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dimanche 27 mai 2012

WENDY GUERRA : Poser nue à la Havane

C'est en septembre 2010, lors d'une conférence donnée en compagnie de Nancy Huston autour d'Anaïs Nin que j'ai découvert Wendy Guerra. J'ai lu il y a très longtemps en tant que jeune adulte que j'ai lu avec passion les journaux d'Anaïs Nin. Dans son dernier essai Nancy Huston : "Reflets dans un œil d'homme", évoque la mémoire d'Anaïs Nin a plusieurs reprise. Entre autre les rapports incestueux que le père d'Anaïs Nin entretenaient avec sa fille. Ces rapports m'avaient fortement choquée à la lecture quand j'ai lu jeune le journal de jeunesse (dix/onze ans) d'Anaïs Nin. Il entreprit de la photographier. Nancy Huston dans son essai " Le culte qu'elle voue à Joaquin Nin, n'empêche pas la jeune femme de se rappler ses sautes d'humeur, sa violence physique envers son épouse et ses trois enfants."Extrait dans son journal


" J'ai parlé de la passion de mon père pour la photographie et comment il était toujours à me photographier. Il aimait prendre des photos de moi pendant que je me baignais. Il me voulait toujours nue. Toute son admiration lui venait par l'intermédiaire de l'appareil photographique." que l'on retrouve dans l'ouvrage de Wendy Guerra.

Sur les traces d'Anaïs Nin, Cuba 1922
Traduit par Marianne Millon
C'est un journal apocryphe (l'invention de Wendy Guerra) croisé avec les Journaux d'Anaïs Nin écrit en italique (traduit par Béatrice Commengé). "J'ai retrouvé sa maison, ses documents, j'ai projeté un apocryphe de ses lignes vides à partir de ce cahier original conservé à UCLA, un Journal quasi vierge que je réécris aujourd'hui de mémoire, les yeux clos et le poignet ferme. J'étais orientée par ses références insulaires, l'inceste, le sentiment de perte et l'opium que renferme son écriture. Possédée par ses témoignages. Nous vivions à des époques différentes, mais nous avons fini par nous retrouver à La Havane.

Anais est une toute jeune femme de dix-neuf ans, elle est fiancé avec Hugo, un banquier. Elle








quitte New York pour arriver à La Havane. " J'écris, j'écris comme s'il grêlait, et c'est de l'essence, c'est le riz des fiancé qui pleut sur le papier, l'encre dérape et s'écrase contre les grains, pendant que je m' épanche en larmes lilas."







Elle arrive alors chez ses cousins cubains dans sa famille paternelle. Elle décide de retrouver là les traces d'un père adoré, absent.























Elle évoque la pauvreté et la difficulté de vivre à New-York, avec sa mère et ses frères.

































C'est à la Havane que ses parents se sont connus, elle évoque un amour avec qui elle devait se marier. La Havane est la ville de ses origines, c'est dans ce pays qu'elle décide de se marier avec Hugo. Mais il est tout de même étrange qu'à la Havane, elle est attirée par des hommes sensuels, cubains qui sont l'opposés d'Hugo (protestant, hommes discret, américain).
































" Je pense à Julian et à Hugo. Julian devrait m'appartenir si j'avais la possibilité de choisir, si, comme mes parents, j'étais née sur cette île ; mais je suis née à Paris, j'ai vécu à New York, je suis étrangère devant laquelle les familles reculent quand je m'attache trop"














Son journal est le refuge d'Anaïs Nin, elle y décrit un Cuba de l'intérieur, c'est son" île".





















Anaïs Nin dans son propre journal a fait très peu d'allusions de cette période à Cuba. Wendy Guerra imagine ce qu'Anaïs Nin a pu ressentir en arrivant à Cuba. Les mot de Wendy Guerra sont mêlés à ceux d'Anaïs Nin. Le résulta est assez émouvant. L'écriture d'Anaïs Nin est touchante et celle de Wendy Guerra est poétique (elle est d'ailleurs poète reconnu dans son pays Cuba). J'ai vraiment apprécié de retrouver l'écriture d'Anaïs Nin. À la première approche, l'on peut être déçu par l'ouvrage de Wendy Guerra. Mais quand on rentre vraiment dans l'univers de Wendy Guerra /Anaïs Nin, j'ai été happé par cette ambiance sensuelle.






























PS (complément) : Mon amie Wictoria trouve le titre accrocheur oui effectivement quand l'on sait rien sur le livre de Wendy Guerra. Mais, quand l'on a lu l'ouvrage, Anaïs Nin a vraiment posé nu pour un peintre. Wendy Guerra nous présente une Anaïs Nin a nu sans fard. Le corps d'Anaïs Nin joue un rôle sensuel et charnel dans ce livre mais aussi dans toute l'œuvre Anaïs Nin.





3 commentaires:

Wictoria a dit…

un titre pour le moins accrocheur ! ceci étant, d'AN je n'ai lu que son Venus Erotica, il m'est littéralement tombé des mains ! sans parler des récits mettant en scène des enfants, tout cela me dérange, que cela existe, c'est certain, qu'on en fasse une forme d'apologie du désir, je ne suis pas trop pour...il faudra à l'occasion me conseiller un titre d'AN vraiment littéraire, cela me plairait de la découvrir sous cette forme plutôt que l'autre qui ne m'a pas du tout convaincue :) mais ce livre me paraît assez beau dans sa forme et son esprit !

Malice a dit…

Pour le titre je réponds dans un rajout ! Cela ne m'étonne pas du tout que Venus Erotica t'est tombé des mains, je crois que sa littérature érotique n'est pas bonne. Personnellement je n'ai lu d'elle que ses journaux (qui sont véritablement intéressant). Et, je compte reparlé d'AN dans un autre billet . Pour tout dire j'avais beaucoup aimé le film Henry (Miller) et June (sa femme) en 1990 de Philip Kaufman film vu deux fois en salles (c'est rare). Dans la foulé j'ai voulu lire AN , j'avais emprunté ces journaux à la bibliothèque. Et son premier journal qui fait écho au film de Kaufman je l'avais acheté, il se déroule sur les années 1931/1934.
Pour revenir au livre de WG il s'adresse je pense, il parle aux lecteurs des journaux d'AN. Voilà j'espère avoir éclairé ta lanterne ;-)

Anne-Sophie Demonchy a dit…

Tiens tiens : je connais très mal Anaïs Nin, et plutôt que de commencer par ce roman de Guerra, je vais jeter un coup d'oeil dans ses journaux... En effet, j'ai tenté à quelques reprises de lire des romans de Guerra (que je trouve toujours très touchante au Festival America), mais à chaque fois je suis déçue... Je trouve son écriture blanche, sans épaisseur...