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vendredi 14 avril 2017

Stéphanie Kalfon : Les parapluies d'Erik Satie

Un roman que j'attendais avec impatience ! Car adolescente, j'ai pris un immense plaisir de jouer Satie au piano.


"A Honfleur il n'y a rien à faire, la mer emporte tout. Erik s'est fâché avec l'enfance et toutes les plages de sa vie. Il est heureux dans le bitume loin des clapotis terrestres et de la vulgarité régulière, qui revient cracher dans vos tympan. La vulgarité du mode, c'était cela aussi, sa mélancolie."
En 1901, Erik Satie a trente-quatre ans, il est  sans ressources et sans avenir professionnel. Il délaisse Montmartre et l’auberge du Chat Noir pour une chambre de banlieue sordide Il boit autant, ou plus, qu’il compose. Il condamne l’absence d’originalité de la société musicale de l’époque, et son refus des règles lui vaut l’incompréhension et le rejet de ses professeurs au Conservatoire. 

 " La vie de Satie n'a été qu'un zigzag, un croisement de blues et ragtime , un mélange de spleen, de fête, d'enthousiasmes, de déception, de crises et de défaites, mon Dieu ce qu'il pouvait continuer d'espérer au-delà de toute espérance  ... sa chambre d'Arcueil est cruelle ... sa musique est cruelle ... sa vie fut cruelle ... sa misère fut cruelle..."


Aucun texte alternatif disponible.L 'écriture choisit par Stéphane Kalfon est originale une petite musique mélancolique qui ressort du roman,  à l'image du compositeur.  La couverture résume bien ce roman musical avec l'importance incontournable des parapluies. Ce premier roman est une réussite ! 

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 Jean Cocteau parle de Satie dans "La difficulté d'être" avec beaucoup d'émotion :

" Pendant plusieurs années Erik Satie vient le matin , 10 rue d'Anjou, s'assoir dans ma chambre. Il conservait son manteau(où il n'eût pas toléré la moindre tache) ses gants, son chapeau, incliné jusqu'au binocle, son parapluie à la main. De sa main libre il abritait sa bouche sinueuse quand il parlait ou riait. Il venait d'Arcueil à pied. Il y habitait une petite chambre où après sa mort, sous une montagne de poussière, on retrouva toutes les lettres de ses amis. Il n'en avait ouvert aucune."






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