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MAURICE SACHS : LE SABBAT






De cette existence gâchée, Maurice Sachs a pourtant tiré avant sa mort un chef-d'œuvre autobiographique : Le Sabbat. 
Abbaye de Jumièges,
je m'y suis rendue l'été 2013
" Dans ces moments où tous les enfants se demandent : " Que feras tu plus tard ?" je répondais invariablement: " Je serai écrivain" Maurice Sachs a été une des figures les plus originales de l'entre-deux guerres. Il a été le témoin d'une époque. Maurice Sachs est né à Paris en 1906. Sachs est le nom de sa mère, Andrée. De son père, Herbert Ettinghausen, Sachs ne sait rien et ne voudra jamais rien se savoir. "Je suis né, voici trente-deux ans dans une famille aussi désordonnée que possible. On s'y mariait, on y divorçait avec une incroyable vivacité. On y avait le goût de l'aventure et quelques défauts capitaux qui m'ont été transmis." En 1912, Maurice a alors six ans, son père divorce d'avec sa mère et disparaît à tout jamais de leur vie.  Sa grand-mère avait épousé Jacques Bizet, fils du compositeur de Carmen. A dix-sept ans, Maurice Sachs est livré à lui-même. Sa mère, fuyant les créanciers, s'est réfugiée à Londres.
Au début du roman il est question de l'abbaye de Jumièges où se rend Maurice Sach : " De ce côté, Jumièges, Chartres et Rembrandt m'ont tout appris. Pourtant Jumièges  n'est plus que ruines, mais par ces ruines justement un cœur, qu'aucune notion d'art ne soutient encore, peut être facilement ému. Et pareille émotion peut rendre sensible tout art visuel. Je regardai avec surprise ces arcs-boutants qui ne soutenaient plus rien et dont la culée moussue tendait vers le ciel un arc inutile, ouvert comme une mâchoire, mâchant le vide. Un lierre vivace grimpait aux piliers, serpentait le long des chéneaux et broyant un pinacle dans une étreinte douce, pendait dans l'allée ouverte qui avait été une nef à la place où aurait pu pendre le chapeau de cardinal d'un père abbé."
Le Bœuf sur le Toit 
L'ambiance en 1922, " On s'amuse partout, on dîne, on sort on soupe, on fait l'amour. Les nègres installés à tous les orchestres, poussent des hurlements déchirants, terribles , des plaintes douces et des cris d'enfants ; le jazz secoue les corps les plus fous et les plus modérés et, dans quelque quartier qu'on se penche le soir à la fenêtre, on voit s'étendre au ciel la lueur rouge que jette Montmartre comme un grand lupanar."Il fait la connaissance de Jean Cocteau qu'il définit comme ceci : " Jean Cocteau fut avec Serge de Diaguilev le magicien le plus prestigieux de notre époque." Il  noue de solides amitiés  tout d'abord avec  Cocteau, Maurice a dix-sept ans lorsqu'il rencontre le poète. Il le retrouve souvent au Bœuf sur le toit. Cocteau, présente Jacques Maritain . Il le convainc de se converti au catholicisme en 1925. Il est baptisé à Meudon
Jacques et Raïssa Maritain
" Raïssa Maritain fut ma marraine, Jacques Maritain signa l'acte de 
baptême par procuration car il représentait mon parrain Jean Cocteau."
Max Jacob d'origine juive fut convertit au catholicisme en 1913. Un ans après son baptême, il rentre au séminaire, car il décide d'être prêtre.   Durant son séminaire, il va profiter d'un séjour de Cocteau à Villefranche. 
Ensuite il doit faire son service militaire. Il quitte le séminaire, et se jette dans les folies. Il fait la connaissance d'André Gide. Il désir d'être plus communiste que Gide (le Gide d'avant le voyage en URSS). " Le vrai, c'est qu'il est très mauvais d'aller voir des hommes illustres comme on irait à un directeur de conscience ; c'est leur jouer et se jouer un mauvais tour." Il part aux Etats Unis à New York. Il se convertit au protestantisme pour épouser Gwladys Matthews, la fille du Modérateur de l’Église presbytérienne. Trois ans plus tard, ses rêves enfuis, il rentre en France, accompagné d’un jeune Américain Henry Wibbels, qui sera son amant de 1933 à 1937. En rentrant à Paris Gide le soutient et lui trouve un poste à la N.R.F. En 1935, il publie de son premier roman, Alias, chez Gallimard. Il devient intime de Madeleine Castaing.
Madeleine Castaing

" Madeleine Castaing paraissait vingt-cinq à vingt-huit ans, bien qu'elle eût des fils de plus de quinze ans, petite, mince, vive, enjouée, l'œil noir, le teint clair, les cheveux sombres, elle avait plutôt l'air d'une Arlésienne que d'une Beaouceronne. Attrayante, fine, partiale, riante, coquette, désordonnée, opiniâtre, elle avait une sorte de génie créateur pour tout ce qui touchait aux maisons"






"Je ne tirerai aucune conclusion de ce fait que les trois hommes les plus honnêtes que j'ai connu étaient protestants : Jacques Maritain (par sa naissance et son éducation), André Gide et Pierre Fresnay (Pierr Laudenbach de son vrai nom) , Alsacien Protestant. Je croirais volontiers qu'en France les protestant s connaissent seuls le sens du mot rigueur."


Le Sabbat est un roman autobiographique intéressant pour son époque et ses portrait. Par cela j'ai trouvé la lecture ennuyeuse. Maurice Sachs n'a pas le talent de Violette Leduc qui a véritablement une plume et un ton.

Maurice Sachs et Violette se sont rencontrés en 1936. Malgré l'homosexualité de Maurice, Violette est tombée folle amoureuse de lui.


FRANCIS SCOTT FITZGERALD : Gatsby le Magnifique

Lu dans la traduction de Julie Wolkenstein chez P.O.L

 
Roman lu il y a très longtemps dans une vieille version en édition de poche et j'ai eu envie de le relire dans cette nouvelle traduction.  « The great Gatsby », paru en 1925, décrit l’ascension et la chute d’un homme et d’un monde, celui du rêve américain de l’entre-deux-guerres. Ce grand roman sur la jeunesse insouciante. 
Nick Carraway,  c'est le narrateur/spectateur, un jeune homme américain du Middle West atteignant la trentaine est voisin de Gatsby, jeune millionnaire charmant au passé trouble qui vit luxueusement dans une villa toujours pleine d'invités. Dans le quartier d' East Egg, habite Daisy, sa cousine germaine et Tom Buchanan, son mari beau et riche .  Tom, lui présente sa maîtresse, Myrtle Wilson, la femme d'un garagiste sur la route qui relie New York à Long Island. Nick est  témoin de la rupture entre Daisy et Tom. Nick va faire connaissance de Jordan Baker,  joueuse de golf professionnelle et amie de Daisy.  Je crois que le premier soir où je me suis rendu chez Gatsby, je faisais partie des rares personnes à avoir reçu une invitation en bonne et due forme."
Mais qui est Jay Gatsby ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Les rumeurs les plus folles circulent sur son passé et sa fortune, même au sein de sa propre maison. C'est ce que Nick brûle de découvrir lorsqu'un jour il reçoit une invitation pour passer la soirée chez Gatsby. Une incroyable histoire va lier Nick, Tom, Gatsby, Jordan, Myrtle et Daisy pendant cet été 1922
Ma première lecture de Gatsby
dans cette édition de poche

" Il regarda autour de lui d'un air farouche, comme si le passé était tapi dans l'ombre de sa maison, juste hors de portée de sa main. "Je ferai tout pour que les choses redeviennent comme avant. Exactement  comme avant, dit-il, hochant la tête avec détermination." Il parla beaucoup du passé et j'en conclus qu'ils voulait retrouver quelque chose, une certaine idée de lui même peut-être, qu'avait engloutit son amour pour Daisy." Gatsby est le parfais héros romantique. Ce roman évoque un amour passé entre Daisy et Gatsby.  Gatsby s'est Fitzgerald (un jeune pauvre du Middle West) et Daisy s'est Zelda (une jeune femme fortunée). 
Gatsby est un merveilleux roman, assez enchanteur magnifiquement maîtrisé par son auteur Francis Scott Fizgeral. Une histoire d'amour, beaucoup de nostalgie, les années folles, sur la jeunesse, l'insouciance. Un roman  magique qui est devenu culte, mais c'est aussi un roman très cruel, magnifique écriture, un gros coup de cœur. 

Cette publicité les yeux du Docteur T.J Eckleburg joue un rôle tout le long du roman. Ces yeux qui voient tout. 

Par la même occasion j'ai revu l'adaptation au cinéma par  Jack Clayton (1974) sur un scénario de Francis Scott Coppola avec Robert Redford dans le rôle de Gatsby et Mia Farrow dans celui de Daisy. 

Gatsby le Magnifique dépeint le tableau de la haute aristocratie américaine en mal de vivre. Après la Première Guerre mondiale, dans les années 1920, les « années folles », l'élégant et mystérieux Jay Gatsby (Robert Redford), millionnaire à la fortune douteuse, est obsédé par la belle Daisy Buchanan (Mia Farrow), un amour de jeunesse qu'il tente de reconquérir. Une superbe et tragique histoire d'amour naît.

Mia Farrow est dans ce film de toute beauté elle fait penser à un elfe. C'est je trouve une très belle adaptation du roman de Fitzgerald. Elle est aussi poignante que le roman. Une adaptation réussie selon moi.  En complément voir chez Titine

ZELDA FITZGERALD : Accordez-moi cette valse


Traduit par Jacqueline Rémillet


" La chaleur écrasait de plus en plus la terre accentuait les ombres, faisait gondoler le rebord des des fenêtres et de la porte et puis enfin l'été éclata dans un terrifiant grondement de tonnerre. À la lueur des éclaires on pouvait voir les arbres se tordre comme des possédés, tout en agitant furieusement leurs branches."
Alabama Beggs est la petite dernière fille de Millie et Austin Beggs ont trois filles : Dixie, Joan et la benjamine Alabama . Elle est issue d'une famille austère son père, Austin est juge, il tient à sa réputation. "" Si Dixie pense qu'elle peut introduire des mœurs de prostituée dans ma famille, elle n'est plus ma fille. Me voir assimilé publiquement, noir sur blanc, à l'âne du moulin! Mes enfants doivent respecter mon nom ! C'est leur seule richesse en ce monde" tonna le Juge. Jamais Alabama n'avait entendu son père s'étendre aussi longuement sur ce qu'il exigeait de sa famille. Isolé, par son esprit exceptionnel, de toute possibilité de communication avec ses semblables, le Juge vivait dans sa tour d'ivoire, ne recherchant auprès de ses proches que de vagues distractions, anodines ne leur demandant qu'un respect discret de sa solitude."
Elle rencontre et tombe amoureuse du lieutenant David Knight. Elle aime plaire, elle est coquettes." Danser avec David, c'était comme respirer de bonnes nouvelles. Être tout contre lui, le visage enfoui entre son oreille et son col droit d'officier, c'était comme pénétrer dans les réserves souterraines d'une luxueux magasin de soieries exhalant les parfums caractéristiques de la batiste, du lin et luxe en balles." Une fois la première mondiale guerre finie, ils se marient et partent s'installer à New York et ils sont sans le sous. Puis, David devient un peintre à succès. C'est les année folles, les fameuses années 20, nuits de jazz trempées d'alcool, folie, bohème et destruction, Alabama et David sont beaux et célèbres, ils ont une fille Bonnie, ils filent pour la Côte d'Azur.
" La party se répandait dans la nuit parisienne comme des dés roulant d'un cornet. La lueur rosée des réverbères tentait le faite dentelé des arbres de bronze liquide ; ces lumières sont une raisons pour lesquelles le cœur des Américains bat plus vite au seul nom de la France ; elles sont identique aux lumière vacillantes, des cirques de leur jeunesse."
Puis ils quittent le Sud pour Paris, où ils retrouvent d'autres américains, ils boivent sans fin et se perdent dans l'alcool. David est un pilier des nombreuses fêtes parisiennes,il fait des rencontres intéressante pour que l'on lui achète ses toiles. Alabama veut devenir danseuse. Elle a une passion pour la danse. " À la fin du moi, Alabama pouvait se tenir toute seule sur les pointes sans aucune aide, son poids réparti sur les éminences de ses pieds, la courbe de son épine dorsale bien tendue comme les rênes d'un cheval de course, et elle pesait sur ses épaules jusqu'à avoir l'impression qu'elles pressaient contre ses hanches." Elle travaille la danse avec une grande ballerine russe à Paris. A force de travail, de douleur, elle est embauchée pour danser dans un ballet à Naples.
Accordez-moi une valse est un roman autobiographique dans lequel Zelda Fitzgerald a transposé sa vision toute personnelle de son mariage avec Scott Fizgerald. Ce roman fut écrit " six furieuses semaines".



Zelda Sayez est née en Alabama dans le Sud des États-Unis à Montgomery, elle est comme l'héroïne de " Accordez-moi cette valse" la dernière fille d'un juge. Elle est une enfant gâtée et choyée, elle a connu une enfance heureuse.
En 1921, la naissance de leur fille Frances dont le surnom est Scottie. La tension de son mariage tumultueux, l'alcoolisme de Scott, elle tombe dans la schizophrénie. Dans une clinique du Maryland, elle écrit un roman semi-autobiographique Accordez-moi cette valse, publié en 1932. Où elle raconte cette scène de leur rencontre, et sa propre version de leur histoire tumultueuse. Danseuse, peintre, écrivain, Zelda souffre de vivre à l’ombre de son mari, qui travaille, à la même époque, à son futur chef d’œuvre : Tendre est la nuit, qui sera publié en 1934.
" La volonté de parler devient même impérieuse ; dans sa chambre de la clinique Philipps à Baltimore, Zelda commence la rédaction d'Accordez-moi cette valse. Ce sera le roman de sa vie : à la fois l'unique roman qu'elle écrira de sa vie et un livre qui raconte l'histoire de sa vie- inséparable, bien sûr, de celle de Scott." (journal de la création Nancy Huston)
Elle décède à l’âge de 47 ans dans l’incendie de l’hôpital psychiatrique de Ashville. " Elle disparaîtra dans l'incendie de l'hôpital en 1947 son corps sera identifié grâce à un chausson calciné."

Il est certain qu'""Accordez-moi cette valse" est un livre à part, qui déconcerte. Je m'explique l'histoire en soi se lit bien. Et elle est intéressante car le reflet d'une époque. Mais ce qui reste de ce roman selon moi c'est plutôt des ambiances, des sensations, et non une histoire avec des personnages aux quelles on s'attache ou pas. D'ailleurs comme le dit Matthew . Bruccoli dans la postface :
" On le lit avec plaisir et il a une saveur qui lui est propre. Ce n'est que par moment qu'il déroute le lecteur. Save me the Waltz vaut la peine d'être lu parce que tout ce qui éclaire tant soi peu la carrière de Fitzgerald vaut la peine d'être lu - et puis parce que c'est le seul roman qui ait été publié par une femme courageuse et douée, dont on ne se rappelle que les multiples échecs."