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mercredi 15 janvier 2014

MAURICE SACHS : LE SABBAT






De cette existence gâchée, Maurice Sachs a pourtant tiré avant sa mort un chef-d'œuvre autobiographique : Le Sabbat. 
Abbaye de Jumièges,
je m'y suis rendue l'été 2013
" Dans ces moments où tous les enfants se demandent : " Que feras tu plus tard ?" je répondais invariablement: " Je serai écrivain"Maurice Sachs a été une des figures les plus originales de l'entre-deux guerres. Il a été le témoin d'une époque.
 Maurice Sachs est né à Paris en 1906. Sachs est le nom de sa mère, Andrée. De son père, Herbert Ettinghausen, Sachs ne sait rien et ne voudra jamais rien se savoir. "Je suis né, voici trente-deux ans dans une famille aussi désordonnée que possible. On s'y mariait, on y divorçait avec une incroyable vivacité. On y avait le goût de l'aventure et quelques défauts capitaux qui m'ont été transmis." En 1912, Maurice a alors six ans, son père divorce d'avec sa mère et disparaît à tout jamais de leur vie.  Sa grand-mère avait épousé Jacques Bizet, fils du compositeur de Carmen. A dix-sept ans, Maurice Sachs est livré à lui-même. Sa mère, fuyant les créanciers, s'est réfugiée à Londres.
Au début du roman il est question de l'abbaye de Jumièges où se rend Maurice Sach : " De ce côté, Jumièges, Chartres et Rembrandt m'ont tout appris. Pourtant Jumièges  n'est plus que ruines, mais par ces ruines justement un cœur, qu'aucune notion d'art ne soutient encore, peut être facilement ému. Et pareille émotion peut rendre sensible tout art visuel. Je regardai avec surprise ces arcs-boutants qui ne soutenaient plus rien et dont la culée moussue tendait vers le ciel un arc inutile, ouvert comme une mâchoire, mâchant le vide. Un lierre vivace grimpait aux piliers, serpentait le long des chéneaux et broyant un pinacle dans une étreinte douce, pendait dans l'allée ouverte qui avait été une nef à la place où aurait pu pendre le chapeau de cardinal d'un père abbé."
Le Bœuf sur le Toit 
L'ambiance en 1922, " On s'amuse partout, on dîne, on sort on soupe, on fait l'amour. Les nègres installés à tous les orchestres, poussent des hurlements déchirants, terribles , des plaintes douces et des cris d'enfants ; le jazz secoue les corps les plus fous et les plus modérés et, dans quelque quartier qu'on se penche le soir à la fenêtre, on voit s'étendre au ciel la lueur rouge que jette Montmartre comme un grand lupanar."Il fait la connaissance de Jean Cocteau qu'il définit comme ceci : " Jean Cocteau fut avec Serge de Diaguilev le magicien le plus prestigieux de notre époque." Il  noue de solides amitiés  tout d'abord avec  Cocteau, Maurice a dix-sept ans lorsqu'il rencontre le poète. Il le retrouve souvent au Bœuf sur le toit. Cocteau, présente Jacques Maritain . Il le convainc de se converti au catholicisme en 1925. Il est baptisé à Meudon
Jacques et Raïssa Maritain
" Raïssa Maritain fut ma marraine, Jacques Maritain signa l'acte de 
baptême par procuration car il représentait mon parrain Jean Cocteau."
Max Jacob d'origine juive fut convertit au catholicisme en 1913. Un ans après son baptême, il rentre au séminaire, car il décide d'être prêtre.   Durant son séminaire, il va profiter d'un séjour de Cocteau à Villefranche. 
Ensuite il doit faire son service militaire. Il quitte le séminaire, et se jette dans les folies. Il fait la connaissance d'André Gide. Il désir d'être plus communiste que Gide (le Gide d'avant le voyage en URSS). " Le vrai, c'est qu'il est très mauvais d'aller voir des hommes illustres comme on irait à un directeur de conscience ; c'est leur jouer et se jouer un mauvais tour." Il part aux Etats Unis à New York. Il se convertit au protestantisme pour épouser Gwladys Matthews, la fille du Modérateur de l’Église presbytérienne. Trois ans plus tard, ses rêves enfuis, il rentre en France, accompagné d’un jeune Américain Henry Wibbels, qui sera son amant de 1933 à 1937. En rentrant à Paris Gide le soutient et lui trouve un poste à la N.R.F. En 1935, il publie de son premier roman, Alias, chez Gallimard. Il devient intime de Madeleine Castaing.
Madeleine Castaing

" Madeleine Castaing paraissait vingt-cinq à vingt-huit ans, bien qu'elle eût des fils de plus de quinze ans, petite, mince, vive, enjouée, l'œil noir, le teint clair, les cheveux sombres, elle avait plutôt l'air d'une Arlésienne que d'une Beaouceronne. Attrayante, fine, partiale, riante, coquette, désordonnée, opiniâtre, elle avait une sorte de génie créateur pour tout ce qui touchait aux maisons"




"Je ne tirerai aucune conclusion de ce fait que les trois hommes les plus honnêtes que j'ai connu étaient protestants : Jacques Maritain (par sa naissance et son éducation), André Gide et Pierre Fresnay (Pierr Laudenbach de son vrai nom) , Alsacien Protestant. Je croirais volontiers qu'en France les protestant s connaissent seuls le sens du mot rigueur."
Le Sabbat est un roman autobiographique intéressant pour son époque et ses portrait. Par cela j'ai trouvé la lecture ennuyeuse. Maurice Sachs n'a pas le talent de Violette Leduc qui a véritablement une plume et un ton. 
Maurice Sachs et Violette se sont rencontrés en 1936. Malgré l'homosexualité de Maurice, Violette est tombée folle amoureuse de lui. 


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