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RENÉ CREVEL : La mort difficile

Il est partagé entre les surréaliste et le communiste. C'est un homme qui possède une sensibilité à fleur de peau.

La mère du jeune héros Pierre Dumont-Dufour et Mme Blok la mère de Diane sont toutes les deux issus d'un milieu bourgeois conservateur, très bavarde. Mme Dumont-Dufour a une haine envers son mari. Elle désire divorcer. Elle pense que son fils deviendra comme son mari le colonel, c'est à dire fou. " Ainsi Pierre, son fils , dont la nourrice était alcoolique (voilà pour la malchance ) a un caractère emporté. D'ailleurs, il a de qui tenir, son père (voilà pour l'hérédité) s'est toujours montré d'une telle violence. "M. Dumont est colonel, il écrit à la Marquise de Pompadour. Et M. Dimitri Block s'est suicidé, non loin de l'armoire à liqueur pendant qu'ils recevaient. Pierre Dumont, vingt ans homosexuel et toxicomane, aime Arthur Bruggle l'Américain, venu en Europe comme laveur de vaisselle, maintenant dandy capricieux et insolent. " À noter que cet Arthur Bruggle est un adolescent aux mains longues qui marche en dansant comme une panthère et a des yeux animal." Pierre est aussi aimé de Diane, « sa sœur d'ombre » tous les deux font de la peinture
Les rapports conflictuels avec sa mère et la décadence bourgeoise des pères est au cœur du roman. Surtout il y met en scène, de façon prémonitoire, sa propre mort "sa liberté", son propre suicide.

L'écriture est très agréable, beaucoup d'ironie surtout dans le premier chapitre j'ai bien aimé par contre par la suite je me suis assez ennuyée. Au final ce roman est une curiosité que j'ai lu grâce à l'essai de Klaus Man (aujourd'hui et demain éd. Phèbus) "Dans la Mort difficile, c'est dans la disposition à l'égard des mères, dont on ne parle qu'avec une sévérité et une méchanceté redoutables, qu'elle est la plus manifeste, la plus marquée et la plus inquiétante" C'est le point que j'ai trouvé le plus intéressant le regard sur les mères bourgeoises d'une certaine époque, c'est très juste.

Pierre est dans le salon."Bonjour, madame Blok, bonjour aimable madame d'un fil dégénéré. - Bonjour, Pierre, bonjour, mon enfant.- Êtes-vous anormal, madame Blok ? -Pierre je t'en prie . -Êtes-vous dégénérée, ma mère ? - Mon enfant, qu'elle mouche t'a donc piqué ? "Ce roman témoigne de l'obsession autobiographique et de la bisexualité de René Crevel et délivre un document essentiel sur une certaine jeunesse des années 1920. Son propre père s'est suicidé quand il était âgé de quatorze ans.

LAURENT SEKSIK : L'Exercice de la médecine

Ce roman est une traversée du siècle  sur les traces d'une lignée de médecins juifs. "L'histoire des Thérapeutes était devenu e comme une seconde légende familiale. Depuis son plus jeune âge, Léna avait entendu son père la raconter - et depuis, d'un coup d'œil dans le dictionnaire, elle avait pu vérifier que cette histoire n'était pas un conte pour enfant sorti de l'imaginaire paternel."
Léna Kotev est cancérologue à Paris. Dans sa famille, on est médecin de génération en génération : Pavel Alexandrovitch exerçait dans la Russie tsariste, Mendel fut professeur dans le Berlin des années 1920 " une terre accueillante pour les juifs", Natalia fut victime, sous Staline, de l’affaire du Complot des Blouses blanches. Loin des combats de ses glorieux aïeux, Léna rêve de se soustraire à la légende familiale. Mais peut-on échapper à son destin ? Inscrits dans une mythologie qui les dépasse, les Kotev ont vocation à donner un sens à l’Histoire autant qu’à toute vie sauvée. " l'univers médical était un monde en soi".

 C'est le premier roman de cet auteur que je découvre. Une merveille !  Beaucoup d'émotion, des personnages forts et très émouvant. Lena est un personnage romanesque, qui porte le poids du passé sur ses épaules et c'est une femme plein d'espoir. 
Un roman magnifique qui confronte destins individuels et Grande Histoire ! Un film se présente à la lecture de ce roman.

AGATHA CHRISTIE : La mystérieuse affaire de Style (Hercule Poirot)

Traduit par Thierry Arson

Le premier roman écrit et publié en 1920 par la romancière : c'est également celui qui présente, pour la première fois, le personnage de Hercule Poirot. "Oh ! Sherlock Holmes, sans aucune hésitation ! Mais, toute plaisanterie mise à part, c'est vraiment cela qui m'attire.  J'ai rencontré un jour en Belgique un inspecteur célèbre qui m'a fasciné. Un petit homme extraordinaire un véritable dandy, mais d'une intelligence hallucinante. Selon lui, un bon détective se juge à sa méthode." Cet opus d'Agatha Christie  se déroule à Style Sainte Mary dans le Essex. Pendant la Première Guerre mondiale, Arthur Hastings, rapatrié en Angleterre. Il est invité dans la demeure de Styles Cour par son ami John Cavendish. Il  lui apprend que sa mère Emily  s'est remariée avec un homme beaucoup plus jeune qu'elle,  le mystérieux Alfred Inglethorp. À Styles, tout le monde a l'air de le détester, sauf évidemment Mrs Inglethorp. Un soir, dans sa chambre Emily Inglethorp est empoisonnée et les soupçons pèsent sur Alfred Inglethorp. Elle aurait été empoisonnée avec de la strychnine. Qui est le coupable ?
Le capitaine Arthur Hastings est un personnage fictif, meilleur ami et partenaire du détective Hercule Poirot dans les romans d'Agatha Christie. Poirot rencontre Hastings dès son arrivée en Angleterre ; ils deviennent bons amis. En tant qu'ancien officier de l'armée britannique, il est blessé durant la première guerre mondiale. Le personnage d'Hastings représente le gentleman traditionnel anglais.  C'est lui le narrateur de " La mystérieuse affaire de Style" Il est présent dans d'autres romans policiers d'Agatha Christie en compagnie d'Hercule Poirot
Dans les Carnets Secrets :" Dans la Mystérieuse Affaire de Styles nous partons du principe qu'Alfred Inglethorp est à la fois trop antipathique et trop évident pour être l'assassin ; en outre sur un plan plus pratique, il était absent de la maison le soir de la mort de sa femme."
Encore un roman policier signé Agatha Christie très réussie ! Nombreuses sont les fausses pistes .  Ce premier roman annonce la marque de fabrique d'Agatha Christie, la campagne anglaise, les ambiances feutrées, les affaires de famille, les rivalité etc ... tout cela bien sûr accompagné d'une tasse de thé  (of course)... et du chocolat d'Hercule Poirot.

Lu dans le cadre des British Mysteries, organisé par Lou et Hilde

AGATHA CHRISTIE : Le Meutre de Roger Ackroyd ( Hercule Poirot)



"Poirot était un petit homme au physique extraordinaire. Malgré son petit mètre soixante deux, il était l'image même de la dignité. Son crâne affectait une forme ovoïde, et il tenait toujours la tête légèrement penchée sur le côté. Sa moustache cirée lui conférait un air martial. Le soin qu'il apportait à sa tenue était presque incroyable. Je suis enclin à penser qu'il aurait souffert davantage d'un grain de poussière sur ses vêtement que d'une blessure par balle. Pourtant ce petit homme original, ce parfait dandy - qui, je le voyais avec une peine infinie, traînait maintenant la patte - avait en son temps l'un des plus fameux inspecteurs de la police belge. Doué d'un flair prodigieux, il s'était en effet illustré en élucidant les cas les plus mystérieux de son époque."

Hercule Poirot est né en 1864, C'est le célèbre détective d'Agatha Christie. . Il est fier d'être belge, il est célibataire et il est amoureux de l'Angleterre. Il mesure 1m62, c'est un homme digne tiré à quatre épingle, c'est un dandy. Il es maniaque, il vit en solitaire dans un immeuble Art déco à Londres dans le quartier de Chelsea en compagnie de Hasting. Il a un problème avec son corps. Il est un grand amateur de chocolat chaud.
En 1901, l'année du décès de la grande souveraine britannique Victoria, Hercule Poirot  travaille pour la Section des statistiques, couverture des services de renseignements français. C'est à cette époque qu'il rencontre  Sherlock Homes. "En 1914, éclate la Première Guerre mondiale. Le destin de l'Europe bascule lorsque, le 4 août, les troupes allemandes envahissent la Belgique."" Débarqué à Torquay, Poirot est placé sur un brancard à la sortie du train et chargé dans une ambulance, direction la mairie, transformée en hôpital de fortune. La jeune Agatha Christie, récemment mariée, travaille là depuis le début de la guerre, comme volontaire auprès de la Croix Rouge. Elle fait connaissance du petit réfugié belge, qui la conforte dans son envie d'écrire de la littérature policière.
Concernant sa famille, Hercule Poirot ment car l'arrange. dans le Meurtre de Roger Ackroyd, il s'invente un neveu idiot, dans d'autres romans d'Agatha Christie, il évoque l'existence d'un oncle invalide, d'une mère désagréable et d'un cousin, il s'invente aussi un frère jumeau, en vérité il a une petite sœur Yvonne il fait parfois de breves allusions . Hercule Poirot est un personnage ambigu et complexe. Il a un problème avec son corps.  Il apparait pour la première fois sous la plume d'Agatha Christie avec "La Mystérieuse Affaire de Style".

Couverture sublime - Piquée chez Syl !
Le meurtre de Roger Ackroyd
Traduit par Françoise Jamoul

L'intrigue se déroule à King's Abbott, petite bourgade de la campagne anglaise. C'est dans cette campagne qu'Hercule Poirot a choisit de s'installer pour sa retraite. 
" - Mais ... c'est Hercule Poirot ! Vous voyez qui je veux dire ? Le détective privé. Il paraît qu'il a fait des choses fantastiques, comme dans les romans policiers. Il a pris sa retraite l'année dernière  pour venir s'établir ici." Mrs Fears est décédée elle avait une liaison secrète avec Roger Ackroyd. Hercule est ami avec Roger Ackroyd un directeur d'usine, il se connaissent depuis longtemps. Un soir, après avoir dîner chez lui, il se trouve assassiné, tout cela est bien mystérieux. Qui peut bien être le coupable ? Les premiers suspects sont la belle-soeur du défunt, son chauffeur, sa domestique, son secrétaire personnel ainsi que son fils adoptif Ralph, subitement disparu. Hercule Poirot reprend du service et  il fait fonctionner ses fameuses petites cellules grises...
Est ce que l'assassin  ne serait il pas le narrateur ? Suspense, les fausses pistes sont nombreuses concernant ce roman policier très british !


Hercule Poirot - Le meurtre de Roger Ackroyd

WENDY GUERRA : Poser nue à la Havane

C'est en septembre 2010, lors d'une conférence donnée en compagnie de Nancy Huston autour d'Anaïs Nin que j'ai découvert Wendy Guerra. J'ai lu il y a très longtemps en tant que jeune adulte que j'ai lu avec passion les journaux d'Anaïs Nin. Dans son dernier essai Nancy Huston : "Reflets dans un œil d'homme", évoque la mémoire d'Anaïs Nin a plusieurs reprise. Entre autre les rapports incestueux que le père d'Anaïs Nin entretenaient avec sa fille. Ces rapports m'avaient fortement choquée à la lecture quand j'ai lu jeune le journal de jeunesse (dix/onze ans) d'Anaïs Nin. Il entreprit de la photographier. Nancy Huston dans son essai " Le culte qu'elle voue à Joaquin Nin, n'empêche pas la jeune femme de se rappler ses sautes d'humeur, sa violence physique envers son épouse et ses trois enfants."Extrait dans son journal


" J'ai parlé de la passion de mon père pour la photographie et comment il était toujours à me photographier. Il aimait prendre des photos de moi pendant que je me baignais. Il me voulait toujours nue. Toute son admiration lui venait par l'intermédiaire de l'appareil photographique." que l'on retrouve dans l'ouvrage de Wendy Guerra.

Sur les traces d'Anaïs Nin, Cuba 1922
Traduit par Marianne Millon
C'est un journal apocryphe (l'invention de Wendy Guerra) croisé avec les Journaux d'Anaïs Nin écrit en italique (traduit par Béatrice Commengé). "J'ai retrouvé sa maison, ses documents, j'ai projeté un apocryphe de ses lignes vides à partir de ce cahier original conservé à UCLA, un Journal quasi vierge que je réécris aujourd'hui de mémoire, les yeux clos et le poignet ferme. J'étais orientée par ses références insulaires, l'inceste, le sentiment de perte et l'opium que renferme son écriture. Possédée par ses témoignages. Nous vivions à des époques différentes, mais nous avons fini par nous retrouver à La Havane.

Anais est une toute jeune femme de dix-neuf ans, elle est fiancé avec Hugo, un banquier. Elle








quitte New York pour arriver à La Havane. " J'écris, j'écris comme s'il grêlait, et c'est de l'essence, c'est le riz des fiancé qui pleut sur le papier, l'encre dérape et s'écrase contre les grains, pendant que je m' épanche en larmes lilas."










Elle arrive alors chez ses cousins cubains dans sa famille paternelle. Elle décide de retrouver là les traces d'un père adoré, absent.























Elle évoque la pauvreté et la difficulté de vivre à New-York, avec sa mère et ses frères.




































C'est à la Havane que ses parents se sont connus, elle évoque un amour avec qui elle devait se marier. La Havane est la ville de ses origines, c'est dans ce pays qu'elle décide de se marier avec Hugo. Mais il est tout de même étrange qu'à la Havane, elle est attirée par des hommes sensuels, cubains qui sont l'opposés d'Hugo (protestant, hommes discret, américain).

































" Je pense à Julian et à Hugo. Julian devrait m'appartenir si j'avais la possibilité de choisir, si, comme mes parents, j'étais née sur cette île ; mais je suis née à Paris, j'ai vécu à New York, je suis étrangère devant laquelle les familles reculent quand je m'attache trop"














Son journal est le refuge d'Anaïs Nin, elle y décrit un Cuba de l'intérieur, c'est son" île".





















Anaïs Nin dans son propre journal a fait très peu d'allusions de cette période à Cuba. Wendy Guerra imagine ce qu'Anaïs Nin a pu ressentir en arrivant à Cuba. Les mot de Wendy Guerra sont mêlés à ceux d'Anaïs Nin. Le résulta est assez émouvant. L'écriture d'Anaïs Nin est touchante et celle de Wendy Guerra est poétique (elle est d'ailleurs poète reconnu dans son pays Cuba). J'ai vraiment apprécié de retrouver l'écriture d'Anaïs Nin. À la première approche, l'on peut être déçu par l'ouvrage de Wendy Guerra. Mais quand on rentre vraiment dans l'univers de Wendy Guerra /Anaïs Nin, j'ai été happé par cette ambiance sensuelle.






























PS (complément) : Mon amie Wictoria trouve le titre accrocheur oui effectivement quand l'on sait rien sur le livre de Wendy Guerra. Mais, quand l'on a lu l'ouvrage, Anaïs Nin a vraiment posé nu pour un peintre. Wendy Guerra nous présente une Anaïs Nin a nu sans fard. Le corps d'Anaïs Nin joue un rôle sensuel et charnel dans ce livre mais aussi dans toute l'œuvre Anaïs Nin.