
Ce roman a été adapté par Stephen Frears il y a quelques années. J'en garde un souvenir excellent avec Julia Roberts dans le rôle de Mary Reilly et John Malkovich.
« Mary Reilly » est, en plus d’une réinterprétation, un beau portrait de femme. Il n’y a pas de personnage féminin important dans le roman de Stevenson. La science, la médecine sont une affaire d’hommes. Ici, c’est la voix d’une femme du peuple, fragile, maltraitée par la vie que l’on entend. Une femme qui, grâce à l’attention que lui porte le docteur, réussit à s’épanouir, à écrire un journal, a créer un jardin. « Je me disais que la vie me deviendrait insupportable si je perdais ce sentiment de sécurité que j’avais toujours éprouvé dans cette maison, avec ce Maître, qui s’était occupé de moi et m’avait parlé, qui m’accordait une valeur que personne d’autre ne me reconnaissait. »
La jeune Mary Reilly dans son enfance a été maltraité par son père alcoolique. Elle a réussit à se faire embaucher Dr Jekyll.
Mary se plie à ses demandes malgré sa peur. Intriguée et fascinée par le docteur, elle espionne ses moindres faits et gestes et s’inquiète en raison des longues expériences qu’il pratique dans son laboratoire. Jekyll y passe de plus en plus de temps s’épuisant à la tâche. Et c’est pour cela qu’il engage un nouvel assistant : Mr Hyde. Ce dernier effraie Mary lorsqu’elle le croise. Il est répugnant et provocateur, il est tout l’opposé du Dr Jekyll et il semble totalement dominer ce dernier. Mary écrit dans son journal son quotidien de femme de chambre. Le roman décrit bien également les relations entre domestiques ainsi que le quotidien de ceux-ci. "Et comme nous étions à table elle déclara que nous avions bien de la chance d'être ainsi au chaud et à l'abri par un si mauvais temps dans cette belle maison avec ce bon maître, et Mr Poole fut d'accord, rapportant des histoires malheureuses, qu'il avait lues dans les journaux, de serviteurs maltraités, mal payés, mal logé et qui travaillaient jusqu'à leur complet épuisement, et il y en avait partout dans Londres, semblait-il, et il se demandait comment ils supportaient çà."
Un excellent roman victorien très agréable à lire, voir passionnant. Un grand plaisir de lecture même si le rythme en début de roman est un peu lent.
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