Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre Mondiale. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Première Guerre Mondiale. Afficher tous les articles

PIERRE ASSOULINE : TU SERAS UN HOMME, MON FILS



À la veille de la Première Guerre mondiale, Louis Lambert, jeune professeur de Lettres à Janson Sailly, rencontre dans le sud de la France son auteur favori : Rudyard Kipling, le romancier adulé du Livre de la Jungle. Il lui propose une nouvelle traduction à ses élèves du poème « If » qui avait changé le cours de sa vie. poème qui est connu par André Maurois sous titre « Tu seras un homme, mon fils ». Il a la chance à plusieurs reprises de rencontrer  l’auteur du Livre de la Jungle et de nouer avec lui des liens amicaux. Kipling est alors le plus célèbre écrivain de l'empire britannique, prix Nobel de littérature, mais surtout l'auteur du fameux poème « If... », que les Français connaîtront bientôt sous le titre « Tu seras un homme, mon fils ». " Je m'intéresse de près à l'un de vos poèmes : "If...".
 J'aimerais connaître mieux ce qui se cache derrière chacun de ses mots, vous poser quelques questions à ce sujet. Je souhaiterais le traduire en français mais je ne voudrais surtout pas déformer vos intentions. "
Louis Lambert est invité dans la propriété du Sussex de l'écrivain pour donner des cours de français à son fils John, dix-sept ans.  Kipling est un grand francophile, il aime passionnément la France.  Mais, il est un grand conservateur, haine des allemands, anti-sémite, hystérique. "Il tonnait moins qu'il ne maugréait contre les Juifs allemands étant les pires à ses yeux, je suppose. "
Louis Lambert a l'opportunité de  découvrir la personnalité puissante et écrasante de Kipling. 
Son fils John part à la guerre sur les conseils de son père.  En septembre 1915, à la bataille de Loos, il est tué d’une balle dans la tête, en sortant de sa tranchée.  Son fils est porté disparut et Kipling pour la deuxième fois perd un enfant, et pour lui cette mort est insupportable. 
"Kipling a perdu son fils, celui-ci a été réformé car myope, son père le pistonne, il se retrouve au front et meurt dès le premier assaut de la guerre 14/18. Il est disparu, 'missing'. Kipling le pense vivant et le recherchera durant deux ans. Il a aussi perdu une de ses filles, durant un voyage en paquebot vers l’Amérique, d’une pneumonie."
Apès la guerre, Louis Lambert reverra Kipling à Paris. "J'étais là, à côté de lui devant la porte à tambour du café de la Paix et je me demandais ce que j'allais faire de tout ça durant tout un déjeuner dans un décor Napoléon III. "
 Lorsqu'en 1941, Le  propre fils de Louis Lambert s'apprête à s'engager dans les Forces Française Libres à Londres, soudain, les souvenirs affluent. Jusqu'où un père est-il responsable du destin de son fils ? Un poème peut-il être la clé de toute une vie ? 
Louis Lambert qui a eut Stéphane Mallarmé comme professeur de français est un perfectionniste et il mettra trente ans à traduire If. Et pour lui un poème est une partition musicale.

Très bonne idée de Pierre Assouline de nous faire découvrir Kipling au français. 

DOMINIQUE BONA : Colette et les siennes


J'aime beaucoup la plume biographique-romanesque de Dominique Bona. Et j'ai une immense affection pour Colette et tout son univers.

"Colette les a fait venir chez elle toutes les trois, Musi, Annie et Marguerite. Ses amies, ses presque soeurs. Elles habitent à deux pas de chez elle, toutes dans le XVIième arrondissement, mais elle ont préféré se regrouper."
En août 1914, hommes  sont partis à la guerre. Les femmes s’organisent et elles font face à la vie. Dans une jolie maison, proche du bois de Boulogne, Colette, la romancière, la journaliste célèbre, fait venir ses amies les plus proches. Toutes appartiennent au monde de la littérature et du spectacle. 
 Annie de Pène, la chroniqueuse, Marguerite Moreno, la comédienne, Musidora dite Musi, bientôt la première vamp du cinéma, la plus jeune du groupe… Pour Colette l'amitié et l'amour ne font qu'un. 


Ces quatre femmes libres s’inventent une vie tendre, pleine de rêves et de douceur : les cheveux courts et sans corsets, elles n’oublient pas le ciel de Paris où passent les dirigeables, ni leur travail, ni les hommes. Colette est mariée à Henry  de Jouvenel le père de sa fille Colette de Jouvenel. Sa fille est en Coréze à la déclaration de la guerre. 
" Sur une photographie qui fera dans quelques mois la couverture du magazine Les hommes du jour, elle souris de ses lèvres minces ultra féminine sous sa toison d'astakan."

Annie de Pène  a appris son métier sur le tas. 
Elle a  partagé la vie de Gustave Téry, célèbre directeur de L'Œuvre. célèbre directeur de L'Œuvre. Ils ont eu chacun de leur côté des enfants mais pas ensemble. 
Germaine Beaumont
Annie s'est mariée très jeune à l'âge de seize ans . Elle a eu une fille et un fils de Charles-Auguste Battendier qui s'est occupé de l'éducation des enfants. Sa fille est la future romancière Germaine de Beaumont. Elle disparait à l'âge de quarante sept ans, le 14 octobre 1918. 


Lévy - Dhumer
Marguerite Moreno






"Avec des yeux de jais, ardents et profonds, un grand nez droit qui attire l'attention des cheveux noirs et lisses, coiffés en bandeaux plats, elle a le profil d'une Egyptienne  : Marguerite Morano"
Le premier était un poète Catulle Mendès. De sa liaison avec ce poète, elle a été mère d'un petit garçon qui n'a pas survécut, il est mort d'une méningite.
Le deuxième un écrivain Marcel Schwob. Il a été son grand amour. Elle l'a épousé en septembre 1900.
Le troisième un comédien Jean Darragon. Ils se sont mariés en 1908.

Musidora


"Visage à l'ovale de madone orientale . Yeux noirs en amande, allongés jusqu'aux tempes, que personne n'a jamais vus démaquillés du khôl dont elle surcharge ses paupières. "
Son vrai nom est Jeanne Roques , mais tout le monde l'appelle Musidora : le corps souple et félin. Elle était avec Colette ne Bretagne à Saint Malo au moment de la déclaration de guerre. Le grand succès et sa célébrité, Musidora la doit à son rôle de vampire dessinés par Paul Poiret.  Elle a tourné dans de nombreux films pour la Gaumont sous la direction de Louis Feuillade.
"Dans le film elle se nomme Irma Vep - anagramme de Vampire. Mais très vite elle devient "la" Vampire. Puis comme c'est trop long à dire  : la "vamp". Son nom est trouvé. "Ur Durant la première guerre toutes les productions sont suspendus. Musi et Colette ont été ensemble à l'affiche du Ba-Ta-Clan au printemps 1912. Pierre Louÿs est lié à Musidora " En matière de voluptés, Louÿs est un amateur de sensations sophistiquées : l'attente fait partie du plaisir amoureux."

Dans cette biographie, Dominique Bona nous décrit le temps qui passe ses ravages sans nostalgie.
Cette biographie est un pur délice chatoyant qui s'adresse aux amoureux de Colette et pour tous ceux qui veulent la découvrir. Dominique Bona a signé un magnifique portraits de quatre femmes qui ont compté dans la vie de  Colette.



Chloé Cruchaudet : MAUVAIS GENRE

Roman graphique excellent une réussite à tout point de vue.
 Un gros coup de cœur.

En 191, quand Louise Landy et Paul Grappe se rencontrent, c’est le coup de foudre. Ils se marient avant le départ de Paul pour son service militaire.
Durant lapremière guerre mondiale , Paul se retrouve donc en première ligne. Pour échapper à l’enfer des tranchées et retrouver sa belle, il est prêt à tout, y compris à s’automutiler. La vie dans les tranchés, sur le front est pour Paul odieux. Il va tout faire pour se planquer.   Louise va lui trouver une planque  dans un petit hôtel miteux. Un soir, pour passer inaperçu,  il enfile une robe, rase sa moustache et sort. Il sent en lui un vent de   liberté. Il prend plaisir à se travestir, pour passer incognito, avec l’aide de Louise, Paul devient donc Suzanne…
Mauvais genre est un étonnant fait divers. Celui d’un homme qui, pendant dix ans, va se travestir en femme pour échapper à la police. Il est un déserteur.
 Il va endosser le personnage de Suzanne, vivre en femme de mauvaise vie au bois de Boulogne. Mais il brûle la vie et met en péril son couple.

J'ai apprécié l'effet de mouvement dans le trait des illustrationsUn ouvrage fascinant et une grand réussite graphique ! Voir ici !  C'est une lecture qui prend aux tripes qui secoue aussi pas mal. Une lecture prenante.


WILLIAM BOYD : L'attente de l'aube

Traduit par Christiane Besse

Cela faisait une éternité que je n'avais pas lu un roman de William Boyd. Alors pendant mes vacances je me suis plongé dans ce roman d'espionnage " L'attente de l'aube"

"On joue tous la comédie, n'est-ce pas ? Presque toujours. Chacun d'entre nous."
En cette fin d’été 1913, le jeune comédien anglais Lysander Rief est à Vienne pour tenter de résoudre, grâce à cette nouvelle science des âmes qu’est la psychanalyse, un problème d’ordre intime. Dans le cabinet de son médecin, il croise une jeune femme hystérique d’une étrange beauté qui lui prouvera très vite qu’il est guéri, avant de l’entraîner dans une histoire invraisemblable dont il ne sortira qu’en fuyant le pays grâce à deux diplomates britanniques, et ce au prix d’un marché peu banal. Dès lors, Lysander, espion malgré lui, sera contraint de jouer sur le théâtre des opérations d’une Europe en guerre les grands rôles d’une série de tragi-comédies. Sa mission : découvrir un code secret, dont dépend la sécurité des Alliés, et le traître qui en est l’auteur. 

Mon avis concernant ce roman est mitigé, certains passages m'ont enthousiasmée d'autres moins. Mais cela reste un roman très agréable à lire. 



ARIANE CHARTON : Petit éloge de l'héroïsme

Jérôme GARCIN : Bleus horizons


Grâce à ce roman de Jérôme Garcin, je fais connaissance avec un écrivain/poète que je ne connaissait pas du tout Jean de la Ville de Miremont. Un homme dont les  origines  sont aristocratiques. Ce roman 
 est l'histoire d'une amitié avec Louis Gémon, un autre poète (personnage inventé par l'auteur). Cette amitié  est basée principalement sur l'amour de la littérature débuta à Libourne lors de leur incorporation puis s'affirma dans les tranchées, autant dire qu'elle fut de courte mais intense. " J'ai rencontré Jean pour la première fois le 12 septembre 1914, à Libourne, où stationnais la 29e compagnie du 57e de ligne, et où il venait d'arriver un train dont les deux wagons de queue étaient remplis de prisonniers prussiens."Il est l'auteur d'un roman " Les Dimanche de Jean Dézert" et d'un recueil de poèmes, L'Horizon chimérique publié de façon posthume La mère de Jean sollicite Louis Gémon pour lui parler des derniers moments de son fils. 
Louis Gémon va passer sa vie à faire connaître cet ami, si important pour lui, jusqu'à devenir un fantôme. Il y a en Louis Gémon la culpabilité d'être vivant. Donc difficulté pour lui de vivre, il a du mal a réaliser une vie paisible avec sa femme et d'envisager d'avoir un enfant et c'est  du domaine de l'impossible.  " -Tu ne t'en rends même plus compte, mais il est toujours là, entre toi et moi. C'est vraiment un fantôme encombrant. Tu passes tes journées à la poursuivre, à enquêter sur lui, à rencontrer des gens qui l'ont connu, à éplucher de vieux papiers." Louis va rencontrer François Mauriac l'ami d'enfance de Jean de la Ville de Miremont et Gabriel Fauré  qui a mit quelques-uns de ses poèmes en musique. " Et puis j'avais été intrigué, en lisant Le Matin, par le compte-rendu d'une soirée donnée, le 13 mai 1922, à la Société nationale de musique. On racontait que M.Gabriel Fairé y avait créé sa nouvelle œuvre, et qu'elle était inspirée de L'Horizon chimérique."
Mon avis concernant ce roman est mitigé, c'est bien d'évoquer la vie d'un romancier disparut trop tôt et inconnu de nos jours, mais j'ai trouvé l'écriture de ce roman assez poussiéreuse. Il manque à l'écriture de Jérôme Garcin un enthousiasme, du cœur, de l'originalité, c'est bien dommage !  Mon avis rejoins tout à fait celui de Ys, très juste concernant ce roman. 

JEAN ECHENOZ : 14

© Albert Herter dans le hall Alsace de la gare de l'Est
Rentrée littéraire 2012
Il y a peu j'ai été sous le charme du roman de Jean Echenoz : Ravel. J'ai souhaité me plongé dans ce roman de la rentrée littéraire 2012 "14".
 « Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état. »
C'est un samedi après-midi comme les autres, Anthime (personnage central du roman) prend sa bicyclette pour une ballade tranquille. " Le tocsin, vu l'état présent du monde, signifiait à coup sûr la mobilisation". Le tocsin annonce la guerre, Anthime est appelé dans le 93e régiment d'infanterie de l'armée française. Il retrouve dans son régiment ses amis de pêche et du café : Arcenel le bourrelier, Bossis le garçon boucher, et Padioleau l'équarrisseur ainsi que son frère aîné Charles Sèze. Blanche Borne, fille unique de la famille propriétaire de l'usine. " la famille Borne dirige l'usine Borne-Sèze et Blanche en est la fille unique." Anthime travaille dans cet usine comme comptable.
Blanche est enceinte de Charles. Elle 
met au monde une petite Juliette, elle donne la vie dans un monde qui côtoie la mort. Jean Echenoz a réussi à nous faire revivre cette Grande Guerre éprouvantes et atroce. C'est un court roman sobre et envoûtant. Encore un roman de Jean Echenoz que j'ai lu avec un grand plaisir. Complément lire le commentaire sur ce roman ici



A.S BYATT : Le livre des enfants

Traduit par Laurence Petit et Pascal Bataillard

Ce roman s'ouvre sur la fin de l'époque victorienne, le 19 juin 1895. À l'aube du XXième siècle, une époque de changement de renouveaux, d'avenir. A. S Byatt nous présente une génération perdue confrontée à un monde nouveau. Olive Wellwood, issue d'un milieu simple ouvrier.tElle écrit des livres pour enfants et les victoriens vouent un culte à l'enfance. À chaque fois qu'un enfant naît elle lui dédie un conte, un livre relié d'une couleur différente. " Chacune était écrite dans un livre séparé, décorée à la main avec des papiers collés et des motifs de couleur." Le monde des conte des contes de fée, le Pays des Elfes tient sa place avec une préférence pour le mystère de la forêt dans les contes de Grimm. Olive écrit pour fuir la réalité, en quelque sorte pour oublier d'où elle vient . Elle vit dans un monde imaginaire comme ses propres enfants : Tom, Dorothy, Phyllis, Hedda, Florian. Sa sœur Violet se charge de les élever mais elle est aussi la maîtresse de Humphry. C'est un roman qui pose la question d'où venons nous ? Qui sont réellement nos mères ? " Violet répétait souvent qu'elle était leur "vraie mère". "
Philip Warren est l'enfant trouvé dans les réserves du musée de South Kensington par Tom Wellood et Julian Cain. C'est un personnage à la Dickens orphelin de père, il va être recueillit par la famille Wellwood. Il retrouve sa sœur Elsie. Ceux sont deux adolescents orphelins; ils sont accueillis chez le potier Benedict Fludd. Ils font connaissance de Séraphita et de leurs enfants Gerain, Imogen et Pomona. Prosper Cain est le conservateur en chef des métaux précieux du musée de South Kensington(Victoria and Albert Museum). Les allusions à l’or et l’argent sont nombreuses. Prosper Cain élève seul ses enfants Julian et Florence.
Chandelier de Gloucester tient une place importante dans ce roman. : "Imogen incita son père à regarder les dessins de Philip ceux qu'il avait effectués dans le musée de South Kensington. Il fallut les apporter, avec son bloc de feuillets, et tout le monde admira la fluidité des dragons, ainsi que les gnomes casqués du Chandelier de Gloucester." William Morris est le chef de fil du mouvement Arts and Crafts (l'Art nouveau en France) créé en 1887. Mais, il est aussi un homme engagé politiquement à gauche et écrivain aussi . La Grande Exposition universelle à Paris est un passage admirable sur l'art de l'époque . Prosper Cain s'intéresse aux bijoux de René Lalique (l'art Nouveau). Ce roman évoque le désir de quitter l'enfance, prendre son destin en main, les choix de vie. Est ce que nos enfants doivent reproduire le même schéma que leurs parents. " Mais enfin, Hé'isson, ce n'est pas possible que tu ne veuilles pas te marier, dit Phyllis, recourant à un surnom que Dorothy abhorrait. Moi si. Je veux un beau mariage et une maison comme celle-ci, avec une roseraie, et je veux faire mon pain et porter d'adorables robes et avoir sept enfants..."



John Singer Sargent
Une habitude chez les Wellwood de fêter le solstice d'été dans leur maison de campagne Todefright une ancienne ferme du kent, dans le style Arts and Crafts. Petits et grands préparent cette fête ainsi qu'une représentation du "Songe d'une nuit d'été" de Shakespeare. Tous les personnes présentes adhèrent aux idées nouvelles du socialisme, du fabianisme, certains sont l’anarchistes, d’autres ont des idées religieuses. Comme dans une pièce de théâtre c'est dans cette première partie intitulée le commencement que les personnages du roman nous sont présentés. Les destins des enfants sont inquiétants celui de Tom en particulier, enfant solitaire, sauvage, Il aime errer dans les bois. . Tom ne veut pas devenir adulte. Il est le petit garçon qui comme Peter Pan a perdu son ombre en quelque sorte l'on peut le penser en tout cas . La création de ce conte est évoquée dans le roman à plusieurs reprise en toile de fond. Dorothy (tout comme Alice de Lewis Carroll) veut grandir. Dorothy apprend qui est son vrais père est le marionnettiste allemand Anselm Stern. Alice et Peter Pan sont les grands contes anglais, avec lesquels les enfants grandissent et font partie de leur culture propre.


" Les hommes et les femmes de l'Âge d'or, écrit Hésiode, vécurent dans un printemps éternel, durant des centaines d'années ; ils avaient le don de jouvence, et se nourrissaient de baies sauvages et de miel ainsi que des glands tombés d'un chêne majestueux. À l'âge d'argent sur lequel on a moins écrit, on restait enfant pendant cent ans, sans grandir avant de subitement vieillir et mourir."



Mais comment ils peuvent grandir si leurs parents se comportent comme des enfants. Les adultes de ce romans sont la plupart des intellectuels bohèmes, aux idées socialistes utopiques. Durant l'âge d'argent que les enfants qui deviennent les personnages principaux du roman d'A.S Byatt. Ce sont eux que l’on suit, dans l’affirmation de leurs caractères et leurs décisions. Les parents sont statiques, ils restent dans leur cottage. Les enfants, eux grandissant, partent pour l’université, ou l’Allemagne, ils décide de leur avenir. Ils sont en mouvement, ils quittent le nid douillet de la maison familiale le "home" chez aux anglais.
Les femmes s'interrogent à leur place dans la société. Elles désirent être indépendante et d'avoir la possibilité d'avoir accès à des postes important comme par exemple être médecin. " Dorothy, Grielsda et Florence souhaitaient ardemment que les femmes puissent étudier et travailler à leur guise, mais, pour elles, le droit de vote était insuffisant pour accéder à la liberté intellectuelle et financière." Réflexion de l'origine d'où venons nous ? Question qu'elle est la part d'enfance en nous ? "Les parents, et les Wellwood n'échappaient pas à la règle, avaient le plus grand mal à mettre en pratique les belles théories auxquelles ils croyaient : en clair, aimer tous leurs enfants d'un même et unique amour". "- Je n'ai pas d'enfant et, parfois, aujourd'hui, il m'arrive de ne plus savoir quel enfant j'étais. Croyez-vous qu'il y ait un âge à partir duquel nous soyons complètement adulte, Mrs Wellwood, où rien de l'enfant ne subsiste plus en nous ?" L’Histoire de l'Angleterre tient sa place avec Les suffragettes défilent, la reine Victoria meurt, Orwell prend la tête du mouvement fabien, le début de la psychanalyse. L’âge de plomb clôt ce roman sur les horreurs et le chaos de la guerre de 14-18.
Voilà un roman, d'une grande richesse, très intéressant car A.S Byatt fait un parallèle avec notre époque. C'est un roman très documenté et magnifiquement bien construit aussi. Je me suis vraiment régalée à la lecture de ce gros pavée, un véritable bouillon de culture concernant l'art mais aussi pour les réflexions sur la vie et nos mœurs de notre époque.
En même temps c'est un roman longuet pas loin de 700 pages, il manque d'un souffle , pour être véritablement emporté dans l'histoire de ce roman à travers les générations. Mais l'écriture est d'une très grande générosité.

" La pièce la plus remarquable, ornementale, avait la forme d'un butse féminin en turquoise émergeant de la bouche d'une libellule allongée, très allongée, au corps effilé en or, incrusté de pierre précieuses bleues et vertes à intervalles réguliers, se terminant par une minuscule pointe dorée, bifide et menaçante. La tête de cette femme était couronnée d'un casque, oui était-ce un scarabée fendu par le milieu, ou encore les yeux d'insecte de cette créature en pleine métamorphose ?"



"Au XIX ième siècle, dans lequel je me trouve à présent, l'enfant attire particulièrement les écrivains . Je relève une foule d'immenses petits personnages : Oliver Twist, Alice, Jane Eyre enfant, Cathy et Heatcliff dans leurs tendres années, Mary Lennox, Dickon et Colin, Cedric Erroll Little Nell ... Certains parviennent à grandir mais n'oublient jamais que leur histoire a commencé il y a des années." "Les victoriens vouent un culte à l'enfance."
(Source Rodrigo Fresan : Les Jardins de Kensington traduit par Isabelle Gugnon


JOSEPH BOYDEN : LE CHEMIN DES ÂMES

Traduit par Hugues Leroy

" Tu m'as enseigné, Niska, que tôt ou tard, chacun de nous devra descendre, trois jours durant , le chemin des âmes ; et je viens à me demander s'il existe des liens entre leur monde et le mien."
Dans le nord de l'Ontario, Niska une vieille indienne Cree va chercher son neveu Xavier en canoë . Xavier revient chez lui avec une jambe en moins et accro à la morphine, parmi les siens. Mais ce n'est pas lui que l'on attendait.
Elijah et Xavier deux amis d'enfance, ils se trouvent propulsés en Belgique et en France pour s'engager dans la guerre de 14/18. Ils sont inséparables. Elijah est emparé de la folie de cette guerre atroce, les indiens sont considérés comme de la chair à canon, par ce qu'ils sont de remarquables chasseurs. Cette Grande Guerre qui brise les hommes. Ils sont du côté des canadiens."les "coloniaux"comme disaient les Anglais avec mépris."Xavier évoque son ami Elijah qui est aussi un peu son frère , il se sent coupable de sa mort : " Où est-il ? Nous aurons passé toute la guerre côte à côte pour nous perdre aux tout derniers jours. Un obus est tombé trop près. Il m'a lancé dans les airs et, soudain, j'étais l'oiseau. Quand je suis redescendu, je n'avais plus ma jambe gauche. J'ai toujours su que les hommes ne sont pas faits pour voler."
Alternance de deux récits celui de Xavier, il évoque la guerre en Europe et ses atrocitées. Et sa tante raconte l'histoire de sa famille et les traditions indiennes. Elle lui rappelle son enfance. Elle fait tout pour que Xavier reprenne gout à la vie.

J'aime bien les passages de Niska, ils sont poignant, ils se rapprochent je trouve de l'atmosphère des contes et légendes indiennes. Son histoire d'amour avec le français est particulièrement bien raconté et captivante.
Le sujet de ce livre l'engagement des soldats amérindiens qui ont combattu pendant la Grande Guerre particulièrement original, une page méconnu de l'Histoire mondiale. Passage amusant comment Xavier perçoit Noël en Europe et plus particulièrement leur dieu. " Leur dieu est un manitou guerrier, je pense, même si leurs chamans en parlent autrement : eux parlent de pardon, de vierges et d'enfants. Pourtant je crois que leur dieu est un guerrier, puisque c'est lui qu'ils invoquent avant de monter là-haut. Je ne comprendrai jamais ce dieu-là, ces gens-là."
Par contre j'ai trouvé que dans ce roman malgré tout l'intérêt que je lui porte une distance à s'attacher aux personnages. Bien qu'il se soit inspiré d'une histoire vrais.
Tout de même un très bon livre pour un premier roman, il faut le souligner. C'est exact Joseph Boyen un écrivain que l'on a envie de suivre, je me souviens l'avoir vu au Festival América en 2006 présenté ce livre. Et j'avais trouvé l'histoire prenante, qui avait aiguisé ma curiosité, la lecture de ce livre ne sait pas trouvé dans la foulé de cette rencontre, mais uniquement grâce à Katell.

Un gros bémol, il manque un glossaire à ce roman à la fin, je trouve que cela manque terriblement ! Pour en savoir plus sur le Windigo voir ici.

Été 2006, quand je suis allée au Québéc, je suis allée dans un village Mic Mac, j'ai vu un monument aux morts en hommage aux indiens qui ont fait la guerre de 14/18. Émouvant comme sensation à des milliers de kilomètre de l'Europe.
Dans cet église, d'un village Mic-Mac (ethnie indienne du Québec), il y a un panneau en souvenir des indiens morts pour la 1er guerre mondiale et aussi la seconde guerre.
Rajout du 25 novembre 2008
Grâce à Suzanne (blanche de descendance amérindienne) , voici quelques rectification. Car mes propos d'Européenne, de touriste ne sont pas exact ! du tout, voir très maladroit et je m'en excuse : "avant tout, nous sommes une nation et non une ethnie. Au Canada, le terme groupes ethniques désigne les groupes sociaux issus de l'immigration qui ne font partie ni des deux peuples fondateurs, Anglais et Français, ni des peuples autochtones (Amérindiens, Inuit, Métis).
De plus, l'église indienne n'existe pas ce sont des constructions des hommes blancs et l'Église catholique qui avaient un objectif commun: l'assimilation des autochtones.
Avant l'arrivée des Blancs, les pratiques «religieuses» accompagnaient les activités quotidiennes. Elles établissaient un lien sacré entre l'homme et la terre. On croyait en un Créateur ou en une puissance suprême. Dans toute l'Amérique du Nord, les Indiens renouent aujourd'hui avec des rites immémoriaux. A travers eux, ils cherchent à faire revivre l'univers spirituel de leurs ancêtres.
Bien sûr certaines réserves ou villages ont encore ces «Églises» mais ce ne sont pas originairement de culture amérindienne.
Enfin ce n'est pas bien grave mais Micmac s'écrit en un mot ou ainsi Micmaq ou Mi'kmaq et veut dire alliés. "
Un grand Merci à Suzanne pour ces précisions bien intéressante d'une grande richesse en renseignements.
Par la même occasion j'ai découvert une page wikipédia sur les Amérindien au Canada.

Via le roman de Joseph Boyen j'ai voulu en savoir plus sur les indiens et leurs coutumes.
Les indiens des plaines d'Amérique au édition du Sorbier est à ma connaissance un très bonne approche surtout en direction des enfants pour connaître les indiens.
Les indiens de la plaine sont les plus connus. Les blancs sont venus prendre leurs terres de 1850 à 1890.
L'éducation des enfants, pour les garçons c'est la chasse aux bisons entre autre et la guerre, ils sont initiés par leurs pères, leurs grand-pères et les oncles. Les filles sont initiées à leur vie de femme, la cuisine, la couture.
La grande importance des Esprits, les adolescents partent seuls en forêt afin d'avoir des visions et de faire alliance avec des Esprit. La spiritualité des indiens des plaines, l'homme -médecine ou chaman comme Niska est l'intermédiaire entre l'homme et les Esprit. La guerre pour les indiens s'est montrer son courage pour être respecté.