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MARGARET DRABBLE : Un bébé d'or pur

Traduit par Christine Laferrière

"Je m'intéresse beaucoup à l'idée de l'innocence, l'idée qu'une personne soit incapable de faire le mal, car pour la plupart nous sommes assaillis de pensées malveillantes. Anna, le "bébé d'or pur" du roman. est innocente, détachée de tout héritage. Instinctivement, elle cherche à faire le bien, à contenter les autres.

Après ses études anthropologie,  Jessica Speight se trouve enceinte. Son enfant Anna un « bébé d’or pur » au caractère angélique, au bonheur presque surnaturel. est  atteint d’une maladie génétique rare. Ce n'est pas une enfant comme les autres. Jess ne renonce pas à sa carrière d'anthropologue. 

Jess vie à Londres en plein dans les années 1960. 
La narratrice est une amie de Jess,  qui habite le même quartier que Jess et elle est très différente d'elle  (un mari, deux enfant en bonne santé). Cette narratrice nous décrit  le parcours de Jess et aussi celui d'Anna mais aussi les changements de moeurs, culturels et sociaux. 
 Anna qui ne peut plus plus être scolarisée dans une école traditionnelle, elle est admise à dix ans dans  une école spécialisé avec d'autres enfants comme elle, souffrant d'un d'handicaps intellectuels.  Dans les année 60, 70 les connaissances sur l'autisme, les maladies neurologique et psychiatriques sont peu connues

Une belle histoire qui pose la douloureuse question de la difficulté d'insertion des personnes handicapées ou simplement "différents", de la solitude mais aussi de l'amitié et de la solidarité, compte beaucoup. Un roman particulier, mais attachant, Margaret Drabble fait référence au frère de Jane Austen "George" et à Carol la fille de Pearl Beack dans " L'enfant qui ne voulait pas grandir". 

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DAVID LODGE : La vie en sourdine

Traduit par Maurice et Yvonne Couturier


Desmond Bates est un universitaire à la retraite, il enseignait la linguistique au nord de l’Angleterre. Desmond s’ennuie, son principal problème est de comprendre ce qu’on lui dit, il a des problèmes d'audition qui entraine pas mal de quiproquos, de jeux de mot aussi. Il est obligé de porter un appareil, mais il n'a pas toujours les bonnes piles sous la main. Il se sent obliger d'apprendre à lire sur les lèvres. 
C’est à cause de ce handicap qu’il va se retrouver dans de nombreuses situations délicates.  Lors d’un vernissage d’exposition, Desmond rencontre une jeune et jolie étudiante, Alex Loom. Elle désir que Desmond s'occupe de sa thèse.  Alex devient très envahissante et Desmond va avoir du mal à se dépêtrer de cette relation.
Le père de Desmond   vit seul et se refuse obstinément à entrer en maison de retraite. Cette relation père/fils est l’occasion pour David Lodge de nous parler du temps qui passe. 

"La surdité est une sorte d'avant gout de la mort. Une très longue introduction au long silence dans lequel nous finissons tous par sombrer."
J'aime beaucoup l'univers de David Lodge son humour aussi. La vie en sourdine est un excellent  roman. Il est en partie autobiographique l'auteur ayant des problèmes d'audition, il évoque aussi la mort de son père avec beaucoup de pudeur. 

Où vont les gens quand ils meurent?
Quelque part sous terre ou dans le ciel?
Je n'en sais rien, a dit grand-père, mais il se peut

Qu'ils s'installent tout simplement à demeure dans nos rêves.

David Lodge, à la fois grâve,  sensible et cocasse, j'ai adoré me plongé dans ce roman. 

DANIEL KEYES : Des fleurs pour Agernon

Traduit par Georges H. Gallet

C'est grâce à mon frère que je lis ce roman.  Je n'avais jamais entendu  parlé auparavant de cette histoire très émouvante. 
 "Mon intelligence a causé un fossé entre moi et tous ceux que je connaissais et que j'aimais, et j'ai été chassé de la boulangerie. Je suis maintenant plus seul que jamais auparavant. Je me demande ce qui se passerait si on remettait Algernon dans la grande cage avec quelques unes des autres souris. Est-ce qu'elles la traiteraient en ennemi ?"
J'ignorais tout de cette histoire. Charlie Gordon, un jeune homme arriéré mental, gagne sa vie comme apprenti dans une boulangerie. Un jour, il est convoqué par le Docteur Strauss et le Professeur Nemur qui lui proposent de subir une opération du cerveau qui doit permettre de démultiplier ses facultés mentales. L'intervention ayant réussi avec la souris de laboratoire dénommée Algernon, les deux scientifiques pensent être prêts à passer au stade de l'expérimentation humaine.
Après l'opération Charlie, qui est suivi psychologiquement par les deux chercheurs, doit rédiger à cet effet son journal intime sous forme de comptes-rendus. Charlie Gordon progresse rapidement, accumule de nombreuses connaissances sans s'en rendre compte, mais a beaucoup de mal à lier des relations stables et normales avec les autres. 
Mais d'être normal, être comme tout le monde va être de courte durée. Car malheureusement, la souris Algernon donne des signes inquiétants de dégénérescence cérébrale et finit par mourir. Charlie va régresser et s'empresse alors de reprendre tous les travaux scientifiques des professeurs Nemur et Strauss afin de trouver les erreurs de calcul permettant d'expliquer l'origine de cette dégénérescence. 
Ce roman est une lecture poignante. Il pose la question qui sommes nous ? réflexion sur l'identité. " Tandis que j'attends là, étendu, un moment passé durant lequel je suis moi-même en moi-même et, de nouveau, je perd toute conscience d'un corps ou d'une sensation. Charlie me tire de nouveau vers le bas, dans mon corps. Je regarde en moi, au centre de mon œil aveugle, cette tache rouge qui se transforme en fleur aux multiples pétales plus profond du cœur de mon inconscient."