JEAN DOUCHET : L'homme cinéma




Mon père a connu Jean Douchet via Jean Eustache. Il se trouve qu'à l'âge de dix huit ans, j'adorais le cinéma et mon père ma conseiller d'aller à la cinématique et d'assister au ciné club Jean Douchet.
Ces séances se déroulait dans la petite salle de la cinémathèque de Chaillot. Les séances commençaient en général à vingt heure et finissait vers vingt trois heures, elles se déroulaient le jeudi soir. Pendant, au moins trois ans je m'y rendrais  quotidiennement et j'ai pu voir de très grands films. J'ai le souvenir d'avoir vu  des film de  Rossellini, Mizoguchi, Eisentein, Douglas Sirk ...
Par la suite, avant d'être à Bercy, la cinémathèque a déménagé sur les grand boulevard quelques temps. Là j'ai assisté à deux séances l'une avec un Pialat : A nos amours et une autre avec Truffaut : La femme d'à côté.
Un bonheur, une parenthèse enchanté ces séances Douchet, une grande claque aussi par tant de merveille. Ces séances m'ont beaucoup marquée, j'en garde un souvenir inoubliable.



Né le 19 janvier 1929 à Arras dans le Pas-de-Calais, Jean Douchet, critique, historien du cinéma et cinéaste, est décédé le 22 novembre à Paris. Il avait 90 ans. C’était sans nul doute avec André Bazin, Michel Mourlet, Eric Rohmer et Serge Daney, l’un des penseurs les plus pertinents et perspicaces du septième art.

Il a collaboré à la Gazette du cinéma puis aux Cahiers du cinéma à partir de 1957. Très lié d’amitié avec les cinéastes de la Nouvelle Vague, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol ou encore François Truffaut,  Il a lui-même réalisé plusieurs films dontSaint-Germain-des-Prés en 1965, l’un des courts-métrages du Paris vu par (long-métrage collectif de Jean Douchet, Jean Rouch, Jean-Daniel Pollet, Eric Rohmer, Jean-Luc Godard et Claude Chabrol) et le splendide La Servante aimante en 1996 d’après la pièce de Carlo Goldoni mise en scène par Jacques Lassalle à la Comédie-française.

Il est l’auteur de plusieurs livres sur le cinéma dont Nouvelle Vague, un livre somme qui fait référence sur le sujet par son parti pris focalisé sur la mise en scène et un excellent ouvrage Alfred Hitchcock paru en 1967 aux Editions de L’Herne. En France, Jean Douchet fut dans les années cinquante et soixante, l’un des premiers à reconnaître avec Eric Rohmer et Claude Chabrol, la place importance d’Alfred Hitchcock dans l’art cinématographique. Dans cet essai, il démontre magistralement, pourquoi et comment Hitchcock est un auteur de cinéma incontournable. Pour Jean Douchet « Il s’agit de regarder le cinéma comme la mise en forme d’une pensée par la mise en scène de ceux qui font le film. Car ce n’est pas l’intrigue qui fait le film, qui énonce le film – même si elle le fait un peu –, mais la mise en scène, la façon de présenter les choses. »

De lire cet ouvrage ma passionnée, ma intéressée de retrouvé son univers et sa passion pour le cinéma qu'il a su merveilleusement transmettre. Jean Douchet est avant tout un "passeur" et se n'est pas rien. 

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