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Fabienne Léonian-Liadzé : Un 24 avril à Paris

" C'est un rituel. Chaque année, le 24 avril est un jour sacré."
Gayané, jeune Française d’origine arménienne, adore son métier de  kinésithérapeute. Elle est  célibataire à la recherche d'un futur mari. Et, elle aimerais faire plaisir à ses parents pour qu'il soit d'origine arménienne comme elle. 
Ce 24 Avril 2015,  marque le centenaire du génocide des Arméniens, elle se rend, comme chaque année, aux manifestations du souvenir à Paris. Elle connaît très mal son histoire familiale, ses origine. Alors que  Séta, sa meilleure amie,  connaît très bien l'histoire de ses origines arméniennes :  les massacres, les déportations puis l’arrivée et l'intégration progressive de ces réfugiés en France, plus particulièrement à Marseille et à Issy-les-Moulineaux" Issy-les-Moulineaux, ville multi-industrielle, avait accueilli depuis le début du 19è siècle des ouvriers de nationalités différentes pour faire fonctionner ses usines par manque de main d'œuvre locale".
 L'histoire des origines de Séta est tout simplement passionnante car elle permet de découvrir l'histoire d'un peuple. Et, elle permet à Gayané de s'interroger pour   savoir d'où elle vient et  de donner un sens à sa vie.
C'est un roman qui fait écho avec l'actualité de nos jours. Il est question d'Alep, comment ne pas penser à cette ville meurtrie il y a peu !"Alep était à cette époque sous protectorat français, et au bout d'un an, Iknadios voulut s'enfuir en France. " 
 Il est question de terre accueil, de reconnaissance envers ce pays qui a su les accueillir avec générosité  : "Il termina de raconter son histoire, en disant qu'il avait été content de vivre une vie tranquille en France, ce pays qui l'avait accueilli après avoir vécu des choses terribles." Fabienne Léonian-Liadzé via la voix de Gayané est reconnaissante à la ville d'Issy les Moulineaux à  l'accueil qui a été fait au peuple arménien. Un premier roman attachant, écrit avec beaucoup de générosité  et de cœur. C'est un roman à découvrir ! 

GAËLLE NOHANT : La part des flammes


La Part des flammes nous plonge dans le Paris de la fin du XIX ième au cœur d’une histoire follement romanesque . 
Pendant trois jours en 1897 au mois de mai, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon pour le grand rendez vous mondain parisien, où il faut se montrer. Cet année là, le Bazar de la Charité se déroule dans un hangar somptueusement décoré. 

C'est le début du cinématographe, le jour de l'inauguration et immense incendie se déclare c'est la panique. 
Les victimes sont nombreuses essentiellement  des femmes, les séquelles chez les survivantes sont dramatiques.
"Elles jaillirent comme accouchées par les flammes, deux formes titubantes et dansantes, flambant dans leurs vêtements, hurlant le plus vieux hurlement de la terre, torturées jusque dans leur âme." Nous suivons le destin de trois femmes :
 La duchesse d'Alençon 
" L'inconnue était donc la duchesse d'Alençon, princesse en Bavière, petite sœur de l'impératrice d'Autriche et épouse d'un membre de la famille royale de France ! Cette femme qu'on disait secrète et détestant les mondanités était la clé qui pouvait ouvrit à Violaine de Raezal les portes du Bazar de la Charité."
Hélas elle fait partie des nombreuses victimes. 
Constance d’Estingel, elle vient de rompre brutalement ses fiançailles, elle a été très marqué par son éducation religieuse. Une autre femme au centre de ce roman Violaine elle n'est pas très apprécié par l'aristocratie. 
Ces deux dernières seront en vie mais à quel prix !
L'incendie du bazar de la Charité est  une terrible tragédie : la perte  d'un être cher. 

C'est un roman sur la condition de la femme au XIX ième siècle.
Les femmes sont des personnes fragiles, c'est  aussi le début de la psychiatrie. En lisant ce roman, j'ai beaucoup pensé à mon arrière grande tante. Elle s'était rendue aussi au Bazar de la Charité où elle en est jamais revenue, décédée dans ce terrible incendie. 
C'est un roman avec de nombreux rebondissement, c'est une très belle fresque sociale de l'époque où les personnages féminin plus particulièrement sont particulière attachantes. 

J'ai découvert ce livre grâce à Gérard Collard lors de sa présentation "le coup de coeur des libraires" sur LCI. Je dois dire que ce roman a été pour moi un gros coup de cœur durant mon été. La part des flammes est véritablement un excellent roman. De Gaelle Nohant j'avais lu et beaucoup apprécié l'ancre des rêves


Guiseppe TOMASI DI LAMPEDUSA : Le Guépard


Traduit par : Jean Paul Manganaro

" Les Piémontais ont débarqué. Nous sommes tous perdus." J'ai lu ce roman il y a très longtemps et depuis quelque temps une nouvelle traduction est sortie. Une bonne raison pour relire ce célèbre roman qui fut adapté au cinéma par Luchino Visconti. Le roman de Lampedusa commence comme une pièce de théâtre. En effet, on peut considérer la première partie comme une longue scène d'exposition. Le roman commence en 1860, au moment où Garibaldi et ses "Chemises rouges", débarque en Sicile pour y renverser la monarchie des Bourbons de Naples et l'ancien régime. Le prince  Salina observe la dérive de sa propre famille et des bouleversements politiques qui s'opèrent lors de la création de l'unité de l'Italie. Fabrizio autorise Tancrède à se marier avec la belle Anjelica, beaucoup de complicité entre l'oncle et son neveu. "Le Prince se taisait : la fille, oui, cette Angelica qui viendrait ce soir pour le dîne ; il était curieux de voir cette petite bergère pomponnée ; il n'était pas vrai que rien n'avait changé ; don Calogero aussi riche que lui ! Mais ces choses, au fond, étaient prévues, c'était le prix à payer."Nous assistons à la chute des grandes familles de Sicile telle la maison Salina, la défaite du Guépard (le blason des Salina) et à l'ascension d'opportunistes, tel Don Calojero, un parvenu. La fameuse scène du bal des Ponteleone. L'occasion de présenter Angelica à la "société" de Palerme. Ce bal  splendide souligne l'avenir, une ouverture sur un monde nouveau mais aussi sur un monde finissant.
" - Vous savez, don Pietrino, les "nobles", comme vous dites, ne sont pas facile à comprendre. Ils vivent dans un univers particulier qui n'a pas été créé directement par Dieu mais par eux-mêmes durant des siècles d'expériences très particulières, de soucis et de joies bien à eux ; "



"Le Guépard" est un livre magnifique à l'écriture élégante, délicate. Il fait revivre au lecteur les grandes heures de l'Italie et son passage d'une société féodale et religieuse à une société moderne et démocratique avec tout ce que cela implique de renoncements. Le Guépard est une fresque historique et romanesque. " Je vous le dis tout de suite, en deux mots : il dit qu'il n'y a eu aucune révolution et que tout continuera comme avant." L'auteur Guiseppe Tomasi di Lampedusa est décédé juste après avoir écrit son unique roman. Ce roman tout comme le film de Visconti évoque la fin d'un monde d'une société aristocratique en pleine décadence, qui se meurt.
" Tout cela " pensait- il" ne devrait pas pouvoir durer ; cependant cela durera toujours ; le toujours humai, bien entendu, un siècle, deux siècles ... ; et après cela sera différent, mais pire. Nous fûmes les Guépards, les lions, ceux qui nous remplaceront seront les petits chacals, les hyènes ; et tous ensemble, Guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la terre."




Le Guépard 


Palme d'or à Cannes en 1963
de Visconti est magnifique grandiose
Une splendide adaptation du roman de Guisseppe Tomasi di Lampedusa très fidèle.
Interprétation : Burt Lancaster - Alain Delon- Claudia Cardinale
Le film de Visconti ne se résume pas qu'à la scène du bal qui est il faut le reconnaître de toute beauté et fastueuses ! Luchino Visconti est originaire d'une famille aristocratique. Il s'est tout de suite reconnu dans le roman de Tomasi di Lampedusa
Le complément concernant le film et le livre voir chez Claudia.




ELISABETTA RASY : La citoyenne de l'ombre

Traduit par Nathalie Bauer

Après avoir lu l'essai de Virginia Woolf "Elles". J'ai été très intrigué par la figure de Mary Wollstonecraft. J'ai voulu en savoir un peu plus sur cette femme et je suis tombée par hasard sur ce roman. Mary Wollstonecraft est une pionnière du féminisme européen, mère de Mary Shelley et inspiratrice des premiers romantiques anglais.
Elle  est l'auteur de la Revendication des droits de la femme.
 Mary est une rebelle des droits de la femme, elle vient de quitter Londres, attirée par les promesses éclatantes de la Révolution, dont elle entend suivre de près les événements pour les consigner dans ses carnets. Le roman d'Elisabetta Rasy se déroule à Paris,  au moi de décembre 1792. L'histoire de Mary Wollstonecraft se mêle  au destin des personnages célèbres de l'époque Danton, Robespierre, Marat, Babeuf . Mais elle tombe follement amoureuse de Gilbert Imlay, un aventurier américain aux allures de gentilhomme, et cette passion furieuse vient mettre en danger ses idéaux égalitaires. Avec lui elle aura une fille Fanny, née en 1794.  Avec lui Mary vit l'amour libre. " Patient chevalier de la nuit, que peut-on dire d'autre de l'amour, sinon que c'est l'amour ? Des mariages florissants des associations commodes, des alliances familiales indestructibles et fertiles unissent les hommes et les femmes." La narratrice de ce roman est Marguerite, une jeune servante de confiance, elle raconte ses souvenirs, du quotidien de Mary. 
C'est un roman très agréable à lire, c'est une très belle découverte. A la lecture, j'ai trouvé des ressemblance avec les roman de Tracy Chevalier.    

CHANTAL THOMAS :Le testament d'Olympe

  


 XVIIIe siècle,  sous le règne de Louis XV, deux sœurs, Apolline et Ursule, sont deux jeunes filles de treize ans. 
Elles sont issues d' un milieu très religieux, originaire de Bordeaux. Apolline, une jeune fille austère  est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures. Ursule, l'aînée, ambitieuse et révolté est  rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d'Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l´offre à Louis XV, qui l´installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s´ouvre à elle..."Tu roules avec la puissance. Tu es du bon côté de l'existence" . On plonge dans une époque avec délice, l´étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché. "- Olympe était admirable. Elle avait du génie. On disait qu'elle chantait, qu'elle serait la prochaine révélation de l'Opéra..."

C'est un véritable plaisir de retrouver la plume de Chantal Thomas, j'avais beaucoup aimé "les Adieux à la Reine". Nos deux héroïnes sont particulièrement attachantes. Il ne faisait pas bon de vivre à cette époque la vie des femmes étaient cruelles. La structure du roman est celui de deux monologues.   C'est un roman très documenté sur l'époque le dix-huitième siècle, c'est la raison pour laquelle c'est une lecture passionnante. Elle donne très envie de se plonger dans Jean Jacques Rousseau. " Elle avait un roman de prédilection : Julie ou la Nouvelle Héloïse de Jean-Jacques Rousseau. " C'est un roman qu'en tant que lectrice  je n'ai pas voulu lâché le livre.  Mais tout de même faire la fin l'enchantement s'essouffle et cela se traîne, c'est dommage.  

HELLA S. HAASSE - Les seigneurs du thé

Un roman historique, au temps des colonies hollandaises sur l'île de Java, c'est l'histoire de la culture du thé 1873 à 1918 à l'intérieur de laquelle se greffe une histoire romanesque entre Rudoff , Jenny et leurs familles. Rudolf consacre toute sa vie à la culture du thé à Java . Il s'installe sur un terrain en pleine montagne, la culture du thé est sa passion cela deviendra une entreprise florissante.

"La fabrique de thé de Sinagar se composait , comme celle de Parakan Salak, de plusieurs entrepôts." Il est orgueilleux entêté, et sa propre femme va se sentir isoler, étouffer par ses restrictions. Elle sera privée des plaisirs de la vie, de sortie."La cousine Jenny était aussi cultivée mais elle jetait de surcroît, un regard beaucoup plus ouvert sur le monde.""La seul ombre au tableau était sa nervosité congénitale qui s'aggravait avec les années, et à laquelle contribuait largement le fait qu'elle n'était pas heureuse en ménage."

À la lecture grâce à la nature luxuriante, et les descriptions nous permettent instantanément d'être transportées dans un dépaysement total.
Ce livre ma fait penser à la ferme africaine de Karen Blixen par certain côté. La difficulté de la culture, être loin de son pays d'origine. Mais le style est très différent et ce n'est pas la même époque qui est traitée. Lecture intéressante, j'aimerai bien lire d'autres livres de cette auteure en tout cas .

MARIE ANTOINETTE ET CHANTAL THOMAS



Rentrée littéraire 2002
-Antoinette : l'autrichienne

Sa mère fut une femme manipulatrice, tout en étant très maternelle avec ses enfants. Elle était déterminée à ce que sa fille épouse un monarque, le dauphin le futur Roi Louis XVI.
À quatorze-ans, elle a rendez vous avec le dauphin à la frontière entre l'Autriche et la France. Elle doit tout quitter de ce qu'elle possède de l'Autriche : ses vêtements, tourner la page. Quand Marie Antoinette arrive à Versailles, elle est comme éblouie par la splendeur des lieux. Dès son arrivée, moqueries, tous les faits et gestes seront exposés.
Ses rapports avec Louis XVI seront distantes, on dit qu'il a une libido faible et qu'elle est frigide. Lui est grand et elle est petite. Mais le problème concernant la maternité et l'héritier surtout. Le Roi n'est pas intéressé à la sexualité, il ne connaît rien de la vie de la procréation. C'est le frère de Marie Antoinette qui va lui expliquer comme faire pour avoir un enfant. Marie Antoinette, avant de connaître la maternité, va se réconforter dans la luxure, s'habiller, s'amuser. Elle adore les bijoux et en particulier les diamants. A dix-huit ans elle a une liaison avec le Comte de Fersen, première rencontre lors d'un bal costumé. Fersen est un homme viril, beau ténébreux un excellent dandy. Le 10 mai 1774 mort de Louix XV, Marie Antoinette devient la reine. Elle a des amitiés féminines avec Yolande de Polignac. Réputation court qu'elle est lesbienne. Après huit ans de mariage, elle donne naissance à une fille Marie Thérèse. Elle échappe à Versailles en se réfugiant au Petit Trianon, cocon, maison du bonheur pour elle, elle est en dehors de la réalité. Elle n'a jamais voulu être Reine mais être une femme seulement, elle sera une excellente mère. Le peuple a faim, demande du pain, elle est criblée de dettes, mensonge calomnie à son écart, l'Affaire du collier de diamant. Le 14 juillet 1789, haine pour la monarchie, impopulaire . Prise de la Bastille.Complot à Versailles, la foule arrive pour la "Putain autrichienne".
Elle et le Roi quitte Versailles pour Paris les Tuileries, ils sont plus crédibles. Louis XVI sera guillotiné et elle sera le bouc émissaire , un pion, fin à la conciergerie.


Les Adieux à la Reine

le Prix Femina en 2002.

Vu le film de Sofia Coppola sur Marie Antoinette (le film se laisse voir, les costumes sont sublimes, l'actrice qui joue Marie Antoinette est à croquer, c'est un film qui donne une envie folle de petits macarons de chez Laduré ;-) Puis avec le DVD, il y a surtout un documentaire sublime génial de la BBC sur le personnage de Marie Antoinette et c'est passionnant.

Le livre s'ouvre nous sommes en 1810 à Vienne, une femme Agathe-Sidonie (personnage fictif) a été lectrice de Marie Antoinette. Agathe arrive en 1778 à Versaille,elle est restée onze ans , l'année de la première grossesse de la reine attendu depuis huit ans.
"J'ai vécu à Versailles, où j'étais Lectrice de la reine Marie Antoinette, Lectrice-adjointe, pardon"
Elle se souvient avec émotion de la splendeur de Versailles. Le livre est axé surtout sur trois jours historiques les 14,15 et 16 juillet 1789, le début de la Révolution Française. Elle fait le récit de la défaite de la royauté.
"Une défaite feutrée en quelque sorte..."
À travers son regard, elle brosse la vie à la cour à Versailles. Ainsi, que tous les rituels : les repas du Roi et de la Reine sont de vrais cérémonie, ainsi que le coucher , les manigances et les complots. Tous leurs gestes sont épiés, sont bons pour les rumeurs. Elle montre bien la jeunesse du Roi et de la Reine, ceux sont encore des enfants. Marie- Antoinette est très jeune quand elle rencontre Louis pour la première fois elle a 14 ans. Marie Antoinette est insouciante comme on peut le voir dans le film de Sofia Coppola, et le Roi est maladroit enfantin et pas prêt pour le règne. " Et cela depuis le début, depuis l'instant où , Louis XV venant de mourir, ils avaient entendu le galop des courtisans qui se ruaient vers la Chambre du Roi. Alors vraiment unis , terrorisés, ils avaient supplié : "Mon Dieu, priez pour nous ... Nous sommes trop jeunes pour régner".
Les évènements le 14 juillet 1789, sont à Paris, la prise de la Bastille par le peuple, à Versailles, la mort du fils aîné du roi, embarqué par la tuberculose.
"J'avais entendu : "le peuple a pris la Bastille. J'avais remarqué l'expression dure, fermée, sur le visage de la Reine, lorsqu'elle était apparue au balcon, et ce geste qu'elle avait eu au lieu de présenter don fils, de le montrer à la foule , de plutôt chercher à le dérober."
Le 15 juillet, Agathe a fuit Versailles lors de la nuit du 16 juillet, et le Roi et la Reine prennent la fuite déguisée en domestiques. Ces trois journées montrent la fin d'un monde.
Les passages qui m'ont marqué
- Discussion entre les deux hommes, deux huissiers à propos de Louis XVI et de la Reine. Agathe les épie, choquée par leurs comportements "C'est alors que je les ai vus : deux huissiers de la porte, dans un laisser-aller scandaleux. Ils avaient jeté à terre leur veste de drap bleu, et là, juste sous les fenêtres de la Chambre de la Reine, en bras de chemise, une bouteille de vin posée à leurs pieds, ils bavassaient." Ils évoquent façon de manger du Roi et de la Reine.
"Eh bien je peux te l'affirmer : l' Autrichienne ne mange rien. Elle boit tout le repas le même verre d'eau. Elle boit pas : elle se mouille les lèvres. Et au lieu de manger, elle bouge du bout de sa fourchette le même morceau de viande."
"Le Roi n'est pas difficile. Il mange de tout

Des choses exquises et toujours en quantité prodigieuse. Rien que son ordinaire, imagine quatre grosses pièces, vingt entrées, six rôtis, quinze entremets moyens, trente petits entremets, une dizaine de plats de pâtisserie."" Notre Roi est un ogre" Ce passage est très intéressant et bien significatif d'une révolte en vers les nantis.
Gabrielle de Polignac ( la gouvernante des enfants de France) évoque son enfance. Elle fut orpheline de mère très jeune. Elle évoque à la Reine, un épisode de son enfance, elle portait des ailes d'ange. C'est un passage féerique, léger décalage par rapport au climat de terreur qui règne.
" Quand elle avait été bien lavée et coiffée, on lui avait mis une robe blanche, une étoile dans les cheveux, et surtout , là était le prodige, deux grandes ailes. Et on l'avait poussée dans une immense salle où tout le monde dansait. Elle avait eu peur d'abord , mais on avait été plein d'égards pour elle, on la félicitait, on s'écartait sur son passage, on faisait attention à ne pas froisser ses belles plumes. Et le bal s'était terminé. La petite fille était restée plusieurs jours à traîner ses ailes dans les couloirs." Elle a été marié à l'âge de dix-sept ans le comte Jules de Polignac
Ce roman est construit à travers le regard d'Agathe. Elle est bouleversée par ce quelle voit.
Chantal Thomas rapporte bien les tensions et l'atmosphère qui se dégagent de ses trois jours. Livre passionnant, fascinant sur une page importante de l'histoire de France et sur la vie à Versailles. L'écriture de Chantal Thomas est très agréable et très bien documentée.