Pages

mercredi 19 novembre 2008

JOSEPH BOYDEN : LE CHEMIN DES ÂMES

Traduit par Hugues Leroy

" Tu m'as enseigné, Niska, que tôt ou tard, chacun de nous devra descendre, trois jours durant , le chemin des âmes ; et je viens à me demander s'il existe des liens entre leur monde et le mien."
Dans le nord de l'Ontario, Niska une vieille indienne Cree va chercher son neveu Xavier en canoë . Xavier revient chez lui avec une jambe en moins et accro à la morphine, parmi les siens. Mais ce n'est pas lui que l'on attendait.
Elijah et Xavier deux amis d'enfance, ils se trouvent propulsés en Belgique et en France pour s'engager dans la guerre de 14/18. Ils sont inséparables. Elijah est emparé de la folie de cette guerre atroce, les indiens sont considérés comme de la chair à canon, par ce qu'ils sont de remarquables chasseurs. Cette Grande Guerre qui brise les hommes. Ils sont du côté des canadiens."les "coloniaux"comme disaient les Anglais avec mépris."Xavier évoque son ami Elijah qui est aussi un peu son frère , il se sent coupable de sa mort : " Où est-il ? Nous aurons passé toute la guerre côte à côte pour nous perdre aux tout derniers jours. Un obus est tombé trop près. Il m'a lancé dans les airs et, soudain, j'étais l'oiseau. Quand je suis redescendu, je n'avais plus ma jambe gauche. J'ai toujours su que les hommes ne sont pas faits pour voler."
Alternance de deux récits celui de Xavier, il évoque la guerre en Europe et ses atrocitées. Et sa tante raconte l'histoire de sa famille et les traditions indiennes. Elle lui rappelle son enfance. Elle fait tout pour que Xavier reprenne gout à la vie.

J'aime bien les passages de Niska, ils sont poignant, ils se rapprochent je trouve de l'atmosphère des contes et légendes indiennes. Son histoire d'amour avec le français est particulièrement bien raconté et captivante.
Le sujet de ce livre l'engagement des soldats amérindiens qui ont combattu pendant la Grande Guerre particulièrement original, une page méconnu de l'Histoire mondiale. Passage amusant comment Xavier perçoit Noël en Europe et plus particulièrement leur dieu. " Leur dieu est un manitou guerrier, je pense, même si leurs chamans en parlent autrement : eux parlent de pardon, de vierges et d'enfants. Pourtant je crois que leur dieu est un guerrier, puisque c'est lui qu'ils invoquent avant de monter là-haut. Je ne comprendrai jamais ce dieu-là, ces gens-là."
Par contre j'ai trouvé que dans ce roman malgré tout l'intérêt que je lui porte une distance à s'attacher aux personnages. Bien qu'il se soit inspiré d'une histoire vrais.
Tout de même un très bon livre pour un premier roman, il faut le souligner. C'est exact Joseph Boyen un écrivain que l'on a envie de suivre, je me souviens l'avoir vu au Festival América en 2006 présenté ce livre. Et j'avais trouvé l'histoire prenante, qui avait aiguisé ma curiosité, la lecture de ce livre ne sait pas trouvé dans la foulé de cette rencontre, mais uniquement grâce à Katell.

Un gros bémol, il manque un glossaire à ce roman à la fin, je trouve que cela manque terriblement ! Pour en savoir plus sur le Windigo voir ici.

Été 2006, quand je suis allée au Québéc, je suis allée dans un village Mic Mac, j'ai vu un monument aux morts en hommage aux indiens qui ont fait la guerre de 14/18. Émouvant comme sensation à des milliers de kilomètre de l'Europe.
Dans cet église, d'un village Mic-Mac (ethnie indienne du Québec), il y a un panneau en souvenir des indiens morts pour la 1er guerre mondiale et aussi la seconde guerre.
Rajout du 25 novembre 2008
Grâce à Suzanne (blanche de descendance amérindienne) , voici quelques rectification. Car mes propos d'Européenne, de touriste ne sont pas exact ! du tout, voir très maladroit et je m'en excuse : "avant tout, nous sommes une nation et non une ethnie. Au Canada, le terme groupes ethniques désigne les groupes sociaux issus de l'immigration qui ne font partie ni des deux peuples fondateurs, Anglais et Français, ni des peuples autochtones (Amérindiens, Inuit, Métis).
De plus, l'église indienne n'existe pas ce sont des constructions des hommes blancs et l'Église catholique qui avaient un objectif commun: l'assimilation des autochtones.
Avant l'arrivée des Blancs, les pratiques «religieuses» accompagnaient les activités quotidiennes. Elles établissaient un lien sacré entre l'homme et la terre. On croyait en un Créateur ou en une puissance suprême. Dans toute l'Amérique du Nord, les Indiens renouent aujourd'hui avec des rites immémoriaux. A travers eux, ils cherchent à faire revivre l'univers spirituel de leurs ancêtres.
Bien sûr certaines réserves ou villages ont encore ces «Églises» mais ce ne sont pas originairement de culture amérindienne.
Enfin ce n'est pas bien grave mais Micmac s'écrit en un mot ou ainsi Micmaq ou Mi'kmaq et veut dire alliés. "
Un grand Merci à Suzanne pour ces précisions bien intéressante d'une grande richesse en renseignements.
Par la même occasion j'ai découvert une page wikipédia sur les Amérindien au Canada.

Via le roman de Joseph Boyen j'ai voulu en savoir plus sur les indiens et leurs coutumes.
Les indiens des plaines d'Amérique au édition du Sorbier est à ma connaissance un très bonne approche surtout en direction des enfants pour connaître les indiens.
Les indiens de la plaine sont les plus connus. Les blancs sont venus prendre leurs terres de 1850 à 1890.
L'éducation des enfants, pour les garçons c'est la chasse aux bisons entre autre et la guerre, ils sont initiés par leurs pères, leurs grand-pères et les oncles. Les filles sont initiées à leur vie de femme, la cuisine, la couture.
La grande importance des Esprits, les adolescents partent seuls en forêt afin d'avoir des visions et de faire alliance avec des Esprit. La spiritualité des indiens des plaines, l'homme -médecine ou chaman comme Niska est l'intermédiaire entre l'homme et les Esprit. La guerre pour les indiens s'est montrer son courage pour être respecté.




8 commentaires:

InColdBlog a dit…

Ce roman reste un de mes coups de cœur de l'année.
J'ai depuis acheté le recueil de nouvelles de Boyden qui l'avait précédé mais je ne m'y suis encore pas glissé. Je laisse décanter le roman pour ne pas trop attendre des nouvelles...

Kathel a dit…

Comme Incoldblog, c'est un de mes coups de coeur de l'année ! Bravo pour le dossier sur les indiens en complément !

Joelle a dit…

Ce fut aussi un vrai coup de coeur pour moi ! J'ai réussi à m'attacher aux personnages sans aucun problème et l'absence de glossaire ne m'a pas marquée mais bon, c'est aussi peut-être parce que le sujet m'intéressait déjà avant et que j'en savais déjà pas mal :)

Malice a dit…

@ In Cold Blog : Son recueil de nouvelles doit être pas mal en fait !
@ Kathel : Pour moi ce n'est pas un coup de cœur mais uniquement un roman intéressant !
@ Joelle oui ce livre fut très apprécié, ceci dit tant mieux !

Suzanne a dit…

Bonjour,
je suis blanche de descendance amérindienne comme beaucoup de québécoises.
Je viens juste rétablir certains petits détails:
Tu écris sous ta photographie: «Dans cet église, d'un village Mic-Mac (ethnie indienne du Québec), il y a un panneau en souvenir des indiens morts pour la 1er guerre mondiale et aussi la seconde guerre.»
Ouf, avant tout, nous sommes une nation et non une ethnie. Au Canada, le terme groupes ethniques désigne les groupes sociaux issus de l'immigration qui ne font partie ni des deux peuples fondateurs, Anglais et Français, ni des peuples autochtones (Amérindiens, Inuit, Métis).
De plus, l'église indienne n'existe pas ce sont des constructions des hommes blancs et l'Église catholique qui avaient un objectif commun: l'assimilation des autochtones.
Avant l'arrivée des Blancs, les pratiques «religieuses» accompagnaient les activités quotidiennes. Elles établissaient un lien sacré entre l'homme et la terre. On croyait en un Créateur ou en une puissance suprême. Dans toute l'Amérique du Nord, les Indiens renouent aujourd'hui avec des rites immémoriaux. A travers eux, ils cherchent à faire revivre l'univers spirituel de leurs ancêtres.
Bien sûr certaines réserves ou villages ont encore ces «Églises» mais ce ne sont pas originairement de culture amérindienne.
Enfin ce n'est pas bien grave mais Micmac s'écrit en un mot ou ainsi Micmaq ou Mi'kmaq et veut dire alliés.
Sans rancune et au plaisir de te lire.

Karine :) a dit…

Tout le monde ensence ce roman et pourtant, je ne suis pas capable d'avoir le goût de le lire... weiiird!

Malice a dit…

@ Suzanne : Merci mille fois pour tes riches précisions (j'ai mis tout cela dans le corps du commentaire ;-)

@ Karine : Ce livre plait car il évoque une page méconnu de la Grande Histoire Mondiale. Et je comprends que l'on soit pas captivé de lire ce livre !

Wictoria a dit…

merci pour le lien Malice
Boyden est un écrivain très doué je trouve, tu sais ce que j'en pense, et moi non plus, je ne vais pas m'arrêter à ce livre pour découvrir son oeuvre :)