une paisible scène familiale, sachant , comme le spectateur, que la fille de la maison s'est noyée, et se préparant à l'annonce de cette nouvelle sur laquelle s'achèvera la pièce (extrait de cette pièce dans Écrivains fin-de-siècle )
Le climat est lourd intense, le lecteur retient son souffle face à cette douleur ! Magnifique et triste.
Ce tableau de Sir John Everett Millais : Ophélia résume parfaitement l'ambiance de la pièce "Intérieur"de Maeterlink.
"Je m'approche et j'aperçois sa chevelure qui s'était élevée presque en cercle, au-dessus de sa tête, et qui tournoyait ainsi, selon le courant ... "


ÉCRIVAINS FIN-DE-SIÈCLE & LES DÉCADENTS FRANÇAIS


de Marie-Claire Bancquart

Ce livre propose des extraits de romans ou de « proses » qui ont eu du succès et de l'influence durant la période qui va des années 1880 au début du XXe siècle. Les écrivains réunis ici partagent tous le besoin d'un « ailleurs ». Il est difficile de distinguer les "décadents" des "symbolistes". 

Verlaine dit : " Le symbolisme ? ... Comprends pas ... Ça doit-être un mot allemand ... "" Aujourd'hui c'est des assauts de pieds plats qui ont chacun leur bannière où il y a écrit réclame ! Décadent, au fond, ne voulait rien dire du tout. C'était plutôt un cri et un drapeau sans rien autour."
* Le mouvement décadent traversent le XIXème siècle où tout est noir.
* Symbolisme est apparue en France et en Belgique vers 1870 en réaction au naturalisme et au mouvement parnassien. Il est très difficile distinguer ces deux mouvements aux contours mal définis. Le mysticisme du temps en est la manifestation la plus évidente. Mais les « ailleurs » ne sont pas nécessairement à chercher dans l'interprétation ésotérique du monde : ne sont-ils pas aussi bien en nous, dans les innombrables possibilités de notre organisme nerveux et de notre imagination ? Sur des chemins parfois déviants, où la névrose et l'art coexistent souvent, se crée une étonnante littérature du fantastique intérieur. C'est la grande époque des revues : La Revue Chat noir est une revue qui a été créée par Raymond Salis le 14 janvier 1882. C'est une revue dirigée par Goudeau le cousin Léon Bloy, c'est une des revue les plus importante de l'époque. Maupassant fait ses débuts dans cette revue. Son existence va jusqu'en 1895. 

Léon Bloy fut marqué par sa rencontre avec Barbey d'Aurevilly et très lu par Claudel et Bernanos. Cette littérature fin-de-siècle joue un rôle de précurseur, lance des recherches et des interrogations, innove dans les techniques romanesques, de la mise en abyme au monologue intérieur. Elle n'est nullement la littérature expirante et passée de mode que l'on imagine parfois, mais au contraire une littérature de sursaut : elle inaugure le siècle nouveau. Ces écrivains auront un impact sur Proust, Gide entre autre pour leur début. 
Cet ouvrage s'est l'opportunité de découvrir des auteurs complètement oubliés comme :

ÉLÉMIR BOURGES : Il Passion pour Wagner et Shakespeare, apprécié par Gide, ami de Mallarmé, Marcel Schwob et du peintre Armand Point. Écrivain exigeant, Sous la hache son premier roman en 1883. Ce livre fut bien accueilli ainsi que Le Crépuscule des dieux. Les oiseaux s'envolent et les fleurs tombent est un ouvrage orienté vers le mysticisme. Le Crépuscule des dieux en 1884, emprunte à Wagner. Roman de passion noire et de grand pessimisme qui retrace l'extinction d'une famille princière.

Octave Mirbeau : Journaliste, grand avocat des écrivains et des artistes méconnus. il a été "nègre" d'hommes politiques et de patrons de presse. Il remporte avec son premier roman Le calvaire un succès scandaleux. Son roman L'Abbé Jules, écrit sous l' influence des romanciers russes. Il collabore à l'Aurore et à L'Humanité. Ses œuvres les plus connus de nos jours sont "Le journal d'une femme", sa pièce "Les affaires sont les affaires".

Mécislas Goblerg : Né en 1869 en Pologne dans une famille juive bourgeoise, il se rend à Paris en 1891. Il est anarchiste, il est expulsé de France se réfugie à Londres, revient à Paris fait de la prison.Il meurt de la tuberculose à Fontainebleau en 1907.

J.H.ROSNY AÎNÉ : son vrais nom Joseph Henri Boex (1856/1940) né en Belgique et établi en France avec son frère Séraphin-Justin qui prit le pseudonyme Rosny. Tous les deux ils écrivent Les Xipéhuz. Joseph Henri va persévérer dans l'écriture et il reprend le pseudonyme de son frère Rosny et en rajoutant aîné car il est le frère aîné de Séraphin-Justin. Il est l'auteur de la Guerre du feu roman préhistorique qui fut célèbre grâce au cinéma avec le film de Jean Jacques Annaud. Il est considéré comme le père de la science-fiction, non seulement française, mais dans son ensemble.

JOSÉPHIN PÉLADAN : En 1884, son premier roman est Le Vice suprême, en 1888 il se donne le titre de "Sâr" (mage). Il s'habille d'une cape noire et sur une robe de velours bleu. Il fait revivre l'ordre occultiste des Rose-Croix, il fonde l'"Ordre de la Rose+Croix catholique et esthétique du Temple et du Graal".

RACHILDE la seule femme de cet essai mais qu'elle femme ! Elle a joué un grand rôle dans cette époque édacadente.
Marie Maguerite Eymery de son vrais nom, elle est née en Dordogne en 1860. Son père un militaire aurait voulu que sa femme soit un homme. Sa mère est schizophrène. À quinze ans, elle lit Sade. À vingt ans elle monte à Paris, elle fréquente le monde littéraire Mendès, Bloy, Villiers, Verlaine. Elle s'habille en garçon, elle joue avec un grand plaisir sur l'ambiguïté sexuel. En 1889, elle se marie avec Alfred Vallette, fondateur du Mercure de France. De cette union elle aura une fille. Elle est l'amie de Jean Lorrain.
Elle écrit des roman qui sont excessifs, avide d'étrangeté sexuelle. Elle a tenu un salon fréquenté par Gourmont, Jules Renard, Gide, Mallarmé, Apollinaire. Elle fut responsable de la critique littéraire au Mercure de 1897 à 1925. Elle est décédé en 1953, et Vallette en 1931 Voir aussi ici concernant son portrait !
Monsieur Vénus publiée en 1884, (extrait dans le Folio Écrivains fin-de-siècle édition de Marie Claire Bancquart) Livre audacieux, il fera d'elle une femme décadente. Ce livre fut saisi et condamné par le parquet belge pour atteinte aux mœurs et pornographie. Raoule de Vénérande, femme virile habite avec une tante chanoinesse. Elle est sous le charme féminin, androgyne de Jacques Silver qui est fleuriste. Ils se marient, ils aiment jouer sur l'ambiguïté des sexes. Raoule s'habille en homme et Jacques en femme.


Henry Céard : Il connu Zola par l'intermédiaire de Huysmans. C'est un amoureux de Wagner. En 1898, il se retire à Quiberon, il a comme projet écrire un grand roman accompagné d'une structure wagnérienne

Catulle Mendès : Il lance la Revue fantaisiste qui accueille les Parnassiens. Il a vécu avec la musicienne Augusta Holmès dont il a deux fils et trois filles . Il est lui aussi fou de Wagner. Il collabore à la Revue wagnérienne. En 1881 il publie le roman Le Roi vierge du vivant de Wagner et de Louis II.

Villiers de l'Isle-Adam : Un des grands auteurs de cette période, fin de siècle, d'origine bretonne. Il commence par écrire des poèmes, des articles, s'essaie au théâtre, fait connaissance de Baudelaire et de Catulle Mendès. Il est très ami avec ce dernier. Ils rendent visite à Wagner ensemble.

Georges Eekhoud : Orphelin, il est élevé par sa grand-mère et par son oncle riche. Il est originaire d'Anvers, il fait ses études en Suisse. Il démarre dans la vie comme correcteur et journaliste en Belgique. Il prend la défense des homosexuels. Escal Vigor qui est à la fois une anagramme d'"Oscar Wilde". Ce roman lui valut un procès pour pornographie devant la cour d'assises de Bruge qui fit grand bruit.

Pierre Louÿs : Lui aussi il est d'origine Belge né à Gand, comme Georges Eekhoud orphelin à neuf ans. Il fréquente les mardis de Mallarmé. Il passe rapidement du milieu parnassien au milieu "décadent" et symboliste. En1891, il fonde lui aussi une revue La Conque, très à la mode en cette fin de siècle, Valéry, Gide, Léon Blum, Camille Mauclair signent des articles dans cette revue. Lui aussi est un admirateur de Wagner, il se rend à Bayreuth. Il doit sa renommé à ses écrits érotiques et le plus connus est " La Femme et le Pantin.

CHARLES DANTZIG : Remy de Gourmont


 Cher Vieux Daim !
(1858/1915)

Une figure importante qui a compté dans l'histoire des lettres françaises. Il fut poète, romancier, dramaturge, critique d'art et essayiste français. Grand acteur du mouvement symboliste en ce qui concerne la littérature. Pour T.S.Eliot, Remy de Gourmont est "la conscience de sa génération" ce qui est tout à fait exact et Charles Dantzig le souligne très bien cet aspect.
Il est atteint d'un lupus tuberculeux qui occupe la moitié de son visage. Il en souffre beaucoup aussi bien moralement que physiquement, de ce faite il reste souvent cloitré chez lui rue des Saints-Pères. Il sort rarement de chez lui, sauf pour se rendre au Mercure de France rue de Condé.
En 1886,Berthe de Courrière fait connaissance avec Remy de Gourmont dont elle devient proche, ils habitent dans le même immeuble, n° 71 rue des Saints-Pères . Elle est sa maîtresse, elle est une demi-mondaine, férue d'ésotérisme. Femme a moitié folle, elle fut souvent internée. Elle est au centre de son roman Sixtine qui tourne justement autour de l'occultisme. Elle hérite de tous les manuscrits et de la bibliothèque de Remy de Gourmont. Il est amoureux de Natalie Barney ,
correspondance passionnée, publié plus tard : Lettres à l'Amazone. « l'Amazone » c'est celle dont il est sous le charme. "" J'aimerais à créer des personnages, à les marquer du sceau de mon esprit." Ces personnages, il voudrait que ce soient des héroïnes, " qui me devraient tout, depuis la naissance jusqu'aux qualités qui me font aimer une femme comme on aimerait un ange " : tendance qu'il eut toute sa vie à idéaliser les femmes, à en faire des Sixtines, des Amazones."
La Vogue revue des symbolistes créé en 1886, Remy de Gourmont la découvre et il est séduit, il va s'intéresser à l'art. À cette époque, il fait connaissance de Villiers de L'Isle-Adam, via ce dernier il rencontrera Mallarmé et Huysmans (anciennement naturaliste). En 1889, ils se trouve à être plusieurs neuf à vouloir fonder une revue, c'est le Mercure de France le premier numéro voit le jour en 1890 . Le directeur de cette revue est Alfred Vallette, le mari de Rachilde. Remy de Gourmont est très prolifique en ce qui concerne les critiques et même des contes pour la Revue. Il a publié un vrais roman Sixtine (sa conception de la vie, plus ses lectures). " Grâce à Sixtine, on aura une idée de ce qu'était une revue littéraire en 1890, avec ses esthètes, ses entremetteuses littéraires et ses émigrés russes fabriquant du théâtre social ; bien plus qu'À rebours, c'est le roman du dandysme fin-de-siècle."
Il est l'ami des peintres : Gaugin, entre autre puis il a encouragé les débuts du Douanier Rousseau. Il aide les symbolistes dans plusieurs revues et entre autre le plus célèbre de nos jours la Revue Blance des Natanson (1889/1903). Son œuvre la plus connu est le Livre des masques, une galerie de trente portraits lumineux d'écrivains et de poètes illustrés par Félix Valloton c'est le book des symbolistes comme le dit Charle Dantzig. Amitié avec Paul Léautaud, il est plus jeune que Remy de Gourmont. Son grand ennemi s'est Gide, il a très efficacement tout fait pour dévaluer la mémoire de ce contemporain capital, qui pouvait lui faire de l'ombre.
Il décède en plein la première guerre mondiale en 1915, personne ne fera attention à lui . Il est enterré au Père-Lachaise. Encore un livre donc sur l'histoire de la littérature passionnant !
Charles Danzing s'est attaché à Remy de Gourmont, il en fait un très beau portrait. J'ai été sous le charme de la plume de Charles Danzing une très belle découverte.
Et c'est une excellente idée de sa part de faire ressurgir ce personnage hors norme de la scène littéraire du début du XXème siècle !

Un excellent site sur Remy de Gourmont