Affichage des articles dont le libellé est La Condition de la Femme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Condition de la Femme. Afficher tous les articles

MICHELLE PERROT : Mélancolie ouvrière



Virginie Ledoyen dans le rôle de Lucie Baud : Le combat d'une femme au début du  XXième siècle
une figure oubliée de la lutte ouvrière. À travers une fiction engagée et émouvante, Gérard Mordillat, s’appuyant sur le travail de l’historienne Michelle Perrot, retrace le destin d’une des premières femmes syndicalistes, féministe avant l’heure.


Lucie est née en 1870 d une famille de paysans pauvres de la région de Grenoble,   d’une mère ouvrière de la soie et d’un père charron.  Lucie Baud commence à travailler à 12 ans dans une filature de soie. Elle est apprentie chez MM Durand frères . Dans cette fabrique, où les journées de travail sont de douze heures, elle retrouve des compagnes qui sont pensionnaires dans l’internat de l’usine qui enferme les filles, dans des conditions de vie difficiles. Lucie, épouse à 20 ans, Pierre Baud, garde-champêtre de vingt ans son aîné, ils auront trois enfants et ils vivront à Vizille, jusqu’à la mort de Pierre. Ce décès signifie pour Lucie l’obligation de quitter l’appartement de fonction . De sa vie personnelle pendant son mariage, nous découvrons peu de choses. Une vie ordinaire, avec ses joies et ses peines, pour cette épouse puis mère  et ouvrière de la soie qui n’est pas une rebelle. 
Après son veuvage, en 1902 : Voici le temps venu de la révolte : quatre années, Lucie devient une “héroïne” .  Lucie a beaucoup d’admiration pour Charles Auda. 
De 1902 à 1906, donc de 32 à 36 ans, Lucie va s’investir dans le syndicalisme des ouvriers et ouvrières de la soie, alors que rien ne la destinait à la lutte syndicale. Elle le paiera par un parcours professionnel chaotique. Quel patron accepterait d’embaucher une « meneuse de grèves ? ». 
En novembre 1902, quatre mois après la mort de Pierre, elle fonde le « Syndicat des ouvriers et ouvrières de la soie du canton de Vizille ». Puis elle participe au congrès de Reims, si les hommes ne lui donnent pas la parole, toutefois ils soulignent sa présence : « Lucie Baud venue d’aussi loin collaborer aux travaux du Congrès ». Dans les années 1905-1906, notre héroïne mène à Vizille, puis à Voiron deux grèves. "Leur condition a particulièrement révolté Lucie qui décrit leur mode de recrutement par le réseau clérical et leur enferment. "M. Permezel avait envoyé don directeur, accompagné de son aumônier, racoler dans le Piémontais des femmes et des enfants, en leur promettant 3 francs par jour, une indemnité de 25 francs pour leur apprentissage, le paiement des frais de voyage. Elle ne gagnaient même pas de quoi vivre"
Elle lutte contre la suppression de personnel pour accroître les rendements. Elle organise « des soupes communistes » pour nourrir les grévistes, là elle est dans son rôle traditionnel de femme. Puis, fait exceptionnel, elle devient la porte-parole et l’interlocutrice de la presse, du maire, du patronat qui menace de fermer l’usine, auquel elle tient tête. « Cent jours de grève, cent jours de lutte de deux cents femmes ». Finalement cette grève qui dure cent jours est un échec et Lucie se retrouve sans travail. Elle part pour Voiron avec ses deux filles. Dans cette ville industrielle règne une sourde exaspération contre les conditions de travail et Lucie avec le camarade Auda qu’elle admire, rassemble « les exilées » de Vizille lors d’une réunion en décembre 1905. En 1906 les grèves s’étendent dans la plupart des usines, qui vont fermer. Le patronat refuse de négocier, le préfet fait appel à la troupe et 3 000 chasseurs alpins arrivent en ville. Faire appel à l’armée est une solution déjà éprouvée à Carmaux chez Reille, au Creusot chez Schneider. Le 1er mai 1906 la peur gagne la France entière, elle conduit certains pères à envoyer femme et enfants à la campagne.



Lucie Baud
Une grève se termine souvent par l’intervention des femmes qui ont le souci « de faire bouillir la marmite ». Michelle Perrot relate l’histoire des mouvements syndicaux dans cette région du Dauphiné. Après ce nouvel échec et des divisions qui vont se créer entre les grévistes, « Il y a une mélancolie ouvrière des lendemains de grève, qui pèse d’autant plus qu’officiellement on n’avoue pas l’échec… Chacun retrouve ses problèmes et sa solitude ». Quelles que soient ses raisons, Lucie Baud, qui était seule pour élever ses deux filles, sans travail, tente de se suicider avec trois coups de revolver dans la bouche, elle aura la mâchoire fracassée. Avant son geste prémédité, relaté dans le Petit Dauphinois du 11-12 septembre 1906, Lucie a écrit plusieurs lettres à sa famille, elle y invoque des « chagrins de famille ». Finalement Lucie va déménager à Tullins. Elle meurt à 43 ans, le 7 mars 1913 à Fures et tombera dans l’oubli.

Lucie Baud, belle et tragique figure de la lutte ouvrière, serait totalement tombée dans l’oubli si l’historienne Michelle Perrot n’en avait pas retrouvé la trace. Pièce à conviction : un mémoire signé par Lucie Baud elle-même, faisant le récit circonstancié de son combat social. Qu’une femme ouvrière du début du XXe siècle écrive en son nom était déjà assez extraordinaire pour être remarqué… 


Adapté et réalisé  par Gérard Mordillat avec 

Philippe Torreton (Charles Auda)
Virginie Ledoyen (Lucie Baud)
François Cluzet (Pierre Baud)
Marc Barbé (Duplan)

Un téléfilm magnifique et lunineux de toute beauté et de générosité, très touchant. 

ELENA FERRANTE : L'AMIE PRODIGIEUSE


Traduit par Elisa Damien

 La saga comporte quatre volumes :
L’Amie prodigieuse, I (Prologue ; enfance et adolescence) ;
Le Nouveau Nom, II (Jeunesse) ;
Celle qui fuit et celle qui reste, III (Âge adulte) ;
L'Enfant perdue, IV (Maturité ; épilogue).

Une saga passionnante (lue en quinze jours)  et une histoire foisonnante, intense des années 50 à 2005. Une amitié intense dès la l'enfance dans un quartier populaire de Naples,  jusqu'à l'âge adulte sur plusieurs années. Lena, Elena  Grco est la narratrice et Lila est l'amie prodigieuse.
« Je ne suis pas nostalgique de notre enfance: elle était pleine de violence. C'était la vie, un point c'est tout: et nous grandissions avec l'obligation de la rendre difficile aux autres avant que les autres ne nous la rendent difficile.»

Lena et Lila sont toutes  les deux douées pour les études.  Mais seule Elena continue ses études jusqu'à l'université, elle est une élève brillante.  Malheureusement, Lila n'aura pas cette chance et son destin sera tout autre.  Lena, la blonde  est une personne douce, lente, lunaire. Lila est brune, solaire, elle possède une énergie destructrice, c'est un personnage complexe et d'un grand mystère. Lila, travaille avec son père et son frère dans leur échoppe de cordonnier. Avec la complicité de son frère Nino, ils créent des chaussures.



Durant cette période, les deux jeunes filles se transforment physiquement et psychologiquement, s'entraident ou s'en prennent l'une à l'autre. Leurs chemins parfois se croisent et d'autres fois s'écartent, avec pour toile de fond une Naples en ébullition, violente et dure. Des chemins qui les conduiront, non sans ruptures ni souffrances, à l'aube de l'âge adulte.
Les liens que Lena entretien avec sa mère depuis son enfance son passionnel et violente voir même terrifiant de cruauté. Un très beau passage quand Lena va connaître un moment de complicité avec son père en allant découvrir son collège, il va l'emmené dans un Naple lumineux où l'on voit la mer, c'est un contraste avec la banlieue grise où elle réside .
Elena Ferrante décrit bien aussi les différences de classe sociale : la bourgeoisie, le prolétariat mais aussi de la politique.


Naples, années soixante. Le soir de son mariage, Lila comprend que son mari Stefano Carracci l’a trahie en s’associant aux frères Solara, les camorristes qui règnent sur le quartier et qu’elle déteste depuis son plus jeune âge. Lila Cerullo est née pauvre et elle est devenue riche en épousant Stefano, elle déteste son époux. Leur rapport est d'une grande violence. Elle travaille désormais dans la nouvelle épicerie de sa belle-famille, tandis que Stefano inaugure un magasin de chaussures de la marque Cerullo en partenariat avec les Solara.
Lila et Lena font un séjour à Ischia avec la belle soeur et la mère de Lila. L’air de la mer doit l’aider à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano. La famille Sarratore est également en vacances à Ischia et bientôt Lila et Elena revoient Nino. Lena va retrouver Nino Sarratore qu'elle connait depuis l'enfance et qui fait aussi de brillante études universitaires.
Lila va prendre Nino à Lena. Scandale car Lila est mariée mais elle s'est mariée trop jeune et avec son mari, les rapports sont tendus . Elle quitte son mari pour Nino, grâce à son amour pour Nino elle connaîtra une période enchantée mais qui sera de courte durée car elle va connaître une descente aux enfers. Après avoir connue l' opulence avec son mari Stefano voilà qu'elle connait la misère en travaillant dans une usine. Elle aura un enfant, elle pense qu'il est de Nino. Elle va pouvoir remonter la pente grâce à un ami d'enfance Enzo.


Parallèlement Elena suit ses études à Pise, elle est une élève brillante, douée. Elle publiera un roman qui aura du succès. "Nous vivons une époque décisive, tout est en train d'exploser. Participe, impose ta présence ! "
Nous sommes à la fin des années soixante,  les événements de 1968 s’annoncent ainsi que les mouvements féministes.  Même si les choix de  vie de Lila et Elena sont radicalement différents, les deux jeunes femmes sont toujours aussi proches, une relation faite d’amour et de haine. Elle se met en couple avec Pietro qui sera le père de ses filles Dede et Elsa. Elle va vivre à Florence, elle est toujours en contact avec Lila et elle l'aidera a s'en sortir.
Le mariage entre Pietro et Lena bat de l'aile et Lena voudra à tout pris faire sa vie avec Nino. Il est père de nombreux enfants de femmes différente, c'est un homme superficiel mais Lena est très attachée à lui et elle aura un enfant de leur union Tina.

Lila monte son entreprise d’informatique avec Enzo, amie d'enfance.  Elena  se sépare de son mari quitte  à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Pour vivre une histoire passionnelle avec Nino qui devient son amant.
Elena , devenue auteure reconnue, vit au gré de ses escapades avec Nino entre Milan, Florence et Naples. Elle revient au quartier populaire  de son enfance et elle retrouve Lila puisqu'elles sont voisine. Elles se retrouvent enceinte toutes les deux.

Cette saga est intense, brûlante, violente, époustouflante au s'accent shakespearin. Il se dégage une force hallucinante. J'ai été comme happé par cette histoire que l'on ne lâche pas. Il se dégage beaucoup de sensualité à la lecture de cette saga. Elle nous fait réfléchir sur les choix de vie.
De l'auteur l'on ne sait rien est ce homme, une femme, les deux : un couple, deux femmes c'est le mystère total.
En tout cas, c'est troublant car Lena est un écrivain renommé et dans le Tome 4 elle écrit un roman intitulé : L'amitié et ce roman n'est qu'autre que : l'amie prodigieuse le tome 1.




Pendant ma lecture, je me suis sentie très proche des deux jeunes filles tellement elles sont attachantes. Mais aussi j'ai été effrayé par la violence furieuse qui se dégage de ce quartier pauvre de Naple. Cette violence est due à la misère, la mafia est présente. Les frères Solara représente le pouvoir.
Pour grandir, pour s'échapper de la violence du quartier, Lenu aura recours à l'éducation, la lecture et pour Lila c'est le mariage. Dans le tome 4, Naple s'est Lila, elle s'occupe de tout le monde. Elle représente l'image d'une fée. La fée bleue, l'histoire qu'elle a écrit enfant pour son institutrice Mme Oliviero. Lila n'a pas connu la chance de Lena d'étudier mais elle a appris par elle même le latin, le grec, elle a beaucoup lu de livres grâce à la bibliothèque près de chez elle. Mais contrairement à Lena, elle sortira pratiquement jamais de son quartier de Naple. Un très beau passage dans le tome 4 concernant le tremblement de terre de Naple.


J'ai vu les deux saisons de la série : L'amie prodigieuse que je trouve assez fidèle de la saga d'Elena Ferrante, c'est un régal.


MICHIEL HEYNS : La dactylographe de Mr James

Rentrée littéraire 2012

Theodora Bosanquet,
Traduit par Françoise Adestain

En 1907, Henry James engage une nouvelle secrétaire. Theodora Bosanquet, qui demeura à son service jusqu’à la mort de l’écrivain. 
"Miss Petherbridge qui affirma dès le premier jour à son troupeau frissonnant de futur dactylographes : 
" Nous les femmes, nous avons appris à nos dépens que nous sommes des citoyens de seconde zone dans un Monde d'Homme. Il est de notre devoir d'acquérir les qualification donnant accès à ce monde.""
Morton Fullerton
Ce roman se déroule dans la petite ville de Rye : la vie à Lamb House de 1907 à 1916.  Frieda Wroth est la dactylographe  et la secrétaire du Maître. C'est dans cette demeure feutrée que Frieda rencontre le séduisant journaliste Morton Fullerton.  Elle va être en contact avec lui grâce au spiritisme, elle se met à la machine à écrire et elle pense très fortement à lui. Henry James reçoit la visite dans sa maison de Rye : son frère et sa famille. 
Henry James a été un grand ami d'Edith Wharton, qu'il surnomme l'Ange de la dévastation, et qui entre Paris et l'Amérique parcourt la campagne anglaise à toute vitesse dans sa voiture.J'ai trouvé ce roman audacieux, original comme idée, la mythique Remington est un personnage qui a toute sa place dans ce roman où tout tourne autour de l'écriture. "La machine était l'instrument parfait pour capturer ces idées, et, peu à peu, elle parvint à noter des phrases entières : il lui fallait seulement vider son esprit de toute pensée étrangère, et attendre que l'engourdissement succède au tremblement de ses mains ; puis ses doigts, posés sur les touches, commençaient à exécuter les injonctions de l'autre esprit qu'elle identifiait désormais à Mr Fullerton."
Dans ce roman est présent l'univers d'Henry James la confrontation entre la vieille Europe et le nouveau monde l'Amérique. 
Tout de même je n'ai pas été totalement séduit par ce roman. Pas de personnage  véritablement attachant, trop long roman qui se traîne etc... 


Mrs Pankhurst

Ce roman "La dactylographie de Mr James" se déroule au début du XXième siècle à l'époque des manifestations des suffragettes qui veulent améliorer la condition des femmes.  Frieda à Rye assiste à quelques réunions féministes : " Pendant ces promenades, Miss James (la nièce d'Henry James qui est américaine), exprimant son admiration pour ce qu'elle appelait la situation indépendante de Frieda, aimait discuter de la Condition des Femmes. Elle avait vu une manifestation de suffragettes devant le Parlement le lendemain de son arrivée  à Londres  et s'en déclarait très impressionnée encore que ses commentaires ne fussent pas dénués d'ambivalence. "Il paraît qu'elles étaient cent mille, et que certaines d'entre elle se sont dirigées vers Downing Street et ont lancé des pierres  sur les fenêtres du Premier ministre. Une vingtaine a été arrêtée et envoyée à la prison Holloway. C'est un comportement exagéré, évidemment, en Amérique les femmes ont de meilleures manières. "




Il y a quelque temps j'ai vu ce très beau film concernant la condition des femmes en Angleterre : "Les suffragette".
En Angleterre, au début du XXe siècle, Maud, une jeune femme élégante, mariée et mère de famille décide de s'engager auprès du groupe de militantes féministes britanniques appelé « Les suffragettes », un mouvement radical qui lutte pour obtenir le droit de vote des femmes au Royaume-Uni. Face aux réactions agressives du gouvernement envers les diverses manifestations pacifiques, Les suffragettes, dirigées par la célèbre Emmeline Pankhurst, sont prêtes à recourir à la violence et à risquer leur travail, leur famille et leur vie pour porter leur message... Un très bon film que j'ai beaucoup apprécié. 

Logo by Eliza

GAËLLE NOHANT : La part des flammes


La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du XIX ième au cœur d’une histoire follement romanesque . 
Pendant trois jours en 1897 au mois de mai, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon pour le grand rendez vous mondain parisien, où il faut se montrer. Cet année là, le Bazar de la Charité se déroule dans un hangar somptueusement décoré. 

C'est le début du cinématographe, le jour de l'inauguration et immense incendie se déclare c'est la panique. 
Les victimes sont nombreuses essentiellement  des femmes, les séquelles chez les survivantes sont dramatiques.
"Elles jaillirent comme accouchées par les flammes, deux formes titubantes et dansantes, flambant dans leurs vêtements, hurlant le plus vieux hurlement de la terre, torturées jusque dans leur âme." Nous suivons le destin de trois femmes :
 La duchesse d'Alençon 
" L'inconnue était donc la duchesse d'Alençon, princesse en Bavière, petite sœur de l'impératrice d'Autriche et épouse d'un membre de la famille royale de France ! Cette femme qu'on disait secrète et détestant les mondanités était la clé qui pouvait ouvrit à Violaine de Raezal les portes du Bazar de la Charité."
Hélas elle fait partie des nombreuses victimes. 
Constance d’Estingel, elle vient de rompre brutalement ses fiançailles, elle a été très marqué par son éducation religieuse. Une autre femme au centre de ce roman Violaine elle n'est pas très apprécié par l'aristocratie. 
Ces deux dernières seront en vie mais à quel prix !
L'incendie du bazar de la Charité est  une terrible tragédie : la perte  d'un être cher. 

C'est un roman sur la condition de la femme au XIX ième siècle.
Les femmes sont des personnes fragiles, c'est  aussi le début de la psychiatrie. En lisant ce roman, j'ai beaucoup pensé à mon arrière grande tante. Elle s'était rendue aussi au Bazar de la Charité où elle en est jamais revenue, décédée dans ce terrible incendie. 
C'est un roman avec de nombreux rebondissement, c'est une très belle fresque sociale de l'époque où les personnages féminin plus particulièrement sont particulière attachantes. 

J'ai découvert ce livre grâce à Gérard Collard lors de sa présentation "le coup de coeur des libraires" sur LCI. Je dois dire que ce roman a été pour moi un gros coup de cœur durant mon été. La part des flammes est véritablement un excellent roman. De Gaelle Nohant j'avais lu et beaucoup apprécié l'ancre des rêves


FLORA M. MAYOR : La troisième Miss Symons

Traduit par Alexandra Lefebvre

J'avais commencé ce livre fin 2009, peu convaincu je l'ai mis de côté l'ayant presque fini. En tout cas ce livre ne déclenche pas chez moi un grand enthousiasme !

"Henrietta était la troisième fille et le cinquième enfant des Symons, si bien que, lorsqu'elle arriva, l'enthousiasme de ses parents pour les bébés avaient décliné." Henrietta dit Etta était l'enfant victorien type. Elle est issue d'"Une grande famille devrait tant être une communauté heureuse, or il arrive parfois qu'une des filles ou un des garçons ne soit rien d'autre qu'un enfant du milieu n'ayant sa place nulle part. Ce fut le cas d'Henrietta avant la naissance de la petite dernière." Etta avait une amie imaginaire nommé Amy à qui elle pouvait confier un secret car dans la vie réelle, elle n'a aucune amie. Elle attend "Le Prince charmant tant attendu ne venait pas." Les rapports avec sa mère ne sont pas simples n'ont plu. "Mrs Symons n'était pas non plus très attachée à ses filles ; elle préférait nettement ses fils et sans doute aurait-elle été plus heureuse sans filles." Etta resta célibataire toute sa vie à une époque la grande majorité des filles de son milieu se mariaient de bonne heure. Il ne faut pas être trop intelligente" Un excès d'intelligence était malheureux chez une jeune fille."Au décès de sa mère Henrietta prendra sa place et devra s'occuper de la gestion des domestiques, puis son père se remarie. " Mrs Waters, une veuve installée depuis peu dans le quartier, était venue plusieurs fois à la maison et les avait reçus à son tour, mais qu'elle pût être autre chose qu'une simple relation de voisinage ne lui avait jamais effleuré l'esprit." Dur comme situation pour Henrietta, voir violent son père avait soixante-cinq ans et elle Mrs Waters quarante sept ans. Henrietta cherche sa place dans la société dont elle est issus, elle va voir le monde voyager et combler un manque affectif, elle fait du bénévolat envers les plus démunis. Henrietta n'est pas une personne très sympathique assez aigrie. La vie est dure pour les femmes où la seule issue et obligation de se marier d'avoir des enfants et rien d'autres, prisonnière de leur condition. En un mot, sa vie sera un échec.

Tous les thèmes abordés dans ce livre sont intéressants mais alors je n'ai pas du tout été sensible à ce livre. Je l'ai trouvé ennuyeux. Le style est d'une platitude à mon gout il manque de relief , aucune émotions se dégagent de ce roman. Pour moi de ce roman il en restera pas grand chose c'est bien dommage ! J'aurai aimé le défendre et l'aimer ce roman ! En lisant les commentaires chez Keisha, Lily fait référence à Laura Willows (que Sylire vient de lire) livre que j'avais adoré mais exact il y a un rapprochement entre les deux livres, je dirai pourquoi pas , mais le traitement, le style est totalement opposé et différent.

Ps : Personnellement j'adore la photo de couverture très british mais qui ne résume pas selon moi ce roman.

Lu et apprécié par Lou, Titine, Keisha ,Cathulu, Amanda, Aifelle,voir l'excellent billet Le Livraire

CHARLOTTE PERKINS GILMAN : la Séquestrée


Traduction et postface de Diane de Margerie

le titre original convient bien à ce livre et assez à propos : " The Yellow Wallpaper"
Car ce papier peint joue un grand rôle dans cette nouvelle de cette auteure contemporaine d'Edith Warthon et d'Alice James (la sœur d'Henry). Cet horrible papier peint qui est décrit comme très laid est traité par Charlotte comme si c'était un personnage fantastique.

" Ce papier est arraché par lambeaux autour de la tête du lit, aussi loin que je peux étendre le bras tout comme il est arraché en face, au bas du mur. Je n'ai jamais vu un papier plus laid de ma vie." 

C'est un petit livre étrange sur le traitement de la folie.
Le texte est court, cinglant c'est un livre terrifiant concernant la condition de la femme au XIX ème siècle dans la société victorienne. Un livre à la fois bouleversant, émouvant une très belle découverte, un texte magnifique poignant et la postface complète bien ce court texte. Il est même indispensable.
La quatrième de couverture (extrait) " ce récit halluciné, tendu et violent nous est livré à la première personne par une jeune mère tombée en dépression grave. Elle accepte de se soumettre à une cure de repos d'un genre radical, qui s'apparente à une séquestration pure et simple" Le mariage et la maternité ne l'ont pas épanouie mais l'ont rendue folle.

JUSTINE MINTSA - Histoire d'Awu


41P9ZTVQFQLVoilà un livre que j'ai lu il y a deux ou trois ans, il m'a complètement bouleversè. Un grand livre de la collection Continents Noirs. Cette collection édite fait connaitre les traditions durs et sans pitiés adressées aux femmes.
Un choc je pense mais je peux le dire avec le temps qui passe :

C'EST UN VRAI CHEF D'ŒUVRE
car la sensation face à ce livre reste forte et intense comme si je l'avais lu hier.
Un lire à lire d'urgence et pour découvrir la littérature africaine. Magnifique sur la condition de la femme en Afrique.
Justine Mintsa est née à Oyem au nord du Gabon. Et elle est maître -assistante à l'université de Libreville est elle préside depuis 1996 l'Union des écrivains gabonais.
Elle ne nous offre pas seulement un magnifique roman sur la condition de la femme dans la société traditionnelle du Gabon. Un livre poignant sur notre condition humaine, dans un style à la fois retenu bouleversant et juste.
L'Histoire d'Awu est une histoire simple : c'est le destin cruel d'une femme de cœur dans l'Afrique rurale contemporaine, entre traditions absurdes et injustices administratives. Mariée à un homme encore jeune, mais veuf, et dont le cœur est encore pris par celle qui a disparu.
Histoire est servie par une écriture fine et sûre, à une sorte de sérénité malgré les désillusions, la méchanceté humaine , est présent aussi sur la tradition des mœurs en Afrique. Sa vie a filé comme une tragédie, en trois actes rapides. Le temps de faire ce qu'elle devait et tout était fini, arrêté à cette image au-delà de laquelle son existence perdait son sens :
"Ils étaient habillés comme pour un bal. Mais ce fut un bal singulier que leur. Un bal plané à la fin duquel, sur les grosses feuilles vertes du superbe kaba ocre, avaient éclos d'étranges roses, grosses, rouges et chaudes ; et, sur la chemise jaune délicatement amidonnée, ruisselait en abondance une encre rouge et chaude, qui emportait dans sa course des promesses et des rêves"

Passage magnifique qui revient plusieurs fois dans le livre c'est celui de la baignade dans la rivière. Baignade symbolique car elle symbolise la renaissance. L'importance de l'eau. MAGNIFIQUE