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Stéphanie Kalfon : Les parapluies d'Erik Satie

Un roman que j'attendais avec impatience ! Car adolescente, j'ai pris un immense plaisir de jouer Satie au piano.


"A Honfleur il n'y a rien à faire, la mer emporte tout. Erik s'est fâché avec l'enfance et toutes les plages de sa vie. Il est heureux dans le bitume loin des clapotis terrestres et de la vulgarité régulière, qui revient cracher dans vos tympan. La vulgarité du mode, c'était cela aussi, sa mélancolie."
En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans, il est  sans ressources et sans avenir professionnel. Il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide Il boit autant, ou plus, qu’il compose. Il condamne l’absence d’originalité de la société musicale de l’époque, et son refus des règles lui vaut l’incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. 

 " La vie de Satie n'a été qu'un zigzag, un croisement de blues et ragtime , un mélange de spleen, de fête, d'enthousiasmes, de déception, de crises et de défaites, mon Dieu ce qu'il pouvait continuer d'espérer au-delà de toute espérance  ... sa chambre d'Arcueil est cruelle ... sa musique est cruelle ... sa vie fut cruelle ... sa misère fut cruelle..."


L 'écriture choisit par Stéphane Kalfon est originale une petite musique mélancolique qui ressort du roman,  à l'image du compositeur.  La couverture résume bien ce roman musical avec l'importance incontournable des parapluies. Ce premier roman est une réussite ! 

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 Jean Cocteau parle de Satie dans "La difficulté d'être" avec beaucoup d'émotion :

" Pendant plusieurs années Erik Satie vient le matin , 10 rue d'Anjou, s'assoir dans ma chambre. Il conservait son manteau(où il n'eût pas toléré la moindre tache) ses gants, son chapeau, incliné jusqu'au binocle, son parapluie à la main. De sa main libre il abritait sa bouche sinueuse quand il parlait ou riait. Il venait d'Arcueil à pied. Il y habitait une petite chambre où après sa mort, sous une montagne de poussière, on retrouva toutes les lettres de ses amis. Il n'en avait ouvert aucune."






TIM GAUTREAUX : Nos Disparus

Rentrée littéraire de 2014 
Traduction Marc Amfreville

Coup de Cœur

Au mois de septembre 2014, j'avais rencontré Tim Gautraux au Festival America de Vincenne. Lors d'une rencontre autour de son livre "Nos disparus", j'en garde un excellent souvenir. 
" En quoi la vengeance aurait-elle pu apporter quelque chose à un bébé si heureux d'avoir été tiré du poêle pour se retrouver entre les bras de son oncle ? Il lui vint à l'esprit cependant que depuis il aurait pu comprendre, à un moment ou à un autre, si la vengeance était importante. Mais à quoi pouvait-elle bien servir ? À régler les comptes du passé ? À rendre la monnaie de sa pièce à un salaud ? On ne lui avait pas appris à penser de cette façon. Son oncle lui avait dit et répété que la vengeance ne menait nulle part et qu'un salaud se punissait tout seul en étant un. "
 En 1918. Sam Simoneaux est un cajun , dont la famille a été massacrée quand il avait six mois, débarque en France le jour de l’Armistice. 
En 1921., il rentre traumatisé à La Nouvelle-Orléans où il est devenu responsable d’étage aux grands magasins Krine, Sam ne peut empêcher l’enlèvement, quasiment sous ses yeux, de Lily Weller, trois ans et demi. 
Licencié, sommé par les parents Weller de retrouver leur enfant, il embarque comme troisième lieutenant à bord de l’Ambassador, bateau à aubes qui organise des excursions sur le Mississippi. 
Le roman longe le fleuve sur fond de musique de jazz – orchestre noir, orchestre blanc et alcool à volonté. Au gré des escales et des bagarres, Sam, toujours en quête de Lily, met au jour un fructueux commerce d’enfants animé par quelques spécimens peu reluisants de la pègre des bayous. La disparition de Lily rappel à Sam son enfance.
" La vie d'un petit enfant est une sorte de réduction d'une existence entière, et un mois y dure autant qu'un an pour un adulte. Il tenta de se remémorer un moment sa propre enfance, et le souvenir lui revint d'un jour à huit ans où,  après la saison du broyage des cannes à sucre, l'oncle Claude l'avait emmené pour la première fois chasser le lapin."


Nos disparus est une vaste fresque musicale dans l'Amérique de l'après guerre.
Un roman dense et complexe, qui allie l’enquête au roman à atmosphère. J'ai passé un très bon moment avec Sam , une très belle lecture !




BRUNO LE MAIRE : Musique absolue


Une répétition avec Carlos Kleiber

Carlos Kleiber fut un très grand chef d'orchestre, un homme discret. Il est connu essentiellement des mélomanes, pour ma part je ne le connaissais vaguement de nom. 
C'était un chef d'orchestre exigeant. Il a été  écrasé par l’ombre de son père.  " Erich Kleiber restera le seul grand : son fils est surcoté." "Il aimait son père plus que tout et il en a souffert."Il a pris  la fuite en Argentine, car il ne pouvait pas jouer Berg dans son pays. " Au début de 1935, plutôt que de retirer Berg de son répertoire, il choisit de démissionner et il s'exila en Argentine.""Pour bien comprendre, notez que Erich Kleiber, quoique né à Vienne, n'avait aucun motif politique ou racial de quitter Berlin : il n'était ni juif ni communiste, il n'avait aucune activité politique, il n'était lié à aucune de ces groupuscules qui menaient des actions désespérées et dérisoires contre le régime nazi. Tout en lui était allemand"
Carlos Kleiber aimait resté dans l'ombre, il fuyait les foules, les journaliste, le monde médiatique. De ce faite, il m'a fait immédiatement pensée à Glen Gould. Il y eut Glen Gould, qui s’enferma très vite entre quatre murs. Se consacrant exclusivement à la quête de la perfection . Pour dresser le portrait de Carlos Kleiber, l'auteur interroge un personnage fictif qui l'a bien connu. C'est un premier violon qui a joué sous la direction du maestro, et avec qui il est devenu ami. «Tandis que lui avait du génie. Faites un effort! Mettez-vous cela dans le crâne! Ou sinon, mieux vaut arrêter notre entretien tout de suite. Je n'ai plus l'âge de répéter quinze fois les mêmes choses. Vous me rebattez les oreilles avec les autres chefs. Depuis une heure, vous me les citez tous comme si je ne les connaissais pas : sachez que je les connais, je les connais cent fois mieux que vous, ils ont dirigé à deux mètres de mon pupitre, je les observais de biais. Je leur devais obéissance. Oui, je veux bien, ils ont un petit talent, ils savent faire. Mais lui seul avait du génie.»

  J'ai apprécié l'écriture enflammée et enthousiaste de Bruno Le Maire.   C'est un belle surprise passionnante pour un premier roman.


MARGUERITE DURAS : MODERATO CANTABILE

J'ai lu ce roman de Marguerite Duras au lycée et j'en garde un excellent souvenir. 

Anne Desbaresdes accompagne son fils à sa leçon de piano, il s'obstine à ignorer la signification de moderato cantabile. Un meurtre a lieu dans un café.  C'est dans ce café qu'Anne  rencontre un homme nommé Chauvin. Elle  l'interroge chaque jour, à propos du crime passionnel, dont ils ne savent rien l'un et l'autre.  L'amour qui se dégage de ce crime renvoie selon moi à l'amour qu'il y a entre Anne et Chauvin, j'y vois un liens entre les deux. Le dialogue entre la jeune bourgeoise est  répétitif et rythmé de verres de vin, les rapproche dans leur ennui. Anne veut tout savoir  sur cette femme morte. " L'homme a-t-il tué la femme qu'il aimait parce qu'elle le lui demandait ? Peut-on tuer par amour ? Une fois la meurtre accompli, l'homme  l'a enlacée une dernière fois, lui a parlé avant d'être emmené par la police puis de sombrer dans la folie." (Laure Adler : Marguerite Duras) Le temps, l'écriture est comme suspendu en l'air, dans la suggestion c'est le premier sentiment qui me vient à l'esprit après avoir refermé le livre.  Ce temps fait penser à une pause,  mais une pause musicale puisque "Moderato Cantabile" est un roman où la musique tient une place importante.  C'est un roman étrange sur le temps qui passe, le climat est tendu, Anne et Chauvin sont issus de milieu différent Anne est une femme bourgeoise (elle fait penser à Emma Bovary) et Chauvin est un ouvrier. La beauté de ce court est roman est dans l'écriture. 
Laure Adler : Marguerite Duras - Voilà ce qu'elle dit de ce roman dédié à Gérard Jarlot.
Tout d'abord Anne Desbaredes c'est Marguerite Duras elle même, le petit garçon c'est son fils Outa " Elle confirme elle-même en 1975 au cours d'un entretien radiophonique  : " j'ai vécu un énorme bouleversement dans ma vie quand mon fils, qui était très doué pour la musique, a appris le piano. Pendant un an, je n'ai pas écrit, je n'ai fait que ça  : l'accompagner à ses leçons de piano et lui faire faire des exercices."

OLGA GRUSHIN : Le kiosque

Traduit de l'anglais par Alain Defossé- L'auteur est en 1971 à Moscou. Elle vit aux États-Unis depuis 1993. Elle a choisit d'écrire en anglais. 

En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. 
Une femme Anna fait la queue et Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne pour un concert unique. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky." J'aimerai beaucoup assister à ce concert, si c'est possible." Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an, des liens se nouent entre eux. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des rencontres se nouent, des souvenirs  refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes. Puis qui est ce musicien Selinsky ? Il a écrit parait il des interprétation très originales de chants traditionnels folkoriques, dans sa jeunesse, mais des symphonie aussi.  Est-il  vivant ? Igor Selinsky  est un musicien qui peuple l'imaginaire des musiciens amateurs, des mélomanes. 
Igor Stravinsky
Ce roman est une réflexion en quelque sorte concernant la notion du temps qui passe. Cette notion du temps qui passe est tellement actuelle et dans l'air du temps qu'elle a retenue mon attention : "Folklore, danses régionales, valses, violons tziganes, pour moi c'est du pareil au même, je ne vais pas perdre mon temps pour une quelconque symphonie ." " - Tu sais bien, quand on grandit, et que ton père te dit que la vie est courte, et qu'il faut faire des choix et travailler dur et tout ce radotage, sinon tu te réveilles un matin et tu te rends compte que tu as perdu ton temps, ou que tu n'as plus le temps, enfin tu vois. "
" Avez vous jamais songé à la nature du temps ? (Le Temps ? Ce fleuve qui coule, et dans lequel ne peut entrer et demeurer intact. Le serpent qui se mord la queue." Cette attente  est très pesante, et ce peuple veut à tout pris réaliser un rêve magique. Olga Grushin  s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur du Sacre du printemps Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou ; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social. Il est en quelque sorte le grand compositeur fantôme pendant toute la durée de cette attente pour pouvoir assister à ce concert. Est ce qu'il aura lieu ? 
 C'est un roman très intéressant car il évoque une période intemporelle,  les personnages ne sont pas forcément attachant.  D'ailleurs, pour commencer,  j'ai trouvé les contours de l'histoire, les personnages flous. J'ai eu du mal à rentrer dans ce roman à y trouver mes marques. Il est probable que je n'ai peut-être pas lu ce roman dans de bonne condition quoique je ne sais pas trop, séduite mais ... . c'est un roman aussi un peu trop long, pas inintéressant non plus loin de là !

J'ai découvert ce roman  grâce à un livre voyageur, j'aime beaucoup avant tout  l'écriture de ce roman très agréable à lire, plutôt que son contenu c'est à dire l'histoire en elle même. 


LÉON TOLSTOÏ : La sonate à Kreutzer

Traduit par Jacques Darras - Poème de Ted Hughes en Hommage à Tolstoï :

" Repose en paix Tolstoï ! Il a dû te falloir une avidité surnaturelle Pour vouloir acculer toute la viande du monde Jusqu'au détriment de tes propres appétits."

La Sonate à Kreutzer

Traduit par Michel Aucouturier

Le roman s'ouvre sur une discussion dans un train, lors d'un long voyage à propos du mariage et de son dégout . Le narrateur en est le témoin concernant ce grand débat concernant le mariage. Il est contre l'amour, le sexe et le mariage. Le mariage est pour lui de la prostitution, les hommes sont des dépravés, la seul solution possible l'abstinence sexuelle totale. " Tantôt vous dites que le mariage est fondé sur l'amour, et lorsque j'émets un doute sur l'existence de l'amour par l'existence des mariages. Mais le mariage, de notre temps, c'est une pure tromperie !"" Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire comme tous ceux de notre milieu. Je suis propriétaire rural et diplômé de l'université et j'ai été maréchal de la noblesse. Avant mon mariage, je vivais comme tout le monde, c'est-à-dire en débauché et comme tous les gens de notre milieu, tout en vivant en débauché, j'étais convaincu de vivre comme il le fallait. " Un homme, Pozdnychev avoue avoir tué sa femme car elle était éprise d'un musicien, un violoniste Troukhashevsky.Le portrait, la présence de sa femme est floue , on sait peu de chose sur elle. Pozdnychev est un demi fou, c'est lui qui a la parole et non Tolstoï. Il est présent des les premières pages via ses tics. Le point de départ est le suivant, la femme de Pozdnychev se met à étudier le piano, avec passion puis elle rencontre le violoniste. Pozdnychev devient jaloux et il soupçonne sa femme de le tromper. Ils décident de jouer ensemble la Sonate à Kreutzer de Beethoven pour piano et violon.

Tableau de René-Xavier Prinet : La sonate à Kreutzer
" Il jouaient la Sonate à Kreutzer de Beethoven. Vous connaissez le premier presto ? Vous le connaissez ? ! s'écria -t-il. Ouh ! ... C'est une chose terrible que cette sonate. Ce mouvement-là justement. Et, en général, la musique est une chose terrible. Qu'est -ce- que c'est ? Je ne comprends pas. Qu'est-ce que la musique ? Que fait-elle ? Et pourquoi fait-elle ce qu'elle fait ? On dit que la musique agit en élevant l'âme, mais en l'irritant. Comment vous le dire ?"p79
C'est le 3 juillet 1887 que Tolstoï découvre cette pièce de Beethoven et elle le bouleverse. Elle lui inspire ce roman, et de son dégoût pour le mariage. La référence religieuse encadre ce roman de Tolstoï avec l'a présence en ouverture de l'épigraphe de St Matthieu et dans la postface de Tolstoï.

Cette sonate est étrange, je ne m'attendais pas du tout à un tel texte. C'est un portrait psychologique qui débouche sur une critique sociale et sur la réflexion de la conduite humaine.
La forme est étrange aussi l'histoire est à l'intérieur d'un long monologue. C'est un texte violent concernant le rapport entre les hommes et les femmes, l'on comprend que ce texte est pu choqué, il y a de quoi. La lecture de La sonate à Kreutzer n'a pas été aisé, j'ai eu du mal, j'ai du lire avec un crayon à la main pour bien comprendre les propos de Pozdnychev surtout dans la première partie.
C'est un court roman qui démarre lentement puis va crescendo comme un morceau de musique. Donc après un démarrage laborieux une fois que nous sommes pris par cette histoire d'un adultère musical. La sonate de Beethoven joue son rôle, là à cet instant j'ai été conquise et j'ai apprécié pleinement ma lecture et l'écriture divine ! Mais il est très difficile de parler d'un tel texte si complexe et d'une richesse incroyable.

UNE AMITIÉ D'AUTREFOIS

Une amitié forte elle prend naissance au Lycée Lakanal à Paris, ils ont dix-sept ans en 1903
Jacques Rivière, jeune homme d'origine de la Gironde, il deviendra le directeur de la prestigieuse NRF en 1919, fondé par Gide qu'il admire.
Alain- Fournier, l'auteur du roman culte et du très beau Grand Meaulnes, jeune homme d'une grande sensibilité à fleur de peau que j'apprécie beaucoup, il vient du Berry. Il est plus sensible à la poésie en particulier celle de Francis James Jacques Rivière est un passionné d' opéras. Ils sont de tempérament différents mais cela n'empêchent pas de s'apprécier. "Nous ne pouvons l'un à l'autre nous faire que des reproches. Nous ne nous sommes attachés que par nos différences, que parce que nous complétions avec exactitude,et ces différences nous passons notre temps à ne pouvoir nous les tolérer. "
dans leurs différences. Cette correspondance est un tableaux vivant d'une époque associée à leur vie personnelle. Ils ont soif de culture : littérature, art, musique et de l'amour pour Paris. Cette correspondance est structurée ebn chapitre regroupé par thèmes. Chapitre intitulé : Angleterre, Alain-Fournier (AF) nous livre sa passion pour ce pays, son charme, passion pour Dickens que Jacques Rivière (JR) ne partage pas ainsi que la conception du roman. Très jeune AF veut écrire un roman plutôt que de la poésie. " Écrire des histoire et n'écrire que des histoires. Commencer avec une maison, finir avec une autre en passant par des champs, des rues ou des bateaux, mais n'avoir que ça d'acquis au début et ne marcher qu'avec ça. "
JR sa conception du roman : " Je veux dire que la forme du roman me déplaît , car les trois quarts du roman consistant à transposer des des sentiments personnels, des idées , des visions particulières en les groupant différemment, en leur donnant une signification nouvelle, en les attribuant à des personnages imaginaires qui diffèrent par hypothèse du sujet réel de ces sentiments, idées visions."En compagnie de JR et de A-F nous découvrons un mouvement important du début du XXème siècle le Symbolisme avec pour chef de file Stéphane Mallarmé. Grâce à Gabriel Frizeau (un riche amateur d'art bordelais qui fit connaître Odilon Redon, Gaugin et André Lhote) initie à l'art JR. Passion tous les deux que je partage pour Debussy et en particulier Pelléas et Melissande. " Que Debussy est grand ! " Mon dieu ! comme c'est vrais. JR. Admiration pour Claudel, dramaturge catholique . Pour J.R " Oh ! mon ami, cela est vrai que c' est plus grand que Dante." surtout car pour A-F " En gros, ce ne sera pas un de mes maîtres". Gide est une grande figure littéraire qui marque les deux jeunes gens, aussi.
Ils font connaissance avec Gide car invités dans sa maison de Montmorency et sa délicieuse demeure de Cuverville en Normandie. Gide apprécie l’intelligence de Jacques Rivière et il sera plus réservé face à Alain-Fournier. A-F a été en contact avec Charles Peguy, écrivain qu'il affectionne. A-F , J.R sont des admirateurs de Rimbaud. D'ailleurs J.R pour la NRF, il écrira de longues études.
J.R se marie avec Isabelle la sœur d'A-F. J.R ayant perdu très jeune sa mère trouve un réconfort dans la famille Fournier, il considère sa belle-mère comme étant une mère. Le fait que J.R soit marié et pas A-F cela créer une distance entre les deux. A- F à cause de Claudel entre autre il va se convertir au catholicisme et effectuer un pèlerinage à Lourde.
Ce tableaux de Dante Gabriele Rosseti : Beata Beatrix a inspiré A-F pour le personnage d'Yvonne de Galais " Regard immensément bleu comme les madones de Botticelli, immensément loin et hautain comme les femmes de Dante Gabriele, immensément confiant et faible et bleu comme la Vie de Watts."
Alain-Fournier est un passionné de la peinture préraphaélite depuis son séjour en Angleterre.
Ces échanges sont émouvants. Des pages magnifiques de lyrisme, pour un monde qui s'en va petit à petit. C'est vraiment une très belle amitié d'autrefois comme l'évoque le titre de cette prodigieuse correspondance. À noté la préface bienveillante signée Alain Rivère ( fils de Jacques Rivière et d'Isabelle (la sœur d'Alain-Fournier) il a bien raison car cette amitié est magnifique et extraordinaire car cela n'existe plus des amitiés comme celle-ci  (quoique avec les blogs aujourd'hui nous pouvons échanger avec plaisir sur des passions communes) !